(N°. 21.) M A G A S I N ENCYCLOPEDIQUE , o u JOURNAL DES SCIENCES, DES LETTRES et DES ARTS, R E D I G £ Par A. L. M i l l i jr. AVIS DES tfDITEURS. Le prix de ce Journal est fixe" : ^^ * 9 francs pour trois mois , 1 8 francs pour six mois, ^ ^.^ nC8 pour un an , ttnt pour Pa* ||^pour les Departemens , franc de port. au Bureau du Journal pour se res qui paroissent en France et die* tout ce qui concerne la Librairie an- i*i nofr, i"? ' 3 "W^ P Iu P art des frames qui or* S,«n»Pl 6U ^5? e re i JU,atjon jtistement acquise citojens BiTAUBf, %ani S , Caulard, Giimim, Daubenton, Delilie , Desfontaines , DOIOMIEIT, Fontanes , Fourcroy , Halle , Hauy , Herman , Lacepede, Lagrange, Laharpe , Lalande, Lamark, Langles, Laplace, Lerrun , Leroy, l'heritier , mentelle , morellet , noel , Orerlin, Pastoret , Sicard , Suard , etc. etc. contribuent, contient Pex trait des principaux ouvrages nationaux; on s'attache sur- tout a en donner une analyse exacte , et a la faire paroitre le plus prom- ptement possible apres leur publication. On y donne une notice des meilleurs ecrits imprimes cheas F^tranger. On y insere les memoires Ies plus interessans sur toutes les parties des arts et des sciences ', on choi- sit s ir - tout ceux qui sont propres a en accelerer les progres. On y publie les decouvertes ingenieuses , les inven- tions utiles dans tous les genres. On y rend compte des experiences nouvelles, de la formation et de Pou- verture des Museums. Ou y donne un precis de ce que les seances des societes fitteraires ont offert da plus interessant , une description de ce que les depots d'objets d'arts et des sciences renferment de plus curieux. On y trouve des notices sur la vie et les ouvrages des Savans , des Litterateurs et des Artistes distingues dont on regrette la perte , enfin , les nouvelles litte- raires de toute espece. Ce Journal est compose de six volumes in -8°. par an , de 600 pages chacun , et de gravures en regard des articles qui en exigent. II paroit tous les quinzo jours un numero de 9 feuilles. On s'adresse , pour l'abonnement , au Bureau du Magasin Encyclopedique , rue S. Honore, N°. 94 , vis- a-vis le passage S. Roch. II faut afiranchir les Iettres et charger celles qui; contiennent des assignats. MAGASIN ENCYCLOPEDIQUE. SECONDE ANNEE. TOME SIX1EME. p. I ooo- M A G A S I N ENCYCLOPEDIQUE, o u JOURNAL DES SCIENCES, DES LETTRES et DES ARTS, * R E D I G E P A R A. L. M I L L I N, Conserkateur du Musium des Antiques a la Bibliotkeque nationale 3 Professeurd'HLStoire et d i Antiquites 3 des Societe's d'Histoire natu- relLe et phUomathlque de Paris j de tfAca- - d6mie des Curieux de la JSa-ture a Eriangj de C Acade'mie de Dublin > dela Society Unneene de Londresj de celle de M6decine de BruxelleSj et de celle des Sciences .pliusiques de Zurich. S E C N D E A N N K E. T M E S I X I E M E. A PARIS, De l'Imprira?rie du Magasin Encyclopedique, rue S. Honor6 , vis-a-vis S. Roch, n°. 94. L'an cinquieme. ^797- A JEAN BREZ, SECRETAIRE DE LA SOCIETE D'HIST. NATUR, 1 l'UTRECHT, LITTERATEUR INSTRUIT, NATURALISTE ARDENT, PAR L'ESTIME ET I/AMITIE. M A G A S I N ENCYCLOPEDIQUE. PHYSIQUE. ExtrAit (Vane Leltre de Berlin } de 31. Girod, communique' au rddacteur du Magasin par le citouen Dolomieu. « M.. de Humboldt a trouve , dans le Spit&berg, » un enorme roclier de serpentine qui possedoit une » telle vertu magnetique, qu'elle agissoitsur la bous- » sole a la distance de vingt-quatre pieds. Gette masse »a deux poles qui se trouvent sur la meme ligne, » a tres-peu de chose pres que les deux poles ma- il gnetiques de la terre , mais situes inversement sur » cette ligne ; le pole nord de la montagne regarde y> le pole sud du monde, et vice-versd ; chaque mor- » ceau detaehe de la masse acquiert aussitot deux » poles , comme il arrive dans les aimans connus ; « mais , ce qu'il y a de plus singulier dans cette » serpentine , ce qui la distingue de tous les autres » aimans, et deroute toutes les theories du magne> » tisme , c'est que cette meme pierre , tjui agit avec A 4 8 Physique. » tant de force sur l'aiguille aimantee , qui attire l'ai- » roant et en est attir£, n'attire aucunement le fer ; » si on en approclie un morceau , ou meme de la » limaille de fer la phis fine , ils n'agissent sur elle en » aucune facon. M.de Humboldt a analyst cbymique- » ment cette pierre , et n'y a trouve que pen de fer, » et celui qui y est s'y trouve en etat d'oxj'de, c-'est- » a-dire, ne peut posseder aucune vertu magnetique. » J'ai repete toutes ces experiences avec un morceau » detache de la masse. M. Klaproth , qui en a aussi » recu un echantillon 5 apres l'avoir analyse penss » que ce n'est pas une serpentine , mais une pierre » du genre des hornblend. Quel que soit son nom , » quels que soient meme les elemenschymiques qui la » composent , elle presente tonjours ce phenomene » inoui jusqu'a present , un corps attirabie a l'aimant, » et non au fer ». « M. de Humbold a compose, sur ce sujel , un » memoire sous le tilre de quatrieme Lettre d, M. » Piclet ». En vous communiquant cet extrait , que j'ai lu a la classe de l'Institut , a laquelle j'appartiens , il n'est pas besoin , sans doute, de vous faire remar- quer les particulates qui rendent ^observation de M. de Humbold singulierement interessante.Mais je crois devoir vous dire que le fait annonce" par ce savant n'est pas entierement neuf pour moi. Dans un de mes ouvrages ( Voyages aux iles Ponces , public 1 eti 1788, dans la note de la page 46) j'ai parle d'un tuf volcanique trouve par le Pere Brefs- lak j au pied du Mont-Albano 3 en morceau isole , Serpentine magnltbque. 9 ay ant de quatre a cinq pouces de diametre , qui paroit peu fenugiueux , et dont le (er ssmble etre dans l'etat d'oyydation complet. Ce tuf, ainsi que le rocher clu Spitzberg decouvefi par le naluraliste de Berlin , jouit de la polarite a un tres-haut de- gre , iiinsi que je l'ai constate par beaucoup d'ex-' periences ; il repousse 011 attire l'aiguille aimantee a une tres-grande distance, selon les poles que Pon met en opposition entr'eux , les proprietes de la )uasse se conservant dans les moindres fragmens ; plusieurs de ces fragmens, soutenus sur l'em par des petiles feuilles de liege , prenoient promptement la situation determinee par les poles magnetiques , s'altiroient ou se repoussoient selon qu'ils se pr6- sentoient leurs poles semblables ou opposes , et etoient tous mis en action par I'approche d'un bar- reau aimante. Cependant la masse entiere de ce tuf volcanique , non plus que ses fragmens , re pouyoient ni attirer la moiadre parcelle de limaille de fer, ni la retenir adherente a leur surface lors- qu^on la repandoit dessus. Le ciioyen Baral , a qui je communiquai cette observation , m'envoya bientot apres de Corse un morceau de petrosilex noiraie , fusible en verre blanc , qui possedoit les raemes proprietes , mais a un moindre degre , et cs mor- ceau , d&ache* d'une plus grande masse, a perdu entitlement sa polarite depuis qu'il est dans mon cabinet. Seroit-il possible que le principal phenomene que presentent ces pierres , la propriety magnctique sans action sur le fer dependii uiiimement de la foi- IO Physique. blesse de lejifr magnetisme \ lequel seroit assez con- siderable pour leur doiiuer la polarite , mais point assez pour la transmettre au fe* qui est mis en contact avec elles ? Une ties-petite quantite de fer oxydule repandu dans ces pierres suffiroit-elle pour donner a toute la masse la propriety rnagn- tique? Voila les principales questions que prcsentent ce phenomene. BOTANIQUE. Colleccwx de Papeles sobre controversial Botanicas. - Collection de Paplers relatifs £ des controverses botaniques , par Mon- sieur Antoine - Joseph Cavanilles , avec auelques notes du mime sur les EcrUs do ses Antagonizes , Imprlmee par ordre dt* Rol dans Plmpnmerle rojjale de Madnd , r 79 6, in-lij 278 page?. JKi dej* eu occasion, plusieurs fois , de parler des travaux litteraires et botaniques de M. Antoine- Joseph Cavaniiles, un des savans les plus distin- gues de l'Espagne , et meme de l'Europe. M. Cavaniiles a publie, pendant son sejour en Trance , une suite de dissertations sur les plantes Contravenes bolanlques. ir de la Monaldephie. Ces travaux lui ont merite Pestinie des horames les plus liabiies de I'Europe dans ce genre de connoissances. M. Cavanilbs ne s'est point borne a la gloiro que procnrent les observations qui , (Jingoes par un esprit philosophique , etendent les progies des sciences physiques, il a moiitre encore qu'ilnede- daignoit pas celle que donnent les talens lilteraires , et il a compost, dans notre laugue, un ecrit qu'au- cun Francais n'auroit desavou £. M. Masson , charge de la Geographic dans 1 'Encyclopedic methodique , s'etoit peefnis d'atia- quer toute la nation e?pagnole,en pei^nanr l'Espagne corame ayant abandonne , depuis deux siecles,de- puis mille ans merne, la culture des lettres et des sciences. M. Cavanilles , dans un cciit intitule: Observations sur I' article Es agnej insere dans la nouvelle Encyctopedie > prlt la defense de sa nation , et son ouvrage , fort de preuves et de rai- sonnemens , detruis it de trop injustes preventions; il prouva aussi combien l'auteur a Pesprit etendu , et a quel degre il connoit l'histoire lilteraire deson pays. De retour a Madrid , M. Cavanilles a pul lie une belle suite de plantesnouvelIes,tant decellescpii crois- sentspontanement en Espague , que de celles. qu'on y cultive dans les jardins , ou qu'il po^sede dans son herbier. J'attends le dernier volume de ce grand ouvrage, intitule: Icones pla/itarum ra riorum j pour en domic r une notice. ii Botanic] ue. Charge par le roi de doimer une description da royaume de Valence , il a iait cotinoitre cette belle contree sous tons ses rapports. Le second volume qui tennine cette description est sous presse , et aussitot qifil me sera parvenu , je ne manquerai pas de Panalyser. J'en ai deja donne une idee par la notice , d'un fragment de cette des- c rip lion , qui traite de la culture du riz dans le royaume de Valence , et que j'ai publie dam le N°. 9 de la seconde annce du Magasiu , Tome III , page 38. Tant de travaux suffiscnt a la gloire de M. Ca- vanilles ; mais ils ont du necessairement exciter la jalousie. Un de ses adversaires , M. Casimir Or- tega , apothicaire , et professeur de botanique a Madrid, l'a d'abord attaque sous un nom suppose^ et ensuite ouvertement. M. Hippolyte Ruiz , £ga- lement apothicaire a Madrid , disciple et neveu de M. Ortega, a probabletnent regarde comme un de- voir que lui imposoit sa parente d'enlrer dans cette querelle botanique. Si celles de Tournefort et de Colet, de Ray , de Dillenius et de Rivin , de Lin- neus et de Siegesbeck ont et6 plus celebres , c'est qu'elles tenoient a des systemes complets de bo- tanique, aux regies fondamentales de la science, et sa th^orieentiere ; mais celle-ci , quoiqu'il ne soit question que de la fixation de quelques genres , n'a pas etc* moins vive. MM. Ortega et Ruiz ont attaque" M. Cavanilles dans plusieurs journaux ; il s'est defendu : de la est nee une suite de pamphlets et de papiers que M,. Ca* Controverses botaniques. i3 vanilles vient de faire reim primer, pour que Ie public , ayant toutes les pieces sous les yeux , puisse juger plus aisement ce proces. C'est la collection que j'annonce aujourd'hui. L'ouvrage entier a deux cents soixante pages. Dans un pays tel qua le notre , ou 1'homrae est agite par de fortes passions, celte lecture pourroit convenir a bien peu de personnes ; et les Ftancais qui se disputoient , il y quelques annees , si vive- ment , pour I'Atlanlide de Bailly, pour la musique de Gluck et celle de Piccini , trouveront aujour- d'hui peu d'interet dans des discussions de ce genre ; elles tiennent cependant a l'histoire et a la theorie d'une des sciences les plus aimables et les plus attachantes, de celle qui procure les plaisirs les plus doux , et qui fait, a la campague , le charme des ames sensibles, de la botauique. M. Cavanilles rend compte d'abord des molifs qui lui out fait publier cette collection. Jamais , dit-il , il n'avoit vu ni M. Ortega, ni M. Ruiz: loin de les avoir provoque" , son estime pour les hommes qui se livrent a des tijfevaux d'utilite publique l'avoit engag£ a donuer leur nom a des plantes decrites par lui, quoiqu'ils n'eussent rien produit de marquant , seulement parce que Pun £toit un chymisie habile et professeur de botauique , et parce que 1'autre avoit voyage avec Dombey auPerouetau Gliili. Ce fut a Paris qu'il recut un pamphlet intitule : Lettre d'un habitant de Lima aux auteurs da Mimorlal LUteraire sur les Dissertations de M. CavaniUes. L'auteur de cet 6crit auonyme fut bientot connu 5 14 BotanCque. on snt que c'etoit M. Ortega. M. Cavanilles repro- duit ici cet opuscule 5 il y joint sa reponse, la re- plique de ses antagonistes , sa preface du troisieme volume de ses Icones. Une reponse de M. Ruiz a ses observations sur le Prodromus de la Flore du Perou j M. Cavanilles refute son adver- saire dans des notes plactes au has de chaque page. MM. Ortega et Ruiz reprochent a M. Cavanilles d'avoir etabli plusieurs de ses genres d'apres des plantes qu'il n'avoit observers que dans son her- hier • ils regardent cCs sorles d'observations comme inniiles , ce qui est contraire a Pusage de tous les prof i-sseurs. M. Ruiz lui-meme , comme le dit M. Cavanilles, s'est servi 4 de plantes secbes pour recti- fier lfs descriptions qu'il avoit faites en Amerique, et pour faire dessiner ses plantes , ainsi qu'il 1'avoue dans son Prodromus. II n'y a pas un seul botaniste qui nefasse usage des plantes renfermees dans les her- biers ; ce u'est qu'au inoyen des berbiers que Ton peut reunir chez soi un grand nombre devegetaux de tous les pays, observer le nombre et la position des parties de la fructification , et se former une idee juste des plantes, a I'exception de chiles qui sont trop petites , et que la dessication altcre trop sensiblement ; autrernent , quelqu'actif, quelque z£\6 que soit on botaniste, sa vie enliere consumee dans de nenibles voyages , ne pourroit lui faire connoitre (in'un tres-petit nombre de vegetaux , en compari- son de la multitude de ceux qui existent. II ne peut done rjistiuire qu'en recqurant aux jardins sees, Controverses botanlques. i5 aux herbiers , dont l'usage est si fort recommande par Linneus et par les plus grands maitres. De la cetle srdeur infatigablc des vrais botanists pour rendre leurs herbiers pins nombreux et plus com- plets, pour avoir les echantillons les inieux clioisis , offrant toutes les parties de la fructificatioH : voila, pourquoi Joseph Jussieu a fait de si amples collec- tions dans I'AmeVique sepientrionale , Commerson et Sonnerat dans les Indes orientales , Thumberg , Bancks et Andanson dans leurs voyages, C'est sur les herbiers de Commerson , de Sonnerat et de Jussieu que M. Cavanilles a travaille a Paris; il y a recti des plantes de MM. Thumberg et Bancks, et loin que ses travaux aient perdu pour cela de leur prix , ils ont obtenu l'approbation de tous les ssvans et celle de l'academie des sciences de Paris. «* Cette critique g^neVale de MM. Ruiz et Ortega , qui sert de base a leurs critiques parlicuheres , etant aussi pen fondle , les fait tomber en partie , et en detruit nccessairement Pellet. Voici quelques-unes de ces critiques. M. Ruiz ne comprenrl pas comment M. Cava- nilles separe les deux especes du genre palava du genre malope. M. Cavanilles repond que le genre malope a deux calyces , et que le genre palava n'en a qu'un. M. Ruiz reproche a M. Cavanilles d'avoir sd- par£ du genre pentapetes , de Lmn£us , onze es- 1 6 Botaniquc. peces pour en former son genre dombeija. M. Ca- vanilles r£pond que Linnets n'a parl£ nulle part de ses dix especes du* genre dombeya , qui dtoient inedites dans l'iierbier deNCommerson ; qu'au sur- plus le pentapetes a le germe p^dicule, le calyce simple , le fruit ligneux , et les semences ailees , tanrlis que la dombeya a le germe sessile, le ca- lyce simple , le fruit a cinq capsules , et lei semences suns ailes. Ouant au genre assorila ^ qu'on lui reproche encore d'avoir separe du genre dombej/a^la. raison est que cette plante a cinq styles , le calyce exte- terieur monophjlle et permanent , ce qui ne con- vient nullement au genre dombeya. J'ai donne ces details pour faire connoitre la ma- ml;f£ dont M. Cavauilles repond a ses detracteurs. Mais il seroit impossible de discuter tqus les points qui sont Pobjet de cette controverse ; ils ne peuvent interesser que les botanistes consommes. Je terminerai ici cette analyse en temoignant mes regrets de voir des hommes de merite, tels que MM. Ortega et Ruiz , s'attacher a detruire la reputation d'un homme celebre , et l'abreuver de de^outs : tous les vrais amis de la science et de la nature joindront leurs voix a la mienne pour engager M. Cavanilles a ne plus r^pondre que par ck>s nouveaux succes. II est certain que dans l'his- loire naturelle il y a toujours des observations a faire 5 chaque jour cejles de Linn^us 5 de Jussieu et Controverses botarliques* 17 •t des plus grands matlres sont rectifiees , parce que les circonstances fournissent des occasions de voir ce qu'ils n'ont pu connoitre ; mais celui - la seul qui ne publie rien ne se trompe jamais. Du reste , si ces tracasseries pouvoient produire quel- que decouragement dans l'ame de M. Cavajiiii.es , nous lui rappeleiions que ce gemre de persecution est celui qu'ont eprouve les plus grands hommes : Xinneus lui-meme y a et6 en butte ; c'est pour cela qu'il fut tente de renoncer entierement a la bo*a- nique pour ne se livrer qu'a la mtideeine-pratique, "dSsculape , disoit-il a ceux qui vouloieut !e detour- ner de ce projet , me cotnble de faveurs et de succes ; Flore ne me procure que des Slegesbeck ; et on sail que ce Siegesbeck etoit un des plus fou- gueux antagonistes cle son systeme sexuel , qu'il at- taquoit sans moyens ni raisohs. Je le re^peterai done a l'estimable M. Cavanilles, qu'il poursuive sa noble carriere ,et qu'il se venge de ses detracteurs et de ses ennerais en les rendant temoins du tribul d'ad mira- tion que lui payent tous ceux qui font cas des t.ilens les plus rares , joints aux mocurs les plus douces et aux qualites les plus aimables. A. L.M. Tome VI. .18 MEDECINE. Viscours d f introduction au, Cours d'Hygiknc, lu a la stance d'ouvertute du Lycde des Strangers par Audin -RouvieR* 9 Mddecin, et Professeur d'Bygiene. Jusou'icidans aucun eHablissement public l'hygiene u'avoit ete professed , ce n'est qu'aux ecoles de sant6 depuis cette ann6e. On ne connoit seulement pas un ouvrage -etementaire sur cette science $ il etoit digne du Lycee elysien d'introduire ce cours dans le lieu de ses seances , et d'en former une par tie des- truction publique : les gens du monde n'ont en ge- neral qu'une idee tres-imparfaite de la m6decine pre- gervatrice, ils negligent m6me de s'en instruire, quoi- (jue sa connoissance tienne essentiellement a la con- servation de leur saute. De toutes les parties del'art de guerir, c'est, sans aucun doule, celle qui leur convient le mieux par son utitite, son agiement et ses nombreux avantages. L'ignorance ou la plupart d'entr'eux sont de ses principes est une source infa- rissable de prejugeset d'erreurs, qu'ii est important de detruire dans les seances d'un cours public. L'bomme est constituc de maniere que mille causes jjeuvent deranger ou alte>er son organisation pby>ique «t leser ses fonctions vitaies. II ne peut vivre long- Cours d'Hygc&ne. iy temps sur la terre ni dans le climat meme le plus agr£able sans £prouver de la fatigue , de la douleur , des maladies et des infirmites. L'air et les lieux son! de towtes les choses qui ont une influence directs 6ur les homines : les premieres et celles dont Tac- tion est la plus generate et la plus inevitable , l'hu- midite et la chaleur , les vents, les pluies, les exa- Jaisons, les brouil lards, les rosees et les diffcrens autres m&eores sont les causes pi incipales des affec- tions et des maladies qui en dependent. II n'est point d'ait qui apporte a l'humanitc* des secours plus reels que ceux que l'>>ygiene oifre a tous leshommes, et iieanmeins il n'est pas de science «ur laquelle ils paroissent plus indifforens. Son ob- jet essentiel est de d&ruire les causes des maladies ou deles prevenir. Elle a pour but principal d'ap- prendre le mode de s'opposer a la naissance de toutes les infirmites humaines , en indiquant des pr^ceptes dietetiques qui seront utiles a tous , en proposant des moyens puis^s dans la nature et avoues par les regies de Part. Cette science r^unit a de grandes richesses ac- quises des la plus haute autiquite" une ample moisson de faits recueillis par les modernes ; de nos jours elle Tejette les systemes ; elle a,comme la physique exp£- rimentale , ses principes , sa ir.lthode, ses verites ; elle n'est point fondle, comme la m^decine clinique , presque sur des conjectures j elle ne s'en per met qu'avec reserve, et seulement pour lier les ra^poits de certains faits qu'eile a besoiu de rapprocher $ eite £ 2 20 MMeclne. ne cesse de faire'une application heureuse des autres sciences phvsiques a ses propres observations ; ses process devienuent a-la-fois plus energiques et plu* simples ; sa langue , c'est-a-dire sa nomenclature , s'esl beaucoup pei fectionnee dans ces derniers temps: en tin mot , les coimoissances qui constituent l'hy- gtene ne sont rien moms que celles de la nature entiere ; Pair, les alimens, les boissons , Pexercice , les passions , la vi ille et le sommeil , les secretions ct les excretions , les habillemens , sont la matiere de Phygiene ; le regime des ages , celui des sexes , la connoissance etas divers tempe'ramens font une partie integrante de cette science, et en forment la base principale. Les anciens avoient observe que le tempera- ment, Page, le sexe, le climat ont une action mar- quee sur les dispositions maladives, et tneme sur les habitudes morales; ils avoient rtduit a quatre sortes les temper amens principaux, et les avoient fait d£- pendre du caractere de certaines humeurs ou des modifications de ces humeurs. II ne faut pas se dis- sirauler qu'on a fait d'importantes objections contre cette doctrine , qu'on y a apporte des corrections , et qu'elle en exige encore ; mais les anciens £toient sur la route de la verite\ On peut r^soudre une grande partie des difficultes que ce sujet pr&ente, en de- terminant aveo plus de soin dans leurs diverses cir- constances ^influence respective de certains organes , les sympathies partkulieres qui en resulfent , les concentrations de la sensibility , et en soumettant a Cours cVHyglkne. 21 tm nouvel examen les influences de Page , du sexe , du climat ; l'&at de maladie donne matiere a d'autres observations encore. Je donnerai dans ce cours un cadre heaucoup plus vaste , un developpement bien plus eteuduaux objets que j'ai deja enonces dans raon ouvrage sur la topographic medicale de Paris (1). Personne ne doute que les diverses temperatures , les qualites du sol , les propriety des alimens et des boissons , la jnaniere de vivre n\nfluent prodigieusement sur la sante, et que toutes ces chases la r.onservent ou l'af- foiblissent suivant Pusage qu'on en fait, et la mauiere dant elles sont modifiees , qu'elles varient le carac- tere des maladies , et que la parfaite connoissance de ces objets indique le traitement qu'il faut adopter. Cette etude nous monlre 1'homme avec toutes ces varices, ce qu'il peut faiie et souflrir dans I'&atde sante et de n.aladie ; elle nous fait voir les diffe- rences sensibles qui existent dans les maux qui pa- rois-<-nt de meme espece , ainsi que les diverses •m&hodes de les traiter , et on ne peut qu'avee avan- tage comparer, discuter et appr£cier ces differentes m^thodes. Cette etude eut du preceder ou accompagner celle des maladies ; mais les meilleurs mededns out trop neglige cette partie de Part ; qui doute neanmoins qu'une medecine conservaUice ne puisse jeter a u- (1) Cct ouvrage se vend cbez N i'ttuteto'r ^ quai <1~ la M#- gisserie 3 n°. 3. B 3 2i Medeclne. tant de jour sur Part important de gaeVir , que I'a- natomie en r£pand sur l^conomie animale. En devoloppant la nature des divers climats , j« parlerai de celui de Paris, des propri£tes des di- verses substances dont on fait usage dans cette ville , des bonnes et mauvaises qualites qu'elles tiennenr des eirconstances locales, comment et a quel degr6 elles se contrarient ou se combinent entr'elles, les effets qu'ellesproduisent sur les fonctions vitales , et lesmoyensqus I'art peut employer pour d^truire les vices de locality, ou en diminuer la funeste influence, etpour gue>ir les maladies qu'ils occasionnent. II n'est sans doute aucune ville de l'Empirefran- cais , quelque populeuse qu'elle puisse etre , qui preterite un plus grand nombre d'objets dignes de I'attention du philosophe, du physicien., du m6de- cin , que cette immense cits' ; sonclimat, la diver- site de son sol et ses productions. Les disposi- tions maladives auxquelles ses habitans sont le plus fr^quemment exposes formeront des tableaux aussi intejessans que varies: mes conseils sur le regime pourront £tre utiles a un grand nombre d'indivi- dus de cette ville ; je les diviserai en plusiears classes pour mieux appr^cier la difference de chacune , qu'on peut estimer d'avance par la difference des logemens, de la nourriture •, des travaux , des usages _, de l'habitude et du plus ou moins d*aisance ; il en resulte des modifications infinies qui influent quelque- fois jusque sur les 1 moeurs , et qui prepareut les ma- ladies qui viennent affliger ceux qui 3 dans la der* Cours d'Hygilne. a3 niere classe du peuple ,ne peuvent employer aucune precaution pour s'en garanlir , et que la loi imp£- rieuse du besoin assujettit a des travaux forces et a, ♦outes les causes reunies de Pindigence si voisine da Pinsalubrite. Quoi de plus inteVessant en general pour les homraes que la connoissance des objets qui tendent a conserver leur sante , quoi de plus important pour eux que de connoitre les diverses substances de la nature , et d'apprecier Pinfluence directe qu'elles exercent sur notre organisation ; e'est le developpe- ment m&hodique de ces rapports immediats avec Peconomie animale qui , rapprochant les diverses parlies de ce cours, en composera un vaste systems que les bans esprits pourrout embrasser d'un coup- d'ceil. ' II ne suffit pas au medecin d'etre gravement utile en rendant la vie , il faut encore quM indique les moyens de conserver le present qu'il en fait ; e'est ainsi qu'un architecte habile s'oecupe de la solidite" d'un batiment sans en oublier la cominodit6 et la decoration. L'hygiene paroit avoir 6te beaucoup plus soignee et cultiv^e par les anciens que par les modernes. Depuis que les m£dicamens ont 6l6 si multiplies , qu'il est devenu tres-difficile de les connoitre , de- puis que Part a semble" augmenter singulierement se« ressources, et s'enrichir d'une foule de substance capables de combattre avec succes les maladies, on a beaucoup neglige" les moyens dietetiques. Pans B 4 24 Medeclne. !e monde, ou Ton n'a presque d'autre id^e de la medecine que celle d'un art qui possede un ou plusienrs reinedes pour gueVir telle maladie,le pre- )uge ira pas peu contnbue a fair© tester la plu- pai t des moyens simples puis^s dans la dletetique pour le traitement des maladies. On ne suit pas com- munement avee conflance les conseils qui ne sont relatifs qu'au regime [de vie, a fexeixice-, etc. 5 on vent absohiment des remedes. La complaisance, qui fait unc des priricipales ■qwa'lite's qu'on exige dans an medecin , condescend a ce desir 'de» malades , et tout ce qui regarde la diete devient alors un acces- soire , tandis que cette partie' devroit faire souvent la base du iraifement. En effet, le regime' adoiicis- sant et rclarhant,la privation- denourriture solide, l'usage d'aliuiens doux , noyes dans une grande quan- tite dVau , sous le nora de <£>ouiHons «t de tisanes simples; l'eau de veau , i'etau de poulet , l'ea'u de chiendent , le petit-lait , ne suffisent- ils pas a la suite de queiques saignees,de iavemens et de quelques Evacuations legeres pour guerirle plus grand nombre des maladies aigiies , des fievres simples , des in- flammations, etc; qu'est-ce que ce traitement, sinon un regime , une diete convenable , le tenuis victus des anciens , quels avantages ne retire-t-on pas dans Je traitement des maladies chroniques des frictions seches , de l'exercice a pied et a cheval , du mou- vement communique a une partie , a un organs plutot qu'a d'autres, d'une nature appropriec dans les alimens , d'urie diete entierement vegerale ou Cours rPByglhne, a$ animale , du choix de l'air et de ['habitation de ceUides velemens , etc. ? combien de raaux graven, combLin de suiles facheuses de maladies ri'evite-t-on pas par les moyens dietetique* convenablement ad- ministres ? L'exercice pris jusqu'a une l£gere sueur , les frictions r£petees jusqu'a la rougeur de la peaii, les baifls tiedes, les vetemens un peu 6pais qui ap- pellent la transpiration , l'application de tous cos nioj'ens a des regions du corps particuiieres Ou l'on puisse exciter une evacuation plus abondante que naus toutes les autres, le choix des alimens et des assaisonnemens un peu stimulans et diaphor&iques n'ont-ils pas souven* les plus heureux succes pour rappeler des Eruptions supprimeVs, poiir detouvner le spasme et l'irritation des visceres , pour changer le mode de la circulation lymph»tique,et la detourner dans des lieux ou ellene peut se porter en plus grands quantite qu'en abandonnant des organes sur lasquels •ses efforts £toient diriges avec trop d'aotivite" ? Com- bien de maux preVenus , de dangers evir£s , de ma- ladies arret^es dans leur marche trop rapide par le •seul usage des gilets de laine > de chaussons et de bas de la meme etoffe ? Combien d*engorgemenset d'em- ■fearras dans les visceres ne cedent-ils pas tous les jours a une exercice coutinu , aux secouses r£petees du cheval, de la voiture, des jeux ou des onvrages de force ? Que de suites facheuses dependantes des vices de }a digestion , de ^alteration quelconque de l'estomac He previent-t-on pas par un usage bicn ctirig6 des *6 Medeclne". alimens et des boissons ? Ces reflexions generaTes sout plus que suffisantes pour fixer nos id^es sur les influences utiles des moyens di£t6tiques bien connus sur la gu&rison des malades. C'est un point do doctrine qu'il est d'autant plus important de presen- ter k 1'attention des gens du monde,que l'6tatactuel de la physique ouvre une carriere plus vaste aux succe« qu'on peut attendee des modifications produites dans la digestion , la respiration et la transpiration ; on connoit aujourd'huices trois functions avec bien plus d'exactitude qu'autrefois. On apprecie , . d'apres les nouvelles decouvertes , leurs rapports et leur reaction les unessur lesautres; il est bien plus facile , d'apres ces connoissances , d« diriger l'usage de l'air, des alimens, de L'exercic© vers le but qu'on veut remplir dans les indications que presentent les maladies ; peut-etre meme est-il permis d'annoncer que la mldecine aura des succes bien plus fr^quens et bien plus certains dans le trai- tement des maladies chroniques en suivant la noiH velle carriere que la physique lui ouvre en ce mo nifnt ; car ,, quoiqu'on en ait dit pendant long-temps, et alors avec raison , c'est de l'avancement de la.phy- siologie ,, c'est des decouvertes sur la physique ani- mate qye sortiront les veritables moyens de guerir, dont la base n'est encore tixee que sur I'empi-. risme. L'action de l'air sur nous sera considered dans ce cours sous dififerens rapports 5 l'air atmospherique presse de tons cot&> la surface de notre corps j il p£» Cours (VHygikne. &7 toetre dans nos poumons pour servir a notre respi- ration ; il s'introduit encore par les organes de. la deglutition , et existe sous sa forme elastique dans les voies intestinales , dans lesquelles il est me'6 avec le fluide Elastique , degag£ de nos alimers pendant la digestion. Sous ces differens rapports J l'air nous offrira differentes classes d'efifets: Les uns dependent de ses combinaisons dans I0 corps animal, et des changemens qu'il y £prouve 5 Les autres dependent de ses qualites physiques, soit essentielles , telles que son elasticitd et sa pa- snnteur , soit accidentelles et rariables , telles que ses differens degrees de chaleur et d'humidite - ; D'autres sont produits par le melange des subs- lances qu'il est susceptible de dissoudre, ou des autres fluides elastiques auxquels il se mele , et qui lui sont Strangers ; D'autres enfin sont occasionn^s par les divers mouvemens qui sont imprimis a ce fluide si mo- bile , et qui y £tablissent des couransplus ou moins rapides. Dans mes stances sur les alimens , je distingue- rai la matiere alimentaire , considt : ree en -general et dans sou essence , des varietes et des formes juultipliees sous lesquelles nous Tome la nature. J'entends par l'aliment considere en g£ne>al et dans *on essence, la substance meme,dont la propriete est de prendre la ressemblance , c'es.t-a-dire, Iqi 28 Medccinc. forme et la nature des differentes parties qui com* posent notre corps , queiles que soient hors de nous sa forme, ses ■quahV-s accessories, la nature des melanges dans lesquels elle est confondue. Mon but est de parler des substances qui p£- netveiit au-dedans de nous par les votes alimen- taircs , et de celles dont le sue contieut un ali- ment solide , des assaisonnemens el des diverses boissons. J'examinerai su,r-tout les effets des alimens sur le corps humain , d'ou r&iu.lleront les principes qui doivent dinger le regime , dans les differentes cir- constances de la vie. L'eau est un corps fluide , pesant , diaphane , sans odeur , sans saveur et sans couleur sensible. Jusques dans ces derniers temps , on Pavoit re- gardee comme an Element. L'eau est un des corps les moms composes de la nature. Nous le ferons connoitre sous ses rapports physiques les plus frap- pans , ainsi que sous cenx qui sont relatifs au main- tien de la sante\ Ge sujet sera un des plus impor- tans que nous ayons a traiter dans le cours; nous discuterons tout ce qui est relatif aux differentes modifications sous lesquelles l'eau peut se presenter a nos sens ; quelques seances seront consacrees aux propri£t£s de l'eau en general , et des differentes eaux minerales en particulier. Je rie presenterai dans ce cours que les v6rit£sdes plus positives et les plus utiles a mon obiet , en abandonnant tout ce qui tient a une theorie trop Cours (PRygienc. iq Vague et a des systemes indetermin^s : Irs faiu et les observations seront mes seules autoiites , et les conclusions les plus exactes ma seule theorie. Toutes les fois qu'il ne sera pas necessahe de faire con- noitre les opinions des autres , et lorsque les faits m'auront manque, je taciierai d'indiquer cequi reste a faire. L'i importance de l'liygiene a 6te sentie de tout temps j c'est pourquoi dans cette etude on ne sauroit mettre trop d'attention, reunir trop d'exp£- riences, former ses conclusions avec trop d'exactitude et de severity, dans laquelle on ne doit rien ncgli- ger comme superflu , rien oublier comme indifferent, parce que les moindres details dont l'applicationnous echappe aujourd'hui peuvent avoir un jour une grande utilite. Chaque siecle travaille pour Ie siecle suivant ; c'est aux savans du dernier que nous devons les premiers rayons qui ont eclaire" cette vaste carriere ; cette aurore a pris , de nos jours , plus d'eclat ; inais a mesure que le jour se leve, le terme de notre course semble s'eloigner davantage , et nous deeouvronsde plus en plus un horison immense qui semble s'a- grandir a mesure qu'il s'^claire. 3o «2 HISTOIRE. [Observations sur Les causes de la mort d$ Socrate (i). JJiN vain cherche-t-on , dans les annales d'Alhenes , line generation tranquille et heureuse ; aux jours d'une gloire eclatante , mais orageuse , succedeni des temps calamiteux ; les guerres e^rangeres ou nationales sont aus>i longues que fr^quentes ; la lutie des frictions ne fiwit jamais j de la vengeance qu'elle irrite &nanent des lois atroces , et de la licence qu'elle fomente nait la tyrannie ou l'anar- chie convulsive ; les medians Pemportent en tout sur les gens de bien (2) 5 la justice et la vertu re- cjoivent sans cesse des outrages $ Aristide estbanni, et Socrate mis a mort. Ce dernier auroit-il done merits un pareil sort par sa conduite imprudente en epousant les intents qui d^trusirent la democratic, vous laisserez-vous » toucher par l'interet particulier d'un oratcur tel * que Demoslhene (3) ? etc. » On sail qu'^Eschine se permettoit les assertions les plus fausses quand il s'agissoit de desapprecier DemostWene , et voilason unique but en rappelant ici le souvenir du proces de Socrate , cinquante - quatre apres sa mort (4). D'ailleurs , la qualite de sophiste qu'il donne Hialicieusement a celui-ci , et la mention astucieuse de ses liaisons avec Critias , parent de Platon , sont autant de traits veneneux contre 1'ecole de ce der- nier , dont Demoslhene se faisoit gloire d'avoir ete le disciple. Mais des figures de rethorique et des satyres oratoires ne prouvent rieu : cherchons done la y£rit6 dans l'histoire , et , pour cela , remontons a la tyrannie des Trente. Apres la prise d'Athenes , par Lysander , la (fua- triemeanneedela quatr^-vingtsquatriemeolympiade, quatre cents quatre ans avant J. C. , en presence (3) Orat. contr. Timarch. p. 3187. (4) Le diseours est au p^s tot de la troisieme annee de la cent-huitieme'olympiadejau retour de sa troisieme aaab^sade, •a Macedoine. 3^ "Histoire* de ce general , et sur i'avis de Tuemmene, la de- mocratic fiit changee en oligarchic I/autorit6 passa entre les mains de trente magistrats, dont dix furerit du choix de ce meme TheSramene (5). Pour sVnrichir et assurer leur pouvoir , ces Trente lirent perir quinze cents citoj^ens sans jugement, et e?;iler plus de cinq mille(6).Critias et Hippomaque furent les plus cruels : le premier descendoit du frere de Solon ; et > quoiqu'il eut assiste aux lecons de Socrate, il n'en £toit pas moins tres-dissolu (7). D'abord intimement lie avec Theramene (8), Cri- tias devint ensuite son ennemi irreconciliable. Sur- nominC le Cothurne (9) 3 a cause de son caractere versatile , Theramene etoit trop foible pour etre aussi rat 'chant que lui 5 \\ eut horreur de se voir complice de sescruautes, et proposa de former une assemblee de trois rnille citovens (10) pour donner (5) Lysicc orat. contr. Eratosthen. ed. Tayl. p. 220. Le recit de Diodore de Sicile, L. XIV , §. 3, n'est pas icf le meme que celui de Lysias ; uiais cet orateur avoit ete temoin et acteur dans cette revolution. Xenophon, L. intr. L. , et Plutarque, F'it. Lys. 3 C. XIV , se concilient ayec lui sans peine. (6) JEschin. contr. Ctesiph. sub. Jin. Istcrat. Areop. or. T. II, p. 140. (7) Arislot. Rhet. L. I, C. XV, etc. (8) Xcnoph. Hellen. L. II , C. III. (9) II se chaussoit egalement bieii aux deux pieds , suivant la glose qui s'est glissee dans le iexte de Xi'nophon. (10) Xenoph. L. §. L. ailelqiw Mori de Socrate. 3) quelque forme au gouvernement , et servir de frein aux exces de ses collegues. Ceux-ciy consentirent, en prenant loulefois des precautious. A^sis sur les bancs des Piytanes , ils avoient devant eux les ca- disques _, ou urnes de scrutin , et personne ne mct- toit la main que dans ceile qu'il Leur p'.ai^oit , soit pour coudamner , soit pour absoudre.(ii). D'ail- leurs , ils etoient environnes de ieurs sutelli'.es en armes , ayant fait d^poser celles des citovens, ex- cepte les Trois-Mille , dans la ciladelie. Ainsi , ils continuerent hardiment a d^pouiller , banuir et tuer tous les gens riches , ou oeux dont ils redoutoknt la haine. Bientot apres Theramene fut arrete , et Ciitias prononca contre lui an discours vehement et aslu- cieux que les personnes qui aiment a comparer les homines et les temps ne sauroient trop mediter. La r^ponse que y fit Paccuse produisit una vive emotion en sa faveur. Son adversaire voulut alors Ie mettre a mort sans aucune forme judiciaire ; Theramene se refugia a 1'autel de Vesta (12), et Socrate prit sa defense. Seconde par deux autres citoyens , il redoubla d'efforts pour le sauver , jusqu'uu mo- ment ou celui-ci l'engagea de se desister d'une op- position aussi perilleuse qu'inutile. Le heraut des Trente ordonna aux Oiize d'emmeuer Theramene , qui, ayant avale la cigue , mourut avec cou- (n) Lys. contr. Agorat. p. 245. (12) Xenoph. Hellen. L. II , G. III. Tome Fl. G 34 Rlstoire. rage (i3). Sa fin deplorable , compare a sa con- duce preVidente, offre un? bien triste le;on : quand tine ambi ion criminelle entraine trop loin , il n'ar- five pas toujours qu'on revienne impunement a la vertu. Avant meme ce't eVt'npment , Sorrate avoit n'siste aux volont's des TrenK Oux-ci, on phitot Critias, lui ayant ordonne d'aller sai^ir Leonte d© Salamine , et de I'amener da cette lie a Athenes pour y Gtre mis a mort , il montra , dt Platon , encore plus par sa conduite que par ses discours cotnbien il repugnoit a rernplir une par i!le com- mission. Ses adjoin is eurent la lachete d'ob^ir, et lui seul s'y refusa constamment, malgre" -toutes les menaces qu'on put lui faire. Infailliblement il au- roit bientot pe>i , si les tyrans n'avoient pas et6 cnasses (14). On assure rneme que Critias avoit d£ja impose silence et intcrJit a Sorrate toute communication avec set, disciples (i5) , i'enseigne- ment de la vertu etant, aux yeux d'un tyran , un outrage continuel et un danger plus ou moms pro- chain. Quand on considere que les plus lcgers m£con* (i3) Ibid. Cic£ron , s£duit par ce courage , veut faire de Therainene un homme illustre , qu'il compare a Socrate ... . Prcestantes vivos virtutis et sapientiee corrtmemoro..,. Tuscul. L. I,C. XLII. (14) Platon. Apol. Socrat. T. I , op. p. 34. (i5) Lihan. Declam. pro Socr. ed. Mor. JMort de Socrate. 55 tentemens suffisent aux factieux ou aux tyrans pour passer toul-a-coup de I'amitie a une haine impla- cable, on se persuade sans peine que les anciennes liaisons de Critias et de Socrate furent absolument interrompues , si toutefois elles exisioient encore, lc-rsque les faits quo je viens de rapporter se pas- serent. Par le meme principe d'equite. , Socrate s'e- toit declare con t re les Trente pour Leonte et Tbe- ramene , et centre le peuple , en faveur de ces ge- nerate condamnes sans avoir ete entendus apres la bataille des Arginuses, et dont le meme Theramene avoit alors machine la perte (16). Certes, une pa- reille conduite n'est pas celle d'un homme de parti qui a toujours deux poids et deux mesures. Ajou- tons que I'action de Socrate , en voulant depuis sauver Theramene, est d'autant plus louabie que celui-ci avoit ete disciple de Prodicus (17) , un des principaux sophistes ennemis personnels de notre plulosophe (18). Quoique la memoire de Freret lint du prodige , cependant il sV fioit trop en ncgligeant sou vent d'avoir sous les yeux le texte des auteurs qu'il ci- toil. 11 nous assure que PJaton reconiioissoit , dans sa lettre aux parens de Dion , que Socrate avoit ete La victime da, ressentinient des ctioyens maUraUes sous le gouvernement des Trente. (to) Xenaph. Hellen.L. I, G. VII. JEschin. Axio«. i» Plat. T. Hi. p. 36 9 . (17) Sc/wl. Arisloph. in Ran. p. 274 , ed. Kuster. fi8) Plat. Protag. T. I. v „ p. 258. ApJ. S.cr. p.i^ c % 36 His to Ira Ce n'cst point la le veritable sens de cette Iettre ; Platon y dit seulement que Socrate s'exposa a tout soutTr r (iojplutot que da parliciper aux actions ci i- lninelles de ces execrables tyrans ( 20 ). A la ve>ite , peut - etre eut - il lort d'accepter une place clans les Trois-Milie parmi les Satyrus , lesChremon et autres snppots de la tyrannie ; mais , pour le juger rigoureusement a cet £gard , il fmdroit avoir et£ son contemporain. Quoique tons les citoyens , restes a Athenes ,' ne fussent pas si innocens que Socrate ; neanmoins , en y rentrant sous les ordres de Thrasybuleet d'Anyt us , les exiles victorieux se haterent de pardonner a ceux-ci une difference d'opinion 011 de conduite ; ils abjurerent leur baiwe , et n'ecouterent plus que la voix de la mo- deration (21). Archinus, tin de leurs chefs , proposa de decreler une amnistie generate, ou oubli total du pass6. Cette loi , digne d'immortaliser son autenr. et la premiere de ce g^nre dont l'hi^toire fit mention , ful ported sous I'archontat d'Euclide , la s:>conde annee de la quatre-vingt-quatrieme olympiade(22), (19) tu> £l 'xanx.'.y^vvtvc-i vrah7t 7rp)v. . . . Epist. VII. T. III. Op. page 325. (20) Ibidem Ibid. (21) Plat. Menexeu. T. II , p. 246. (22) Le commencement de ctte annexe etoit le premier He- aatomboeon, suivant^Platon :33) , mirent en jugement Socrate. L'un d'eux, Anytus, qui, dans la deruiere revo- lulion, avoit joue le second role, et jouissoit d'un grand credit, fut le principal denonciateur de notre philosophe , qui blamoit hautement son adminis- tration vexatoire (3 4 ). II Paccusa de corrotnpre la jeunesse, de mepriser les Dieu.x , et d'avoir une (30) Isocr. Laud. Busir. T. II. Op. p. 386. (31) Maxim. Tyr. Diss. IX, §. VIII. (3a) Xenoph. Memor. Socr. L. I , C. II. (33) ^CKpdrt, tvtov ^jvxa-nvovri; rtn f urciyxriv tt; h- Keto-TJptov. Epist.VII.T. Ill , page 3z5. (3 4 ) Plct. Menon. T. II , p. 98. c 4 Ao Illstclre, doctrine imp^e (35). Voila Ies veritables motifs d« son proces, et ce qui le fit couriamner a mort par \q tribunal des Heliastes* Les juges en £tant tres- nombreux, et tire.s la plupait de la classe ordinaire ciu peuple, Paccusalion inlentee par Any t us et ses adherens devoit naturellement avoir tout le succes qn'eile fae manqua pas d'avoir. Elle fut I'objet es- senliel des apologies de Socrate, composoes , apres sa mort, par Xenophon, Platon et Thcodecte de Phaselis , ses coniemporains. L'ouvrage de ce der- nier, dis iple d'Isocrate , orateur et poete tra- jrique , ne nous est connu que par quelques citations rapportees par Aristote (36) , qui paroit adopter Bqu opinion. C'etoit vraisemblablement aussi celle a'Ephore , historien du meme temps , comme on pent 1'infcrer du temoignage de Diodore de Sicile, qui l'a sinvi dans son quatorzieme livre, oil il en est question (3y\ Ly^ias, qui avoit soutenu le parti des e\ii£s avec autant de zeJe que de generosite , ecrivit seul, du vivant de Socrate, en sa faveur, et cette de- fence (38) etoic faite de maniere a produire de (35) Diog. Laert. L. II, C. V, §. 40. (36) Rliet. L.II, C. XXIII. 07 j Dhd. L. XIV, §. 5. (38) Outre celle-la, Lysias en avoit composd line autre cu reponse a Poljcrate , comme il paroit par ur;e Scholie Ms c'est-a-clire , les homines pmV sans dans la republique , avoient choisi Anvtus ; les poetes, Melilus; et les rheteurs ou sophistes, Ly- con, pour accuser derate (48) devant les H bastes, tribunal v^nal , comnie tous ceux composes des gens du peuple a Athenes (44). M.'litns fut I'iustrument de la haine des deux autres (4.5) ; mais tous concou- rurent beaucoup h la perte de notre philosopbe. lis lui iirent a-peu-pres les memes reproches que vingt- quatre ans auparavant A-islophans s'etoit per- mis (46). Ce poete, Eupolis et Anopsias , qui le mirent sur la sce;ie, ne perdirent done pas le fruit de leur malignite. Ainsi Freret n'est fonde , en au- cune maniere , a regarder cette conspiration comme tme chose imaginee par des ecn'vains posterieurs au siecle de Socrate. « Persuade de PimraorJalite de Tame , Socrate , » dit CiceVon , au point d'etre condamn^ a mori, » ne daigna ni faiie plaider sa cause , ni se montrer » devant ses juges en poslure de suppliant. II con- » serva une noble fierte" qui venoit non d'oigueil , (43) Plat. Apol. Socr. T.I, p. 2.3. Blog.Laert.lt.il, C. V. (44) Xenoph. rep. A then. C. III. (45) Plat. Apol. Socr. p. 18, 19,24, etc. (46) Nube* , v. 112 — 246. Via 1 . Plat. Apol. Socr. p. 19 , yojez Barthelemy, Voyage d'Anacharsis , T. V, p. 478. Mott de Socrate. 4* » mais de grandeur d'ame (4-) ». Plus de deux siecles apres,un philosopbe platonicien, Maxirae de Tyr , examina cette question : Socrate a-t~il bieti fait de ne pas se defend re? II pretend que cet illustre accuse" 6laut coudamne avant d'etre en- tendu , et ne pouvant parler aver, liberie , dut necessairement garder le silence, et qu'il conserva par-la sa vertu dans toute son integrity (48). Ce- pendant Freret blame cette conduite mauuanime de Socrate et ceile qu'il tint , ou est suppose tenir a Pegaid de Criton , obj< t encore de l'admiraticu de Ciceron , et celui d'un des beaux dialogues de Plalon. Quand on ne voit dans ses juges que des bourreaux , descendre jusqu'a plaider sa propre cause devant eux est une lachete aussi inutile que douloureuse. Ne vaut-il done pas mieux se taire, en opposant a leur rage aveugle ce courage passif , mais sublime , que l'enthousiasme de l'innocence peut seul inspirer , et doat nous avons eu mal- heureusement sous les ^yeux tant d'exemples m£- morables ? Les dernieres paroles de Socrate furent : « Nous » devons 1111 coq a ^Esculape , acquitez vous en, » dit-il a Criton, et ne le negligez pas ». Elles out exerc6 beaucoup d'ecrivains anciens et modernes. (47) Tuscul. L.I, C. XXIX. Le discours que Xenophoa prete a Socrate nVst certainement nss de celui- ci. V id. Btuc- ker, Hist. phil. T. I, not. p. §5*. (48) Dissert. IX, §.7. 44 Hlstolre. Origin p , Eusebc , S. J:an Cbiysosfome, Theo- dore t , Terlullien et Lactauce , parmi les Peres de FEglise, out voulu y deeouvrir ies veritables sen ti- mers du philosopbe atheniensurle polytheisme(49). Peut-etre n'etoit-ce qu'une allusion a la felicite dont, apres cetie vie, l'ame doit jouir , eiant de- hanassee on guerie des maux uu'elle a eprouves dans cemonde. Olte explication d'O'ympiodore (5o) me paroit admissible, s'il est vrai que Socrate vint alors de disserter sur rimmortalite de notre ame avec toute l'edoquence sentimentale et ralionnelle que lui prete Platan dans son iinmortel dialogue intitule, P lie don. Quoique Papologie de Socrate le cede en beautes a ce dernier dialogue, il ne men'te pas neanmoins le jugement peu favorable qu'en porte ITreret , uniquement parce qu'ii contrarie son systeme. Nous regardons cet ecrit corame digne de toute la reputation de son auteur. Ciceron I'a si fort admire , qu'il en a traduit une partie , et a sur - tout ete frappe de ces paroles que Socrate (49) Tous ces Peres ne voient , dans les paroles de Socrate, qu'un mojen de se justiiierdu crime d'im; iet£ dont ile"toitac- euse\ Mais il alloit expirer ; de quoi lui auroit ser-ti'cettelache justLficadon ?Je ne citerai ici que deux passages renaarqua- Hes: Credo ah honorem palris ejus ( jEsculapii ) , quia Socra- lem yipollo sapientissimum omnium aecinit. T^ertull. Ap.ol. G. XL VI. Timuit videlicet . ne apud Rhadamenthum recepto- rem voli reus f.eret ab jtiEsculapio. Lactant. L. Ill, C %%. (50) Coment. ined. in Phaed. 'Ms. Bibi. max. Par. cod. Grs-c. nnm. 1832, 1823 , 1824. Mort de Socrate. 4S prononce a la fin de son npo'ogie , en s'a- dressant aux juges: « Mais il est deja temps vine » nous nous septfrfbns , moi pofur mourir, et vons » pour vivre. Lequel de nous prfatd un meilleur v cfceVnin ? Gela est inconnu a tolls , excepte a » Dieu (St): Cesjuges, que la faction oligarchique avoit ga- gnes, porterent ensuite la sentence de mort, qui, selcfn les formes ordinaires (52), devoit elre concue en ces lermes Socrate , fi Is de Soplironisque ici present , a ele condainne ci etre livr£ aux Onze _, etc. Le mot facheux de mort ne s y trou- voit jamais, par crainte de mauvaise aueure. Les Onze paroissent etre des magistrals inferieurs ou com missal res , qui avoient a leurs ordres un cer- tain nombre d'appariteurs. Leur fonction consistoit a fair' executer les sentences criminelles. Des qu'elles eloient prononcees, et srir l'injonction Faite an nom du tribunal par le heraut , i!s comman- doient de saisif et de lier le conckmne, qu'iis ac- compagucicnt jusque dans la prison. Apres \'y avoir fait delier, i!s lui annoncoient euv-mdmes , le ma- tin , 1'henre du supplice, laquelle ctoit toujours le soir , et un de leurs appariteurs avoit alors la c-i.arge de I'executer en ce meme lieu (53). Les Atheniens (5i) Plat. Apol. p. 42. Cicfaon ne rend pas litteralementc» passage. Tuscul. L. I , C XLII. (5:0 Slut, Vit. Antiphon. C XIV, etc. (53) Xenoph. Kellen. L. II, C III. Plat. Phaed. T. I. Op. p. 59—116. Poll. Onum. L. VIII ; §. iq*.$v/ioI, Aristoph. ad Vesp. v. no3, etc. 46 1-llstoire. avoient une loi qui se trouvoit en vigucur au temps de Socrate; elle dufendoit de supplicier quelqu'uu dans le jour (54). C'etoit £pargner al'humanite' bien des outrages et des scenes affreuses qui , devenues trop frequenies, tinisse;;t par e'toufftr toute sensi- bilite, el alimenter la ferocite. Je reviens amon sujer. Entin , Freret releve tres-bien toutes les erreurs continues dans 1 'argument du disco urs d'Isocrate sur Busiris 5 mais ce!a ne prouve pas, comme il l'imagine , la faussete du repentir des Athe^niens sur la condamnation de Socrate. II est atteste, par des temoignages plus graves, dontce critique voudroit se d^barrasser par un simple argument aegalif, tir<§ du silence de Platon et de Xeiiophon. Rapportons ces temoignages ; le premier est celui de Diodore de Sicile. Cet historien , vraisemblablement d'a- pres Ephore , assure que les Atheniens se repen- tirent beaucoup d'avoir \sdss4 mettre a mort So- crate , et furent tellement indignes conlre ses ac- cusaleurs , qu'ils les firent mourir sans jugement pr^alable (55). Us en avoient agi de merae a 1'e- gard des denonciateurs des infortunes generaux dcarl Socrate, etant Prytane de sa iribu , avoit pris si inunlement la defense, apres la bataiile des Argi- (54) Ko\uos $i yv 7rupa tc~s A$yyxioiSy to [■•.velvet. ) ZW.L.XtV, £. 5. Mort de So crate. 47 nuses. Setnblable aux flots qui , pousses an loin par la tempete , revienient aveo fracas stir !a plage, le peuple d'Adienes, emporte" parTini- qnitc , retournoit tumultueusement a la justice. Diogene-Laerce dit seulement que Melitus Tut con- damne a la mort , et les autres au bannisse- ment (56). Thenrstius met au noml re de ceuv-ci Airy 1 us , qu'il fail errer dans toute la Giece, en- suite lapider par les habitans d'Heracleu (5y). Ter- tuilien (58) , Saint- Angustin (59) , etc., s'ecartent peu de cette opinion , que Plutarque n'a point suivie. « Les Atheniens , dit cet ancien ecrivain , » con; urent une telle horreur contre la malice » coii-oramee des accusateurs de Socrate , qu'ils » leur refusoient du feu ; qu'ils ne daignoient pas » n'pon're a leurs questions; qu'ils ne vouloient * pas se trouver au bain avec eux ; qu'ils rcgar- » doient comme soui!l£e I'eau a la juelle ils avoieut - » toucbe , et qu'ils la fai«=oient repandre. Ces mi- » scrables , ne pouvimt supporter une haine si de- » daree , se pen di rent de desespoir (60) ». Tons ces rdcits offrent des differences , el meme des contradictions frappautes; elles peuvent done fair© (56) De vit. Philos. L. II , G. V. (57) Orat. II. ed. Petar. (58) Apolog. C. XXXIX, ad Nation, etc (5 9 ) De Civit. Dei, L. VIII , C. III. ;6o) De inrid. etodio, T. II. Op. p. 636. 4# jtiistoirc. rejetcr quelques circonsUinc.es , et non Ie fait es- sentiel, qui est le rcprntir des Atlieniens, appuyo sur tant d'autorites. M:iis comment le concilier. avcc ce trait lance* par iEschine , devant eux , con t re la m ('moire de Socrate , dont nagueres ils avoient oui' l'tloge,de la bouche de Ljsias (6l), et auquel ils venoient d'^Iever une statue de bronze (62) ? Rien de plus difficile , sans doute , si Ton ne reflechissoit pas sur l'excessive legerete de ces memes Atlieniens. Ils coudamnent a mort Socrate , et bientot apre£ ils s'en repentent 5 ils Ie vengent ou veulent \i yenger; ensuite ils sou f- frent qu'on 1 'outrage lachement. De pareilles in- consequences sont d'autant plus croyables, qu'elles lienuent essentiellement au caractere du peuple , par-lout extreme, plus ou moins fougueux et ver- satile , suivant la nature des climats et la forme des gouveraemens. (61) ©rat. fragm. p. 617. C62) Diogen. Lacrt. L. II, C. V. s. c. ARCJLEOLOGIE. 4J ARCHiEOLOGIE. Memoire surdes Peintures a fresque trouvies ct Rome en 1780^ et acquises depute pen de temps par Le Prelat Casali } representant des personnes qui portent des plats et des mets de plusleurs sortes j nominees Dapiferi. JYLonsieur Casali, pr£lat roraain , distingue par ses connoissances, et proprietaire d'un beau cabinet com- pose demedailles,de mosaiques et d'antiquites detoufe espece, vient d'acquerir trois peintures a fresque d'une grande beaute. Elles represented chacune un jeune homme vetu d'une maniere remarquable, et portant un plat garni de viandes ou d'autres mets. Elles faisoient partie du mur d'une galerie souter- raine qui fut d<£couverte en I'annee 1780 dans un lieu nomme sancta sanctorum , dernere I'hopital de Saint Jean-de-Latran. Ces trois peintures ne sont pas les seuies qui furent trouvees a cette epoque $ il y en avoit quatre autres qui ont ete absolument detruites pat 4 Fim- pression de i'air exterieur. Elles furent dans le temps toutes gravees et publiees par le pere Cassini , de l'ordre des ecoles pies. L'abbe Jean Cliristopl;e Amaduzzi augmenta encore et perfectionna le tra- Tomc VI. D So j&rchccologie. vail du pere Cassini , et les Romains ont pu voir pendant plusieurs annees les trois tableaux qui ont ^chappe aux effets de Pair extirieur dans la mai- son du cardinal Palotta ', mais ils etoient peu connus , et ce n'est que depuis que M. Casali les a acquis des' heri tiers de ce cardinal, et qu'il s'est empress^ d'en faire part aux amateurs et aux savans de Rome , que ces peintures oat acquis la celebrite qu'elles meritent. Les antiquaires ont examine" de nouveau ces pre- cieux restes de peintures antiques. Ils out rappele les details donnes par Cassini et Amaduzzi , deja presqu'entierement oubltes ; ils ont pense" que ces tableaux pnSsentoient l'idde d'abord d'un vehement peu connu ; qu'ils pouvoient non-seulenient etendre les connoissances donnees par Ferrari , Rubenius , etPignorius, sur la maniere de se vetir des Romains, mais encore tout ce qui a ete dit sur les repas des anciens et sur les emplois auxquels ils destinoient leurs esclaves ; ils ont juge,soit d'apres l'inspeclion des trois tableaux existans, soit d'apres les gravures des quatres autres tableaux qui ont £te detruits , que ces peintures sont d'un tres-beau dessin , d'une simplicity de forme , d'une intelligence dans le clair obscur tres-remarquables, et par-dessus tout qu'on y voit une facility admirable , qui est le ca- ractere distmctif des anciens : que le colons des chairs , le dore des cheveux , la couleur des mets , celle des fruits est a faire illusion ; enfin que les veternens ne sauroient 6tre mieux rendus. Peintures a Frcsque. 5r C'est du r^sultat des observations anciennes ct nouvelles , relativement a ces sept peintures auliques que je veux vous entretenir anjourd'hui. Eiles ne peuvent qu'interesser les antiquaires et les artistes. Je les accompagne de Penvoi des gravures ; il y en a neuf en tout , parce que les sept personnages peints sont precedes d'uu frontispice et d'une autre gravureq'ii represented le lieu memeou les fouilles out ete faites, et les divers autres monumens qui furent decouvertes en 1780. Ces monumins con- sistoient, i°. en un lion de marbre giis , tenant dans ses griffes la tete d'un veau ; 2 . en un buste d'un personnage Romain inconnu ; 3 Q . en une statue d'Hercule encore jeune , tenant une come d'abou- dance; 4 . en une statue de bronze nue, represen- tant Adrien avec le casque, le baudrier, l'epee et le bouclier ; 5°. en une superbe lampe en bronze ; 6°. en diSerens vases de terre cuite propre a con- server le via. Enfin on y voil une partie d'une vaste galerie , dont une des murailles restee entiere coutenoit les sept peintures a fresque que nous avons annorice. Six de ces peintures representent des esclaves destines a couviir la table, tenant cbacun un plat a la main, la septieme est un ecbanson qui verse a boire. Les numeros 3 , 6 et 7 sont les setils qui se soient conserves ; ce sont ceux qu'a acquis le prelat Casali. Los six premieres figures portent le meme uni- forme ; savoir , une large tuuique d'un blancchan- D 2 52 "ArckoeoLogie* geant qui leur tombe presque sur les pieds. Stir telle tunique est un habilleinent un peu plus court , de couleur tirant sur Ie violet. Chaque servant a sur ies deux epauleS un large ecusson en broderie , et quelques-uns portent encore des ecussons plus petits pies des bords de la tunique ou de la robe de dessus. Ces omemens ctoient-ils une espece de livree pour marquerla maisona qui appartenoient ces serviteurs, que les anciens nommoient pueri atrlenses. On peut croire que ceux qui eloient destines a servir a table , avoient un habillement particulier , de meme que l«s anciens avoient une robe particuliere pour les festins , et on appeloit celle-ci ccenatoria dlscubi- toria. On la voit sur presque tous ies bas-reliefs qui repr£sentent des banquets. Une des miniatures du fameuv manuscrit de Vir^ile,qui est a ! a bibliotheque du Vatican , represents Didon a table , assise sur un carreau entre deux Troyens qui ont des bonnets a la phrygienne, et qui sont vetus d'un babit propre aux banquets. Deux servile- TS debout leur versent du vin. L'babille nent de ces deux esclaves est exac- ternent le meme que celui des figure? que nous de- crivons ; ils ont aussi un ecusson sur P^paule. Ceraisonnement, qui estappuy£sur des monumens anciens , fait tomber la conjecture de quelques sa- vans de Rome qui pensoient qu'il s'a^issoit ici des preparatifs d'un repas reli^ieux, et que chacune de ces figures repr^sentoient un pretre salien. Ces sa- vans appuyoient leurs conjectures , i°. sur ce que les pretres saliens dans leurs danses et leurs fcstins Veintures a Fresque. 53 dtoient v£tus d'une robe a cuu'eur changcante, ( voyez Nigiclius Figulus etDems d'Hulicama&se ) ; 1°. sur les dux enus.^ons que cbacune des figures doru il s'agit i i p )rte sur l'6piuie ( u * i 1 s croyoient representer les deux boiuliers de Mars ; 3\ sur les mets coutenus dans les plats que portent ces per- sonnages ; ils soul tous en nombre impair; 4 . sur la qualite" meme des mets, tels que Denys d'Ha- licarnasse decrit ceux qui couvroient les tables des pretres saliens. On y voit un cocbon , un gateau , des fruits, des herbages. On lit dans un fragment de Deuys d'Halicaruasse , trou* c par Pabbe Gaetan Marini, prefet des archives du pape , que les pretres de Ceres et de Bacchus liomm's fratres arvates ^ et qui etoient au nombre dedouze, apres avoir of- fert des sacrifices pour la prosperite dts biens de la terre , se revetoit d'un habit particulier , cou- vroient ensuite leur table de gateaux , de premises des fruits, et s'asseyoient pour ce^brer leurs f-stius. Ccenatoria alba sampscrutit §t la tricllnaribus discubuerunt. Nous allons analyser les explications quelesanti- quaires' italiens qui ont examine ces figures ont don- n6es sur chacune d'elles. Celle qui est marqude dans les gravures par Ie numero premier porte avec les deux mains d ins un grand plat ou bassin rond (1) un grand pate. Sa (1) AppeUs , par Horace, Mazonomus ma gnus , sat. 8, lib. a, v. 86. D 3 54 r Arch otologic, figure et sa conleur ne different pas des nolres ; niaij si les ancietis connoissoient les pates , pourquoi leur nom n'esf-il pas parvenu jusqu'a nousVSur le mot pan'- , nos dictionnairesnous dohnent plusieurs noms latins j dont aucun ne signifie proprement ce que nous en tendons par le met francais. PastUlus £toit nn ties- petit morceau de pate parfumee. PastiUos ruJJiUusolet , dit Horace, sat. n , lib. i. v. 27. Le mot intritum s'applique a un hachis de pate et de viande , 011 de viande s.eulement. Lorsque les hachis etoient formes de pain et de viande , les Remains leur donnoient un nom qu'ils composoieut de deux mots grecs artocreas (melange de pain et tie chair ). Le placentum etoit un gateau plat 5 il est vrai qu'Athenee parle d'une sorte de placentum Na?ov , qu'il nomme new ivfov KttpvucKr 9 e'est-a-dire qui a une garniture de viandesexcellentes et hachees ; mais le mot latin equivalent au Nuo-tov des Grecs ne nous est point parvenu , concluons-en que nous n'avons qu'une partie des noms latins qui ont existed La figure du numero 2 repre*sente un liomme qui porte un cochon-de-lait roti dans un plat mollis grand que celui du numero r , mais qui est aussi sans ornemens. Ces sortes de plats sent a.ppe[estanx par les latins et *iik% par les Grecs. Pline , 1. 8 , c. 2, nous apprend que lesRomains appreto'ient le cochon de cinquante manieres diflerentes, paimi Iesquelles il compte le cochon-de-lait roli. Martial exhorte les l'elnluras & Frcsque. && riches a faire servir souvent sur leurs tables des cochons-^e-lait. Lacle mero pastum pigrce mihi matt is alumnum Fonat et actclo de sue dives edat. (Lib. 1 3 Epigr. 41). Aux deux bouts clu plat sont deux petits vases qui doiveut represenier une saliere et une poivriere. Martial nous apprend qu'on mangeoit le r6ti , meme les petits oiseaux nommes bequefigues en y mettant du poivre. Ctrea tjuce patulo lucet ficedula lumbo Cum tibijo.te datur 3 si sapis adde piper. Le troisieme ,des serviteurs porte aussi un plat rond , mais d'line forme toute diffe>ente ; elle est un peu oblongue , et le dessous est incruste de quelques ornemens Le milieu et les deux cot£s du plat sont garnis de pains ronds , a-peu-pres com me nos petits pains. On y voit aussi des biscuits ou ecliaud£s de forme lougue. Les fouilles d'Herculanum donnerent un pain rond en nature d'une grosseur moyenrie. On lisoit sur un cote de c^ pain , a l'aicle d'un microscope , les lettres SIMIL.. De l'autre col6 EMS Q... ANI... L'abbeMatbia Zarillo lesaexpli- que" ainsi : slmUago ceteris qucestoris HerculanL Ce qui indiquoit le four qu'un magisirat de la ville tenoit ouvert pour l'utilite du public. L'on remarque sur le plat dont il s'agit des v6- getaux -a longues feuiiles , qui sont ou des celeris D4 56 'jirdhceologle.' dont les anciens faisoient usage en diffeVentes ma- nieres, et specialement clans les repas fun hamos , crustula y lucer- tuLos j scUamenta _, meCLita. Martial adresse ces vers-ci a un confiseur. Pislori dulciario. Jllillc tihi Juices operum manus ista figures Extruis 3 hide uni paria lahorat apis. ( Epigr. 222 , lib. 14. ) La quatrieme figure apporte clans un bassin cu plat creux , appele - par les anciens catlnus j une f-ponle flanquee de quatre autres rriets qu'il est dif- ficile de diatinguer; ce sont ou des coquillages , ou des tetes de poissoiis, 011 peut-etre des tetes d'oie, Tiiorceau fort estime par les anciens (Bulengerus de Gonviviis, lib. 2 } cap. i5); ils faisoient aussi grand cas des poules engrais;6es dans des lieux obscurs (Martial, epigr. 5a, lib. r3 ). J?ascitus et dulci J'acilis gal Una Jarind , Pascitur et tenth i is , ingeniosa gula- est. ■ Le jeune homme qui est peint n°. 5 porte sept grosses raves dans un grand plat rond, absolument uni et semblable au plat du n°. second. Gallien , dans son traite de facuLtat. aliment, lib. 11, nous apprend que parmi les hors-d'oeuvres les gourmets preferoient les raves. Lucien parle aussi d'un gour- met qui avoit coutume de manger des petites raves coupees en morceaux bien minces, conserves: ou trempees dans la saumure de poisson. 58 'ArchceologLc. Au milieu des raves on voit , sur le plat, im petit vase qui doit contenir le sel , ou peut-etre une de ces sauces qu'Apicius appeloit Ugamlna , qui etoit propre aux herbages crus. Le sixieme personnage tient un bassin semblable, pour la forme, a celui qui est reprcsente au n°. 3. Celui-ci est rempli de beaux fruits ; gii y voit un melon au milieu de raisins noirs ; tout au- tour sont des peches, des grenades, des poires et un gros citron. Ces fruits sortcnt avec grace du milieu des feuilles qui y sont encore attachees. Les anciens mangeoient ies fruits au premier service , principalement ceux qui n'avoient pas un bon es- tomac. Celse present ce regime t Si quis stomacho parum valet uvas pomaqiie et siinilia prunxo elbo assumlt melius- j lib. i, cap. n. Cependant Horace vent que les raisins , les noix et les figues soient servis au dessert. Sat. II , 1. II , V. 121. . . . , . Turn pens ills uva secundas Ml nux ornabat mensas cum duplicejicu. La septieme et derniere figure est la plus agrea- ble et la mieux peinte ; elle repr6sente .un echanson. L'echanson , en style lapidaire , etoit appele AB ARGENTO POTORIO, A GEMMA POTORIA , A POTIONE, A BIBENDO, A VIN1S, A LA- GVMA (a lagena) , A CORINTHIS (poculis). Celui qui est peint ici est d'un belle proportion, ct plus grand que les autres personnages : sesche- Peintures & Fres-que. 5a veux sont blonds ; il est velu d'une dalmatique semblable a celle des diacres. On salt que, par leur premiere instilution , les diacres devoient ser- vir aux tables des pa.ivres , 9mm ?,&%#**' mu- mstrare inensis. Mais les dalmatiques actuelles ont les cotes entierement ouverts ; la tunique de notre dcbauson n'est ouverte que vers le bas 5 au- tour de l'ouverture du col et des ouvertures des cot^s sont des galons et des broderies charges d'una infinite de petits globules de me ial ; il a , sur les epauleset sur les genoux, des ecussons sembla-bles, pour la forme , a ceux des autres personnages , mais courerts de petits globules qui paroissent res- soriir de la broderie \ il tient, de la main droite , un verre a calice sans r ied , que les anciens ap- peloient scypfuis , ajatkus , pocaium ; et qu-and le verre &oH grand, ils l'appeloient 'scnurn. Au- presUj I'eehanson est une caisse ouverte , haute et carree, qui contient deux amphores, dont le col paroit how de la caisse 5 ces amphores out deux anses, qui font qu'on pent les prendre aisement. On en voit de semblables chez tons les anliquaires, et on en trouve de pareilles dans les anciennes fa- briques de poterie. Les caisses propres a contenir les bduteilles 011 amphores etoient de bois. Les Grecs les hommoient tyyu^KY,. Les monumens anciens nous represented les echansons dans un costume tout different de celui dont il s'aglt ici. Dans les miniatures du Virgile du Vatican, et sur quelques bas-reliefs de Rome , 1'oa 60 r Archoeologi&. voit des echansons qui ont leur robe ceinte et re- troussee ; iis sont enaction tie verser a boire avec l'amphore qu'ils tiennent a la main : celui-ci est en habit de c^remonie ; il est suppose avoir des serviteursen sous-ordre qui ont verse le vin dans le verre qu'il tient a la main, et qu'il va presen- ter aux convives. En finissant la description de ces peintures an- tiques , nous observeions qu'il eloit difficile de ren- contrer un monument plus inleressaut relativetnent aux repas des anciens , aux mets dont ils usoient , aux personnes qui etoieut destinies a les servir a table. Encore les fouilles faites dans cet endroit n'ont-elles procure ladecouverte que d'unemoitie de galerie ; lereste eioitabsoluinent detruit , et nous eut presentdpeut-etred'autres peintures; celles-ci eussent pu nous donner un plus grand nombre de person- nages, plus de plats et p'us de mets, en un mot , un repas complet. Tertull en , lib. de Pallio , assure qu'il n'y avoit presque point de repas, chez les Romains aises, ou il n'y eut des lamproies, des mulcts , des paons , des faisans , et ou i'on ne ser- vit des langues d'oiseaux rares et delicats (i). (i) Ce ni6moire m'a encore £16 envoje par le citoyea F. S. V , a qui on est redevable de celui sur la Villa Hadriani ; il a eu la bonl<£ d'y joindre les planches , que j* puis faire voir a ceux qui d£siseront en avoir connoissance. A. L. M. 6i N U M I S M A T I Q U E. Lkttera su d'un antico plombo Veliterno , scritta at cardinaie Stephano Borgia _, da EsSIO QuiRINO FlSCONTI , 1797 j ln-4 . — Lettre ±ur un Plomb antique dc Vzletri , adressee an cardinal Borgia par M. Ennio QuiRINO KlSCONTJ. J_L n'existe pas dans le monde un homme un peu verse dans la bonne literature qui ne connoisseles travaux de M. Visconti , conservateur du Muse© Pio-Clementin , a qui on en doit une description si atlacbante , et que 1'on peut regarder comme un chef-d'oeuvre en ce genre , comme un modele acheve de j;out, de style et d'erudition. II a eu la bonfe de m'adresser quelques obser- vations tres-importantes sur mon Introduction & f Etude des Puerres gravies : le suffrage dont i[ a honore cet essai est un de ceux qui pouvoient le plus me flatter , et la bonte qu'il a eue de s'en oc- cuper quelques instans est pour moi d'un prix infini. 11 vient de me faire parvenir en meme - temps la dissertation curieuse dont je donne ici rex- trait. Cx Numlsniatlque. Cette dissertation est relative a un plomb antique que M. Zoega, Dauois , un des plus habiles anti- quaires de PEurope, auteur de la description des medailles frappdes en E^ypte du Museum Borgia, vit a Paris dans le Museum national. Comme 51 avoit rapport a Veletri , il sentit combien il devoit interesser son savant et respectable ami , M. le cardinal Borgia , qui a , dans ce lieu , son superbe Museum si riche en monumens de tout genre , et principalement en monumens e^gyptiens ; il lui en procura un dessin, que le savant abbe" Barthelenij fit ex^cuter. La dissertation dont je donne aujourd'hui l'ana- lyse a £te composed d'apres ce dessin. La piece est de plomb, de la grandeur d'un de- nier romain , parfaitement ronde : on y trouve deux tetes, dont le profii se presente a gauche ; 1'une est barbue; elle a un manteau sur la poitrine. On lit autour : MVNIGIPI. VELITER EEL. avec la lettre numerale V dans le champ. L'autre tete , sur le revers , est jeune , presque puerile , imberbe par consequent , et sans manteau. On lit autour : IV- VENTA VELITER. EEL. Avant d'exposer le sentiment de cet habile anti- quaire , il faut faire connoitre celui de M. Sestini, qui l'a precede. M. Sestini a public^ daus le courant de cette annde, une dissertation intitule : lUustrax>Lone d'ane an- tica medagUa di plombo 3 ap parte nente a Ve- letri. — Description d'ane medaiUe antique de Tlomb antique de Veletri. 63 plomb 3 appartenant a Veletri. A Rome , chez Antoiiie Fulgoni , m-4 . M. Visconti avoit eu la bonte de joir.dre cette dissertation a la sienne ; mais elle ue m'est pas parvenue 5 licureusement j'en ai trouve" un extrait dans lc Giornale letterato di JNapoli _, du r5 Janvier 1797. Quoiqu'il y ait d>s auteurs qui attribuent a Ve- letri quelques medailles avec une Irgende grecque ou c^trusque , ou celles qui portent seulement les let t res initiates VE en monogramme , cependant oa ne reconnoissoit , comme appartenant r6ellemone pretendit que i'llalie a produit plus d'auteurs qui out ecrit en grec que les penples ses voisins. Cette assertion m'a paru hasardee ; je me suis en efiet convaincu que la France seule en fournit ua plus grand nombre que l'ltalie. II me sera facile de le prouver , et ce sera PGbjet d'un autre article. Je vais me borner aujourd'liui a traduire la lettre latine de notre savant ultramonlain , en ajoutant quelques details particuliers a sa nomenclature , qu'il eut pu rendre plus interessante. Je debute par Pythagore ; mais on ne s'accorde pas sur le lieu qui vit naitre ce pbilosophe: les uns disent quee'esta Samos ; les autres soutieunent qua ce fut dans une ile de la mer Tyrrhenienne. Quoi qu'il en soit , apres de longs voyages il paroit qu'il vint se fixer dans cette partie de l'ltalie, nue Ton nomraa depuis la Grande-Gi ece , et qu'il commenca a professer , a Crotone , dans la uaaisori du ce- lebre Milon , le dogme in^enkux de la m£temp- sycose. E a gg Bistoire Ultiralre. Parmi ses disciples figure Ocellus , ne dans la Lucanie , d'ou .1 a tire sou surnom de Lucanus. Nous n'avous que quelques fragmens de plus.eurs ouvrages qu'i! avoit composes, et sou Uvre de 1 U- nivers , traduit par Dargens et le Balteux. Archil8s.de Tarente, excellent mathemalicien, , qui on a.tribue la decouverte de la duphcauon du cube. Timfei de Lucres , aateur d'un trade de la na- ture e . de fame du moude. C'est ce plnlosophe cue Platou a iutrodui. daus uu de ses dialogues. Pargens et le Balteux out traduit cet ouvrage. Alcmeou, de C.orone, autre disciple de Pytha- epre, a ecrit le premier sur la physique. Sou nom Ttrouve frequemmen, cite daus Aris.o.e Ccerou ZZ eu'il professoi. le cul.e du soleil , de la dune . Sb&i 5 qufe tfcti e.a„.i,nmor.eUe,ellee.oU toujours en mouvement. Parmenides, d'Elee , villa de Lucanie. Ansto.e lui reproche avec aigreur «• opimons. II n a*. „ ettoi ; que deux Clemens, la terre et le feu ; d "uenoi, encore que la terre e.oi, ronde et place. L milieu du monde, et que la prem.ere genera- tion des hommes e.oit venue du soieil. Nousavons des fragmens de ce philosophe. Zenon, delameme ville d'Elee, fut 1'inventeur de iTL ectique. II en.eigna qVil y a pluses* aI ■ ou'il n'v a point de vide ; que la nature HelUnlstcs d' Italic 69 sec et d'humide , et que l'ame est compose de toutes ces c hoses. Etee vit naitre encore Leuclppe , qui , le premier, trouva le Fameu* systeme des a(6mes et du vide. II ajoutoit que la nature des astrts se forme par leur mouvement j que la figure de la terre est sem- blable a celle d'un tambour, etc. , etc. C'est aussi dans E!£e que recut le jour Alci- demas, orateur et philosophe. II composa un traite" de musique- et, suivant Ciceron , il avoit ecrit un eloge de la mort. D'autres pretendent que cet Al- cidemas, disciple de Gorgias , naqmt a E.ee , en Asie. Ph;lolaiis , de Crotone, autre pyfhagoricien ce- lebre, avoit compost un ouvrage que Platon, Iors de son voyage en Sidle, avoit achete des parens dece philosophe, s'il faut en croire Hermippus. V apres le systeme qu'il adopta , tout se fait par harmonie et par necessity , et la terre a un mou- vement circulaire. II y eut un autre H.ilolaus , de Tarente , dont Xenoplnius, Plaulonius, Echecrates , Diodes et folymnaste prirent des lecons. Ipassus , de Metapontum , soutenoit , suivant Anstote, q ue le feu e.oi, le p r ; nc i p e de tout. As.o Cro.onia.e , composa plusieurs ouvra £ e s que quelcjues-uns at.ribuent a fyhagorc. :E3 7° His to Ire litter aire. Lysis, de Tarente, donna des lecons de philo- sophic a Eparainondas, de Thebes. On croft qu'il est auteur des vers dores qu'on attribue a Pyth - gore. Aide Manure a publie une des epitres de Lysis a Hyp par que par mi celles des Grecs qu'il fit imprimtfr a Venise. La ville de Crotone donna naissance a un poete nomine" Orphee , ami du tyran Pisistrate , et qu'on croit avoir compose les Argonauliques , avec d'autres ouvrages egalement perdus. L'empinque Heraclide , an rapport de Celse, naquit a Tarente. Gal'ren en fait le plus grand £loge. II composa deux ouvrages, dont l'un etoit adress6 a Astiodamante , et l'autre a Antiochides. PHne fait mention d'un ApoUodore de Tarente. On n'a aucuns details sur son compte. Eumaohius, de Naples, selon Athenee , £crivit en grec l'histoire d'AIexandre. Le meme Athenee rapporte que Cteomene, de Reggio, adressa une lettre a Alexandre, et qu'il composa des dithyrarabes. On cite un Cl^omene * auteur d'un livre intitule : le Pedagogue. Zaleucus et Charondas , deux c^lebres legislateurs, avoient pris des lemons de Pythagore. Le premier dicta des lois aux Locriens , peuple de l'ltalie , et le second a Catane , ville de la Sicile , ou il avoit recu le jour. Gependant il en est qui pretendent que Zaleucus naquit dans la Grece, et qu'il vint 3 dans Id suite , s'&ablir en Italic lleUinistes d'ltalle; jt Plutarque dit , dans la vie de Romulus, que Diodes Peripathius fut le premier qni £crivit una histoire romaine en gre> . Mais est-il bien certain que cet auteur soit ne en Italie ? labius Piclor, le plus ancien des annalistes ro- xnains, est, suivant Ciceron et Denys d'Halicar- nasse , auteur d'une histoire romaine £crite en grec ; celle que nous avons sous son nom est sup- Pline , passant en revue les £crivains qu'il avoit .consults pour son histoire naturelle , cite , parmi les Latins qui avoient employe la langue grecque , L. Arumicus, Sextius Nigrus, et Julius Bassus. Caius Alcidius ecrivit une histoire en grec. Voye* Ciceron, Livre III de ses Offices, et Plutarque, vie de Romulus. Ciceron lui-meme , au deuxieme Livre de sss lettres a Atticus, convient qu'il a ecrit en grec des commentairessur les choses qui se sont passees pen- dant son consulat. II avoit encore compose" , dam la meme langue , un discours dont Apollonius , fi!$ de Molon , son pr^cepteur et celui de Caesar , ad- miroit l'elegance , en ajoulant qu'il deploroit le sort des Grecs , parce qu'un Romain s'etoit appropria lout re qui leur restoit d'eloquence. D'autres Latins tigurent encore parmi ceux qu'on tient de citer. Scipion PAfricain , T. Gracclms, dont la harangue grecque existoit encore chez les Rhodiens du temps de Ciceron , et A. Albinus % E 4 72 Blstolre LLttiralre. qui fut consul avec L. Lucullus , plusieurs anciens jurisconsultes et empereurs, comme il est aise de s'en convaincre }^ar le livre du Digeste. Ici le savant de Verone termine sa nomenclature pour passer aux eorivains de la Sicile. Cependant il oublie deux He>aclides de Cubas, dont l'un avoit ^crit une histoire en cinq livres, et Claude JElien , ne a Preneste , auteur d'une histoire des animaux et d'un recueil d'histoires diverses , dont Dacier nous a donn6 une bonne traduction en 1772. II pouvoit encore faire mention d'Aspasius , de Ra- venne , pour avoir compose plusieurs harangues grecques qui ne sont pas venues jusqu'a nous. Je pourrois dire que la Sicile, n'ayant pas tou- jours fait partie de Fltalie , il faut distingner les differentes epoques ou sont n6s les auteurs qu'elle a produits 5 mais il me reste encore assez d'avau- tage : ainsi continuons. EmpeMocle , d'Agrigente , poete et physicien , suivant Ciceron; plus ptrysicien que poete, au ju- gement d'Aristote , fut disciple de Pythagore , et parcourut l'Univers pour s'instruire dans les sciences occultes. Deux orateurs celebres , Corax et Tisias , £cri- virent des preceptes sur Part oratoire. Vojez Quin- tilius , Livre III. Nicetas ou Icetas , de Syracuse. G'est luiqui,le premier , a pense* , selon Ciceron et plusieurs autres , que le ciel, le soleil, la lune et les etoiles etoient HelUnistes (VI talk, 73 immobites , et que la terre senile touvnoit rapide- ment sur son ane. Platon avoit riit la memecliose, mais d'tine maniere plus embrouiltee que Ni- cetas. Monime , discip'e de Diogene 3 cite par Mc- nandre. Nymphodore, de Syracuse, auleur d'une histoire de Sicile. 11 avoit ajotite un livre a l'ouvrage d'Al- cime, son com patriot e. Cet Alcime^ que 1'eruditde Verone ne fait que citer en passant , etoit un histo- rien dont fait mention Athen^e. Andreas, de Palerme, est peut-etre celui dont parlent souvent Gallien , Celse et Piine. Diodore , avantageusement connu par sa biblio- theque historiqne. De quarants livres dont cet ou- vrage 6toit compose , il re nous en est parvenu que quinze. Le Pogge les a traduits en latin , et Terrasson en francais. Philistus , historien renommf 4 , etait de Syracuse. II prit Tuucydide pour modele. Voyez Ciceron, Denys d'Halicarnasse , Plutarque et Suida?. Athenee fait mention d'un Heraclide ne en Sicile ^ et auteur de plusieurs ouvrages. Un certain poete , nomine" Orphre , avoit pris naissance a Camarina , colonie de Syracuse , qui conserve encore , avec des vestiges , le nom de Ca- marana. Au reste , 1'exHriice de ces di(F< : rens Or- phees est tres-problematique. Selon Popinion la plus commune, ce'.iii que la' fable a mis au noiubre de« A- r gonautes etoit ne dans la Thrac .' 74 Rostoire LUUralre, Theocrite, de Sicile. Quelquesauteurs pr&endertf cependant qn'il naqait a Cos, et qu'il vint s'etablir a Syracuse. Archimede , matliematicien c^lebre. Tite-Live , P'ine, Piutarque, font i'eloge de son g£nie. Cit- ron , au cinquieme livre de ses Tuscuianes , parle de son tombeau , qu'il avoit decouvert lorsqu'il £toit questeur en Sicile. I! nous resle quelques mis des mi- vrages de ce grand horn i we , don t Rivault nous a donne" une edition //1-4 . en 161 5. II est question, dans Athcnee , de Thdodoridas f auteur d'un poeme des Centaures. Theopnis , poete elegiaqu? , etoit deMegare l'Hy- bteenne ( d'autres preten ent de Mega re , voisine de l'isthme de Corinthe). Nous n'avons de lui que des fragmens, dont M. L. Coupe vient de donner line traduction francaise. I^ontium donna 1© jour a Gorgias, Ie plus grand orateur de son siecle. II fut le modele d'lso- crate et Ie disciple d'Empedocle. Pline rapporte qu'il est le premier des mortels a qui Delphes ait 6\?v6 , dans son temple , une statue d'or massif. Timee, de Sicile , travailla a l'histoire naturelle de Pline ; celui-ci en convient daus son premier livre. Voyez Denys d'Halicarnasse. Evhemere (selon les uns naquit a Mes^ene , ville du Peloponese, et , suivant les autre* , a Messine , en Sicile). Lactance dit qu'il a publie , par ecrit , les actions de Jupiter et des autres personnages qu'on a mis au rang des JDieux. Son histoire est Hellinistes 'tf Italia* 75 appuyee sur les titres et les inscriptions sacrees que 1'on conservoit dans les temples les plus anciens. II iiulique , entr'aufres , cette coionne d'or placeedans le temple de Jupiter - Tryphilien , sur laquelle t'toient gravees les actions de ce Dieu, aHu de les transmettre a la posteriie. Ennius ( vejez Ciceron , premier Livre de la na- ture des Dieux ) avoit interpret et suivi le systeme d'Evhemere. D'autres Latins , tels que Van-on et Servius, ont parle de cet auteur : chez les Grecs , Sextus Empiricus et Tbeodorile. Epicharme , poete comique , etoit de Syracuse ( cependant Diogene-Laerce dit qu'il naquit dans 1'ile de Co). Ses ouvrages etoient fort eslimes des anciens. Herodote , Grec de naissance , apres avoir visile differentes villes de l'Asie, choisit, pour ecrire son histoire, les environs de Thurie (I'opinion la plus suivie est que ce fut dans Pile d« Samos ). On voit que I'erudit de Verone a mis , au nombre de ceux qu'il vient de citer, plusieurs auteurs etran- gers a 1'Italie et a la Sicile. Pour moi, je ne par- lerai que des ecrivains qui , nes en France , jouis- sent encore de la reputation qn'ils doivent a des ouvrages composes dans la langue des Grecs. 7 6 G E G R A P II I E. Notice d'une Geographic en grec vulgaire , Intitule" e : rE£jrpAalion de tons Ies c^lebres professeurs que celte ecole a produits. Je ne sais si cette ecole subsiste encore ; roaisla viile de Joan/iina ; en Epire , en renferme plusieurs ou les Grecs vont , depuis long-temps , puiser lcs ■prineipes de la litteralure tant ancijnne que mo- derne ; et cetle viile, qui est comme lcur princi- pale universite , a elle-me -v.e produit plusieurs personnages qui se sont distinguls par leurs ecrits. Enfin, tous les couvens de la Grece se garnissent aujoard'hwi de bibliotheques compos'-es de livres la piupart imprimes en Italie. Ainsi , il y a lieu de croire que quelque jour les letlres refleuriront dans le pays qui les a vu naitre , et que la Gr?-ce nous ofTYira encore de nouv . aux model es a suivre, 1 Parmj les savans que la Grece moderne a pro- duits , Demetrius Cantemircite Odeletucs j qui etoit naiif de Joannina, et qui fut archevequede l'Arta , et ensuite d'Atln : j nes. Cet auteur a fccril , dans sa langue J une Histoire ecclisiastique ti es-estimde dans le pays , et une Giographie qui a &\6 impri- mee a Venise en 1728 , en wn volume in-/ olio, Le prince Demetrius Cantemir tient lui-meme une place diMin-uee parmi ces savans '; outre son His- toure de ^Empire ottoman _, ecrje en latin, et traduile en fianeais, il a fait une Description dc La Moldavia- j egalement en latin , qui se trouve dans le Magasin aUemand de Buscliing. Apres y8 Geograpkie. celui-ci on peut citer Dosilfiee et Ckrysanthe 4 tous deux patriarches de Jerusalem , et dont Ie der- nier a fait une Description de la Terre-Salnte et de la ville de Jerusalem 9 egalement engrec, et pareillement imprim^e a Venise en 1728 en irn volume in-Jolio. On sait que le prince Nicolas Maurocordato _, fi!s du celebre Alexandre Mau- rocordato , passoit pour un prodige de science parmi ses compatriotes , et qu'il avoit reuni , en Valakie , une superbe bibliotheque , dont l'abbe Sevin eut Tart de lui tirer quelques manuscrits pour la bibliotheque generate de France. Eutin , on pourroit encore citer beaucoup d'autres Grecs mo- dernes tres - savans ; mais on aime mieux les passer sous silence. La geographic dont il est ici question est l'ou- vrage d'un Grec encore vivant, dont le but a 6ti d'eclairer sa patrie et de propager les lumieres. It se nomme Dirnitrius Daniel Pkilippldes. Ne en Thessaiie , sous le mont Pelion , il n'avoit point voyage dans l'intention d'eVrire ; mais etant arrive* a Vicnne 3 en Aatricke j la commodite d'une imprimerie toute grecque qu'il trouva elablie dans xette ville a l'instar de ©elle de Venise , jointe a, ; une connoissance des langues francaise et italienne assez approfondie pour tirer parti des livres Merits dans ces deux langues, lui inspira i'idee de faire une g^ographie qui peut etre utile a ses conci- toyens. Ii se mit done a 1'ouvrage. II profita , pour son pays, de ses propres lumieres et de toutes celles que purent lui procurer les marchands grecs qui GSograptiie en Grec vulgaire. 79 sont £tablis en grand nombre a Vienne, et, pour les autres pays , il consulta les livres fraucais et italiens. Quelque temps apres PhUippides vint en France, attire par la revolution fraucaise. II en avoit drja parle" dans son ouvrage ; il vou'ut la voir de prks. En effet, il passa a Paris trois amines qu'il mit a profit en etudianl les mathematiques sous M. Mau- duit , I'astronomie sous M. Djlalancls, et pendant lesquelles il pi it quelques coimoissances en phy- sique. Mais notre revolution ayant pris un carac- t£re de barbarie qui n'etoit point dans ses senti- inens , il song a a quitter le pays. II ne voyoit plua dans la revolution francaise l'image de celle qu'il desiroit ramener la liberte dans la Grece 5 il n© vouloit qu'une revolution douce, toujours accom- pagnee de l'humanite et de l'eqiiite , et la noire n© lui paroi^soit plus avoir ces caracteres. II parlit done pour rejoindre un de ses compatriotes qui voyageoit en Italie 5 ils s'embarq'.erent tous deux a Venise, et retournerent dans leur patrie , ou ils sont arrives heureusement. PhUippides est un homme dans la force de l'age, d'un grand sens , assez froid et tranquille , tres* verse dans la lilterature grecque tant ancienne que inoderne , d'un jugeraent sain , et qui a abjure' toutes les preventions de sa nation. Ses mceurs sont douces et paisibles, son ame honn&e, et, s'il parvient quelque jour a £clairer ses concitoyens par ses tcritsj il ne leur fera pas moins d'honueur par 8© GtographLe. sa for.rluite privee. Ii se propose de tiaduire, dan* sa langue , plusieuis bous ouvrages franrais. La Geographie de PkUippLdes n'est pas , a la ' vorite , im ouvrage complet ; ce n'est que le pre- mier volume fflune geographie qui devoit en avoir plirsieurs. Je ne crois pas que les an Ires aient 6\& composes, et je douie qu'ils le soient jamais', du nioins sur le meme plan , parce que 1'auteur se propose de recommencer la description de son pays, qui se trouve dans ce premier volume , et de la faire d'une manicre 1 eaucoup plus circonstanciee. Je ne puis donner le titre positif de cet ou- vr.ge, parce (jue le premier feuillet manque dans l'dxcmplaioe que j'ai , aiusi que la souscription d'une dedi ace au prince Potemkin ; mais neanmoins je .puis assurer que cet'.e geographie a £te imprimee a VLenne y en Autncke _, en 1790 , et qu'elle est l'ouvrage de PkUippLdes. Ce volume a six cents cinqnante pages, et les caract-eres , Timpression et le papier en sont beauroup plus beaux que ceux de lo-ues les- editions de Venise. La dedicace est en grc-c et en francais \ elle est ecrite d'un style am- poule et oriental , et, en eela ,'elle ne repond point -du. tout au reste de l'ouwa^e, qui est , en general , d'un style tres simple et tres-clair. Ce premier volume contient des principes de sphere et de geographie , la description de la Tur- quie d'Europe , aussi circonstanciee que Pauteur Fa pu faire, et celle -de l'lt^lie, de l'Espagne ot de la Frcnce. Les principes de spbere et de geographie sont Geographic en Grcc vulgalre. 81 sent tout simplement traduits de la Mdtkode de GdographCe de Nlcolle de la Croix , sauf quel- ques additions tirees de differeus ouvrages. On sent bien que les descriptions de I'ltalie , de PEspagne et de la France ne peuvent etre egalement que traduites de differens ouvrages qui nous sont -con- nus , et par consequent qu'eilcs ne nous sevont pas d'une grande utilii6 ; cependant elles nous serviront a savoir , par' la comparaison , comment les Grecs modernes prononcent les difTerens noras des lieux de leur pays 5 car l'auteur, pour ceux qui ne sont pas de son pays , s'est plus attache a rendre leur prononciation que leur orthographe. G'est ainsi qu'ils ecrivent 2<«A«y pour Chalons , parce que le X , chez eux, n'a pas la prononciation de notre Ch ; et Mwdopjroy, Bourbon 3 parce que leur B n'a pas la prononciation du notre, et que, dans leur lan- gue , il equivaut a un V dans la notre. i Mais ce qu'il y a de plus interessant, et qui rend cette geographie aussi complete pour nous quelle peut Pltre, e'est la description de laTurquie d'Eu- rope , qui est en general tres-peu connue , et sur laquelle on ne sauroit rassembler trop de materiaux. Nous avons dit que cette geographic avoit £te composed a Vienne,'en Autriche , et que son au- teur avoit profile de routes les connoissances que le grand nombre de mareharids grecs qui est etabli en cette ville avoit pir lui procurer. En effet , on y tiouve la description de beaucoup de lieux dans la Grece et dans le reste de JaTurquie qui nousetoient tout-a-fait inconnus auparavant J raais les parties Tome VI. E St G6ograpkle. les plus circoMstanciees et les mieux detaillees sont celles que l'auteur a vues par lui- • eme. Cette geographic n'est pas compo&ee , comme celle de Melctlus .,. sur le plan de la geographie ancienne. L'auteur a bien senti que oe plan - 'oit vicieux ; qu'il ne servo jt qu'a mettre de la co :. fu- sion dans les descriptions ; que, s'il existoil qwelque erreur dans les auteurs anciens , c'trtoit la consa- crer , et , qu'eimn, ce n'etoit pas une niethode sure pour faire connoitre I e pays. II a done pris le plan de la geographic moderne, celui qui lui etoit deja indiqu6 par la Geographie de JS.lcoUe de la Croix. Meletlus commence par nous decr.re ie pays comme il £toit autrefois ; il deplove ensuite une grande erudition, et, dans chaque article, a peine nous donne-t-ii le liora du lieu moderne , auquel le lieu ancien r^pond : ainsi , la geographie moderne occupe une tres-petite place dans son ou- vrage ; et , comme il arrive sou vent qu'il se trompe dans la comparaison de cetle geographie a 1'an- cienne, il s'ensuit que loute son erudition est aiors en pure perte , et qu'on ne peut plus se recon- noitre. PhUlppia'es j au contraire , commence par nous faire Une description claire et detailhe de chaque lieu dans son etat acttiel ; il nous parle de ses productions , de son commerce , et ensuite ii nous dit quel nom il portoit autrefois ; sou vent in erne il assaisonne sont r£cit, de traits n'histoi^e tires de Pausanias, de Stra'oon , d'Eustathe e,\ d'autres. On ne.ponvoit pas suivie,une marche plus claire et plus simple. Geographic en Crec vulgalre. S3 Les parties les plus circonstanciees , et que l'au- teur a vues par 4ui-meme , sout les environs flu Mont-Pelion eu Tuessalie, que I'on appelle aujour- d'hui la Montagne de Zagora ; le Mont-Alhos, quelques iles de PArchipel , et plusieurs lieux dans la Thrace, la Bu'garie, la Valakie et la Molda- vie. La description du Mont-PcUori oecupea elle seule trente-trois pages , et I'auteur n'y a omis etu- cun des villages et bourgs qui s'y trouvent , non plus que leurs distances, et dont pas un ne nous eioit connu auparavant. Cette description me fait voir que cette partis de mes cartes pour le Voyage du jeune Anackarsis n'est pas aussi exacte qu'elle pourroit I'etre ; mais quelque jour j'espera me corriger. Par cette description , I'auteur rend hommage a sa patrie. C'est dans cette partie de la Tuessalie , au pied du Mont-Pelion , sur le golfe de Veto , dans un village de trois cents maisons , a;. pete Milialsj qu'est ne PhiUppldes. A peu de dis- tance de ce village est i'emplacement de l'an- cienne ville de Demetrlas , que le dernier Phi- lippe, roi de Macedoine, regardcit comma une des clefs de la Grece , et dont il- reste encore quel* ques mines. Cependant il ne faut pas crolre que toutes les parties de cette description de la 'l ur.piie d'Europe soient egalement neuves ; il en est sur lesqnclies nous avons des details beaucoup plus circonstan- cies , et il paroit que pour d'autres, I'auteur s'est quelqueibis servi du DLcUonnaLre c;e Geography &f Geographies . moderne de PEncycLopedie mithodique , sur Ie- quel on ne peut pas trop compter. Au surplus, Pauteur est retourne dans son pays daiis l'intention d'en faire une description beaucoup plus detailtee , et il a meme emport6 avcc lui des instrumens arm d'y faire , s'il est possible , des observations g£ode- siques et astronoraiques. Je ne puis resister a l'envie de parler des mines d'une grande ville que Pauteur a trouvees en Bul- garie , sur sa route dlA.ndrinople a Rontchouk sur le Danube, a-peu-pres a moitie" chemin de Tor- novo a Roulcliouk, et a Pendroit oil M.Danville a marque sur sa carte de la troislkme partle tf Europe j un lieu appele" Nicop. Ces mines, dit Pauteur, out plus d'une lieue d'6tendue ; on ne voit par-tout que des Edifices en marbre presque entiers et un grand nombre cl'inFcriptions. II paroit que ces ru ; nes 'sont celles de Pancienne Nicopolis ad latratTi ; je ne crois pas qu'aucun Europeen les ait encore visiles, et je ne doute pas qu'un architecte qui vondroit aller mesurer tous ces mo- numens n'y trouvat une abondante recolte. Pour qu'on puisse se former une idee de cetta ^eographie , je vais donner la traduction de la Description du, Fays des Magnotes . que Pau- teur a dressed sur le rapport que lui en a fait un eVeque de ce pays. Cette description, a la verity, est ecrite avec un peu plus d'entbousiasme que le reste du volume : Pauteur paroit compter beaucoup Irop sur la bravoure et Pintrepidite" des Magnotes pour contribuer au retablissement de la liberie dans Geographie en Grec vulgalre. 85 la Grece; mais, en genera!, cette descripiion s'ac- corde avec ce que le romte Comnene a rapporte des Magnotes dans son PrSas historlque de la MaLson Lnipenaic des Comnenes , imprime a Amsterdam en i 7 &f en un volume in~8°. , etony trouve meme des choses dont le comte Comnenen'a pas fait mention. Page 148 et suivantes : « Au midi de la Moree » sont les montagnes de la Magne, dans lesquelles » il y a, dit-on, trois cents soixante-cinq villages, » dont les habitans sont des homme's robustes , « sobree, menant une vie austere, et amateurs au » dernier degre de leur liberte. On pretend qu'ils n descendent des anciens Lacedemoniens. » Le pays de Magna se divise en Magne int<5- * rieure et. Magne exteneure. La Magne interieure » porte aussi !e nom-de Cacavoulia , et celle - ci » n'avoit jamais ete subjuguee par les Turcs jus- » qu'en 1779 ; seulement celle de l'exterieur leur ■ avoit pave, pendant quelque temps , un tribut >•< comme pour se debarrasser d'eux. ! Depuis ce premier essai , les Turcs ont tent6 » plusieurs fois de reduire le pays de Magna $ mais » ilsonteprouve qu'il n'etoit pas facile d'en faire » laconquete,et que la guerre, dans ce pays, leur » etoit funeste,. parce que les Magnotes habiteat un » P a .ys apre et difficile , et que ces peuples ont con- » serve l'esprit belliqueux de leurs ancetres. » Cependant les Turcs , en grand nombre ,Jfirent » un dernier effort en 1779; mais ils ne se'roienf » encore venus a bout de rien , s'ils n'avoieut It* V 3 86 G'ograpfue. » aides par les distentions qui ,exis?oierit alors » chez les Magnotcs. D'un autre cote , I'infame » Maurogeni contribna beaucoup, par ses seel fictions » et ses mechaucetes , a rendre le Capitan-Pacha, » maitre du pays,et a me! Ire la Magne sous le joug des » Turcs. II lit pioraetire auxMagnotes qu'ils paye- » roienl une sorame dans im twnps lixe, et voici » comment cette contribution s« leve. Un Turc se s rend dans le bourg de Maivlhonisi , -qui est dan* « la Magne exierieure ; la il recoit Targent drs » mains du premier capitaine , qui, a son lour, le » recueilie, de tons les autres. Ces capitaiiies sbnt • an nombre de quatorze ; et , dans le commence- » mentjils furent tous obliges de donner leurs en- » fans en otage aux Turcs. » Ceux - ci , lorsqu'ils etoient florissa ns , n'ont » pu snbjugucr le pays de Magna; cependant lis y » sont parvenus dans leur decadence. Tels furent » les funestos eflfels de la dissention qui existoit alors » parmi les_ Magnoles. Neanmoins :i'on pent dire • que la puissance des Turcs r dans !a Magne , re. r - » seinble. assez k un mur bati sur -le sable j car rien » n'empeebe les Magriote's d'arranger les af- • faires de leur interieur comme ils le jugent a » propos, et l'aprete des lieux qu'ils habi lent , aitisi » que leur courage , les defendront toujours con(re ; » leurs ennemls exterieurs. Celaauffit , je crois , pour • que les Magnotes sentient \a> ' r aute qu'ils ont faite, <• et qu'ils oherchent tous les moyeus de la n-- » parer, » Leur goujveuiement est - Une espece de dhno- GSographie en Grec vuLgaire. 87 • cratie , et les quatorze capitaines sont autant dc » chefs du peuple qui ont cfaacun une partie du » pays sous leur jurisdiction. Leurs places sont he- 9 reditaires, et cependant leur autorite se borne a » commander chacun les gens de leur canton en • temps de guerre. • Les habitans de la Magne exterieure sont plus » dour , plus civilises et plus traitables que les • autres. Leur pays est beau , et offre plusieurs si- » tuations delicieuses. On y trouve beaucoup d*oli- » viers , de figuiers, de vighes , d'orangers 3 de li- » moniers , et dirT£rens autres arbres fruitiers. » Ceux de la Magne interieure , suivant le rapport » d'un Magnote meme , sont aussi sauvages que le • p^ys qu'ils habitent. Ge pays est plein de rochers , » de precipices . et entierement denue* d'arbres. Do » loin l'aspect en est horrible , et chaque habita- » tion en est tres-chetive ; cependant ce pays est » beaucoup plus peuple* que la Magne exterieure. • Les maisons des Cacavouliotes sont, en quel que y> faeon , des trous a la maniere des Troglodytes. y> Chacun , dans ce pays , est Partisan de ce dont » il a besoin 5 et lorsqu'un homme a fait un habit , ■» il ne cesse de le porter jour et nuit , jusqu'a ce » qu'il ne vaille plus rien , et qu'il tombe en lam- » beaux. » Les habitans de la Magne exterieure , et plus » particulierement ceux de l'interieure , se livrent » an metier de brigand , et ils exercent souvent la » piraterie. Ils y reussissent assez bien avec de pe- » tites barques qu'ils ont 3 et , apres avoir fait leur *4 88 Geographic » proie de tout ce qu'ils rencontrent , ils vbnt le » vendre. II n'y a pas Jong-temps qu'ils s'empa- » rerent de deux navires fiancais, et qu ? ils en ven- » dirent toute la caigai.on. On peut juger de leur » Jial)ilete lorsqu'on les vo.it , avec de petites » barques, enlever des vaissea.ux. Avant ia-'der- » niere guerre , il leur arrivoit souvent de se re- » pandre dans la Moree , d'en emmener des trou- » peaux entiers., et d'y faire mi buiin immense tant » sur ]es Mahometans que sar les Chretiens. Alors » meme il n'etoit pas rare, de voir mi Magnole » tout arme se promener dans la vil'c de Mistra » avec une fierte vraimcnt lacedcmonieune, et re- » garder les Turcs avec mi'pris. Eu elU.t , co » peuple fait trembler les Tuics , et.sur-tout ceux » de Mistra. » G'est ce brigandage qui fait dire aujour.d'hui » tant de mal.des Magnotes ; cepe.ndani il faut » ayouer que , dans les cpmmencenieiis , c'etoit une » necessite pour eux ,.,puisque leur pays ingrat n'e- » toit propre. q u'a de( endre leur liberie 5 mais ac- » tuellemtnt ils » sour accoutumes, et ce n'est •» plus qu'un metier .qui ii'alarme , en aucune » fa con , leur conscience.. Tout.es les nations re- » gardent cette conduitecomme odieuse ; mais qu'on » examine Faridite et la secheresse de leur pays, a et Ton ne sera plus tenle de leur rien repro- * cber. » On ne sauroit faire un crime aux Magnotes » d. 3 s maux que leur situation les force de com- » mettre, Eh. J combien de fois les nations po- GcographLe en Grec vulgaire. £9 » licees n'en ont-elles pas commises elles-memes » saris n^cps^ilc '1 » Tous les Magnotes suivcnt 3a religion grecque , » et ils ont sept eVeques, qui vivent chacun du » produit cle qneiques terres afleot^es a leur » ^glise. Ces eveques sont tres-reveres du peuple 3 » et i!s observant tres- exactement les jeunes du » mercredi , du vendredi et des caremes, faisant » priucipalement consister la vertu du Christianisme » dans ces pratiques exterieures. » Les Magnotes 3 et particulieremcnt ceux de » l'interieur , ont une grande reconnaissance pour » ceux de qui ils ont recu des bienfaits. Ils pous- » sent rneme cette vertu si loin , qu'on les a vu » verser leur sang pour leur bienfaiteur. » Les Magnotes sont dans une situation tres- is ayantageuse pour le commerce , et il suffit de » jeler les yeux sur une carte pour s'en con vaincre. » On voit que leur pavs domine tous ceux qui » l'environnent 5 on y trouve de beaux ports , et » particulierement un qui est tres-giand , et qui a peut contenir une flotta entiere ; l'entree peut en » elre defendue par quelques homines seulement » caches derriere les rochers, et on y commerce- , » roit faciiement. D'un autre c6te , les Magnotes » sont des hommes actifs , adroits, entreprenans , » habitant un lieu plein de rochers, et qui ne pro- * duit pas tout ce qui leur est n^cessaiie , ce qui « les force de toumer leurs vues vers la mer pour » vivre. Toutes ces circonstances , j'espere , sont » autant de causes qui les engageront puissamment 9° Geographic. » a s'adonner au commerce , et a devenir de nou- » veaux Venitiens et Hollandais ; le commerce lei » enruhira , et Pexemple des autres nations les » £c!airera sur leurs propres avanlages ; leurs ri- » chesses et leurs lumieres march eronf, sans doute, y> de front, et iis feront certainement revivre * J'ancienne gloire de la malheureuse nation grec- » que. On demandera peut-etre ce qui les a retenu » jusqu'a present et ce qui les retient encore ? C'est » ieur ignorance seule ; elle les rend des pjgmees » dans le temps ou le commerce en feroit des co- » losses • et, pour sentir cette verite, ils n'ont pas * meme besoin de consulter Pexemple des nations » etrangeres ; ils n'ont qu'a suivre celui de leurs » anceires , qu'ils ont devant les yeux. Mais, quoi- » que le pays des Magnotes contienne plus de cent » vingt mille ames , a peine y a-t-il deux ou trois ■» personnes qui connoissent leur illustre origine. Ce- » pendant on n'en a pas moins de plaisir a ap- y> prendre' qn'il existe encore un petit gouverne- y> merit j une jurisdiction _, et enfin une petite » Repubiique fcrecque , seule reste de la gloire de » cet ancien peuple , autrefois si celebre, et mainte- » nant malheureux ». Barbie. 9i R O MANS. Peregrinus Protee, on les dangers de Penthou* slasme , traduit de PaUemand de Wielano, Second Extract* 'ill suivi Peregrinus Protee jusqu'au moment ou il £chappe a Venus-Mamilia et a la digne compagHO de ses plaisirs , la danseuse AnagalliS, pretendue fille d'Apollonius de Thj^ane , sous le pom de Th^oclee. Nous Favons vu gagner Alabanda sans s'arrSter ni dans Milet , ni dans Halicarnasse ; il se trouvoit comme un bomme ^chappe" a un nau- frage. Son imagination etoit refroidie ; mais il avoit besoin de remplir le vide que les fan tomes qui venoient de s'evanouir avoient laisse dans son ame» II va voir le vieux Menippe ; mais il n'etoit plus au nombre des vivans : il resout de s'embarquer pour Laodicee. Pendant les preparatifs de ce voyage il rencontre un soir, dans un endroit solitaire , un etranger dont Pair a-la-fois grave et engageant attire son atten- tion ; il £toit assis , et lisoit attentivement un rou- leau deploye" sur ses genoux ; a travers ses sourcils longs et noirs il jette , sur Peregrinus, un regard penetrant , et reprend sa lecture : celui-ci veut lui parler, mais il n'ose : un charme secret l'a- g% Romans. mene le lendemain au meme endroit ; il y retrouv© lYtranger; plusieurs jours- se passent de- la meme maniere ; Peregrinus ne pense plus qu'a lui ; il le voit en sortge. Enfin , tin jour il.se trouye en face de lui; if\ Peregrinus 11'avoit aucune a&iire a Pergame ; il hesite plusieurs Jours .s'il sV rendra : ;««nfin ,-il.y va Peregrinus Protee. .3 cemme forrt, par une puissance intime , a juslifier la prediction de l'inconnu. II arrive a Smyrne le soir de la Inne; il cherche vamement 1'etranger; enfin u„ esclave s'approche , « : Im remet un billet ou il ifl . . Suil cet hc ' » H te couduira ». L'inconnu de Smyrne. L'esclave lui donne rendez-vons apres le coucher dji soleil j ,1 j e conduit dans une salle on il voit pluneiw personnes de tout ageet de tout sexe dans le plus profond silence. Un homme, vetu de lin avec une croix sur sa poi.rine , entre , un encensoic la ma.n ; un autre, vltu a-peu- p res de meme , le sun; ,U entonnent ur.hymne, que IWmblee re- Pete. Le chair est suivi d'un silence general, qui nest mterrompu que par quelques soupirs a demi- prononces. L'homme a l'encensoir recommence son "mistere 5 e t qmmd le nuage est dissipe , l'in- connu avant pris sa place sur un siege eleve se met a parler d'un ton vrai et persuasif; il fait dabord l'eloge d'un jeune homme qui a rendu te- mo.gnage a la verite en souffrant unemort cruelle ■ g« tait, et paroit quelque temps ravi en exlase. L esclave emmene Peregrinus au moment ou on va commencerles saints inys.eres, et il en.end de loin les sons touchans d'un nouvel hymue. Ces riles inconnus, ces mysteres nouveaux, le »om du Chri s ,q U 'i|aen.endu,.ou. lui indique qu .1 v.ent d'etre in.roduit dans une assemble de Cl.ret.ens: combien ils'indigne alors des proven- tions temeraires que 1'oa a centre eux.il ne desire 94 Ho mans. plus que d'etre admis lui-meme dans cette socidtf sainte. I/inconnu abandonne Peregrinus a ses reflexions ; celui-ci n'ayant plus rien a faire a Pergame , se decide a partir pour Parium , oil Pinconnu lui avoit present, par un billet , d'aller attendre celui qui devoit le conduire plus avant dans le bon chemin. II se dispose a se rendre a Abramyttion ; on lui propose un guide pour ne pas s'^garer dans la fo- ret ; mais vers le soir ce guide lui avoue avoir manque la route ; il le conduit dans une maison, de campagne , dont le maitre est de sa connois- sance , pour y passer la nuit. Peregrinus , en approchant , est agr£ablement surpris d'entendre , a la faveur du silence et de la nuit j un concert de voix d'hommes et de femmes : le guide n'est point etonne $ il frappe troiscoupsj on lui parle, et il r£pond en syriaque 5 il expose ensuite , en grec , le sujet de sa demande. La port© s'ouvre. Un homme , d'une figure avantageuse, leur dit qu'ils soient les bien-venus. Les esclaves, les fils , six jeunes lilies, scours de ces jeunes bommes , distinguees par un air de modestie et d'innocence qu'il est plus aise de sentir que da peindre , viennent leur laver les pieds 5 on apporte line collation de laitage et de fruits ; une matrons d'environ quarante ans,merede ces douze enfans , &oit dans la sulle ou on servit ; sur son visage £toit un melange admirable de dignite et de modestie, de gravite et de bienveillance. Toute la famille sembloit n 'avoir qu'une ame : tout relraroit l'ag« Peregrinus Pro tee. 95 d'or des poetes. E'le lui tendit une coupe ds vin , et, sans y penser, il ea repandit quelques gouttes sur le plancher. La danie recule en pallssant 5 les jeunes filles quittent la chambre 5 les jeunes garcons les suivent en silence. Pourquoi as-tu fait cette action, dil-elle avec gravity? D puis plus de quarante ans ce plancher, reprit I'hote , n'a ete profan£ par au- cune libation ; nous servons l'etre unique , et on m'avoit annonc£ que tu (Stois sur le point de deve- nir 1111 des notres. Alois s'etablit une longue con* versation sur les mysteres , sur la foi et sur la grace; Phote lui fait la peinture du jour ou il fut bcni de la main de Jean, celle de la mort de ce venerable apotre; des larmes coulent de ses yeux. Peregrinus brule d'etre admis. le plus tot possib'e , dans eette society d'hommes pieux , qui auroient r^concilie Timou avec le genre-humain. La nuit entiere se passe a parler , avec son guide, du Chris tianisme ; celui-ci lui punt le caractere de cet homme rare , qu'il appeloit son seigneur et son maitre$ sa douceur, sa bonte , cet amour qui at- tachoit ses disciples a sa suite, eh bien ! il est mort sur une croix ! Trou\ T eras-tu que les disciples d'un maitre meconnu ne soient pas mieux traites ? et , dans le fait , on nous traite meme ti op bi-m , ce qui est encore une preuve du pen de conformity que nous avons avec lui. Peregrinus se rappelle que son cher P'aton dit a-peu-pres la meme rh >se du Sage. Peregrinus ne songe pas a comparer la mvtho'ogie du filsde Man? avec celie de TEgvptien H'-rrnes , du Bactnen Zoroastre , du £ete Zalmoxis , des 1 96* liomans. Grecs Linus et Orpine 5 il ne faitaucune reflex fori y il admire ce grand homme j il deteste ses bour- reaux ; il aime ses disciples, et ne cesse d'inter- roger son guide sur les details de sa vie et sur les evenemens qui out suivis sa mort. Arrive aPitane, il se separe de son guide ; mais toujours il a l'es- prit preoccupe de ce qu'il a vu , de ce qu'il a en- tend u. Arrive chez son pere, il !e trouve accable" de vieillesse. Bienlot l'incounu lui ecrit a ^occasion de marcbandises envoyees de Smvrne a son pere. Un commercant d'iE^ine vient le voir ; il s'appelle H^gesias , et cet Hegesias n'est autre que son guide. Tantoi il echauffe son zele , tantot it gourmande son impatience. Pendant un an ils se rencontrent plu- sieurs fois dans divers lieux \ enfni , il lui apprend que l'inconnu se nommeCerinthe} il Padmet au se-^ cond grade des inities , et C rinthe remplit lui- meme les fonctions de Mystagogue. Mais, pour parvenir au dernier, il falloit encore d'autres epreuves. Apres avoir etc instruit sur cette abnegation du moL que doit pratiquer le vrai Chre- tien , sur le renoncement sublime qui conduit a la perfection , il eat admis dans la communion des Saints. Cerinthe ie quitte, en 1'assurant que, quoi- qu'il paroisse s?eioignei\j il sera toujours pres do lui. Alors Pere rtnus arrete de donner tout son bien a la caisse des Chretiens: H^gesias lui repondque tout appartient a Dieu ; qu'il sait bien , quand il le veut , demander compte. Peregrinus est un pen fache de voir que son offre n'a rien de genereux ; mais Peregrinus Protee. 97 mais il £touffe promptement dans son cjeur cette petite rebellion. Quelques jours apres son arrivee a Parium son pere meurt secretement ; Peregrinus part pour Kicomedie ; il met Hegesias en possession de tons ses biens. Celui-ci Ie recoit avec la fraternity la plus tendre; il le conduit avec lui dans les mis- sions dont il est charge. Peregrinus est en- voye en Cappadoce , ou il reussit a infecter plu- sieurs eglises des reveries tie Cerinthe. II lui fut facile d'achever ce qui rcstoit a faire par sa pre- sence et par plusieurs miracles dont Peregrinus fut t^rnoin , c'est-a-clire , qu'il guerit plusieurs ma- ladies de nerf par un frottement continu ; des ma- Jades imaginaires recouvrerent la sante quand il leur eut commande de se croire bien portans; il chassa quelques demons par la seule vertu d'un parfum exquis , et par la magie d'un beau can- tique que les sceurs et les freres modulerent avec les accens les plus doux ; enfin , il ressuscita'^fte jeune fiile qui eloit morte depuis deux jours, di- soit sa famille £ploreej elle avoit succombe a des vapeurs histeriques. Peregrinus fut recu com me un ange dans l'eglise de Laodicee ; il commentoit un e>angile de Jean, que Cerinthe lui avoit donne falsify de sa main, et les mysteres contenus dans ce livre eurent un succes prodigieux. Bientot les parens de Peregrinus apprennent son association avec les Chretiens; ils apprennent le don qifil leur a fait de tous ses bien? ; ils, executent le Tome Fl. G ifi Romans. zis\& des ptetres d'Antioche', ou il etoit alors , et il est arr£h ; dans une assemble nocturne au milieu de la celebration des mysteres les plus augustes ; il est conduit devant le jnge , qui lui demande si il est Chretien : Peregrines repoiid oui avec l'intre- pidite d'un martyr , el il est mis en prison conformed ment aux lois de Trajan. Alors il recoil de ses freres des secours de toufe espece, pendant sa detention , qui dure une annee ; l'idee d'etre im martyr, im confesseur lui inspire du courage dans les premiers jours \ jamais il ne s'd- toit cm plus libre que dans sa prison ; les devotes seduisoient le geolier , formqient quelquefois dans son cacliot des pctites assemblies de fittjMtf ; elles lui procurement d'abondantes agapes J mais quelquefois ]es delicieux souvenirs de la Villa jttaniULa le reveilloient 5 il combattoit ces reminiscences , et sortoit souvent tout sanglant de ce combat : quand iljfintoit que Satan alloit devenir le plus fort, il sffifrappoit si rudement avec une discipline , que son oraoplate donnoit le tendemain bien de l'oc- cupation a ses compatissanles gardiennes. II luttoit ainsi avec les m,auvais esprits , lors- qn'un soir il enlend ouvrir sa prison ; une femme n fivre 6loient nes de parens juifs; la necessity les forca de se louer a une troupe de danseurs ambulans 5 elle tomba ensuite entre les mains d'un certain Hermias , qui professoit la philosophic d'Aristippe dans Athenes , et qui cultiva son esprit. Ceiinlhe avoit eclaire le sien darjs les etoles des Bheteurs ; il-voyagea avec un commercant a qui Kermia$ l'avoit recommanxU j il se separa, dans Alexandria, G a \ jro Romans* de son protecteur , se lia avec les Juifs, ou il s»'instruisit de la religion de ses peres ; il parcouiut la Cbaldee et la Medie jusqu'a la ville sainle de Balk. Pendant qu'une imagination feconde l'en- traine dans les contr£es de TOrient, Dorcas , nom- inee alors Auagallis , meritoit la reputation de la premiere danseuse de l'Enpire romaiu. Bientot i:lle retrouva son frere , qui sVtoit mis a la tete d'une societe d'homm°s qui parcoureni les villes pour initier aux mysteres d'Lsis les amateurs des pratiques superstitieuses. II falloit un oracle , et , sous le nom de Parisatia, elle par>0'.!rut avec lui PAsie-mineure , remplissaut amerveilie ce nouveau role ; enfin , elle rencontra Q^intilla Mamilia. Celte partie de son bistoire est connue. Cc'riuthe avoit embrasse le Christiani me ; il avoit fonde sur cette religion nouvelle de vastes projets 5 il y vouloit associer sa sceur, qui, sous le nom de Thfoclee , etoit pretresse de Venus : elle refusa de quitter Mamilia ; mais elle vouloit lui donner quel- qu'un propre a la remplacer , et Peregrinus lui pa- rut devoir etre utile au projet de son frere parses dispositions a l'enthousiasme. Onse doutoit qu'il avoit pris la route d'Halicarnasse ; enfin , tout a r^ussi comme le frere et la sceur 1' ivoient esprr£, et au- cun disciple de Cerinlhe ne lui a fait plus de proselytes que Peregrinus. Mamilia a ete s'etablir dans une terre pres deBayes ; Th£ocl6e trouvant pres de Cerinthe un nouveau genre d'activite" plus analogue a son age, s'est unie a lui ', elle a demandedes nouvelles de Peregrinus a Peregrin us Protdc. iot son here ; elle a app: is que le jugcant digne , par son enthousiasme , d'eire plutot un instrument passif de ses projets que son confident , il ne lui en a pas laisse pressentir le but ; qu'il s'obstine ale croire plus utile comme apdtre et m£me comme martyr , que comme assori ■'• a la connoissance reelle de son vaste plan. Mais Theoclee ne croit point irahir son frere en servant son ami Peregrinus. S'il a b.soin de martyrs, dit-elle , qu'il en cherchequi me soieut moins cl ers. Alors elle offre a Peregrinus le tableau de la situation ou son frere a trouve les affaires des Chretiens ; elle lui expose le systlme de sa th ocralie ; elle veut lui faire cro're que tout cela tourne au plus grand avantage des homines; elle parvient ainsi a vaincre sa repugnance a faim des dupes; enfin , il promet de servir Cerinthe. Le gouverneur de Syrie etoit un des anciens amans de Theoclee ; il fait venir Peregrinus \ il 1'inter- roge pour la forme, et le met en liberte. Cependant il lui est enjoint de quitter Antioche, Thtoch e avoit fait tous les prep aratifs necessaires. ils'anetenhez une veuve de Gabata qui avoit choisi rhomme de Dieu , Cerinthe , pour son h'ritier, et pendant la nuit Peregrinus s'echappe en laissants Theoclee une lettre ou il l'assure dn secret } et fait 1'abandon des somrnes que Cerinthe et Heg&ias ont recues de lui. Voila Peregriuus enticement detache* de Cerinthe et de ses dis iples; mais le princ/pe de i'enthou- uiasme est toujours dans son cceur ; il se rappelle 1'innocente et vertueuse famille des Chretiens ch.-z 102 Romans. Icsquels Hegesias Pa conduit 5 il veut les rejoin dre, il espere trouver pies d'eux cetle sublime Eudpmo- nie a laqnelle il aspire depuis si iong-temps. Ar- rive a Lindus, il y rencontre Deuys de Syuope, un des discipes de Ce/inthe; mais qui, avec une tete plus froide, l'avoit pent Ire , et qui n'eloit entr6 parmi les chreliens que par une espeee de curiosity. Denys le disabuse entierement els Chretiens. Avant de se separer , Dn\ys lui dit que si il etoit un homme moins extraordinaire , il lui propos?roit de s'unir a lui et de s'associer a son petit commerce ; mais tu es voue a des choses extraoi dinair es; feu aimes la verite, et tu as besoin de croire la posseder;il n'est qu'un moyen pour toi de te satisfaire , I 'ideal du cynisme est la setde ressource qai te reste ; il se rapproche de la prttendue perfection chretienne. Peregrinug , de retour a Parium , ne trouve qu'uu accueil glace 5 on repand qu'il a bate la mort de son pere 9 cette supposition est bientot donn£e com me une certitude ; la fureur des parens de Pere- grinus de ce qu'il avoit donne" la plus grande partie de ses terres aux cliretiens etoit la source de ces im- putations oalouinieuses 5 il re'sout alors d'abandonner le reste au peuple pour le6 punir encore davantage, et il quitle Parium a^ res cet abandon. II ne lui res- toit qu'une ferine dans la Bilbjnie , rap porta nt 5oo dracbmes ; et , en calculant sa depense a # oboles pai join- , il se crut suffisamment rithe : Socrate n'en avoir jamais poss^de davanlage ; Antistbenes et Dio^ene n'en avoi ut pas autant. II se *cc s-olut a prendre la nourriture la plus abject e 5 ia raalpw- Fercgritius Pro tie. 10S pret£ fut !e seul article s\tr 'lequel il rapitula avcc le Cynisme. Peregrinus n'avoit- paS oompris la ferine de Bi- tfcynie dans fa4)G»don e; mais aussi'qrfeL homiiie aur&it pu co-irtenter son imagination ! Cependant ce phiiosophe lui inspiroit deTartachemterrt ; ce n'eftbit iii un Oynique, ni un EpixHirien J ilparoissoit forma de l'ilaire ., on entend la voix de Pauline, qui s'ecrie: FJaviana , j'ai ga- gne Ja gageure ; au meme moment elle paroit , et la pretendue Fatistine se irouve etre celte Myrto qui jouoit le role de Nymphe chez Mamilia , et qui avoit pris tant de peiues pour noircir Thed- clee. ' Peregrinusrevienitdans sa ceHuk v ,ii nepeut pardou- Jier a Faustine le tour sanglant qu'elle kR a jou£, alors il s'echappe en propos indiscrets oontre elle , conjtre l'empereur; mais trop genereuse pour se ven- ger elle lui fait remetlre par Myrto line bourse, avec ordre de quitter Rome. II refuse les pre^ens de Faus- tine; il pretend qu'un crime peut sen} Wf ravir la liberte de changer son sejour. I/e lendemain le pre- £et le fait venir , et lui couseille d'un ton seVere de s'eloigner. Ton conseil est uu ordre demon bon genie, s'ecrie Peregrinus. L ? air de Rdmeest pestrleiitielpotir moi ; il va chez lui , ferine son sac , et pait pour Briodes. Peregrinus, de re tour a Athenes , y vit dans une solitude profonde , ne voyant qu/un aidreCvniqud , Theogeae de Palra ; il se resout a mie mort vo- lontaire. J'er. ai r::iGom£ ies details d'apr'es LttCien ; ii so brule lui-metii-e ■ a la vue -de- tout >e penple dan« ramphithtatred'Olvmpte: toute la difference, e'est qu'il est fan x que la.- main lui ait tremble en allumant le becher. ' ' Peregrinus , -era raconfant a \Vie!and ses aven- lures, ne veut rien ajouter a l'opinion q^'on a pu Peregrinus Pro tee, 107 prendre de lui ; il ss flaite seulement d'en avoir dit assez pour que le monde , sans cesser de le re- garder comme un enthousiaste, le regarde au moius corarae un enthousiaste ami de la vertu 3 et qui merile d'avoir part a son estime. Ici se terminent les aventures de Peregrinus, qui ont fourni le sujet de deuz jolis ouvrages , celui de Lucien , son detracteur , celui de "Wie- land , son apologise. On ne sauroit trop admirer , dans l'ouvrage de ce dernier j les charmes du style , la singularity des pensees , l'originalite des aventures, l'^tendue des connoissances relatives a la litleraiure a«<:ien»e , aux moeurs et aux usages des Grecs , des Romains , a l'histoire de la philosophic , a celle de ces premiers sectaires qui ont me'e les idees du platonisme a eel les du christianisme. Ces connoissances paroissent si naturelles a. i'a ? Mais, lui repondra-t-elle avec un d oux sourire } Un mari peut se trouver la. Doris ne peut , sans r£pandre des larmes, Parler.de son amant; helas ! dans les alarmes, Par l'absence loin d'elle Inval est ar'rete. Mais on sait que les pleurs nuisent a la beautg ; Elle vent conserver ses charaies ; L'Amour fuit la migraine et des yeux trop battus ; Aussi de son amant Doris ne parle plus. Par les concerts , les bals , la comedie , Nourrissant sa douleur , on la volt tour-a-tour Du malin jusqu'au soit, et du soir jusqu'au jour, Epuiser les succes de la coquetterie ; Tout cela var egard pour Tamant qu'elle oublie, Pour lui paroitre plus jolie Et 1'ainier mieux a son retour. D'Egle , sous les yeux de sa mere , Remarquez le decent maiutien; Cette timidite naive et tutelaire Ecarte les dangers sans nuire a l'art de plaire; Je jure qu'un epoux.... mais ne jurons de lien. J'enlends du bruit , c'est le bal qui commence: Suivons Egle. — Que^ soudain changement ! Est-ce la cette Egle dont j'aimoi? la decence , L'air reserve, le ton simple et charmant ? Oui la voili ; mais tout en l'admhant Je oherche Egle , ce nVst plus elle. Be l'^clat du plaisir son regard etincelle ; Que son sourire est caressant ! C'est celui de I' Amour , quand 1' Amour veut seduire ; Du sentiment qu'il peiot bien le dehre ! Dans ces pas enchanteurs, ce doux balancement De la lete , des "bras , la volupte respire , Et dubonbeur semble attendre l'insfant. Aujourd'hui c'est 1'usage, et c'e.t ainsi qu'on dans* A V opera , par-tout , et rien n'est plus decent ; Tout estpermis quand on entead Un air de contredanse. Eh bien! quel maltrouve-t-on a cela? Quant a moi j'appiaudis.... et blame qui voudra. Mesdames , je renonce a prendre un ton severe E up arl3ntdevostorts ; car,soitditentrenous, Nous en avons mille fois plus que vous ; -F t les votres au moins out un charme si doux E Qu'ils semblent naitre encor de Fart de plaire : Ce sont dcsfieurs de plu, , dont quelques legers soins Au lent bientotdaruit influence epbem.re; Et les notrestouiours sont des vertusdemoin, Mais si de nous pourtant la raisun desespere , Ei^a grand tort; plus gais , plus sages, plus prudens , Par la frivolite nous toucbons au bou sens. Cst par les resuitats qu'il faut juger les chose*. Lorsqu'on suit les evenemens, On remarque, dans tous les temps , Degrands eff*ts produits par de legeres causes. On vitjadis chez les bons Ottomans S'opererde grands changemens : La causa e toit.... u» flacon d'eau de roses. I* Ridicules da Moment. n3 Le passe" fuit , se perd ; il faut le retrouver. Ne ponrroit-on pas, messieurs , vous observer Qu'en you ant tout , rien n'est posssible ? Avez-vous calculi , dans vos longs abreg£s, Le rapport tres-reel, et pourtant insensible, Des habits au langage , auxmcemrs, aux prejuges? Des usages nouveaux l'aisance familiere , Plus qu'on n'ose le dire , a de l'Europe entiere Prepare tous les maux : Des novateurs les effroyables codes , Etl'anarchieet ses fl£aux , Furent l'effet soudain d'un changement de modes. Par des vetemens negliges , Des chapeaux ronds , des fracs et des crarales, Les systemes bien arranges De nos celebres diplomates En un instant sont aux abois; De la science eeonomique Les erreurs deviennent des lois; Et la balance politique A perdu tous ses contrepoids. Veut-on enfih nous rendre sages ? I Reprenons nos anciens usages , Des habits plus decens, sur-tout nos prejuges. Au nombre des abus nous les avions raDges. Mais sur ce point , sans que personne en glose, Nous devons convenir qu'on nous a corriges, Et que les prejuges sont bons a quelque chosa, II en est un qui , de l'urbanite' , De la decence et de la polilesse Fut ties-long-temps le guide respecte ; A l'apparence au moins de la d61icatesse Tome VL JC H4 PoSsie. II contraignoit avec sdverite Ces gens grossiers , dont la rudesse Portent dans la societe L'injurieuse et plate impertinence, La calomnie et l'insolence , Et la discorde et la mechancete\ Non, je ne connois rien de plus bideux a peindre Qu'un lache, lorsqu'il sait qu'il n'a plus rien a craindre. Du point d'lionneur les execs trop connus N'ont pas detruit ce prejuge severe, Du code social supplement necessaire, Et dont i! faut re primer les abus , Mais respecter la base tutelaire. Je parle en ancien militaire, Et non pas en moderne ettres-sage Caton. tin Francois de ce temps , dont la trace effacee Renait toujours dans la pensee, Un ami d'Henri-Quatre, en un mot, e'est un Crillon , Dans son langage simple, et pourtant dnergkfue , Disoit : Le duel a du bon. II faut lui pardonner ; car d'une r£publique II nepouvoit pr^voir les vertus et le ton. Ce qui me fait penser que cet usage antique, Proscrit par la raison, mais conforme a nos moeurs, Pourroit bien n'etre pas tout-a-fait mort encore, C'est qu'on a vu ceux qu'on honore, Deux celebres legislateurs, Nagucres au bois de Boulogne Se battre , mais tres-bien , comme deux chevaliers. Ce n'etoit pas la leur besogne, Diront avec humeur les malheureux rentiers. Mais !es palmes de i'eloqueoce S'entrelacent si bien avec que^ues lauriers J Ma foi , messieurs , souvent )'j pense J Et je les admire toujours , Ridicules du Moment. u5 Je dis qu'avec respect il faut qu'on les con temple : S'ils font des luis par leurs discours , N'en font-ils pas par leur exemple ? Ilspouvoient se blesser, dira-t-on : j'en convien; Mais l'ep£e a la main qu'un orateur est bien ! Ah ! Te, ingle au fichu ne paroitra plus rien. Que d\in siecle poli les formes .surannees Soient ] ar la mode auj ourd'hui condamnees; Que l'elegance et la simplicity, Que les graces, l'esprit, la douce amenite , Que l'art , le gout soient bannis du langage ; A tout cela je reponds, : c'est F usage. II estprescrit , il est du nouvel air Dans ce qu'on dit de supprimer les r r ; Rendons hommage a cet ordre frirole ; II ne peut trop souvent abreger la pa-ole- Chaque jour a son temps. Nos pcres rioient bien de nos belles manieres; Eh bien! nous leur dirions : Vous , vous etes des perej ; Mais nous , messieurs , nous sommes des enfans j Et les diificultes sont par nous eludees. On par'e comme on pense, on aime le re^os ; Est-il done defendu de raccourcir les mots ? On les mesure a ses id£es. Je vois avec dou'eur , car j'aime mon pays , De la fatuite" la triste decadence ; C'eloit , quoi qu'on en dise , encore une science. De Crebil'on les seduisans marquis Etoientdes fats, mais ils £toient aimables, Legers, polls, Francois, et non j:as incroyalles : H 2 116 Fotsie. Du Ridicule effleurant les succe's, ■. \ Hi en avoient les torts , et jamais les exces. On pouvoit pardonner des defauts agr^ables D'un gout trop attentif les extremes apprets , De l'art d~ j plaire enfin les frivoles prouesses, A l'oisivete du bonheur. Mais ou le souvenir du passe, du malheur , A-t-il done pris ces plates gentillesses Qui r^pugnent au gout et blessent la raison ? Quel costume aujourd'iiui ! quellangage! quel ton I De Carle (i) ayez-vous vu les grotesques figures Etleurs bizarres vetemens? II est bien digne de ce temps , Que des portraits fort ressemblans Ne soient que des caricatures; Mais, grace au ciel, ils ne sont pas parlans. Un Ridicule cesse , un autre le remplace; , Et les Francais que sont-ils devenus ? Ab ! ne les cberchez pas, ils ne se montrent plus: Appauvris, ruin£s, ils out cede" la place A nos His ons, a nos Saturninus, Dbnt Tacite d'avance avoit £crit l'histoire : Plus d'un moderne Lucullus Autrefois nous servoit a boire. Quelques fats d'aujourd'hui sont des ricbes d'bier ; Faut-il done s'etonner de leur air gauche et fier? En un jour on n'apas dumonde acquis Fusage; De l'^ducation il est le lent ouvrage : Ils ne Fauront jamais , ils n'en ont pas l'es oir; Mais pour les consoler , on daigne receyoir (i) Carle Vernet a dessini les Incroyables et les Mer- vsilleuses ; ces deux estempes feront epoque dans l'histoire des modes. Ridicules du Moment.. 117 Leur ton , leur air , et raeme leur langage. Alcibiade un beau matin. En fit autant chez un | eup'e sauvage ; Mais nous av»ns sur lui d*un long temps l'a vantage: Du Ridicule iln'eut pas le courage. Ne nous arretons pas dans un si beau chemin ; Rien n'est plus incroyable , et sur-tout plus humaio. Plus que vous-meine aimez votre prochaia: Ce preceple si beau, si sage , Est, comine on sait, de droit diyin. Que n'ai-je le talent de faire un vaudeville , Une epigramme ou de bonnes chansons , Comine en fairfoient jadis les Colles , les Pirons ! Leur gaite piquante et facile Sous les fleurs cacboit la lecon; Un ingenieux persiflage Arrive au butmieux qu'un sermon: II n'eu faudroit pas davantage Pour nous remettre a la raison. Ces elegans de fraiche date Seroient dans un bel embarras! Nos aimables Francois ne suivroient plus leurs pas ; Ovide voyoit les Sarmates, Mais il ne les imitoit pa II faut loin de nous Pexiler j (t) Cilibre philotophe 9 dont Sinctjnt Jait Viloge dan* ses Letfris a Lucilius. H 3 nS JPoisie. L'autre , douee, aimable, indttlgente, Suffira pour nous consoler ; Pres d'Horace elle £toit charmante : Voila ce'le qu'il faut ] armi nous rappeler. De la simplicity retrouvons l'elegance , Et recommencons la ddcence Au moins dans nos discours et dans notre maintien : Que l'esprit ne soit pas tout-a-fait bouche close ; Et tel qui veut paroitre quelque chose, Sans se dout ;r qu'il n'est plus rien, S'applaudira de la metamorphose, Et nous dirons que tout est bien. Phrosophes chagrins , Vbus que tout indispose, Qui, dans nos legers torts, voyez notre avenir, Comptez-vous done pourrien le lemps et le plaisir? L'un conduit la raison , de l'autre elle dispose : Tous trois sauront nous corrigerj Et vos graves :econs qu'il faudra abreger, Loin de gueiir le mal en augmentent la cause, De l'esprit et du cceur detendent 1c ressort : L'instant ou Ton s'ennuie est la place d'un tort. La sombre austerile, dont chacun rit et glose , Nuit aux niceurs , aux beaux-arts, au sentiment, au gout; Et si Ton reut compter les epines par-tout , On finit pat trembler en voyant une rose. Ma lettre est deja longue ; il est temps de finir: Ce sujet est inepuisable; Mais, Madame , il faut convenir Qu'il ne pr£sente rien d'aimable. La critique est facile , et n'est pas un plaisir ; Que n'ayois-je plutot a peindre Les graces, l'esprit, l'enjoument, De la gaite le ton simple et cbarmant, Cet art de plaire 3 enfin , que Tart ne sail pas feindre ! Ridicules du Moment. 119 Je ferois un tableau si doux Sans cesser de parlcr de vous. VlLLBTERQUE. Part's, ce io Jevritr I797. MELA N G E S. Dialogue tradult de M. Wi eland. PROSERPINE , SELENE ( i ) , DIANE. ( Se rencontrant a la jonction de trois cnernins. ) Proserpine. C_/est charmant que le hasard nous reunisse si inopinement toutes les trois ! Nous allons done enfin tirer au clair un point qui depuis long-temps me met Pesprit a la torture. Selene. Qu'est-ce done , Proserpine ? (1) Stilent i engrecj slgnifie la J.un$, H 4 *so melanges, Proserpine. Regarde-moi entre deux yeux, ma chere, exa-f mine-moi de la t£te aux pieds, par devant et par derriere, et dis-moi, sur ta parole de vierge , si, en me rencontrant ioute seule, tu m'aurois prise pour Diane ? Selene. J'en doute fort. Taille et costume sont entre vous si differens, que, meme a la lueur de ma pate lumiere, il est impossible de vous confondre, Proserpine. Mais il doit vous £tre arrive' souvent a Diane et a toi de croire vous voir vous-memes , lorsque par liasard vous veniez a vous rencontrer. Diane. Ah! la plaisante idee ! Moi je croirois me voir dans Sdlene? II faudroit pour que cela fut possible 5 qu'elle se changeat en mjroir. Selene (avecunrisironique). Quand meme la difference entre Diane et moi seroit moins grande que je re m'en suis jamais flattie, je me connois moi -meme assez bien pour ne jamais tomber dans une pareille erreur. 'Dialogue. 121 Proserpine. Vous ne savez done pas, a ce qu'il me paroit, gu'avec differentes proprietes et sous differens noms, nous ne somraes toutes les trois qu'une seule el meine Deesse ? Selene. Quoi tu serois — moi ? Diane. Toi — Diane % Proserpine. Ce n'est pas la preci'ssment ce que je veux dire 5 mais je suis Hecate j tu es Hecate et elle est Hdcate^ et vous etes toutes deux H6cate 3 sans que je cess© d'etre Hecate taute aussi bien que vous, Diane. A merveille ! Et qui debite de pareilles balivernes? Prqsersine. O ! ce sont des gens qui doivent le savoir ! Co *Ont les Mythologues \ » Diane, lies Mythologues peuvent dire ce que boa leur us. Melanges. semblent ! Quant a moi , il faut bien que je sarhe mieux que personne ce que je suis; et tant que je ne serai point, comme lesfilles de PrStus ., privee de l'usage de la raison , personne ne me fera accroir^ que je suis Sdlene ou Proserpine, et encore moins toutes les deux a-la-fois. SELENE(en riant ). Ne t'emporte pas, Diane ! Qui sait si les Mytho- logies ne nous connoissent pas mieux que nous ne nous connoissons nous-memes ? Au fa't ils n'assure- roient pas cela d'une maniere si posijive, s'il n'en £toit rien. Diane. Ecoute , Selene, je n'entends point raillerie sur cet article. J'ai pour toi toute la consideration ima- ginable; mais je n'aimerois point du tout a etre confondue avec toi. Je te passe de grand cceur ton Endj/mlon et les cinquante filles dont tu Pas rendu pere sur le mont Latmos _, seulement js ne veux point avoir l'honneur d'etre leur mere. Selene. Diane ! Diane ! ne m'oblige pas de parler, otl bien je te ferai ressouvanir de quelque chose dont, si j'etois Diane , je rougirois plus que de l'honneur d'etre mere de cinquante jolies filles.. Acteoti*—, Dialogue. 123 D I A N F. Tu ne me reprocheras pas , j'espere , Fhiitoire # Action , qui a expie , ce me semble , as-ez li^ou- reusement le malheur de m'avoir vue au bain sans le vouloir ? Selene. II faut convenir que ces Faunes sont de bien mauvaises langues ! et les morteis , qui nous jugent toujours d'apres eux-memes, ne peuvent s'imagincr qu'une Deesse, qui n'a point d'interet particular a ne pas vouloir etre surprise au bain , punisse si cruel- lement un aussi joli chasseur op? Action de la jouissance inno.cente d'un regard passager ; ilscroient te faire bien.moins de tort en s'en rapporlant aux Faunes , qui, comme Ton sait, sont de grands espions , et en donnant la metamorphose du pauvre Action tout uniment comme une suite du combat qui s'eieva entre ton inquietude de'icate pour ta reputation et tes complaisances pour lui. Proserpine. Je vois qu'il ne dependroit que de moi de regarder comme un peu equivoque Phonneur de ne faire avec Diane et Silene qu'un seul et meme sujet. Mais comme quant a moi je suis Proserpine y je puis consentir a voir passer sur votre compte telle ou telle aventure, de la respousabilite" de laquelle je ne me soucierois nullement de me charger. En effet que 1^4 Melanges. nous ne sojons toutes trois qu'une seule et meme Hecate, n'empeche point (si j'ai bien rompris les mvthologues ) que chacune de nous ne reste ce quelle est ; ainsi je ne snis ni Selene j ni Diane, mais Proserpine ; toi de ton cote , tu n'es ni Pro* serplne , ni Selene, mais Diane, la cbaste chas- seuse; et loi Phebe, tu n'es ni Diane, ni Proser* puie ? mais cette meme SUene , qui donna cinquante filles a l'heureux Endymion I Selene. Ah ! voila done le mot de l'enigme ! Hecate n'est qu'un hom qui nous appartient a toutes troia. Proserpine. Pardon \ Hecate n'est point un vain nom , mais V Hecate veritable , r£elle et corporelle , formee de nous trois ensemble , et qui s'appelle par cette raison Hecate la triple et & trois formes. Diane. Ainsi nous sommes toutes deux Hecate ^ aussl bien que toi ? Proserpine* C'est ce que disent les Mythologues. Diane. Si e'est ainsi 3 il y a trois Hecates; c*est bien clair ? Dialogue, 1 15 Proserpine. Point du tout ! Je vois que vous ne m'avez pas encore du tout comprise. Selene. Pourvu que tu te comprennes toi-meme , ma chere Proserpine ! Comment pouvons-nous n'etre qu'une, £tant trois, comme lu vois ? Proserpine. Trois sur,ement ? si moi je suis Proserpine , toi Sdlene et celle-ci Diane ; mais une seule He'cate^, si SUene et Diane sont Hicate aussi-bien que moi? Selene. Avoue, D£esse, que tu t'amuses un peu a nos d£pens avec tes subtilites mvthologiques ! Nous sommes et ne somraes point; je suis toi et tu n'es pas moi 5 nous sommes trois et nous ne sommes qu'une, et nous sommes toutes trois ce qu'aucune de nous n'est separement. — Quel galimatias ! Je ne m'appelle point Silene > si je comprends un mot de tout cela. P R O S E R P I N E. Je n'y vois guere pks clair non plirt, ma chore. J'avois esp^e* que aotre entrevue eclairciroit la Ji6 Melanges. chose : mais je sins obligee d'avouer , qu'en m'effor- cant de vous rendre intelligi! Is ce que je ne com- prends pas moi-meme, n.a vue s'embrouille au point de ne plus distipgurer ni blanc ni noir. Si nous avions seulement ici un Mythologue ! Selene. II nous emiDrouilleroit au point que tous les ster- nutatoires, tout l'ellel ore du monde ne seroit pas capable de nous guerir. Diane. Savez-vous bien, Deesses, ce que nous avons de mieux a faire ? C'est de ne plus nous en occuper du tout; laissons les Mythologues dire de nous tout ce qu'ils voudront. Apres tout ils ne pourront jamais nous faire plus grandes ou plus petites qne nous ne sommes. Gontinuons cliacune notre route , et — grand Jupiter ! Quel bruit effrovable ! Entendez- vous ? Selene. J'enten^ls comme les aboyemens de mille chiens et les sifflemens de dix mille serpens. Proserpine. Des Eclairs percent la terre , des vents impe*- tueux mugissent dans la foret, les chenes se d£ra- cinent avec fracas. Dialogue. 127 D I A N E. La terre tremble sous mes pieds , elle s'entr'ouve ; des langues £paisses d'un feu sulfa reux s'tlevent en flamboyant , quel monstre sort du precipice! Avez« vous jamais rien vu d'aussi £pouvantable ? Proserpine. Je vois monter une femme haute de trois cents pieds au moins ; ii sort de ses j^eux des eclairs £normes ; au lieu de cheveux des serpens tachetes de brun et de bleu s'entortillent autour de sa tete en tresses hideuses, et sifflent en se deploy ant en boucles flottantes sur ses £paules livides ; au lieu de marcher sur ses pieds , elle s'avance portee par deux Dragons monstrueux , agite dans sa main gauche un pin enflamme , et dans sa droite un poignard long de quarante pieds. Selene. II ne fait pas bon ici — fuyons ! (Elles s'enfoncent tontes les trois dans le fcois, et heurrent une troupe de Nymphes et de Faunes, qui s'enfuient comme elles , et s'dcrient entr'eux tout essoufl^s : C'est Hicatt I Fuyons I c'est Hecate qui went!) D i a n e (a Proserpine). En tends -tu ce que disent les Nymphes ? CetU Iltcate la pourroit bien etre la veritable. tsS MSlcmges* S E L E N K» Toujours de mieux en mieux ! Mais je crois du moins 6tre sure de n'£lre point cette He'cate. Proserpine. Graces au del ! Une autre a qui cela va mieux me delivre de l'lionneur facheux d'etre Hecate* Qu'elle decide avec les mj/thologues ce qu'elle est , ou si elle est triple ou qnatruple. Quant a moi je me contenterai bien de n'etre a l'avenir que la simple Proserpine* Bonne nuit. Dresses! Je vais rejoindre mori sombre £poux. Diane. Moi mes Dryades et mes leVriers* S E I E N E. \Et moi ( tout bas ) mon Endyniion (a)« (2) Ce Dialogue est tird de la nouvelle traduction de* CEuvres choisies de M, Wieland. Voyez le« Livres divers , page 144. tfOUVELLES NOUVELLES LITTERAIRES. J_iE Lycee des Arts a tenu sa cinquante-unieme stance publique le 3o pluviose. Ses travaux, loin de se ralentir au milieu des circonstances difficiles ou se trouve cette fondation , deviennent chaque jour plus riches et plus int6- ressans. Voici quel a 6x6 i'ordre de ses travaux : I. On a fait la mention honorable d'un me'- moire du citoyen Arnould , sur de nouveaux details relatifs au systeme maritime et politique des Europeens dans le dix-huitieine siecle. II. D'unm^moire du citoyen Caret , sur les forets nationales , sur les epoques les plus favorables a la coupe des bois, et particulierement sur les ressources immenses que presents a cet egard , a notre marine, l'ile de Corse. III. Sur une nouvelle herse pr^sentde par le citoyen Cousin, mecanicien , et sur une charrue k cinq socs , qui n'exige pas beaucoup plus de forca que les charrues ordinaires. Jome VI, I i3o Nouvelles litter a ores. IV. Sur une echelle h pont-volant, pour porter des secours prompts et faciles aux differens Stages d'une maison incendiee. V. Sur un canal important de communication entre la Meuse et Loin , et entre la Sambre et TEs- caut, par le citoyen Salengros, objet qui dans ce moment seroit de la plus haute importance pour notre commerce. Differens rapports , accompagn^s de distributions de m^dailles , ont occupe 1 'assembled. Un rapport de Mulot sur les travaux du citoyen Bernard _, rektifs aux moyens de reconnoitre quels sont les princines les plus favorables a faire adopter une premiere ecriture commune _, pour les ecoles primaires, plus faciie, plus expeditive, et qui , en restant suffisante a la classe la moins instruite du peuple , puisse conduire a toutes les antres dans les Educations supeVieures , avec rex- plication d'un parallel omUre 3 instrument a l'aide duquel on peut determiner, avec precision , quelle est Yincliriaisorb adoptee par les plus habiles pro- fesseurs dans chaque genre d'ecriture. Trois rapports faits par le citoyen Regnier , inspecteur-general des armes portatives de la R6- publique , demeurant aux Feuillans , rue Honore, sur trois objets dont il est inventeur 3 Tun, >ur un bassinet de surety , dont il a donne la description \ jN olivettes titteralres. , 131 le second , sur un nouveau peson , 011 romaine a ressort ellipticjue , infiniment plus sure' et plus pre- cise ; le troisieme, sur un nouveau thermometry metallique , dont la sensibility a el<* calculee douze fois plus exacte que celle de tous les thermometres connus. Cet artiste a ete tres- applaudi tant pour la ma- mere nette et inuiressante avec laquelle ii s'est ex- prime' , que pour la perfection qu'on a remarquee dans ces inventions. Enfin, un rapport de Midot, sur un moyen me'- canique presente par VeltetLer , mecanicien , de regler invariablement , et d'une maniere certaine , les tons des flutes de toute espece> Les notes interessantes et historiques, ajoutdes par le rapporteur a la description exacte du mojeu mecanique, ont &£ applaudias a plusieurs re- prises. C'est de meme, au milieu des acclamations de Passerhblee, qu r une medsille , qui devoit etre don- n6e a la deniiere seance au jeurie Guyot , ag£ de quatorze ans, Sieve du Lycee des Aits depuis trois annees , k,i a ete remise pour avoir ete Domme , cette annee \ le second a Hcdfi poly- technique , apres les examens les plus severes et les plus honorables pour lui. Les travaux ont it6 terming par differed mor- ceaux de niusique, parmi lesquels on a applau ii - I 2 j32 J9ouveUes Utteralres. avec transport , un concerto de violon du feune Occditi , age de quiiize ans , et un concerto de violoncelle du citoyen Graaff ', artiste , arrive nou- vellernent dans cette capitale , et qui a e tonne par le talent le plus rare el le plus modeste. J. Van Coeefet B. Scheurleer j libraires a La, Rai/e j en Hollande , mettront en vente , au mois de mai 1797 , le celebre et magnilique cabinet iVOi- seauxj QuadrupedeSj Reptiles et autres parties d'histoire naturelle rassembles pendant de lon^ues annees par M. TV. S. Boers , et que les amateurs ont considere comme le plus precieux qui exists en Hollande. Ce beau cabinet , parfaitement conserve , et forme avec gout et intelligence , renferme les morceaux les plus rares, et uniques dans leurs genres. • lis catalogue sera publie et distribue trois mois avant la vente chez les susdits libraires , a la Haye „ eta Paris, chez H.J. Jatisen > imprimeur-libraire > Clottre Germain^ Auxerrois , n°. 3%. Les curieux qui en souhaiteront sont prids de s'adresser a eux en affranchissant les lettres. NouveUes llttt retires. z38 Dans le mois de septembre 1796 , en Mtissant les fondaiions d'ime boutique en face de la porte du couvent des religieuses dello Spirito-Santo a Rome , on a trouvedes portions de grosses colonnes, de huit pieds de diametre. Elles sont de granite oriental , tache" de blanc et de noir , et du plus beau poll. Ce local est a niveau du pave" du celebre forum de Trajan. Lcrsqu'on travailloit aux fondations du couvent, en 1700, on trouva des fragmens de co- lonnes de meme matiere et du meme diametre. On ne peut douter que ces colonnes n'aient fait partie dajbruni Trajani, qui etoit le phis beau et le plus orne qui fut a Rome. Plusieurs d;'s caves voisines ofirent des colonnes semblables, incrustees dans les mur5 qui font partie des fondations. Flami- riius Vacca , qui dcrivit sur des fouilles faites en 1594, dit qu'on trouva de son temps les vestiges d'un arc de triomphe , avec des fragmens de bas- reliefs, dans lesquels Trajan 6toit represent a chevaf. II pense que la colonne tra anne 6toit au milieu d'une tres-vaste place quarrel, autour de laquelle regnoit une colonnade 5 qu'a chacune des faces il y avoit un arc de triomphe, du nombre desquels etoit celui de Constantin, qui avoit ete , dans la suite, porte" et 6\ev6 la oh on le voit encore aujourd'bui. II assure, ct d'autres antiquaires ont reronnu apres lui , qu'l Texception des bandes ajoutees du temps de Cons- tantin, les bas-reliefs de Pare de Constantin repre*- sentoient plusieurs des actions celebres de Trajan. Au reste, les fragmens de colonnes trouves dans le I 3 1 34 Ttouvelles littiralres. mois de septembre sont d'une grande longueur ; on les voit adoss^s a des barraques voisines de la colonne trajanne. La socidte teylerienne adecret^ de proposer, pour Pannee 1797, la question suivante : / « Quesait-onactuellement,avecque]que certitude, » de la nutrition et de la vegetation des plantes ^ » ou jusqu'a quel point peut-on prouver, par deS » experiences duement constates et bien decisives, » quels sont les principes qui constituent la nourri- » ture principale des plantes, et comment elles les » absorbent, separent et digerent? — Qu'est-ce qu'on » doit regarder encore corame doutenx de ce qui » est actuellement affirme, a cet £gard , par des » physiciens du premier rang? — Quelles sont les m experiences qui pounoient probablement servir a » augmenlerou a confirmer cette science? — Qu'est-ce » qu'on pent deduire de la connoissance actuelle de » la vegetation et de la nutrition des plantes , pour » faire des experiences qui pourroient servir a cul- » tiver , dans quelques terrains , des plantes utiles * avec plus de succes ? » Les deux premieres parties de cette question ont pour but de determiner exactement Fetat actuel de «ette partie de la physiologie des plantes, et de bien WouvcUes Uttiralres. i35 distmguer ce qui est duement prouve de ce qu'on fi suppose ou fbnde sur des bases trop peu solides. On pourra done sah'sfaire a cette partie de la ques- tion , quand on ne pourroit pas enrichir cette science par de nouvelles dec uvertes. Ceux qui se proposent de prendre part au concours doivent connoilre a fond les derniers ecrits sur ce sujVt, dont on peut trouver les renseignemens neces- saires dans T. A. von Humboldts. Apkorlsnien aus der chenuscren physloLogte tier Pjlanten. Leipsick, 1794. Le prix destine a la reponse qui satisfera le mieux est une medaille d'or de 400 florins d'Hollande, va- leur intrinseque. Les reponses doivent etre ecrites en hollandais y latin, franrais, anglais ou allcmand (mais abso- lument pas en caracteres allemands ) , et envovees de la maniere ordinaire, avec un billet cacbete , contenant le nom de l'auteur , a la fbndation tejle*- rienne , a Harlem , avant le i« avril 1798 , pour etre jugees avant le 1" novembre de la mfime armee. 14 i36 LIVRES DIVERS. HlSTOIRE NATURELLE. Journal de SantS et d'Histolre natureUe , contenant les travaux et les md moires de la, Soctitd d'Bistoire natureUe et des deux So- clitis de Sante de Bordeaux _, par les ci-* toy ens Fillers et CApelle > membres de la SocUte" d'Bistoire natureUe et de la Society pkilantro pique de sante* Ce journal commence par un precis historique sur Petablissement de la soci^te" d'histoire natureUe, dont j'ai deja fait coijnoitre Pinstitution et les re- glemens dans le Magasin, Tome V, page in. Cette societ6 n'&oit d'abord composed que de quelques savans qui s'assembloient chez le citoyen Isaac Rodrigues; Padministration a donne a la so- citte , pour y tenir sa seance , la belle salle du district. Depuis son installation , la societe" s'est li- vr£e sans relache a ses travaux. Le citoyen Perm a present^ plusieurs oiseaux nouveaux. Le citoyen Bon/ a fait des observations sur la classe des vers, et il en decrit plusieurs especes nouvelles. Llvres divers. 137 Le citoyen Bella a hi plusieurs fragmens des HalleutlqueSj ou traite de la peche d'Oppien, pour faire suite si sa traduction des C/jnegdtlques } ou Traite de la Chasse aux C/ilens. Les eitoyens Lartlgues et Largues ont analyse une pierre metal lique trouv£e sur le port de Bor- deaux \ c'est un echantitlon d'une mine de cobalt tres-riche ; il est malheureux qu'on n'en ait pas pu decouvrir Porigine. Le citoyen Bory a encore presente" des observa- tions sur les conferves et les byssus ; il a £tabli un genre nouveau appele phytoconls j il doute si ce genre ne devroit pas appartenir au regne animal. Cette notice est suivie d'une observation sur le dess^chement du tendon d' Achilles , gueri par la vapeur de Peau cbaude 3 par le citoyen CastllUones* BoTANIQUE. An arrangement of British plants. — Classl- Jicatlvn des plantes anglalses selon la me* thode de Linneus , perfectlonnee par les bo- tanlstes modernes } avec des planches 3 par William Withering _, troisleme edition 3 1796 , quatre volumes m-8°. M. Withering suit le systeme de Linneus , avec les changemens que Thumberg a fails dans le nombra et la disposition des classes. 138 Zip res divers. Medecine. Journal des Meres de FamMe _, ouurage perio* dlque j entlerement consacre a celles qui se desiinent a clever et a nourrir tears enfans dans ford re de La nature j par le citoyen J. M. Cailleau _, membre de La Societe phi" lantro pique de sanU de Bordeaux , et cor- respondant de La Societe de saute de Paris ., Tome premier. A Bordeaux , de I'imprirnerie de Moreau , rue des Remparts, pres la Porte- Dijeaux ; et a Paris, chez Morin , rue Christine % n°. 12. Prix 5 i5 liv. pour Pann6e. Ce journal sera consacre a l'^ducation physique des enfans. Le premier Numero contient une dissertation sur le regime dieletique qui convient pendant Pallaite- tement , et sur la maniere de gu^rir et de prevenir les maladies qui peuvent survenir pendant ce temps , et une autre dissertation sur P£ducation physique des femmes. SrsTEME mithodique de nomenclature et de classification des muscles da corps kumain , avec des tableaux descriptifs propres a rap- peter tears noms anciens > leurs noms nou- veauXj leur situation ^ leurs attaches > leur direction , leur composition , leur Jigure > leurs convexions e( leurs usages y on j/ a* Livres divers. i3$ joint un Victionnaire contenant tnute la synonymie des muscles j par C. L. T)l: par les citoyens MoreAu , medecin , sous - bibUothecaire a PEcole de sante de Paris j et Burdin _, ci- devant chirurgien de premiere classe a I'ar- me'e du Nord j avec celte epigrapke : Ce ne sont pas des cheses de speculation 3 mais d'une triste experience. MONTESQUIEU , Esprit des Zeis, Tome 1 3 page 42. A Paris , chez Regent et Bernard , libraires , quai des Augustiu , n°. 37. Prix , 1 liv. 5 s. , et 1 liv. 10 s. , franc de port, pour les departe- niens. Les considerations dont cet excellent meiiioire est rempli 5ont presentees avec autant de clarie que de precision. Quoique I'ouvrage ne soit pas fort £tendu, on peut dire n^anmoins qu'on n'a rien vu encore de plus complet, et en meme temps de plus m^lhodique sur une semblable matiere. Les auteurs 14° Zlures divers} tracent d'abord Je tableau effrayant mais tres-exact dessymplome? qui caracten'sent la gangrene humide; ils deY,rivent !es causes innombrables qui concourent a la produire; vient ensuite un expose tres-bien fait des moyens curatifs. lis termineni enfin par quelques reflexions sur la nature dp ce genre d'affection. Ceux qui liront ce me^moire n j reoonnoitront pas seule- ment une erudition Vendue puisne dans la lecture et la meditation des ouvragc?s des plus grands maitres de i'art, tels que les Sydenham , les Pringle , les Baglivi, les Quernav, lesPouteau , lesDessault, etc.'; ils y trouveront en outre les rrsultals prerieux d'une pratique propre aux auteurs qui ont £le" employes durant piusieurs annees au service des bopitaux militaires. On verra qu'ils ne se sont pas seulement contentes d'observer les ravages du mal , mais qu'ils cnt chercbe tres-utilement A le prevenir. Nous nous abstiendrons de donncrun extrait de cetle production 5 qui doit etre lue dans son entier , pour ne pas briser la chaine des id^es qui se succedent avec beaucoup d'ordre et de netted; nous renvoyons nos lecteurs au rapport avantageux qu'en ont fait a la socie^e" de sante de Paris les citoyens Fourcroy, Heurteloup et Portal. C H Y M I E. Theorie de La Nature, par Jean-Andre Ca~ zalet , professeur de physique et de chymie a Bordeaux , avec cetle eplgraphe : In nova fert animus Ovid. M&t. Livres divers. 14% A Bordeaux , chez Pierre Beaume , imprimeur- libraire , rue de l'Egalite ( ci-devant du Parle- ment ) , n°. 32. Dans un article de cet ouvrage , 011 l'auteur traite des metaux , on trouve ce fait curieux et iute- ressant. Quatre- vingts-une coupellations successives da mime fr, ram u6 chaque fois de l'e'tat d'oxyde a celui de fer doux , ont donne 5 a chaque op6ra* tion, % ~- d'or pur. Ann Ales de Chymie > par les citoyens Guyton, Monge , Berthollet , Fourcroy , Adet , Seguin , Vauquelin, Pelletier, G. A. Prieur , Ghaptal et Van-Mons , in-8°. , annee 1797 , rcmler nu- me'ro j 3o Janvier. On souscrit , pour l'annee, a raison de i5 liv. pour Paris, et de 18 livres , franc de port, pour les departemens , et, pour six mois , a raison de 7 liv. 10 s. pour Paris 3 et 9 liv. pour les d£partemMis. II en paroitra un num6ro par mois. On souscrit £galement, pour les tomes 19 et 20 du meme ouvrage , a rais )n de 7 liv. 10 s. pour Paris, et de 9 liv. pour les de- partemens. A Paris, chez Guillaume, imprimeur- libraire, rue du Bac , n°. 940; et chez Fuchs, libraire, rue des Mathurins , hotel de Cluny. Theql o g i e. An examination of events termed Miracu- 143 L Cures divers* tons. — . Exar/ie/i de quelques iviaemens re- gardes conime m'iracuteux y et cite" s> dans des Lett res d'ltaUe _, par M. Joseph BeringtoNj in-8°. , 3i pages, 1796. Ces miracles sont au nombre de cinq. I. A Ancone et a Rome , deux peintures de la Vierge ont plusieurs ibis ouvert et ferine les yeux. II. APerouse: plusieurs cures de boiteux etd'a- veugles. ' ; III. A Rome , trois lys , places pres d'une pein- ture de la Vierge , et qui etoient complctement fanes et fletris,6iitrefleuri le 9 juillet, et ont conserve' ieur fraicheur pendant quinze jours. IV". APerouse onavu, dans Pair, une croix iilu- minee, avec trois ljs, et qui, apres avoir parcouru le ciel, s'est posee sur la chapelle de Notre-Dame de Loretle. V. A Perouse on a vu trois eloiles brillantes sur les joues de la Vierge et sur le front de l'enfant qu'elle tient en ire ses bras. Plusieurs villes deposent de la ve>ite de ces fairs. Le cardiual-pyince , le vicaire-general et ses offi- ciers , un franoais , deux peintres ont examine les peintures, et passe Ieurs mains sur les yeux , qu'ils ont vu s'omvrir et senti remuer. Malgre ces temoignages , M. Berington rejelfe ces miracles, et les regarde co'mme l'effet de l'en- thousiasme. Livres divers. 143 ToPOGRAPHIE. The parochial His tony and an' 'equities of Stockton. — Hisioire paroissiale , et Antl- quit6s dc Stockton _, par John Brewster j 1796, In-Af. \i Cette histoire est peu importanle ; ce qu'on y trotive de iriieux sont des notices biographi [ues sur quelques hommes celebres n6s a Stockton. An Historical account of the city of Here* ford. — • Description historique de la ville d'Herefrrd'j par J. Price j in-0 .', 1796, deux cents soixante-deux pages , 'avec des planches.' Les Anglais sont beaucoup plus curieux r que nous jle connoitre toutes les r productions naturellas oil ari;ift- cielles de ,leur pays ;. il paroit chaque a-nnee. beau- coup de descriptions topographies , accompagnees de planches, et ces ouvrages trouvent des libraires, et des acquereurs sans soriir de Vile, tandis qu'en France on est indifferent sur l'histoire 4e son pays, 011 la connoissance de son sol. Les ouvrages suivans sont encore du mejne genre. History and antiquities of Leicestershire.— Histoire et Antiljuit6s du co trite de Leicester 9 Volume II. The Sepulchral monuments In the Great Britain, Volume II. 144 Livres divers i 'History and Antiquities of Durham; The Monuments of painted glass. — Zes Monumens de la peinture sur verre. An Tour throug the isle of' Thanet. — Voyage dans file de Thanet. Ges divers ouvrages sont tres*oien .executes , et les livraisons paroissent avec re'gularit^. Melanges. Dialogues des Dieux de M. W ieland j tra- dutts de Vallcmand par L. C. D. V. A Zurich , chez H. Gesner, 1796 * in-S h . , et au Bureau du Magasin encyclopedique. Prix , 3 liv., et 4 liv. francs de port jusqu'a la frontiere. Ces charmans Dialogues sont traduits par un jeune francais, M. Duvan, egalement verse dans la con- noissance des deux langues. Nous en avons insure un , page 119 , pour faire mieux juger la maniere de TAuteur. On trouve au meme Bureau la Vie de Salomon* Gesncr.~£rix,3 liv. iss. ? et 4 liv. 10 s. franc de port. On en donnera incessamment un extrait. ERRATA. Num£ro 20, page 486, ligne 3, %t y Usez %u£i. Page 487, ligne 21 ; o««, ?Wgra-\ culous , etc. ( ibid. phie en grec vulgaire 3 etc. 76 Topographic Romans. j John Brewster. The paroehial Wieland. Peregriniis Protie, history and antiquities of ou les dangers de Penthou-t Stockton , etc. itf siasme 9 ' yv J. Frice.An historical account P O E S I E. \ oj the city oj Hereford , etc. Villetenrue. Sur quelqutt. Ri-\ ihid. diculcs du moment , 108 Melanges. Melanges. I Dialogues des Dieux,de Wie- Dialosue trad, de Wieland, land , traduits de I'alUinand * 119 parL.C.V.V. 144 (N°. 22.) M A G A S I, N ENCYCLOPEDIQUE , o u JOURNAL DES SCIENCES, DES LETTRES et DES ARTS, R E D I G E Par A. L. Millin. AVIS DES EDITEURS Le prix de ce Journal est fix6 : a 9 francs pour trcis rnois , 1 8 francs pour six mois , 36 francs pour un an , Unt pour Paris que pour les Departemen*, franc Ac p»rt. O N peut s'adresser au Bureau du Journal pour s« procurer tous les Livres qui paroissent en France et chez l'Etranger , et pour tout ce qui coucerne la Librairie an- cienue et moderne. C.j e Journal , auquel la plupart des hommes qui ont un nom distingue, une reputation justement acquise dansquelquepartie des arts ou des sciences j telsqtit-les citojens Bitaube, Lab an is , Caillard, CaEMf.A , 'ionic K±. (*<*?« An.) PaUBENTON, DeLILLE , DESrONTAINES , DOIOMIETT, FOiNTANES , FOUJICRQY , HaLLE, HaUY , HERMAN, Lvgepede, Lagrange, Laharpe , Lalande, Lanark, Langles, Laplace, Lebrun, Leroy, L'heRITIKR , MENTELLE , MoRELLET , NOEL , GBERL& j PASTORET , SlCARD , SUARD , etc. etc. contribuent, contient I'ex trail des principaux ouvrages nationaux; on s'altacLe sur- tout a en donner une analyse exacle , et a la faire paroitre le plus prom- ptemenl possible apres leur publication. On y donne une notice des meilleurs ecrits imprimis chea Petranger. On y insere les mimoires les plus inteYessans sur toutes les parties des artset des sciences; on choi- sit s r - tout ceux qui sont propres a en accejerer les progres. On j publie les d£couvertes ing£nieuses , les inven- tions utiles dans tous les genres. On y rend compte des experiences nouvelles , de la formation et de l'ou- verlure des Museums. On y donne un precis de ce que les seances des societ^s litteraires out offert de plus inteVessant , une description de ce que les depots d'objets d'arts et des sciences renferment de plus curieux. On y trouve des notices sur la vie et les ouvrages des Savans , des Litterateurs et des Artistes distingues dont on regrette la perte , enfin , les nouvelles litte- raires de toute espece. Ce Journal est compose" de six volumes in - 8°. par an , de 600 pages chacun , et de gravures en regard des articles qui en exigent. II paroit tous les quinze jours un numero de 9 feuilles. On s'adresse , pour l'abbnnement, au Bureau du Magasin Encyclopedique , rue S. Honor6, JS °. 94 , vis- a-vts le passage S. Roch. II faut aflranchir les lettres et charger celles qui contiennent des assignats. i 4 5 MAMMIFERES Beknopte JSatuuriyke Historle , etc., c'est-a- dire , Precis de CHistolre natureUe des Anu~ maux mamnilferes , par Jean-David Pas- teur j auec des figures , Tome second. A Leyde , chez Honkoop et du Mortier, 1796, in-12. jLiE premier volume de cet ouvrage a paru en 1793. On aime a voir M. Pasteur ^ au milieu de la tourmente revolutionnaire qui agite sa patrie , et quand la confiance bien placed de ses conci- toyens Fappelle a jouer lui-meme un iole dans les affaires publiques (1), ne pas renoncer a ses tra- vaux litteraires accoutumes, et poursuivre sur-tout l'uile entre prise de mettre entre les mains de l'a- dolescence ( c'est-a-dire des jeunes gens de l'age de dix a seize ans ou environ), un bon livre 616- mentaire sur l'histoire natureile. Tel est en effet Ie but que se propose cet estimable 6crivain. Ce n'est point pour des savans qu'il a pris la plume ; c'est pour ceux qui aspirent a le devenir , ou , du moins , (l)M. Pasteur est membre de la Convention batave^ actuel- lement depute aupres du Gouvernemeut francais. Tome Vh K *4& Mammlferes. a acquerir sur le plus inteVessant de tous lesobjets, la nature et ses innombrables merveilles , une certairie niesure de connoissances vraies, saines, r^gulierement class^es y et propres a etre appli- qu£es avec fruit a l'usage de la vie sociale. Depuis long-temps M. Pasteur s'occupe de cette imporlante science. II debuta par un Journal de Medecine _, cPHustolre natureUe et d'dcononiLe _, qui a joui d'un succes distingue. On lui doit une partie de la traduction hollandaise du vaste ouvrage de Buff on ; il a traduit le voyage classique de Cook et plu- sieurs autres : ii possede un cabinet precieux , sur- tout pour la partie des insectes et des coquil- lages ; il s'est enfin soigneusement applique a suivre tous les modernes progres de Phistoire naturelle , en lisant, dans plusieurs langues, toutes les produc- tions essentielles qui Font successivement perfec- tionn£e et enrichie. C'est sans doute se presenter avec des titres imposans pour m^riter d'elre soi- meme consult^ comme un expert et un guide re-" commandable, et ce me>ite ne pourroit etre con- tests a M. Pasteur sans la plus extreme prevention ou la plus criante injustice. Jean Florent Mar- tinet , ministre a Zutphen , et mort depuis peu a Amsterdam ? a beaucoup contribue a populariser , en Hollande , l'etude de l'histoire naturelle parson Catdchlsme de la Nature (ouvrage dans le genre de celui de Pluche ) , en quatre volumes i,n-8°. (i). (a) Voyez , sur ce sayant , le Magasin encjclopedique > K Q .i6 a T.IV,p.56i. Elimens. 147 Le prScis , trace" par M. Pasteur , et spexiale- ment destine a l'usage des adolescens , remplira mieux encore ce louable but. Cette £tude con.ien* si bien a la nation batave ! son flegme la rend plus particulierement apte a I'observation ! S s relations commerciales la mettent a portee de recueillir chez eile tout ce que produit la nature cliez les differens peuples du globe. Aussi de quels noms ce pays, si circonscrit dans son Vendue , peut se vanter dans cette branche de la science ! II sulrit de citer les Leeuwenkoek^, les Swammerdani; les Merlan, les Luonnet , les Camper.*- Mais revenons a Touvrage de M. Pasteur , et tachons de le caracteriser d'une maniere plus precise. II a suivi le systeme da Lunrie 9 mais sans annoncer de systeme jet, dans une recapitulation qu'il doit placer a la fid de l'histoire des animaux mammLferes j il se pro- pose de developper les raisons de cet arrangement, afin que les jeunes gens , apres avoir appris a connoitre les individus , soient aussi initios aux mysteres de leur ordre progressif et de leur classification, ce qui semble etre la marche de la nature meme, seul guide a suivre , sur-tout quaud on entreprend de la decrire. — D'dilleurs, les mi' thodlstes rigoureux trouveront-ils jamais , meme par l'anatomie , une m£thoda qui satisfasse a toutes les difficultes , et qui ne souffre aucunes excep- tions ? Q lant aux details, M. Pasteur s'est constamment attache a suivre les meillemes auior te\> , celle de BujTon , par-tout oil il est vrai 5 mais M . Pasteur 148 Matnmiftres. indique et corrige une foule de ses erreurs, et il a beaucoup ajoute a plusieurs de ses descriptions. 'Pallas > Pennant j et sur-tout le riche Schreber, lui ont ete d'une utilite majeure. II a judicieu* sement compart entr'elles toutes ces autorit^s di- verses; il nous donne aussi queiquefois le resultat de sa propre experience et de ses observations per- sonnelles. Une pareille marche admet peu d'erreurs, du moins d'erreurs graves; et nous savons qu'un des naturalistesBataves les plus distingues n'en avoit trouve qu'une seule dans le premier volume. Les Jigures ont ete pour la plupart emprunt^es de Buffon ; quelques-unes de Schreber ont 6ie preTerees, celle par exemple de Vours marln , ft. 1 , pi. 6, fig. 3. ) absolument defectueuse dans le Pline franc.ais. Celles de Pallas ont aussi servi , et il n'en est guere qui meritent d'etre adopters avec plus de confiance. Les dessins sont de la main jneme de M. Pasteur j quelques-uDS faits d'apres nature, comme celui de Vecureuil volant de Java., que l'auteur possede dans son cabinet. ( T. 2 , p!. 18 , fig. 4 ). II est douteux qu'il en existe une autre representation. — Ces figures sont , pour la plupart 9 encadrees dans des carres plus ou moins grands, au nombre de 10, 8,6,4, sur ' a ' r '^ me planche. Le style de Pouvrage est ce qu'il doit etre, clair, simple, assez pur. On y rencontre par-ci , par-la, soil des observations generates , egalement piquantes et instructives , soit des anecdotes curieuses ou des reflexions pbilosophiques 5 car , en memc - temps que Ton apprend a penser aux enfans , il E/emens* 149 n'est pas indifferent cle l les jules et les scolopendres. On s'etonnera peut-etre que le citojen la Treil'e ait tant multiplie ses classes pour les insectes sans alles, dont le nombre total n'tkale . pas , a beau- coup pres, celni des especes que comprend la seule classe des coleopteres parmi les insectes ailes. II y a £le determine, sans doute , parce qu'ily a beaucoup moins de iesseinblance entre tel et tel aptere qu'entre les deux coleopteres les plus dissemblables, ce qui arrive presque toujours lorsqu'on employe Xj4 EntomoLogie. des caracleres negatifs , tels que celui de manquer d'ailes , pour distinguer des classes. C'est une ob- servation cleja faite par Arislote , et le citoyen la Treille a eu raison d'eviter ce defaut. Les coleopteres contiennent cent quarante-huit genres, n'partis sous trente-trois subdivisions, d'a- pres des considerations prises des antennes,des tarses et de la bouche ; celles qui contiennent plus d'un genre portent le nom de families ; quelques-unes contiennent merae plusieurs families ; celles qui ne contiennent qu'un genre n'ont qu'un simple numen). II resulte de la deux sortes de nombres en marge qui ne s'accordent point : ceux des subdivisions , clont il y a trente - trois , et ceux des families , dont il n'y a que trente ; et l'imprimeur y ayant employe les memes caracteres , cela cause un cer- tain embarras dans I'etude de cet ouvrage. II y a, danscette classe, vingt-quatre genres nouveaux ; l'au- teur en adopte en outre quelques-uns de Geoffroy , de Degeer et d'OHvier, et en .supprime deux ou trois de ceux de Fabricius. II suit , dans les autres classes , une marche sem- blable : tous les genres nouveaux sont marques d'un asterique ; il y en a en tout quatre-vingt. II nous est impossible de suivre le citoyen la Treille dans le detail de tous les nouveaux genres: nous nous bornerons done a assurer que cet ouvrage nous paroit indispensable a tous ceux qui veulejifc faire une 6tude approfondie des insectes. 1 55 HELMINTHOLOGIE. JZxtrait d'un MimoLre de 31. de Jurine 3 d& Geneve j lu d. la SocLstd pklLomatique > stir Le Monoculus quadricornis, Linn. UN connoit est animal, tres-commun dans toutes les eaux , et qui a 6le decrit , quoiqu'imparfaite- ment , par Leuvenhoek , Degeer , Muller , etc. M. Jurine ajoute des observations tres-imporiantes a celles qu'on avoit d^ja , et Ton reniarque, dans l'etude suivie qu'il a faite des organes et des mceurs de ces petits animaux, une digne imitation des recherches si inte>essantes des Reaumur et des Degeer. Ce qui est le plus important pour Pento- mologie, e'est le dcveloppement de ces insectes avant qu'ils parviennent a leur ctat parfait. lis prennent des figures assez differentes pour que Ton en ait fait des especes et raeme des genres distincts. Les nau- plius et les anrymones de Muller ne sont autre chose que les jeunes de cette espece et desvoisines, dont Muller a fait ses cyclopes. Les jeunes cyclopes, au sortir de 1'ceuf , sont pres- que sphe>iques 3 et n'ont que quatre pieds courts et deux antennes. Au bout de quinze jours on voit paroitre un petit prolongement a la partie posted 1 56 Helmititkologie; rieure de leur corps. Cinq jours plus tard on Voit paroitre la iroisieme paire de pieds. Apres cinq aulres jours cefte troisierne paire de pieds se d£- ve'oppe sensiblement; ils muent au bout de vingt- huit jours, et s'approohent toujours de plus en plus de la forme qu'ils doivent avoir pendant le reste de leur vie. lis ne | :orul nt qu'apies la seconde liiue , qui ne se fait qu'au mois d'aoiit. M. Juriue rectifie beaucoup ce que Muller avoit dit de leur generation. Le male embrasse bien la femelle avec ses nlennes, au defaut du corcelet ; mais ce n'est qu'un prelude pour forcer ]a femelle a se preter a 1'accouplement ; les veritables organes du male sent a Pextremite de sa queue. Ceux de la f.-mel!e sont au troisierne anneau. Un seul ac- couplemcnt suffit pour pi usieurs pontes." CONCHYOLOGIE. Observations sur les Conques anatiferes , cu pousse-pieds _, par Mesjize ^ phannacien _, tresorier de la Societe d'e'mulation de Rouen _, membre des Sociites phllomatLque _, de sant6j et des pliarmaclens de Paris* W N sait que les testaces , appeles conques anatljeres , sont communs sur les rivages de la Conques anatiferes. 1S7 mer qui bordent le departement de la Seine-Infe- rieure. Ges conques s'attachent ordinairement par leur pedicule aux rochers^, aux carenes des vaisseaux et aux bois d. 1 naufrage. Le citoyen Patey, negoeiant a Fecamp , ra'a en- voy e , le i5 de ry'vose dernier , une bouteille en verre de forme anglaise, de la continence d'une pinte , a laquelle u:i ver de mer testace , et en- viron cent cinquante de ces conques etoient atta- chees d'une maniere tres curieuse , qui a excite mon attention et celle de toutes les personnes aux- quelles je l'ai fait voir. Cette bouteille etoit entierement vide , tres-bien bouch£e , et anciennement , a ce qu'il paroit 5 car la surface superieure du bouchon est usee. Le cou et la gorge de la bouteille sont absolu- ment delcouveits 5 mais la surface cylindrique in- ferieure, ainsi que le fond , sont presque toialement couverts par les p£dicules de ces conques anati- feres , plus ou mo ns longs les uns que les aulres, et dont les plus longs sont environ de deux deci- metres de longueur 5 les coquilles sont trivalves et quinti valves. Voici ce que je conjecture sur leur arrangement singulier autcur de la bout ille. Elle aura probablement cte retenue au fond de la mer dans un navire submerge ; les conques s'y se- ront attaches pendant ce temps 5 abandonee en- suite a sa propre I6geret6 par la destruction du jgg Conckyologle. corps qui la retenoit , elle se sera elev6e a la sur-: tace de la mer, d'ou elle a ete tiree. _ Le citoyen Patey me marque, daus la lettre d envo. decette bouteille, qu'elle a ete trouvee dans la mer le premier nivose , an V , a dix hemes du matin , a un quart de lieue au large, sou. la falaise ou est ... .ufe'lachapelle du bourg Beaudouin ou de la Vierge ; qu'il la mit sur-le-champ dans leau de rae r 5 que le ver c.ontenu dans les coqmtles a vicu huit a dix jours; que ces coc,u lies s'ouvrotent regulieremeut k l'heure de la maree. Cet.e bouteille , a laquelle tous les ped.cules aveo les coquilles et les vers sout encore attaches, anoique mom, m'est parvenue , comme je g dit, le x5 nivose , dans un q-<, * « rempli d'eau de mer. Les pedicules , e.endus en rayons divergens avec le ver sorti de la coqmlle , faisoient un tres-bon effet. La bouteille, retiree del'eauet accrochee par to cou , toutes les coquilles sont res.ees verucalement suspendnss , les vers sons des coqu.lles. Le citoyen Vauquelin , notre cotlegue , a men voulu delsiner la bouteille telle qu'el.e es encore eta* moi, ainsi qu'un groupe de ces coqml es que j-en ai de.ache pour les arranger sur un carton, et les placer sous verre. i5 5 BOTANIQUE. Sur la Ltpre fullgineuse des Ormes. J 'ai lu , dans un des derniers numeros du Ma- gasin encyclopeclique , qu'il a et£ question, a l'lns- titut , de la maladie des arbres , occasionnce par Pinsecte rongeur appele Phalceaa cossus. La des- truction des ormes, auxquels il s'attachs de prefe- rence , merite toute l'attention de ceux qui veulent conserver leurs plantations. J'ai ete temoin, lV.nnee derniere , des observations qu'a faites , aux environs de Crepy , le citoven l'H^ritier sur les arbres de la route de Compipgne , menaces la plupart d'une mort prochaine, quoique paroissant dans toute leur vigueur. C'est sans doute sur son rapport que l'lns- tiiut a desire qu"on trouvat un moyen d'an£antir la cause de ce fleau destructeur. La partie maritime du d^partement de laSomme, ou il existe de magnifiques plantations d'ormes , est encore exempte des attaques du pkalcena, cossus. Ces arbres s'y elevent a une grande hauteur , et fournissent le meilleur bois de chauffage, et d'ex- cellens abris contre les vents de mer, si uuisibles a la vegetation. 1 6a Botanlque. En examinant Ies ormes qui avoisinent le che- min d'Abbeville a Saint- Valery, j'ai vu beaucoup de ces arbres , ainsi qu'un grand nombre de pom- miers , rong^s d'une e-pece de dartre qui penetre par places leurs ecorces , et ronge le bois au vif. C'est une tache noire , large , arrondie , ordinaire- ment peu eloignce de la souche. De son centre de- coule une huraeur noiratre qui, en elargissant la plaie , devient de plus en plus ahondante, et se coagule ou se desseche facilement. Elle est produite par Pepanchement de la seve, dont ies canaux sa trouvent alteres. Autour de la plaie il se forme une croute mince, couleur de suie , composes de petits grains agglu- tines , dont l'ensemble constitue un veritable byssus pulverent de Linneus , ou un lichen de la premiere division. N'en ajant pas trouve la descriplion dans Ies auteurs, j'en ai fait une espece nouvelle sous le nom de lepra (fuUginosa). PuLvis tenax full" glnosus In crustam- latum expansus :. sa de^crip, tion entrera dans une Flore d'Abbeville , a laquelle je travaille , et qui presentera le genre nombreux des plantes lichenoides , subdivide suivant le nou- veau travail d'Hoffman , et la famille des Mousses, suivant la methode du savant H edwig. Jespere , si mes occupations m'en laissent le loisir , etre bientot en etat de la mettre au jour. Heureux si je peux faciliter l'etnde des plantes a ceux qui voudront s'en occuper dans le pays que j'habite! II seroit , au surplus, assez curieux d'efudier si, dans le v6getal que je viens d'annoncer 3 ainsi que dans Sur Les Maladies des Arbres. 161 dans une infinite de cryptogames de raerae nature, I'ftlteration de I'ecoroe precede et prepare le de- velopperaent de la production parasite , ou si c'cst la plante elle - meme qui , par PefTet de sa croissance et de ^implantation de ses racines dans ce qui lui sert de support, en cpere la maladie et metne la destruction. Boucher* Extrait d'une Dissertation, da citoyen rmf~ ten at , lue cl iflnstitut national s sur Le genre Phallus. IiiNMEfrs n'avoit fait mention dans ses ouvrages que de deux especes de phallus 5 Murray, dans le Si/ sterna vegclab ilium en avoit ajoute une troi- sieme, deorite clans Linn. Supp. Gmelin, dans son edition du Sy sterna natural, en a indique dix 5 mais dans ce nombre il s'en trouve qui ne sont que des varices , ou meme qui ne sont pas congeneres comme le phallus fungoldes. Le C. Ventenat a fait connoitre dans sa dissertation treize especes de phallus , et il les a divisees en deux sections. La premiere renferme les especes dont le jpedicule est nud , et la seconde comprend celles dont le pedicule est volvacr\ Cast k cette derniere section que se rapporte le phallus qui croit en Auk n'que. Ce champignon serapproche beaucou > parsa, forme Tome VI, L 1 6* Botanique. du Phallus impudLCLLS, mais i! en differe essen- tiellement par .la presence d'un organe d'une struc- ture tout-a-fait remarcjuable. II s'eleve environ a la hauteur de six ponces. Son pedicule est cylindrique, droit, creux dans son interieur, simplement contigu avec le chapeau, d'une blancheur laiteuse, et environ d'un ponce d'epaisseur. Le pedicule paroit dans sa jeunesse faire corps avec le chapeau. Ces deux or- ganes sont minis par un bourrelet frange qu'on prendroit d'abord pour un collet ; mais a mesure que ce bourrelet se developpe^ ies fibres dont it est forme s'alongent, se croisent et pnfsentent un tissu qui se renverse, et qui, semblable a une che- mise, recouvre en entier le pedicule du champignon, ce qui a fait douner a cette espece le nom de P. indusiatus. Le chapeau en cone evase a sa base, ou pr sque campaniforme, est libre dans toute son Vendue ., et n'adhere avec le pedicule que par le limbe de rombilic perform qui le couronne. Les alveoles dont il est creusd sont de grandeur et de forme difleiente; elles ont une couleur bleue de Tournesol , et les nervures saillantes qui les forment sont d'une blancheur assez eclatante. Cette belle espeeea ete trouvee par le citoyen Vaillant^ pere , dans la guyarine hollandaise. La prodigieuse quan- tite des individus qui croissent en meme - temps, leursi divers degrds de developpement, lMdat et les nuances varices de leurs couleurs pr&entent a la vue un tableau aussi varie que pittoresque. i«3 A N A T O M I E. Sur le tron central de la Retine , par le cl- toy en Live 1116 3 extra it d\ine Dissertation lue it la Sociit6 phUomattque. I \_j e citoyen LeVeille a communique a la socI&$ l'extrait d'une lettre inseree dans le journal de phy- sique et de medecine , publie a Pavie par Joseph Frenck. Le docteur Rasori fait connoitre une d6- couverte que Soemmering, professeur d'anatomie a Mayence, a faite sur la membrane retine de l'oeil humain pendant l'annee 1791. G'est une tachejaune. assez remarquable situee dans Taxe de Poeil au cote externe , et a deux ugnes de distance de l'in- sertion du nerf optique. Ilya au centre de cette tache une ouverture qui laisse voir la face interne de la choroide; cette ouverture , tout-a-fait inconnue aux anatomistes, peut avoir environ un quart de ligne d'etendue dans tous ses diametres; et si, au premier coup-d'ceil , elle ne paroit etre qu'un point noir et peu digne de remarque , c'est que son contour est fronce de maniere que toutes les parties sont tres- rapprochies. De- cette espece de froncement requite un pli constant de la retine que Ton reconnoit faci- lement lorsqu'on. met cette membrane a dccouvert L 2 164 'Anatomic dans des yeux bien frais. Soemmering nomme cette ouverture le trou central de La retine , et la tache jaune ]e contour jaune da trou central. Le ci- toyen Leveille - a fait des rechcrches sur un grand liombre d'yeux humains, et tou jours il est parvenu a reconnoitre Pouverture et la tache jaune de la ratine. Le citoyen Cuvier a examine les yeux du boeuf, du mouton, du chien, de Tours, du lapin et de pkisieurs oiseaux et poissons , sans y rien voir de semb'able. Le citoyen Fragonarcl est encore le seul qui ait observe les yeux du singe, depuis la connoissance de cette ouverture. Cet anatomiste n'a pas trouve d'ouverture a la retine; il a seulement observe une tache jaune tres-pAle, que la macera- tion a promptement deUruite. Au lieu d'un repli a la retine, il a cru voir une espece de conduit, mais ses doutes ne lui permetteut pas encore de prononcer. Dans les yeux gelcs, cette couleur jaune se communique aux crysiaux de 1'humeur vitrei , aux depens de la retine, comme Fa vu le citoyen Leveill^, qui n'a pas rencontre cette meme tache dans les yeux d'un foetus de six mois, tandis que le trou 6toit tres-apparent. *% ExthAit dhcn Mcmolre du cltoyen Tenon sur la croissance des dents du Ckeval , lu a I InstUut national. Le citoyen Tenon, dans „„ mtmohe sur la ma- mere d'envisager l'anatomie, prouve que son <§tude ne peut se borner a la connoissance des organes observes a une seule epoque de la vie, mais qu'elle doit avoir pourobjet la structure et la posilion des organes dans tous les ages. II reraarque que ces observations successives conduiseut a des recherche* utiles sur leur formation, leur deperissement et leur usage. II cite en exemple, dans ce premier travail , les dents du cheval. II fait voir que ces dents occupent , dans leur jeunesse, un alveole profond, qu'alors elles out a-peu-pres une forme prismalique, qu'a six ans leur couronne est surmontee par quatre a cinq pointes, que presqu'aussilot le froissement occasionne par la indication les use et les fait enticement dispa- roitre, qu 'a la meme epoque, et dans la meme proporiion, ces dents croissent au fond de Palveole, et en sortent peu a peu , qu'alors seulement les longues pointes ou racines commencent a pousser que le fond de Talveole qu'elles ne remplissent pas* entierement r e st.bient6t par une matiere osseuse , qui contribue aussi a soulever les dents et a les porter au dehors, et qu'enfin le prfswe continue a L 3 t66 r Anatomle. s'user jusqu'aupres de ses racines. Le citoyen Tenon a egalement fait d'utiles observations sur la texture des dents. Ce travail inte>essant avoit deja ete com- munique, en 1767, a l'acad^mie des sciences j mais le citojen Tenon ne l'avoit pas publie. C H Y M I E. Note sur VAbestolde y par le citoyen M ' Ac- quart j lue a la SocUU philomatique. JL/asbestoYde a recu ce nom du citoyen Lame- therie , qui n'en donne d'ailieurs aucune description. C'est un mineral assez rare , dont la couleur est d'un vert tendre, quelquefois jaune. II se presente sous la forme de fibres capillaires dures , brillantes ct flexibles. Cette flexibilite tient le milieu entre celle des fibres de l'asbete et de l'amianthe, aux- quels on ne trouve presque jamais une couleur verte aussi agr£ab!e. L'asbestoide se trouve dans le ci-devant Daupbine , au bourg d'Oisan ; il est le plus souvent mele" avec du carbonate calcaire , du thalitte (schorl vert),<\u felds-spath blanc, des crystaux de roche, et du quartz fendille ; on le ren- contre quelquefois mele de manganese noir en poudre, et interpose entre le quartz et l'asbestoide. Le touffu capillaire des fibres de cetle substance, sa couleur Note sur V Abestolde. 167 verte , el sur-tout le manganese qui l'accompagne quelqiiefoif, bnt engage le citoyen Macquart a re- chercher les differences qui pouvoient se tro ver eutre la nature de cette substance et celle de i'asbeste , bien connue par les analyses de Bergmann. Le r^sultat des experiences qu'il a faites avec le ci'oyen Vauquelin , et qui seront consignees dans le journal des mines , a prouve que Tasbeiloide etoit composee de . . . . i°. de silice 47 , 2°. de chaux 11, 3 3°. de magnesie 7, 3 4 . d'ovyde de fer 20 5°. d'oxvde de manganese. 10 Total. .... 96, 6 Perte 4 100 / Nota. Cette analyse fait voir que cette substance a beaucoup d'analogie avec les asbestei que Berg- mann a analysers. Elle n'en differe que par la prd- sen.e du manganese dont Bergmann ne parle pas, quoiqu'on puisse infeVer de ies experiences meme qu'il doit s'v en trouver. 1 63 MEDECINE. ExtrAit de I'Essao sur la nouvelle doctrine medicate de Brown , en forme de Lettre , par Emmanuel Rizo 3 de Constantinople , docteur en Medecine en I'unlversitd de Pa- done. Paris, chez Lauren , jmprimeur-libraire, rue Sai lit- Jacques, n°. 3o, i/i-8 ,^ an V, 1797. LjULLEn, pres de terminer sa longue et honorable carriere, vovoit avee satisfaction ses principes adop- ted par ses compatriotes , accueiilis chez les etran- gers , operer dans la iheorie de la mededne une reforme qu'jl espeYoit devoir influer avantageuse- mwt sur sa pratique, lorsqu'un homme, long-temps obscur, s'efeva tout-a-coup des bancs de son ecole, et fouda , an milieu de l'universite d'Edimbourg , une secte nouvelle. Ge fut Brown qui, malgrc !es contradictions les plus mar.uees, se fit bienlot un nombre prodigieux de proselytes. II suffu, pour en donner une idee, de rapporter que c professeur ayaut ete incarcer£ pour quelques affaires civiles, ses disciples se pres- great religieusement aptour de lui pourl'entendre, et du fond meme de sa prison il leur dicta ses lerons , exempje d'attacjjemenl et d'admiration ino.ui dai:s i'histojre depuis U temps da Socrate, Nouvelle Doctrine medicate. 169 Enfin Brown mourut ily a peu d'annees, et ces n^emes disciples, non content de rendre a sa vne- moire des honneurs publics dans les lieux oil il avoit enseign£, se sont occupes , avec ardeur , de repandre ses preceptes dans l'Europe savante et medicale. Quelle est done cette doctrine prechee, accueillie, propagee avec taut d'enthousiasme? Est-elle totale- ment, ou eta partie, reproduite des anciens? Ou biea est-elle entierement nouvelle? Pour en juger, analysons l'essai du docteur B.izo. Brown a observe que tous !es etres vivans ont une propri6te qui les distingue d'eux-memes dans l'etat de mort, et des autres corps inorganiques : il nomrae ce principe de la vie animale IncltablUte. Ce principe ne sufRt pas pour donner la vie a l'etre dans lequel il se trouve 5 roais il faut d'autres circonstances, d'autres forces pour produire cet eftet, telles que le concours de l'air , du calorique, de la lumiere, des alimens, etc : ce sont les forces incltantes. Main tenant cotnme Yincitabltlte par elle-meme, et les forces incltantes sans Vinclta- billte, ne sauroient produire la vie qui nait de leur action reciproque, Brown dt'fiuit la vie ani- mate, le produ.Lt de Paction des forces externes sur L'incltablUle. Une longue suite d'experiences et d'observations lui a fait connoitre que VlncLtabliite diminue en proportion 0V2 l'intensite ou de la continuity de l'ac* tion des forces incltantes sur elle, et vice versa. Cette diminution et cette augmentation s'appelleut incltamentum* 170 Medecinc. D'apres ces principes, exceptez tou'efois les vices locaux organique? , Brown ne rcconnoit que deux clashes de maladies provenanies , les unes de trop dVnergie et d'acgmentat 01 d 1 invitation , qu'il nomme sthtniques , !es autres de foiblesse, ou de de* ant d'iruiia'ion , ce sont les asth6nlqu.es. Ii subdivise ensuite les maladies asthdniques en celles qui proviennent de defaut d'incitans, diblli- tas dcrecta , et belles qui proviennent de l'exces des incitans, debiUlas indorecta. Ces denomina- tions lui servent pour distinguer les methodes em- ployees dans la cure des maladies qui resultent de ces deux jortes de foiblesse. Aux preiri>r?s ma'adies, au\- stkeniques , Brown oppose la saignee, les purgatifs, le froid , l'absti- nence de nourriture animale; aux secondes , ou a,sthdniques y Yo\Aum,\Q muse, Pal kali volatil , les ethers, le quinquina, le camphre , les v£sica- toires , le vin. On apper^oit deja combien ces id£es s'eloignent de la pathologie ordinaire. La matiere medicale tiacee d'apres ce nouveau plan est aussi tres-peu conforme aux divisions embrasse'es et su ivies jusqu'a ce jour. Les medicamens sont s£par£s en deux grandes classes, les d6bilitans et les stimulans. Les stimulans sont subdivides en ceux dont Paction est permanente et lente, ce sont \es stioiu- tans pernianens ; et ccux dont Paction est moms longue, mais plus energique et plus expansible, ce sont les stimulans difusibles. A. la premiere classe appartiennent la nourriture animale, le via Nouvelle Doctrine medicate. 171 ordinaire, Poxy gee e, le mouvement , la contention d\?sprit, les serrations agreables, la chaleur, le quinquina, la limaille de fer, la scille, le mer- cure, la gomme ammoniaque , Pantimoine , l'aloes, tous les aromates, le the, le cafe, etc. Dans la se- conde se trouvent l'eau-de-vie, les vins g6nereux, le ilium, le muse, le camphre, l'opium, Palkali volatil, les Others, etc. Ge qui est absolument propre a la nouvelle doc- trine, e'est de considerer, malgrc Popinion gene- rate , le froid comme debilUant , et Popium comme incltant. Voici comment Brotrti essaie de le prouver : Si le froid, dit-il , qui n'est rien que l'absence de la chaleur, est un Incltant, et par consequent un corroborant , pourquoi n'en diroit-on pas autant de Pabsenee de la lumiere , de Pair, des alimens ? Qui croira cependant que sans leur concours un animal ou un vegetal puisse vivre? Le froid de l'biver n'engourdit-il pas les animaux et les plactes que la douce chaleur du printemps vient ranimer? Cette doctrine est developp^e tres-au long par des raisonnemens et des observations que aous ne suivrons pas dans leurs details. Quant a Yopiunij voici comment Brown a essaye de prouver qu'il n'est point sedatif , mais incltant. Lorsque Vlnclta.tlon cesse , ou par Pexcessive accumulation, ou par la cessation totale de Vinci* tablllte, alors la mort s'ensuit. Mais s'il arrive que par exces, ou par cessation Hiomenlani'e de J 7 2 Medectne. Ylncltabilitej V In citation soit suspendue seule- ment pour quelque temps, de maniere que dans le premier cas J'exct-s , et dans le second la cessation de Yi licit abilite soient assez moderns , il en resulle alors le sommeil. Dans les maladies astlie/uques j la foiblesse est ordinairement trop grande pour pro- duire le sommeil ; e'est pourquoi tous les moyens capables d'exalter Vincitation au point qui produit le sommeil, le produiront en effet non co^me cal- mant , mais bien comme stimulant. Ainsi si la foi- blesse est legere et peu eloignoe du point qui cons" titue le sommeil , un stimulant egalement leger suffira pour faire dormir. Quand la foiblesse est plus grande , il faut des stimulans plus energiques pour produjre le sommeil, et Brown met l'opium. au premier rang. Pour prouver qu'ii est stimulant, donnez-le , dit-il _, daus les maladies soporeuses , et vous le verrez presque toujours banuir le sommeil. On a dit que Popium etoit sedatif , parce que ce reme le nSunissoit dans les affections spasmodiques les diarrheas, les aeces histeriques, etc. , e'est parce que Ton atliibuoit ces maladies a l'augmentafion de la force vitale, taudis qu'eiles dependent du deran- gement des fonctions produites par la foiblesse , comme le prouve l'efficacile" des stimulans en pa* reil cas. Broiyn a tant insisle sur ce dogme fon- damenlal , que ce mot qu'il avoit souvent a la bouche est devenu sa devise : Opium me hercle non sedat. Pour appliquer cette nouvelle doctrine a la pra~ Nouvette Doctrine m6dicale. 17s tique, il faut distinguer bien soigncusement les maladies sthenique s d„^ astheniques. II re suffit pas de se bonier la, il est encore essentiel de distirrguer ces maladies d'avec des vices organiques oil locaux, tres-difficiles a guerir. II est encore necessaire de savoir si la malad'e asthenique provient du defaut ou de Pexces de stimulant, d'appr£cier le degr6 de foiblesse; enfin de connoitre s'jI est besoin d'un tonique prompt et expansif , ou lent et permanent. II faut savoir deciliter dans les maladies asthe- niques jusqu'au degre ou la. machine est en 6tat de sante, et fortifier dans les maladies asthenujues jusqu'au point necessaire ponr ramener ce merne £tat de sa ite\ Si'un naalade sthenique est deTilite a un point qui e>;cede la proportion de Paugmen- tation de ses forces , il tombe infailliblement dans la maladie asthenique _, ou foiblesse directe. Au contraire , si un malade asthenique est fortifie plus qu'il ne faut, il est immanquablement atteint d'une maladie 'sthenique. Parmi les reproches qu'ont fait a. Broryn ses adversaires, ils Pont accuse^ en reduisant la medecine a des principes trop g.'neraux, d'en avoir circonscrit Petude d'une ma iere dangereusepour un art qui doit puiser ses secours dans toutes les branches des con- noissances humaines. Nous crqyons que Brown et ses partisans ont sufEsamment repondu par leur res- pect pour Pautorite" des grands observateurs dont ils se sont souvent etav^s, et par les eloges qu'ils ont fr6qusmment donnes aux sciences accessoires. 174 Mideclnei Tel est l'expose" succint de la doctrine de BroTrn, qu'il faut, si on vent l'approfondir , eludier dans son ouvrage m£me , qui a pour titre : Joannis Bru- nonis Elementa medecuice. Edimburgi, 1781. Nous ignorons la date de la premiere Edition, mais nous avons sous les yeux celle qu'a donne" a Milan , en 1792 , le celebre Moscati ,? et qu'il a enrichie d'une preface. Ceux qui sont verses dans l'bistoire de la m^decine verront aisement, par le peu meme que nous en avons dit , les points de ressemblance de cette nou- velle doctrine aveo celle de Themison , de Frederic Hoffmann et de Cullen lui-meme , 'quoiqu'on ait dit qu'elle 6toit diametralement opposed a ses prin- cipes. Au reste , quel que soit le pgement qu'on jtorteri sur cette doctrine, notre literature m^dicale aura toujours des obligations au docteur Rizo pour nous I'avoir le premier developp£e. R. D. G. i 7 « H I S T O I R E. Suite de L' Stat des vllles de la Gaule-Belgiqu9 avant le dougleme siecte , auec des recher- ckes Stumologiques sur I'origtne de Leurs noms , par F. Gaignt, me'decLti (i). (ja;nd. Cette capitale de la Flandre , si florissante aux quatorze et quinzieme siecles , est appelee par Baudemund , qui y vivoit au septieme siecle , Gan- davum Pagus } et Locus : tandis qu'il donne le tilre de ville a Tournai. Saint-Ouen , un peu ante- rieurA Bandemund, nomme Tournai une ville rojale, et n'appelle Gand et Courtrai que des munlclpes. (Act. SS. Be'g. t. 4, p. 208.) Sous Charlemagne cVtoit un port fameux : en 811, cet empereur vict de Boulogne pour visiter la flotte qu'il v faisoit equi- per contre les normands. ( Recueii des Hist, de France, t. 5, p. 60, 61.) II faut cependant que cet endroit ne fut guere fortifie a cette £poque , puis- qu'en 846 , a l'approche des normands ,. on trans- porta le corps de S. Bavon , et beaucoup d'autres reliques, a Saint-Omer, comme etant un endroit plus sur et niieux fortifie. Ad S. Andomarurn (Henricus (1) Voyez la premiere paxtie , Magasia eocyslop^dicrue , Tome V, page 314, 176 Histoire, Abbas ) trans portare fecit , et ipse una cum suis monachis edjugit tanquam ad tut io rem et muni- tiorem Locum. (Act. SS. Bclg. t. 2, p. 441.) On lit dans le C/iron. de Gest. Norman, ad ae. 846, qu'a cette epoque Saint -Omer avoit des murailles garnies de tours. ( Ap. du Chesn. t. 1 , p. 25.) Ce que les moines de Gand avoient apprehende arriva quelque temps apres; car en 85i le monastere et la ville furent brules. (Act. SS. Be!g. t. 2, p. 542.) Elle fiit retablie par Arnoul , comte de Flandre , qui rebatit aussi le monastere de S. Bavon. (Sander. rer. Gand. 1. 2 , c. 4 , p. 45 , edit. 4 . Wast desc. de la G. B. p. 376. ) L'empereur Otlion-le-Grand fit batir , l'an 949 , contre la ville de Gand , une forieresse, qu'on noinma le Chateau-Neuf , et y £tablit un comte, nomine" Wicinan. ( Cbron. Mirae 1 p. 2.3o. ) Vers Fan io53 , Ja ville fut fortifiee par le comte Bauduin. ( Sand. rer. Gand. p. 45. ) On y construisit une no 11 v elle eglise en 1067. ( Meyer, ad. an. 1067. ) Cette ville s'accroissoit rapide- ment, puisque cinq ans apres on y dedia une autre eglise paroissiale : Ecdesia id Castro Gandensi que nomlnatur S. Ckristi. ( Ginon. Bavon. ad an. 1072.) Othelbold, dans une lettre a Otgine , comtesse de Flandre , appelle Gand caput regionis pnmdtu/n tenens caiterarum civitatum. (Mir. op, dipl. t. 1 , p. 349. ) Othelbold dit dans cette lettre avoir vu a G r.d S. Macaire. Nous avons vu, a Particle Bruges ^ combien les meurtres et les brigandages etoient frequens dans la Fiandre occidental j les d^sordres n'etoient pas moins ,V tiles de La Gaule-Belgique. 177 iroins portes a leur combie dans ces cantons a la meme epoque. Un auteur qui ecrivoit a Gand vers la fin du onzieme siecle, dit : Eeclesice combustce sunt , aJLtarld sanguine humano cruentata _, pars monad lit ru m taptivata, , pars proluberata , jus et Lex oninus confusa est. (Vit. S. B-iv. auct. Theodevico Abbale. Act. SS. Be ! g. t. 2, p. 53i , 532. ) Gand. B^ig. Gend. Meyer ( Annal. Flandr. ad an 489) dit avoir In dans d'anciennes birtoires du pajs que Gand etoit appeli Wand. Le g et lo w se prennent souv; in l*6ri pour l'autrc , et avoient autrefois a-peu-pres le meme son. On trouve GaLll et TVaLU j e quelquefois GwalLl. Gaulois, Belg. Wae'en; Guerre; en anglo-saxon_, Wair^ en an- gliis, TVar _, en flamalpidj PPkre , Guede ; Be!g. Weeds; Garde > Belg. Warde ; Gaujre , Belg. Wafer : Guise , maniere , Bilg. Wj/se ; Gages j en augl. Wages , Gin,der 3 Belg. Op-WLnden, ; Gand '.j Lat. Ch.itotheca , Matiica, Bel. Want; Gate? P autrefois Caster _, en anglais, to Waste _, d'ou rilahen Gun stare _, et n@s verbes i er-Woes- tcn. . Ver-Kwisten . Guaiterus p Gualbcrtus _, Cuillelmus , Bel ; . IV 'alter ,TJ'albregt ; Willem. Dans un dipiorne du i\.n 967 , je village de Jlon- delghem j pres de Gand, e$t appete Gondelgkern. (Mil. cod. don. piar, c. 36.) C'est ainsi que pour II 'and et li tndj, on a dit Gand- et Grud. Selon Marcli:i!it;:i c 3 in'leriisetGrammay?,on vo\'oit 5 de leur tern jps/ ? pres de la porte de Brabant, a Gand, (on a ete tres-probablement !e berceau de cette vide , Tonic VI M lyg Hlstolre, et oil la riviere forme tine courbure plus que demi- circulaire) les restes d'un ancien chateau, appele jyandelaer. D'apres cela , je suppose que le pre- mier nora de Gand a ete wandelaer ou jyande- laeren j qu'on a abrege dans la suite , en disaiit JVand ou TVcnd. Comme pour W aestenland ^ on a dit waesten; pour waver wald, waver ; pour Landenhove , Landeri ; pour Brugstok _, Brugge j pour Yperteet _> Yper; pour Mtchelen- stdd 3 Mechelen ; Meessenhem _, Meessen ; Mee- nenhove } 31eenenj et comme on dit encore Saxen ^ Beijeren j Swaben _, pour Saxenland _, Beyeren- land j SwabenLand. Voy. l'art. Matines. Nous avons vu plus haut que wand et Gand , wend et Gend sont la merae chose ; que le g $t le w sont des lettres permulables , qui se mettent Tune pour l'autre. Reste a expliquer ce que signifie wati- delaer. On petit voir a I'arficle Litre j que La'er et Laeren signifient Terre : ainsi , le mot wandelaer aura signifie Terre courbe y comme wendune _, village pres de Blankenberg, signifia Dane courbe; jj'indeke , autrefois w'end-eke _, village au reidi de Gand , Eait courbe a voy. Baval. windeghem ^ jrendenthaL j Maison _, ValUe ^ Courbes.lS 'an- cien verbe wlnden signifioit courber _, fl6chir. (Ten Kate inleidinge tct de Verheventb. der Neder- duitsche sprat k , t. 2, p. 535. Amst. 4 . 1723.) C'esi de-la qu'une muraille s'appelle encore wand en flamand , ou parce que les maisons de nos au- cetres , les Gei mains, etoitlit de forme ronde , Strabo, L 5, (On peut en voir la figure, copies Vllles de La Gaule~Be/gique, 179 sur la eolonne d'Antonin , dans Montfaucon et Van- Loon ), ou parceque !es mursetoient faits de branches d'iirhres, piitcs, flechics , entrelarcSes. -Les infeStins sunt nomm^Sj en flamand , in-gewand j a cause de leurs circouvolutions. On disoit aussi jyinden * et c'esl aiasi que le village de Neer" iride , c.t-'lebre dans l'histoire des guerres de ce pays , sigiiifie la courbure _, ou le coude in/erieur y comn^e Over- ninde _, M&dd windc sigaifient le tigu.de sup'rieur et du rriiMca du metiie ruisseau ou i's sout situes* On dit en anglais the bindings of a river. Vin- dur j en islandais , signifie courbe. ( Ten Kate. Ibid. ) De cet ancien mot teutonique viennent proba- blement aussi les noms de Vindonissa et VLn- dobona j "YVinclisch ^11 Suisse, et Visnne en Au- triche , dont ie premier siinifie eau, courbe ( Voy. ci-dev. Assche'), et le second forteresse ou chateau courbe. Bonne signifioit autrefois iy§k > let. Vb* cus j chateau , boulevard, forteresse. Bonne mees- ter y Tjijk-meestcr. (Diction. Kilian.au mot bonne ., inieid. tot de N. D.Spr. t. 2 , p. 109)5 c * e ^ * e iilmu de la ville de Bonne. Venta Belgarum ( ouenta dans Plolomee); "Winchester etoit nominee , par les auciens Bre- tons, Cacrguent; en arglo-saxon, Wenta-ceas- tcr; Belg. \ ende caester _, chateau courbe. Venta, sUurum <^toit aussi appelee Caer guent. ( Henry. Hisl. d'Anglet. t. 1, p. 1-72— 189). II y a pinsiettfs •endroits appelds Gend dans les Pays-Bas. On a dit Wandelacr p oorame on a dit Lanc/Laer 3 Iiotse- M 2 jSo Histoirei laer, Rousselaer , Beerclaer 3 Vosselaer , Wes* pelaer , Wetglar^ Go star _, Jf'rltglar , etc. Geldenaken. Voy. Joudogne. Haerlebeke , si celebre dans nos chroniques et l'histoire des forestiers de Jflandre , et queles chartes de privileges, que Grammaye ( TTland. p. 71 ) dit avoir vues, appellent toujours la plus ancienne ville de Flandre , n'est nominee dans au- cun auteur ancien. La premiere mention que je trouve de cet endroit est dans les lettres de Phi- lippe, roi de France , de V ,n io63, parlesquelles il confirme la fondation faite par Bauduin , de Lille , d'une abbaye de chanoines dans un lieu Haerl- Ingen j Haert- hem (Harlem)? Je crois que ce n'est autre chose que erle _, en allemand aune^ belg. else. En effet, on trouve que cet endroit se nom- moit aussi Herlebeke ( Herlebecca dansun diplome de 1078, op. Mir. op. dipl. t. 2, p. 9.^0 et p. 948). On aura dit Haerlebeke > Haerlhem _, com me on dit Essc/ienbeke j E'ljckkem > E/seghem. I\y a Mrlack et Erleback en Aliema^ne , Erlangen, , Erl-Lngen j etc., air _, alor ^ alnus. Lye. Diet. Saxon. Haye ( la ). Belg. 'S Graevenhaege , la ferm* Vales de la Gaule-Belgique. 181 ou metairie rlu comte. Haga , fiagen , agellus , prcedium, c(omus , manslo. (Lye. Diet. Saxon.) Nigan et x x hagena syndon on vvinta- ceaster. Negen et x x haegen synd^er in winds caester, II y a vingt-neuf fermes en Winchester. Monast. Aim!, r, 258. Wunde caester, vvende casteel , chateau courbe. Caester signifioit autrefois aussi chaleau en flamand ; de la le noin de Caester , village entre Bailleul et Cassel. II y a, pres de Breda , un hameau notnrae la petite Haye , et un endroit , pres de Warneton, appele* groot Hae- gen , grande Haye. Haege poorter , bourgeois forain. If am , nom de plusieurs villes et villages , et qui commence ou termine les Moras d'une infinite d'au- tres en Angleterre , en Allemagne et aux Pays-Bas, signirie maison , domicile, ioit , possession, habita- tion. En anglo-saxon ham , en flamand hem, err allemand helm, en anglais home. Heima* (Glos- saire Geltiq. de Pezron ) domicile. Maria scet oet ham , Maria sedebat domi. Evang. Saxon, Joan. ii. 20. Belg. Maria sat le huis ; en anglais, at home. Ce mot vient de heimen , couvrir, d'ou notie mot geheim , secret , heimelyk , en ca- chette, uit/ieems , etranger , mot a mot , hors de la maison. M 3 1 8a Ills to ere. Un auteur, dans le Journal encyclopediqtie , j. fv'v. 1773, page 552, dit que le 110111 de Tamil le de Michel Montagne 6toit Eijckhem , d'ou il in- fers que cet auteur celebre pourroit ctre origiuaire d'Angleterre ou de Fiandre , ce riora Stent , selcn lui , flamand ou anglais, Eyckhcm est purement flamand. On auroit dit , en anglais , Oakham, , qui fi_uiiie Ja meine chose. De ham viennent les mols franc ais ha mean et hamd* Horn. Voy. Schot. Ikge forme aussi la terminaisan des noms d'un grand nombre de villes et villages dans tous les pays ou l'ancienue langue germauique a eie en usage. On tiouve , aux Pays-Bas , Groeninge _, Grevelinge , Poperinge ^ Vlaniertinge , Elver- dinge y Boesinge ^ et mis infinite d'autres. Inge signifie terre. Thia mvater ouh bihringe zu iro hehrunge, De ruoeder 00k bybrir.ge tot haere Wooninge. O^/rid. L.j, C. xxix. 9. k Ramenez aussi la mere dans la terre de son » domicile *, Lotheringeii (Lorraine)^ terres de Lothaire, Ce mot est encore en u^age dans le nord d'An- gleterre , et signifie pi e" , prairie, paturage (Lye. Diet, saxon , au mot Inge )• Ainsi , groeninge ■fjgnifie terre verte 5 grcvelhnge j gravel Inge > tertf VULcs de la Gaule-Belgcque. 188 sablonneuse , pierret se ; greve , gravler , en anglais, gravel. — Mais que sigrihTe paper, v Lanier , el- ver j et sur-tout does , qu'on rencontre si souvent; Boesinge j Boesc/iepe } Boesbeke , Boeseg/iem ? (eudroits pres d'Ypres. ) C'e^t oe que je n'ai pu decouviir. — De lug 3 on a fait Blngen j Llnge/ij et line quantity iunombiable d'autres louis. JounocNE , Btlg. Geldenaken , guide vvaeters , eaux d'or. Aheti signifie eaux. Voy. Baral. Le nom de Joudogne est une autre preuve que ogne sfenifie aiissi can. Pour guide ^ on disoit autrefois gclrfe. Gelden trtndel _, cercle d'or (proverb, ii. Lye. Diet. Sax.) De guide vvaeter , geldenaken _, goudenaken , goud-ogne y les Wallons ont fait joud-ogne ■> com in e d e ga rde n 3 ja rdln , en c ha n - geaut le g en /. G'est ainsi que de Gesorlacum on a fait Boulogne. Le Gesorlacum navale Mo rl/io rum des anciens. ( Ptolom. L. 2 , C. 9. ) e^t Boulogne. GesorlacQ quod nunc BononCa y djt la carte de Peuttinger. Un auteur ancien , qui a ecrit les acti >ns de Cons- tance Ciilore , rapporte que Constantin , son fils, vint le voir a Boulogne; Venlt apudBononlam, quant Gall I prius Gesorlacum vocabant. ( Hist. Gall, script, t. j , p. 563). Boulogne et Gesoriacum signifient la meine chose. Bolen-aken ., bol-vvater , bol-ogne _, eau inipctueuse, eau dardee, jetee a\ec violence , parce que les eaux, dans cette partie du canal 3 sont jetees avec impetuosite contre la . Ole. M A 1 6*4 11 est o ire. Bolerij dans la Iangue'Tetiionique , ne sigmfie pas spulenient volvcre ., vcrtere _, rotare y mais Encore jacularl _, vlbrare, eoccutete* (Wacht (3-1. Germ.) Lcs Anglais di&eiit /o bolt. Lcs Giecs di- soient. pareilleqient balleui , jacularl , ferine 3 paUela* vibrate, boly j jacius , id as ; bulls j Rasia missitis ; do ia. le ballsia c!es Latins. Bolt, en angio-saxon, signifie la lneinc chose, catapulta. ( Lye. diet. sax.). De Bologae _, les Fifincaisotit fait Boulogne , commie du n;ot feiftonique />o/_, bol/e j ilsont Tail boule. C-ei peul mettle fin a !a contestation s'il faut dive Cologne ou Boulogne. Bo'ogne est le no m priir itif ; Boulogne est coiK-aeie par l'usage , ainsi que boule. Lrs Gaulois avoient une espeoe de dard. ou de trait, qui, des in plus haute aniiquite , s'appeloit gesuni, Le noni , de meme que la chose, son! d'ori- girre celtique. Dans le Grlossaire cFLidore , gesum est interpret^ haste- _, jacuuim > bolls. Dans He- sychius , enibollon.. En islandais, Kusla signifie gesum j pilum , ( incl. vcrel. \ Skytz> hail Klslan ab\Ajaxe. Befg. Sob lei eceti Schlc/ii 'tot ( naer ) Ajax : , il jellc un dard conlre Ajax. La Gaule est representee juries medaihes, et par Claudi; n . por- tant deux gescs. ( De Laud. Stil. L. 2 ,V. 241-). Gallia crlne fcrox 3 ivinqialqu; torque dgcoro, Binaque gesa {wens. ( Voyez Hist. Monet, df s Pays-Bas ). Le mot gesp e'toit encore en usage en Provence 5 environ 1'an i3oo 5 car dans I'imcn'aiie Tallies de la Gaule-Belgique. i85 ties armes des Templiers, qui se trcuve aux archives d'Aix, on nomine uu' gessus on gesus. { Menag. Diet. Etym. i 7 5o, p. 669). On a dit aussi geser : Jiabeat gesarum <^ orf dtcitur kand^ax. ( Slal. de Malcolm , Roi d'Ecosse, T. 2.3). Ainsi geser-a/cen, aura signing ]a meme chose que bolen-aken , Bc- logne. Comme le mot qeser 3 qui ne subsiste plus , signifioit bolen. Gesus , ( ges , gese) adjectif, signifie aussi ,fcrl, puissant, ej vient de j'ancien verbe ^m , posse, vale re. De la les noms de gusenburg, fort chateau; de gisendam , puissanta digue, qisbert , gysbregt, puissant, illustre. Voytz Wacht Gl. Germ, aux mots bolen et gesus. Cet ouvrage , que j'aurai souyent occasion de titer , a pour titre Glossaruun Germanicum contLr.cn s origines ct aniiquitates totius Lingua Genua- mcce et omnium peenb Vocabulorum VigenUunh ac des Uo rum. Anct. J. G. Wachter. Lipske ir'-r. Fob Cet auteur ing-'nieux , nourri de la lecture de tous \es monumens des Ungues anciennes septen- tnonaies , ct ay ant uue ronnoissance pen commune des dialectes modcrnes de cstfe w.e-.v.e langue , a reclierc!;e avec une sagao.te etonnanle I'origine des mots. Son ouvrage doit fcrvir de guide a ceux qui veulent ctudier Pancienne langue Teuloni que. Je n'ai vu ce livre qu'a la bibliotheque de Bourgogne t Bruxelles , et dans deux bibliolheques pubKques a l-ans, cel!e de Sainte-Gencvie-ve et la bibliotheque nationaie. Je ne i'ai jamais vu dans aucun cata- logue de vente de livres ; je ne trouve pas meme le com de Pauteur clans aucun ttictionnuire biogra- 1 86 His to ire. phique. J'apprends que re livre n'existe plus a la bibliothcque publique a Brnxelles. Leyde n'est point la Lugdunum du temps des Romains; sa situation le prouve : car toutes les villes dont le nom se termine en dun, dutium > ciinsi que celle dont le nom commence ou se termine en berg , Bergfiem ^ Bergame en Italie , sont loutes situees sur des hauteurs. Je crois qu'il seroit impos- sible d'alleguer un exemple du contraire. Warmfer , voulant prouver que dun dans les noms de villes ne signifie pas tonjours coiline ou hauteur _, cite Leyde et Londres pour exemple. (Glos. Germ, aumotrf/m);- rcais c'est par une raison inverse que nous faisons voir que Leyde n'est pas Lugdunum. Quant a Londres , les noms de CornJiiUj TovverhiU de- Sjgneilt des hauteurs; et Tovverklll , centre la riviere pres de la Tour ( ou probablement ont ete les commencemens de Londres) est une veritable col iue. D'ailleurs, Leijde pouvoit-elleetre nominee caput Gemianiarutn ( Itin. Anton. Wast. Dasc. de la G. B, pag. 154) I'extremite des Provinces Ger- maniques en dec_a "du Rhin , tandis qu'il exisfc : t plus loin une forteresse Romaine , a l'embouchure me me de ce fleuve, V Arx-hritannlca ? Nom nou-* veau d'une those ancienne, dit Junius. Ce chateau ne pourroit-il pas elre le Lugdunum? M. Van- Loon ( Aloude Hist J. Bed. pag. 172) dit que cet ancien Lugdunum etoit place sur les bords de 1'ocean dans les dunes, et qu'il est enseveli sous les vagues, G*est la situation de Brittembaurg. Leyck Villcs de la Gaule Belgiqae. 187 est encore pomme.Mfl au onzieme sieele ; dans un diplome de Thierry V, Gomte de Hollande, on donne enlre autres biens a l'Abbaye d'Egmont , in Villa Leyden mansum ct sextum partem* uncs. ( Mir. op. dipl. t. 1 . p. 71 ). On sait ce qu'oa doit entendre par le mot villa au roqyen age. Oa n'a trouve, a Leyde , ni fondemens de murailles, ni vases, ni medailles, ni aucun reste d'antiquites romaines. L'edifice qu'on appelle den burgt porte tomes les marques d'un batiment du moven-ag \ II doit son existence au besoin qn'on avoit , so,;s les premiers comtes de Hollande , el'assurer les envi- rons du Rhin conlre les irruptions des peuplesvoi- sins, qui assieg^rent sou vent ce chateau. ( Desroohes, Kist. anc. desPays^Bas, edit. 4 , p. 147 ). Get au- teur ajoute que les plus anciens monumens qui fassent mention de Leyde et de son chateau l'ap- pellent Lett hem ou Leithen , ce qui signifie ha~ bi'.ation siir la Lee ou Leede ■, petite riviere qui arrose cette ville (ibid). J'ai neglige, lorsque j'etois a Leyde, d'examiner si cette ville est sur la rive droite ou gauche du vieux Rhin, ce qui pourroit encore eclaircir celte question, toutes les forteresses romaines dtant constamment baties en-deca de ce fleuve. Lens. Le VlciLS Helena > celebre par la defaite de Clodion , qui y fut batla par Aetius ( Sidon. Apoll. in Major. Carm. 5), est tros-probablement Lens j, comme le nom semble I'indiquer. La meme raison que Pabbe Gesquiere 3 membrc de rA'.adcmie J 8S llistolic. de Bruxelles . rapporte ( Act. SS. Belg. t. 2, p. 6 ) pour prouver qua Lens 11'est point Helena, de- vroit prouver que ce n'est pas non plus Hedia sur la Cant he, riviere peu considerable. D'ailleurs , Hedin est dans le terriloire des Morins, et Sidoine Apollinaire insiuue qn'Hele/ia est dans le pays des Atrcbates. Balderic , chantre de lVglise de Te- rouane, le norame Lence Castrunt. ( Chron. Ca- merae. L. 2, G. 22). On y fonda une eglise col!6- jziale au commencement du onzieme siecle. ( Hist. Franc, t. 7, p. 704). Je ne trouve pas que ce fut une ville avant le doiuieme siecle. VLcus Helena et Lenense Castrum 3 Helena _, Zenaj sont la meme chose. ~Elln 3 selon Camden ,, sipjiifie coude en langue cellique , d'ou la riviere d'Orne, en Normandie, est appel^e Olena dans Ptolom^e , parce qu'el'e est courbe et tortueuse. De-la aus'si le nom d'Elno 3 riviere oil fut batie j 1'abbaye de Saint-Amand, qui s'appeloit aussi Elno autrefois; et Elne f ville de France dans le Rou- sillon, comme la ville d'Ancone , du grec ay»a* a neon , coude. Or, nos mots hellen 3 incliner , pencher, et lenen 3 s'appuyer , ne signifient autre chose que coarber ou se courber. J'ecris lenen > comme nous prononcons a Ypres et dans la Flandre pccideiitdle , conforrnement au saxou , d'ou nous avons ce mot. fllit-cde on ilicps hcelanies barm. V.y k-ende op des hcilands barm (boesem ). Evavv. Saxtrt, Joan. iZ. 10, Vilies de la Gaide-Belgique. 189 Je prouverai , dans un autre endroit , que dans cette partie de la Flandre 011 furent transplanted autrefois un grand nombre de families saxonncs , on a conserve non-seuiement beaucoup de mots saxon-, mais meme Paccent et la prononcialion de ces peuples. Uenula campana. est nominee en grec HeLeiuon( Lex. Scap. p. 481), pares que la fleur de cette plante s'incline du cote da soleii. « Je sais » que la senle ressemblance des noras n'est pas uu » signe evident d'identilc 5 que meme cette ressem- » blance ne prouve rieu , si la difference des lieux » se manifesle d'ailleurs , soit par le temoignage des » anciens , ou les circonstances des eyenemens £ » mais si rien de cela n'y est contraire , et meme » que tout s'accorde avec Paiiinite des noras , je » ne vois pas pourquoi on ne puisse pas inferer » i'identite du lieu de la similitude des appellations. » (Note de i'abbe Gesuuiere, Act. SS. Belg. t. 2, p. 418. ) Je suis porte' a croire quelle dans notre mot, elleboog signifie aussi coude _, et que elleboog est un plc'onasme , facon de s'exprimer tres-commune dans notre langue. C'est ainsi qn'on dit vnj en vrank, JratiCj, libre. Stout en boat; en anglais, bold ^ liardi ; autrefois, balde y en flamand. Vaer etb vrees hebben ; en anglais , to fear _, craindre. Ho pen tn wensciieii j esperer , qui signified! tous deux la meme chose. Dans un fragment de 1'epitre de S. Paul auxjlomains , de la traduction d'Ulphilas, deter re il y a quelques annees en Augleterre , il y a, ch. io 3 v. 4 : Jco Hlstocn*. Sua fiUb auk Jaara. gamelllh vvarth _, da unsarai. Laisenal gamelllh vvarth * el their h thutal/i ja gatkraf stein boko wen habema soo vele ook (le) vooren gemaien (geschrevtn) was, tot onsere lessene ( leeiinge) gemaien (geschreven) was ; {op) dat (ihy) door dul- den ( geduld) en getroosilnge (troost) ( der} bocken vvensch (hope) hebben. Quantum cumque enirn ante scriptum eratj ad nostram In strucUonem scriptum erat , at per pat lent lam ct. consolatl nem scrlpturarum spem habeamus. On a vu , a Tart. Arras , combien Pidiome du neuvieme siecle dloit pea diiierent du flimand ao luel. II paroit , par ce passage (on pcurroit en rap- porter mille de l'evangile mcesogothique) , que la langue leutonique du quatrieme siecle n'en differoit pas beau coup davanlage. Si le Iivre qu'avoit ecrit Cvide en langue goihicnie , a la louange d'Auguste, scripsl gctlco sermone UbeUum (de Pont. I. 4, EI. i3, v. 19) efoit 'parvenu jusqu'a nous , il nous seroit probablement aussi intelligible que 1'ouvrage d'Uipbilas, ecrit en Maeae, paj's pen eloign^ du lieu de l'cxil d'Qvide. Au neuvi>me sieclfi on cilebroit encore les offices divins en langue golbique a Torm*. ( Walafrid. S; abo de divin. off. cap. 7.) Celts ancienne langue, se parle encore dans quelques en- droits de la Crimee d'une maniere intelligible pour les Flamands et les Allemancls. ( Enist. Busbeq. VlUes de la Gaule-Belglque. 191 p. 321 , H\\. Elz. 5 Journal encycl. d^c. i 77 3, p. 349 ; Forster, Hist, des decouvertes dausle Word, 1788, p. 271, 3 9 8.) Leuze etoit originairement un monastere bali par S. Amand , qui lui donna le 110m de Luthosa. ( Balderlc. Cron. Camer. p. 2 63. ) Inter monas- teria ab ipso Amanda cedrficata sunt Utud cul ipse S. Vlr Lulosa nonun imposuit; seu Rot- nace ( dans d'autres anciens Merits Rotnasce m Rotenaken > 011 Rotenassche s eau rouge , an jour* d'hui Renaix) quod prcefato pcend est contl- guum. ( Act. SS. Belg. !. 4 , p. 2.1Z. Ex vet M. SS. ) Cet endroit se nomraoit ancieimement Lothusa ( Act. SS. Beige t. 3, p. 162 ) , et Chlud- husa (ib. i63) et Latham. (Mir op. dip. t. 3, p. 8.) Clara domus . maisoii claire, illastre. Lot j tut, c/ilod; cludj chlud , hlot , hlud , Hut taut j signifie claif, ti lustre. Ta-ilot on a mis ime Jettre guttmale, tantot on l'a relranchee. Les Grecs disent Idtjtos , klutos dans le meme sens; e'est de la que vient le mot Lnclijtus. ( Wacht Glos. Serna. Laut.\De cet ancien mot et de celui de r, L g, courageux, vaillant, bclliqueux, guerrier ( Wacht. ib. wig), vient le nom de Clovis, qu'on trouve ecrit de vingt manieres diflV-renles. Ce qui prouve, corame je lacherai de le.faire voir aiileurs, que Jes Francs, ainsi que les anciens Germains, ne savoient ni lire ni ecrire, au moins dans leur lanrjue. Oa liouve aodwig; Ludvvlg, Klotovech s Ohio* *9 2 Pustoire. doveus, IlLidrvigj HuldovtCj Lodvvlkj Laduefj et dansCassiodore (Variar. 1. 3, £pis. ^)^Luduin. I)e Clod ^ lot viennent aussi les noms cie Clodioix, Clotliaire j LoLhaire j etc. De ce mot et de mar, tnerj grand (V. l'art. Mctiin) , soat composes les noms de Clodomir , illuslre - grand ; Clodoald , ( S.Cloud), illustre-puissant. Walt, pris substan- tivement , signifie puissance ; adjectivement , puis- sant. De Clotikle, iliustre-fidelle , on affVctionnee. ILilde , en anglo-saxon ; huldij < n franc. theotisque $ JidelltSj ajjectiorij eXfidetlej ajfectlomie. Luduin, Ludwin ; illuslre-aimable , bien-aime\ Wine , en ang'o-saxou ; vvino _, en vieux franc ; veti j en, danoisj vvoeiij en suedois. Kin , vuxur, en islan- dais. J'ai cru pouvoir ajouter ioi une remarque qu'au- cun auteur, que je sache, n'a faite avant moi. C'est quetous ces noms propresdes anciens G-ermains sent devx adjeotifs. P. E. Balderic signifie hardi- puissaut, dii mot bald , hardi ( Orfrid L. I , c. I , V. I2i. Sclierz Gl. Germ. med. opv. ) et de ric , mot qui est reste flans toiifes les langues de ['Europe , qui a d'abord signifie puissant , ensnite rochej ( Waelit Gl. Germ, reuck ) Baldnlin ( Bauduin ) Tjarcli-aimable. Efhelbthld , Adelbold , noble- bard: ; EthcLbet-L j noble - ii^tsi re ; Atkaluric , Ellielric j noble-puissant \ Cunibert } Coenbregt j vaillaut - Lllustro. Chun _, chuanij ami ( OtfVid. c. i , v. ri7 ) , Be!g. coen 3 coene , vaillant ( Mel. Stoke. Rjta. Chron. 1. i , v. 140), ^ou ce sont des adjectifs Villes de la Gaule-Belgique. icfi adjectifs avec une particule intensive. Albert ^ tout- iilustre ; f 'albert , pleinement illustre ; Jul , plein; JiUberi , beaucoup illustre; filu > beaucoup. (Otf. J. I, c. 17, v. 3l ). Gerbert , tres-illustre ; gar en allemand. Gilibert , gilbert _, entierement il- lustre ; geel , gekeel en flamand. Alb old } Ful* bald ^ Belg. volbout , Filobald > gesbald , etc. Je suis etonne que Junius et "Wachter, les deuX savans ,les plus verses dans la langue teutonique j n'ayent pas fait cette observation. Le premier ^ dans ses notes sur la paraphrase de Willeram , page i52 , interprete par-tout le mot rad par con- sell ; chunrat 9 hardi eonseil ; linbrat ^ cher eon- seil; guodrad j bon eonseil. Wachter observe tres- bien qu'un horame ne s'appelle pas un eonseil , et rend ce mot par conseiller. (Ol. Germ. Ethelred ); mais lui-meme n'a pas fait attention que cette in- terpretation, dans certains noms , n'est pas admis- sible. Ckunrad _, Ee'g. Coenraed y Conrad signifieroit , d'apres cette supposition , valllant conseiller. M.iis on cliroit bien un vailiaut guer- rier ; la valeur, la bravoure conviennent dans la guerre ; mais c'estla prudence, la sagesse , la jus- tice qui doivent regner dans les conseils. Nos an- cetres avoient trop de bon sens pour ailicr des choses aussi disparates. Rat _, radj red, signinent ici promptus 9 celer _, alacer j eiiangld-saxon reed* Ready en anglais, ge-recd en flamand, sigrtifient pret. Conrad veut dire vaillant-habi!e , prompt, pret au combat. Bald/rid est traduit , par Ju- nius , audax pace j hardi en pais , ce qui est Tome VI. JX Uistolre. encore incoherent ; la hardier eonvient dans hi gl ,erre et non dans la pai*. f^>/^'J ££ Lbe/riedeL aimer, cherir , d'ou en flamand, vrycn , autrefois vnjden qm «gn - "oitanciennemen. aimer, .ujourd'hu. fane 1'amou , confer; vryder , vnjer , Vaster an,an., aman.e; en snedois/«/«, ctre amourcux ,jyar galant; en anglo-aaaon, /«ofA , amor dUecUo. (Lvc. Diet. Sax.). **«** - ^» ih * r« W* selonle genie de la langue teutoni.,ue , on auro.t da dire RUfred . mais il signifie aime , cher. et puissant. . ' i Nous n'avons point de termes qui pms,ent ex primer la force , la beaut, nude 1'energ.e d un Land nombre de ces mots compos.* Nous ne pou- vons pas meme en rendre le sens par paraphrases. Liege. lovsque S. Monnlphe passa a Liege en faisant la visite pastorale, cetendroiteto,, s,peu considerable que le S. Eveque en ig norm. p.s , au ,,om ( auct vitse Monulph. ap. Chapear. t. r ,p. 5 9 J- &£ft , dit nn bistorien, nne fermeou vdlagopeu considerable = VMa par,, ^'"^ ,- 'Mum dicta. ( Ap. Chapear. p. 336 . L- ge oat Lev-able a S.Hubert de la fo„da,on de son eg.se, t de ce qu'eUe dovint nn • ville. ( lb. 3 9 o. Toulon Hif. de iieg. ♦. I , pi ** )■ Elle fu. bvulee par 1 Nomands en 883,da- le temps qu'ils e.oien. campe JS2L i Cbron. Sigeb. ad an. 883 ). Charlemagne V Llles de la Gaule-Belgique. icp y avoit etabli une eVole , ainsi qu'a Utrecht, a Saint-Omer , etc. ( Desroch. Ep. Hist. Belg. t. i , p. i5i. ) Cette ecole , pendant la periode que nous parcourons, passoil , scion un auteur moderne, pour une des plus celebres d* Alternate. ( Schmidt, Hist, d s A I'm. tr id. Franc, t. I , pag. 2o3). On peut voir dans le meme auteur comhien on se c!o:moit des peines pou> avoir des maitres habiles. ( lb. p 2o3). Les Etudes tottoberent dans ces ecoles en raeme-temps que la vie commune des chanoines. II faut qu'elles fussent totalement aneanlies dans la suite en cette ville , puisque Pctrarque , quelques siecles apres passant a Liege , eut toutes les peines du monde d'y trouver de Pencre pour copier deux oraisons de Ciceron qu'il y avoit deterrees. ( Mhh. sur Petrarq. 4 . Amst. 1767. Ep. au Card. Colonna ). Liege 3 Belg. Luik , en allenmnd Lu/ic/i. II y avoit, pres du Distrlctum Aquense > qui estAix- la-Chapelle , un domaine royal, nomme' dans le royaume de Lothaire , DistrCct-uni TecUs ( ap. du Chesne, t. 7, p. 109), et dans les chartes Tecta. (Wast, descript. de la Gaul. Belg. p. 199). C'est visiblement Liege qui aura ete n Lu,- dik ; et a present , par contraction , Luik. ■ N 2 6 Ihstoire. La est mi des noms primilifs de l'eau , comme il est manifest^ par le mot lucre, qui sigmfioit anciennement laver ; par les mots abluere , rff <* e r C , /,otf«e«, p/trfa^, pluere , dduvtum , Uluvies , fluere, fluvius , et le mot a lemand nut le flamand »toet , paroissent aver la metne ^c'ine. - Lorsque. je cite des mots latins poor pvo„v,r que la siguifie eaa , ce n'est pas que ,e veuille faire entendre que des peuples, German* d'origiue, tels qu'etoient les Eburons , ayent em- prunmcemo., ainsi que celui de tec : ou dec de la langue latine, puisqu'il est vra.semblable que ce sontdes termes d'une langue ( peut-etre pr.m.hve ) beaucoup pins ancienne que la grecque la latme , la celtique et la teutonique. Le mot rfeAto s.gmfie encore aujourd'hui couvrir, et dek , tak, dak, (en anglo-saxon thcec , thac) couverture , toit, abri. Ainsi lutek, vaterdek aura sign. fie matson,, habitation situee pres de l'eau On prend le taU poor la maison , la partie pour le tout comme on prend le.tont pour la partie dans le mot .salte* q „i siguifioit autrefois une maisen , et «u,ourd h«i un endroit particulier d'une ma.son. Le P. Wastelain ( Descript. de la Gaul. Jielg. r, Iq o) et M. Desrocbes ( Epit. Hist. Belg. t. I , p. L84) vtuleni que Tectis o» Tecta soiHe bourg daTetu, suv la route de Spa.. Mai, le P*W»»*T rocbes, dans un memoiro couronn par 'academ.e cleB.-uxeUes,i 77 o, sur la question: Quels avotent Mumme slides , des d^reas cantons des Villes de la Gaule-Belgique. 197 Vays-Bas? page 25, avoit prouve que Vislric- tum Tectis ne pouvoit pas etre Teux, puisqu'il avoit demonlie que le Vagus Arduennce s'£tendoit jusqu'a la Weze , et que , par consequent , Teux y 6loit compris. Or, Tectis etoit dans ie Vagus Luvia ou Lugla , comme il conste par le passage suivant d'un diploma de Charles-le-Simple : Ut partibus S. Dei Genctricis Almique Rlarttjris Lambertl traderemus forestem quae pertinuerat ad Testis Villain quamque constat in p- n .go Lu- vierw sUam. (Dip), an. 915. ap. Mir. in Not. Eo cles. Belg. C. 49.) Done Tectis ne peutetre Teux , qui etoit dans le Vagus -Arduc ana. G'est a quoi ce savant hornme n'a pas fait attention. Le districtum Lectis ( Tecta > ^Lutec) etoit, selon le P. Wastelain, au miiieu du Pagus Lugia, ( Desc. de la G. Belg. p. 199.) G'est de la proba-' blement que vient le noni de Liege. C'est ainsi qu'Advaluca a ete appelee Tongres ; Samaro- brbva , Amiens; Duroc'or'orum _, Reims, parce que e'etoient les villes principales des pays de ces peuples tie la Tongrie , de 1'Amienois , du terri- toire des Remois. C'est ainsi que Lutece a pris le nom du peuple (Parisii) dont elle etoit la capitate. Ce noni ( Luteiia') ne' pourioit-il pas signitier la menae chose que Lutec ? Lierre. Belg. Jjier. L-'ancien nom. de cette ville etoit Ledo. ( Wast. Desc. tie la G. B. p. 217. Gram, Mech. p. 4. ) Elle est appelee Ledi dans -le par- tage du rojauijie de Lothaire , an. 870. (Ap. du N 3 ' •/' TlLstolrc. Chcsn. t. 7, p. 109.) DedOj Lodi 3 lignifie terre vague, iiuuitc. Led, solum sirciUe ,#gcr Iru ultus. (Wjclit. <>\o 8. Germ, aux mols Led vA land.) On sous-r.n'cncl lerrc _, Led , (<'o.h<.m:/\ a pud HcsiingaUa. (hurl. Vial. . ri.i.1. Col* Thus toinni !«.;i. : ■ :i 1 j 1 quod, e+t super sta- grium; (ilid.) en llamand , Lacr } iene innilU'. (Did. de d'Arsy 4 i(>~ ! l.acr.) Ccj mot I rlc notre ar/ (ten 3 au pnl'i,! Iuoj-j Ini :er, abaiuionm r, p'niie , doni il nje nous puis que vcrloorcn; eu fruglQ -.'ion , Icora/i _, forleotan; au preterit, /cur ( LjG$ Dirt, sax.) On cl'suil auln i'oio en fiancai.s lamer , pour Lai Dans mi livre imprimo a Ypi<\s au mil. on du -i".lo ji.iisi'-, je uroute re passage ; <• Qu*n4 tux « tr.-m- » ger$ qui soul pelei ins parmi \ u ■ , on leuM mi a» ill si 1 o ! vi; . ci \ il ni 1 5 ( 1 j p r (iioit dc tvu i » lion., v,ous ii ■ • • enfang, pourien jono' » a jamais. » ( Levil. 2 i.) On flit encore aujon rcl'lini <'uns la Fiandre vallomuj, lanrcr pour Laos. ai , it Luna \ nous Canyons s serais laisscra y liii^si.i vi, s. La i.rrer vimi cftt I'.iucien yerbe Laercn , comme Lmsicr vient du V'dles de la Gaule-Bclgique. 199 reibe allemand Listen. ~- On disoit anciennement laer . /,"/-, Iter et toor. On voit des WStigW des cl'iix (Is /I icrliereti , perdre ; et ie tiamanl, ver-loorcn , perdu. Leer se trouve en Bngto-saaODD ( /car), laer {iar) dans les noms de vllles et villages. Les difterens dialects de la laogiie leutoi i [Ufi offrent une. grantle vaii.te quant aux * ,i.e,i,,o 3 dans le meme mot. On a dit ham j hem j heini et horn, pour nial Os ,, en aujilo-saxon , &'e©rit ban ; en Qamand , 6cc/i ; en alleman I , hem ; en anglais, /10/2C. Lsprif _, en anglo-stxon , gast; en flan and , gees/ y en alle- jnaul , g?^ ; en an^L.is , ,'. ' --.'. Pierre, stajh^ stern , stem t stone. On troiive haerenc j heme , tie jhoorne.Coiu,}' . Vojp. Part. Schot. be 1 t allemand /ar_, signiti ! vide; larbach _, aa vide. II signiiie au>si , scion \\ ac'iter , la memo chose que loos. Loose blocme 3 B-dg. sterile ; Loose mtr. . • a \ * &%t 1 1 y avoit autrefois lent de terres 1 - q«« ^z. (Ahm . ,\ot. ini.i.l. pari. 1 , p. 9 \. Desroches, 2oo Hlstoire. Hist, des Pays-Bas, p. 154.) II y a Lier, en Hollande ; Lier , dans la province de Namur ; Lier , en Artois; Lieroort _, en Frise ; Lierkove , etc., comme nous disons Icier et vvaestcn 3 pour Laerlandj waestenland j les Francais disent desert., pour &e^ desert _, terre deserte* BIO GRAPHIE. 1^/e tf. K!op>to k , R.mler, Kleist , Gleim, Utz , Lessing et Wiela:;d paruivnt presque a-la-fois dans peu d*annee«. La reputation de ces hommes illustres et rimpulsion donnee aux esprit? firent dclore les talens de Gessner : il les exerra d'abord sur different sujets : et le premier qui merite d'etre remarqu6 est Dap/inis _, espece d'epopfte pastorale, dont la traduction de Longus, par Ainyot, donna l'idee a notre auteur. Cet ouvrage eut le plus grand succes ; mais Gessner preferoit le Premier Navigateur , qui essuva pour- tant quelques critiques, auxquelles M. Hottim-.uer respond tres-bien. II eutre ensuite dans des details circonstancies sur l'accueil que les ecrits de p-jessnef oblinrent en Fiance. Pent-etre donue-i-il trop de poids au suffrage de certains litterateurs ; d'ailleurs, oAui du public n'y fut point doutsux en faveur de cet ecrivain , qui ne recut pas de sa pair e la .ttieine justice. « Apres la France 5 dit M. Hatlinguer, £o2 \ Biographic. » c'est en Angleterre et en Italie que ses ouvrnge.9 » out ete n'imprimes le plus souvenl. Quoique tout » ouvrage traduit en f'rancais soit a la portee de » qufconque a recu en Europe une Education un » peu soignee, il existe a peine, dans cette partie » du monde , une nation meme a demi-policee qui » ne pnisse lire Gessner dans sa propre langue ». Les critiques allemands n'ont point epargne \amort d^Abel , que nous regardons , en France , com me le chef-d'oeuvre de Gessner. G'est avec beaucoup de dis- cernement et de gout que M. Holtinguer le d fend ; il fait de bonne's remarqnessur les nuances du caractere de Cain. « Sondesespoir, immediatement apres son » crime ,orTre-t-il la memo situation que l'ame de ce » malht'ureux , livree a tous lessentimens du repen- » tir , de la pi'ie, de TadmiiVition qui I'oppressent et » )e d(\ 'threat , lorsque , cache dans le bosquet voisin, » il enlend i'epouse de son frere massacre pleurer sur » satombe, et prier elle-meme pour le meurtrier » ? Rien en effet n'est plus beau que cet endroit , ainsi que la scene patbetiqne de cette f'amille, eonsentant a suivre Cam dans sa vie errante. Mais le plan de cette I'-ponee est-il sans defaut, comme i'avance M. Hot- tingUer? Ilseroit diiiicile d'en convenir,encore moins c! ■ ] 3 comparer a celui de Virgile et de Klopstock. Gessner doit encore une partie de sa reputation a s. s s idvlles , dont I'auteur de sa vie fait le paraliele 6Vec celles de Theocrite. « Cet ecrivain , dit-il , sut » se creer un monde pastoral ; son imagination le peu- » pla des plus heureux et des plus aimables habitans » de Page d'or 3 ce sont des etres qu'enfanta le genie j Vie de Salomon Gcssner. 2o3 » et danslesquels s'estpeinte son ame noble et douce... s Lespasteurs de Tlicocrite soiit plus passionnes, et xl leurs affections plus sensuelles.Leur innocence est la » simplicite des enfans de la nature, de cettepre- » miere jeunesse de l'humanil^, que les progres de la » civilisation n'ont encore ni trop (klairee, ni trop » corrompus. Malins sans mechancete , ruses sans » astuce, ils nous interessent toujours , et ne cessent » pas encore de nous attacher lors raerae qu'ils bles- » sent les opinions et le gout de notre siecle de lu- » mieres. Les bergers de Gessner font d'une espece » superieurea la notre; ils ont l'antique simplicite de » l'enfance du mor.de, et n'enont pas moins ces sen- y> tiraens delicats qui semblent n'appartenir qu'aux » homines les plus civilises. La noblesse de leurcceur » lient a leurorigine ; elle n'esl point acquise ; la de- » licatesse de !eui s sentimens est leur insfinrt natu- » rel , et la rectitude de leurs penchans est toujours, » avec l'uneet l'autre, dans l'accord le plus par- » iait , etc. » M. Hottinguer apprecie mieux Gessner que Theocrite; il observe encore, avec raison, que les bergers du premier ont a-peu-pres le meine carac- tere, et qu'il est plus foibleraent marque que celui des bergers du poefe gr.'c. Mais apres cet aveu il s'ecrie, en parlant des idylles de son compatriote : « Que de changemens de scenes ! quelle variete de » situations ! par combien < 7 e nuances de vertu , » d'amonr, de pitie" , de tendresse n'a-t-il pas su dis- » tinguer, embellir le sujet de ses tableaux! avec » quelle grace naive ne fait-il pas balbutier a l'enfance » le meme sentiment que le jeune homme exprime 204 Bio graphic » avec plus de transport , le vieillard avec un ravisse- » ment plus calrae et plus doux ! quel inepuisable » fonds d'im.iges, de points-de-vue varies, d'expfes-'' » sions simples et touchantes ! Si le meme'sentiment » reparoit, c'est toujours avec une empreinte nou- 3» velle ». M. Hottinguer finit ce long parallele,qui avoit deja paru dans le cinquleme volume des Mimoires de la socicte de Manheira , en ces termes : Theoc rite et » Gessner sonf , l'un et 1'autre , grands , uniques dans » leur genre ; lequei des deux remportera le prix ? Si » c'est Pan qui doit decider, Th^ocrite obtiendra la » c otironne de lierre 5 si c'est Ap jllon , il couronnera » Gessner d'une guirlande de roses encore hmnides 39 des plcurs de l'aurore ». Ii fa!!oit aussi patier de la difference des pajcs, lanielle a beaucoup influe sur le genie de ces deux a.- tours. Quoique Zurich, la patrie de Gessner, et ses environs offrent des sites charmans et tres-rornantiques , peut-on ncanmoins les comparer avec ceux de Syracuse , qui donna naissance a Tlieo- crite, et de tout le reste de la Sicile, ile favorisee cTun beau climat, avantage dont l'ecrivain Suisse est prive ? D'ailleurs, cornbien n'est pas iuferieure la langue allemande a celle des Grecs , essentiellement pittoiesque et sentimentale. Disons pourtant que Gessner a devin£, en quelque sorte, sa propre langue, qui , ajant fail depuis lui de grands progres , n'en est pas moins pure dans ses Merits, Un autre talent distinguoit Pillustre 6crivain, e'etoit celui de la peinture. II est l'objet de quclques vers vie M. Hottinguer,que le traducteur francais rend ea Vlede Salomon Gessner. 20B ces termes : « Lorsqu'un jour la muse du chant et » celie du dessinsedispulerent lesfaveursde Ges ner, » pour terminer leur diHereud, Apoilon ordouna que » ses poemes fussent des tableaux 3 el .-es tableaux des 5) poemes ». La vie privee de Gessner n'oflre aucun eVnement remarquable ; elle fut aussi heureuse que tranquille. On s'en appercoit aisement dans ses eciits, ou il ex- prime si bien lebonheur dont 1'Lomme de la nature jouit. II avoit une fVmme suivant son cceur , qui ne cessa jamais de mefiler toute sa tendresse. M. Hot- tinguer rapporte quelques leifresde cette aimable et vertueuse femme a son epoux , et les reponses de ce- lui-ci. Les premieres l'emportent beaucoup par cette Eloquence sentimentale et energique qu'inspire le ve- ritable amour conjugal. Gessner eut d'elle trdis en- fans , avec lesquels il passa les plus doux momens de sa vie. II avoit une rare bonte, une liumeur fort egale, beaucoup de gaiete ; il s'interessoit vivement au bon- heur desantres , et se faisoit 1111 grand plaisir de guider et de favoriser les talens naissans. Un accident d'apo- plexie termina la carriere de ce vertueux ecrivain, !c 2. mars 1787, age de cinquante-sept ans moius un mois, etant ne a Zurich le premier avril 1730. Ses jours s'etoient ecoules comme un ruisseau paisible a li avers un vallon 6maille de fleurs , suivant M. ITot- tinguer , dont l'ouvrage merite d'etre lu par tons ceux qui ainient Gessner et ses ecrits immortels. S. C. 206 V O Y A G l E S. Voyage en Hollands et surles frontidres occi- dental es de PAlLemagne 3 J'ait en 1794 jSuivi d'un Voyage sur lesjrontieres de Lancastre 3 de Westmorland et de Cumberland 3 etc., traduLt de I' anglais sur la seconde edition par jd. Castvvelj traducteur de Gibbon _, in-8°.j deux volumes. A Paris, chez Buisson , rue Haute- Feuille , n°. 20. V^ E voyage n'etant precede d'aucune preface , d'aucune introduction , on ne peut rien d re ni des voyageurs , ni du but de leur voyage ; mais on trouve dans le cours de leur uarration des descriptions concises , exacles , interessantes. Les voyageurs arrivent par mer a Helvoetsluys , vil.'e situee sur un des passages qui conduisent les eaux de l'Ocean a tracers les parties meridionales de la province de Hollande. A la seconde page on trouve une note utile a ceux qui etudient la geo- graphic de ce pays, parce que dans beaucoup de iiotns de villes on a fait entrer les mots suivans , et que le nom rneme alors donne une id£e de la situation de la ville. Dam signifie une bande , un batardeau 5 dike signifie une digue $ sluise, une' Voyage en HoUande. 207 ecluse. On pourroit ajoufer que van signifie de , et mounde , la Louche , unc embouchure. Les lieux decrits clans le premier volume sent : HelvoetsLujs j Rotterdam ^ D elf e _ 9 La llaye , Lcijd.e > Hue rlem ; Amsterdam ; Utrecht, jVi- megue j CI eve 9 Xantcn _, Rheinberg _, Uoogs- trass , JSujjs _, Cologne _, Hoods berg _, la vallee d" Aadernach, 9 Cob lent* _, Montabor , Lum- bourg j Setter 9 Maijence. Nous suivrous les vovageurs dans leurs prome- nades, a la Haje, oil se tienuent , comme on salt , les Etats-generaux. « Nous passames , diseut-ils, une matinee a parcoufir les rues decette title, quicon- tient des edifices magnifiques en plus grand nombre qu'aucune des viiles du nord de I'Europe 11'en ren- ferme dans un espace de meme etendue ; le grand VoorhoLit est les deux series de palais qui se font face. Entre deuv larges chemins decharrois qui passent le long des batimens ii y a plu ieurs avenues de tres-beaux tilleuls plaiitea par ordre de Charles V en i536 , av?c recummandation de les conserver soigneusemanl. Le placard qui indiquoit lapunition que Ton en oureroit en les d.'gradant subsiste en- cure ; mais il seroit tri>-fastidieux d'oiTrir une indi- cation de tous les Edifices superbes que renferme eelfe vue. On doit meitre an rang des plus beaux la residence de l'ambas^adeur d'Ariglelerre , cede du mini,>tre de Rusiie 5 1'edifiee destiu6 a eclypser tous les autres a la Haye par sa magnificence est l'hotel du prince de Nassau- Wejlbourg ? mais cet eddice est zo p > T^otjages. .ommence depuls 18 ans, et il y a 12 ans que led travaux sont suspendus. La delicieuse avenue qui conduit a Schevening, v i 1 1 ge silue sur le bord de ia mer a la distance d'environ deux milles de Ja Have, est un superbe monument d'elegance et de grandeur : elle com- mence au canal qui environne la Haye, et continue jusqu'au viilage sur une ligne si exactement droite , qu'en y entrant on distingue parfaitement leclocher du village a l'autre extremite. La route est plantee de qualre rangee de suberbes ormes, dontlesdeuX lignes interieures forment cette cbarmante perspec- tive ; les deux sutres abritent Tavenue disposje de cliaque cole pour les pietons. Le village , composee de 2 ou 3oo maisons de paysans ou de pecheurs , seroit, par sa proprete" , tin spectacle extraordinaire par-tout ailleurs qu'en Hollande. II n'y a a Londres ni rue , ni place dont les batimens approcbent de cette etonnanfe frauheur : tout y est reluisant de proprete", quoique 1'unique rue aboutisse a Ia mer, et soit habitee par quelques cntaines de pecbeurs. L'auteur fait, en parlant des matelots d* Schevening, une observation sur les HoUaudais, qui doit tenir place ici. « En Hollande 1'liomme de peine est rarement oisif, mais je n'en ai jamais vu iravailler fort et ferme, dans l'acccption que nous donnons a cette expression. Pour la perseverance , le soin et la patience, les Hollandais n'ont point d'egaux ; mais l'adresse , la force et l'aclivite d'un matelot ou d'u'n ouvrier au- glais leur sont absolumentincojunues : vous ne verrez jamais J r o y a gs en Mo lla nrte. 209 jamais un Ifollan !ais enti r> \ ■ llr« ce qirexe- tutem jou-ueliement uos poi te - faix ; voas ne les venez pas noa plus, a la v rite, se livrer comme eux aux re, os durartf une panic- de la join A$ef« Les Holtjnd:,is ne poit°nt jamais (te fnrdeaux. A Ams- terdam , cii Les vi/iiures sont tres - embarrassantes , ce.'a u'empech ■ pus cjue , pour transports un ba- ril'on de vingl pintes,.cn se tert d'un cheval ou d'un traineau. » Le voyagenr clonne une idee rette du passage de Havlein a Amst-: rdam , et a. celte occasion de 1*08* prit du rouveruement : « Le tr.jef.de Harlem , dit- il, a Ainsl rdam, est une des communications us moin> riantes par la vue, mnis une. d s pius sat:.- faisanles par la curiosite. Durant une gcande p.irtie du c'oemin, ie canal passe eatre ie ia-- de Harlem 1 , ou Ilacrt; r.i^r-maer , et nn bras tin i'iui ' :- ' , que i'ou uomme la riviere Y. La Ifflrgtfe de letre qui sepuve ees deux comans est t* etmile, dans ua endroit , que Ton u'a pas pu y cot UiJra nn canal; et ppis de eel eadn it i\ y a mi village ou i'ou uitte render bateau pour en alter p emire un autre a en\irou un quart de mdie,ou le canal recom- mence. La, coinme dams toutes les occ sions sem- blables, il en coule aussi cber pour le transport de deux cu trois valises d'un bateau a l'autre,que pour le reste du vo_yag ' _, et le prix est fixe p r une ordonnance. Les ma^'strats, en b,on specula- teurs, out pense que ceux cjui auroient un gros bagage seroi. nt presque toujours des et rang .rs , et que les gens du pays en obtieiidroitut un a*se2 boa Tojne TL O 2to Voi) ages. benefice ; au lieu que les Hollandais ne font quo ties courses ordinaires, entassent leurs efFets dans uu sac de velours appele risack , el qui doit tou- jours etre transports gratis. « La separation entre ces deux vastes courans se nomine Iial% wzgcn Sluice. lis ont tons deux ronge corrsiderablement leurs bords , et s'ils venoient a se reunir, ils seroient irr-^sistibles. L'endroit le plus etroit est soutenu par des piloti's et de la raa- connerie d'environ quarante piecls d'epaisseur. Place sit r ce point, le spectateur ( allant vers Amsterdam ) voit a sa gaucUe VY qu'on appelle une riviere _, mais qui n'est en efifet qu'un large d£bordement du Zui- der-zee. De l'autre cote est le lac d'Harlem , d'en- viron douze milles de longueur , sur une largeirr d'environ vieuf milles. L'Ecluse est un des postes importans qui peuveut def'endre Amsterdam contre une armee. En 1787, il arreta long-temps le prince de Brunswick, et Amsterdam fut la derniere ville qui se rendit. En parlant de l'interieur de la ville d'Ainsterdam , l'au- teur dit : « Les rues qui bordent les deux princi- palis canaux oat, des deux cotes, de larges ter- rasses , mais elles sont, le plus souvent, encombr^es par des ateliers places sur les bords du canal. Le transport de leurs mat^riaux, planches, bois,etc. , dans leurs maisons voisines, est presque continuel: les ouvriers s'embarrassent fort peu de la liberte* du passage. Tel est generalement le caractere des Hol- landais. On ne les voit pointy dans leurs sock ; tesou dans leurs affaires , perdre un foment de leur Voyage en HoUanck. sir temps pour faire une petite mechancete , salisfaire un petit mouvement d'envie , ou se manager un petit triomphe ; ils ne so;,t point assez futiles pour s'occuper de ces miseres, qui ne laissent pas d'a- breuver la vie d'amertume. Mais on ne les voit pas lion plus se dctourner d'un seiil pas, ou employer une minute de leur temps pour eviter a des incon- nus de l'embarras ou des desagremens. Le HolIan» dais qui traine des fro mages dans son magasin , ou des banes de fer a travers le passage, ne s'arre- tera pas pour laisser passer une fern me ou une personne infirme, a moins qu'elle ne soit accompa- gnee de qufelqu'un en etat de la proteger. Un gar* con de magasin qui roule une tonn?, ou une servanle ©ccupee a asperger l'exterieur des fenetres , laissent aux pas«ans tout le soin de sauver leurs hab t$ ou leurs jambes, et ne daignent pas y faira la moiiiure attention. » Nos voyageursserendirent d'Amsterdam a Utrecht en huit heures par le canal. La veg'talion y est plus vive, plus abondante. « CYtoit le jour de la 3?tnlec6te : les bords du canal efoient garnis de passantes endimanchees, dans des fourgons ou des charrettes. Les dernieres contenoient le plus souvent unelx>nne Hollandaise, couverted'un vaste (hapeau avec un homme coifTe d'une espece de calotte, non moins ridicule par sa petitesse^ que le cbapea . de sa compagne par son excessive grandeur. La dame se rafrafchissoit de temps en temps de qutl ^les Coups d'eventails _, tandis que le monsieur se recreoit avec sa pipe, et lui en vo voit [6riodiquement d J e- O a 2t\ Voyages. pa isses bonfires de fumee. » La description d'Utrecbt, qui se trouve ensuite , est foit interessantr. . Arr ties au-rb'la , dans le duche de Cieves , qui appartient au roi de Prusse, les vovagcurs remar- qutrent une grande difference dans la situation tin peuple. De toutes les masures a portee dc la route, on voyoit accourir lesenfans, pieds nuds, pour de- mander I'aumone aux pas-ians ; ils se precipitcnt presque sous les roues des voiturcs pour saisiv ce qu'on Ieur jette , et de temps en temps les plus forts d<*pcnil!ent les plus foibles de ce qu'ils out atfrape. — La ca. itale de ce due-be console en quelques rues irregulierement balies stir la cime d'une n^ontagne escarp 'e ; tile est environnee d'une murcille, mais sans- foi tifkation qui en merits le noir Le commerce consiste a revendre en detail les mau han- dles tirees de la Ho'lande. Cologne, a la distance d'un ou deux niilles, Cetta ville respond assez bien a l'opinion qu'un vqyageur peut s'eire forme" d'une tbs ca; ita!es de PAlIemagne. Sa vaste enceinte de muraiMes. dune belle hauteur paroit de Join remplie de maisons prcssees les unes. contre les autres. Toute son etendue est pnrsemee de clocbers et de tours, et sa massive caihedrale a une apparence imposante 5 mais l'interieur ne v&- pond en nen a cet aspect. La grande place forme un parallelograme assez vaste et Lorde de lilieulsj mais toutes les maisons qui I'eniourtnt sont n\is6- rabies. A chaque angle de cede place il y a une rue, mais elles sont toutes ^troites, tortueuses, sales, infectees de la puanteur cks ruisseaux , obscurcies 'Voyage en Hollande. ai3 par la hauteur et la proximite des batimens,et par la salete des maisons et des muraiiles ^l'ayant pour Edifices publics que des £gli>>es, pas une seule ha- bitation particuliere qui annonce cle la proprete' ; peu ou point de commerce, et pas une ame dans les rues qui ait I'air de l'actmte et de la gaiete. C'est pourtant une vilie wiper iale , et la jurisdiction de l'eveque y est tres-borne"e. Le gouvernement affecte d'y imiter les formes de I'ancienne republique ro- maine. La reception des voyageurs, dans un couvent de capucins, presde Bonn, est gaie et intere>sante. La description de la vallee d'Andernach a ce der- nier nitrite. . . . Nous croyons qu'il est bon d'offrir a nos lecteurs la remarque de nos vojrageurs sur les postilions d'AUemagne. « lis s'entendent, disent-ils, avecltsaubergistesqui lespayent,etquel quesoit i'au- berge que vous leur indiquiez, : Is ne vous en con- duisent pas moins a celle ou ils sont recompenses, et le lendemain ce que le postilion a recti entre ccrtainement dans voire memoiie. Mais ce n'est pas la le grand inconvenient , e'est que les p!us mauvaises aubsrges sont !es plus liberties pour les postilions, et que ceux-ci vous y conduisent s'ifs apparcoivent que vous ne connoissez p as l'aubcrge que vous leur indiquez; mais , au reste, les meil- leures auberges de l'AUemagne son! medio r*s. Coblentz (dont le nom s'est forme du latin Con- Jluentla , en f ran pais Con tin nt , Gonflaris , ) est au confluent de la Moselle et clu Rhin , on se trouve une vaste bave entre les murs de la ville et le pre- cipice pyramidal , au-dessus du ;ucl le f ji l d'Ehren- . O 3 -r 4 Poyciges. bi\istein est situe, oh dontona, pour mieux dire, forme" ccttc forteresse. II n'y a , eutre cette mon- tagne et le fleuve qu'un passage tres-etroit. Co- Menfz forme un triangle entre les deux rivieres , et n'a qu'un seul cote d^couvert ; elle est remplie de clochers, da chipitres, de monasteres ; les rues ne sont pas toutes etroites , mais il y en a peu de droites ; il y a un vaste quai qui sert de promenade a ceux qui visiteut cette ville £troite et sombre. La forteresse n'est redoutabta que par sa-hauteur et les eiages de batteries qui commaudent la riviere. On y arrive par un chemin roide et elroit. Pendant que nos vovageurs etoient a Coblentz, il s'y trouvoit un nombre considerable ^emigres y 1'electeur tenoit vine cour en faveur de la noblesse Iran raise , et lui continuoit , par consideration , le spectacle d'une partie du c remonial dont elle avoit Phabitude. Les Francais obtenoient facilemeut de Pargent sur des proprietes , ou meme cles emplois en Franre; en general, lis en trouvoient tous sans peine. On y formoit soisante a soixante-dix esca- drons de cavalerie , composes principalement de ceux qui avoient occupe" un rang dans le militaire. Ghaque cavalier se montoit et s'equipoit a ses frais. « Nous entendimes souvent des membres de cette » petite armee parler avec confiance de leur pro- » chaine arrivee a Paris ». Cassel est un petit village sur la drpite du Rhin , exactement en face de Mayence , qui y commu- nique par un pont de bateau. II n'etoit pas foitifie" lorsque les Francais s'en empater«at j mais _, en Voyage eti Hollande. 2 1 5 ryant reconnu l'importance , ils se haterent d'en faire un fort rtfgulier. En moms de deux mols il fut complcttement environn6 d'ouvrages interieurs et exlirieurs en terre, d'un foss6 et d'une palissade. Les fortilications de Cassel rendent, de ce cote, l'ap- proclie de May. nee fort ennuyeuse; eiles sout cons- truites de mauiece que la route les suit dans tous les angles, afin de commander a-la-fois un plus grand nombre de points. Ici un pout traverse le Rhin dans une largeur de huit cents pieds. . . Le palais de l'electeur ayant c^e" converti , par les francais , en hopital , est employe" encore au meme usage. Dcs rues entieres ont ete detruites, et phisieurs eglises sont presque totalement detruites. LUiistorique de la prise de Mayence par les francais , et de la prise de cette place par Ls prussiens, est traite ici dans un detail fort imtructif : nous y renvoyons le lec- teur, parce que cet article tres-curieux comprend environ quarante pages. Voici la recapitulation qui le termine. — Le 22 juillet, les deux generaux Kal- ireuih (pour les prussiens), et d'Ovre (pour les francais), signerent la capitulation. Le premier iraiia la garnison plus favorablement qu'on n'avoit os6 l'e^perer , parce que le due de Brunswick n'avoit que 11 mille hommes pour couvrir le siege, et que Custine en avoit 40 mille assez pies pour l'at- laquer. A cette Ipoque, la garnison, composee do 22,633 hommes lorsque le siege commenca , ttoit r^duite a it,o38; 1,959 avoient etetues; 3334eioitmt rautilcs 4 2 1 6 Voyages. ou blesses, el hors d'etat de servir ; 332 avoient d esc lit. La perte das assiegeans e^oit evsluee a 3 mille homines. Ties franeaisconsommerent en munitions de guerre : 68i,8.^o Jivres de poudre. io6,i52 bouleis. 10,278 bom be?. 6 .^92 grenades. 4.1, Hoo livres de fer. 300,840 cartouches. Dans le cours du sk'ge, 107 pieces de canon ere- verent ou furent m'ses hors de service par les assie- geans ; vers la fin, 60 canons devinrent inutiles* iaute de houlets de calibre. Le 24 et le 25 , la garnison sorlit : Merlin mar- choit a la tete de la premiere colonne , composed de 7,500 Lommes. . . . L'electeur a eu la moderation de homer sa vengeance a les emprisonner dans une tour pres du Rhin. Les vojageurs parlent ensuite de Francfort avec les eloges que tous les auteurs font de cetie ville.. . « Nous y vimes, disent-ils , en arrivant, les

e de trois grains d'opium sur un gros d sue gasfrique LiCorpore dins ime pomade, ordinaire, pour Pemptqyer sous forme de friclions. On en a deja retire de giands avantages dans plusiems malades, entr'aulrcs la colique ne- pbreiique etdestoux convuLiyjs. Scarpa, professeur d'anatomie et de chirurgie , qui a rendu les plus grands services aux blesses de Tarni^e, vient d'acquerir de nouveaux litres a la re- connoissance ct a 1'admiralion de PEurope savante par la publication d'un beau traite sur les nerL da cocur. A ces details , qui mesontpresque tous communi- ques par le citoven Salmon, medecin, employe dans nos hopitaux mihtaires a Pavie, que ses talens rendent digqe d'bonorer^a profession chez les Gran- gers, je joindrai queiques parlieularitts qua je dois a, i'aniiiie de Scarpa lui-meme. J20 Sistaire ilttiralrc. II m'apprenoit , par une lettre du 6 fevrier dernier ( 18 pluviose), qu'il eMoit occupe a ecrire un memoire etcndu snr la structure des os , dans lequel it s'ecartera de toutes les opinions recues depuis des siecles. Com me il est charge de Pensei; neinent de la clinique interne , il a ete a meme de recueillir d'inte- ressantes observations qu'il communiquera incessam- ment au public en commencant par les maladies des yeux. La cha're d? clinique interne est encore vacant© depuis que le celebre Pierre Frank a. ete apyelv a Vienna , ou bien elle est remplie depuis peu de temps, Prescianl professe Panafomie compavee etla pliy- siolegie ; il a deja public" desouvrages estimes sitr ces deux belles sciences , et il se propose d'en faire pa- roitre de nouveaux. Hasorl est le promoteur ardent de la doctrine me* dicale de Brown L'enseignement de la chymis est partsge" entre JBrugnatelUj dont le nom et les travaux sontconnus, et Nocettl : ce dernier est aussi charge de la bota- nique. Bdrtettlet Alexandre Volta ^ savans egalemerit distingues, enseignent , le premier, la physique gene- rale, et le second, !a phys.que experimeutale. Projesseurs de Pavie. 22Z En vous faisant grace des professeurs de droit civil et canonique , il ne faut pasoublierque TamburinL^ fameux par son opposition aux principes politiques et religieux de la cour de Rome, y est charge de i'ensei- gnement de la morale. Mascagni m'ecnt aussi de Sienr.e , le 6 iYvrier ( 18 pfuviose dernier) , qu'il va terminer !a nouvells edition l/i-8°. de^on grand ouvrage sur les vai,seaux lymphatiques. Parmi plusieurs chosesinteres^n'f^ que contientsa lettre, je crois devoir faire connohre l'obsei vation suivante : II eutoccasion, 1'anpassp, d'avoir un foetus vivant, avec une liernie ombilicale, qui c onteno'ldans son sac le foie,Iarate, Pestomac, !e paacreas, et tous les in- testins, excepte une port : on du colon et du rectum/ plonges dans unegrande ruanlitede fluide. Les mem- branes du sac berpiaire , contigues au peritoine , ^toient transparenles, de meme que !e fluide , desorte que Ton distinguoit a travers les visceresqu'eiies ren- fermoienl. On voyoit parfailement bien le mouvemenfc perista'tique de 1'estomac et cbs intestins.. Le foetus ctoit bien nourri et vigoure v ux ; mais apres dou/. a quinze heures une iiiflaa.maiion se manifesta da'nsjes intestins, le fluide se troubla , il augmenta, et la m-ort survint au boutde deux jours. Pour pouvoir conser- ver la peau et le sac berniaire, il lit une in^tiorj aver, de la colle coloree de vermilion par la vine ombilicale, et il reussit a remplir lous les vaisseaux a22 Histolre Utter aire. sanguins, et sur-tout cenx des intestins; Tes vaisseaux lympbaliques se remplirent aussi , et en si grande quantite, qu'ils surpassoient de beaucotip les vaisseaux sanguins. On voyoit admirablement , dans quelques parties , deux plans de lympliatiques servir , com me deux feuillets , d'enveloppe aux vaisseaux san- guins. D'apres la m&me lettre, il faut esperer qu'on soti- £era , en Toscane, a tirer parti du borax qui s'y trouver^et qui a cteannonc6des 1778 par Hoefer , et que nos relations commercials aVec ce pays pourront nous en procurer en abondance. B. Desgenettes. Ce 1 3 ventSse, an V, 3 mars 1797. Voila done , citojen , selon le journal de Paris d'iiier, Pimmense collection des pet its formats qui vient de s'accroitre encore du roman d'Apollon us de Tyr, iraduit par M. Le Bran! Ce M. le Bi un , j e n'ai pas besoin de vous le dire , n'est pas le poete dist'ngue qui est membre de Plns-titut national ; Wais sans faire aussi-bien des vers, e'etoit aussi un poete. On a de lui un recueil de fables, un autre de poesies diverges., et e'est a lui que Voltaire attribuoit ces fameux fat, vkl ^ qui Pavoientfait mettre iui,- ineme a !a bastille. Roman (PApollonius* 223 Hos Lebrua vtrsiculos Jeoit } tulit alter honores , a-t-il dit dans une de seslettressur GEdipe. La traduc- tion du petit romandontil s'agitparut m-T2en 1710, et l'ann^e suivante on en donna une seconds edition, avec une preface on dissertation critique en reponse aquelques objections faites au trSducteur. J'ignore s'il avoit 6te r&mpriine depuis ; mais j'ignore encore plus pourquoi on a mis sur le titre de la nouveJle edi- tion: Romin trctduit da grec. II semble qu'il falloit dire : Homan grec traduit du Latin j car le seul original que nous ajons de ce livre est une tres-an- cienne version latine faite dans le cin juieme on sixieme siecle par un anonjme qu'on croit etre Symposius Ovi Symphosius, auteur d'un recueil d'e- nigmes en vers latins. Peu importe que le docle Her- mann ait conteste l'existence de cet ecrivainpour res- tiluer ses £nigmes a Lactance, et retrouver, par-la, le symposium, de celui-ci ; il est fcujours sur que nous u'avons plus l'original grec desaventures d'Apo!- lonius de Tvr , traduites en francais par Autoine Lebriin; et c'est ce qu'il falloit exprimer sur le titre, pour n'exposer personue a se tromper. L'er- ieur n'est pas grave, sans doute ; mais pourquoi no pa; recueil lir jusqu'aux plus l^geres parcelled de la veritt' historique , quand on le peut sur-tout a si peu de frais ? C'^st cot auteur ( et je finirai par-la ) que M. de Pauvv veut indiquer a ses lectours dans ses lie- 2.2 j, Ilistoire titteralre. cherches philosophic] ues sarles Grecs j Tome I , page 3r4 de lYdition de Berlin, c/i-'n". , oil il cite tres- vaguem nt Si/nipfiosion dans PHistoire a" Apollonius. Que cctle citation m'ait ftnete assez Ion .:-U-!h,ks, il n'y a ri.:n ete bien t'lonnant a cela; niais clle a einbarrasao d.\; biblio,- raphes plus Ha- b'.'esque mob, ft e'est ce qui me iait prendre la liberie de v^us Afjresse? tons ces eclaireissemens , puisrs en um tie r dans le Tome VI de la bibiio- thetque greeque de Fabricius, et dans les ceuvres du celebre Mate Velser, qui a publie, le premier, ce romau lajin d'apres un aucien manuccrit sur vediu deSaiui Ulric d'Auibuurg (i). L. T. II. (i) CcLte abbaye etoit Ires-riche en manur,cvits avail t la fa mouse guerre- de trente ans, et i!s ont ( i'te d'un giand se- cours a" Ganisius pour ses ^Leetiones antiques , reiuiprimees parJacque.sBasnage sous le titre de Thesaurus monumentorum. A pro os de Velser, j'observerai qu'Il etoit d'Ausbonrg meine,et non Venilieu, cemme il est echnppr au secretaire de Tacadrniie des sciences lie ie dire, en 1767 , dans son extrait d'un mem'ure fort in.sliuciif . d'ai'leurs, sur la construction de la table thepdosienne. CgUs meprise, qui provient de ce' que Velser publla le premier , a Veuise , mielques parlies de . cette table , m'en rappelte line plus forte encore du bon II- ie Coq , qui , dediant hu Shan'celier sa geogra: Lie dans les pre- mieres annees dece ij^ifle jlui parloit dii justi Iiip'sa* 1 , sans souger que Juste et . un nam de bapteme } et n'expriiaoit pas la unc yertu. POESIE. £25 P E S I E S C A N D I N A V E. Chant de Mort da rou Reqner LodbroGj tradult do fane Lea da hols (r). XXegner Lodbrog, porte et fnmeux guerrhr, r£onoit en Danemaivk au commencement du'r.en- vieme sierle. Apies nombre dVxploits et de ponr^es marilimes dans ies pays les plus eloign s, il eiif li ( i ) Get article a etc" compose par M. Hwass , jeune Danois . fi- s d'un pere tres-saraM, et deja fort instruit ini- mime dans tcutes les parties de la science physique et dels litterature II fait esperer de • ub'ier encore difffreos morccaux de l'ancienne poesie scaudinave ; il se j fo- pose meme de traduire, dans notre langue , tout ce qu'on a pu retrouvcr de plus curieux en runiqua ; et peut-etre pous- scra-t-il .,?s travaux dans ce genre jusqu'a refaire la traduc- tion de I'Edda 3 dont il ne pense pas que Ton ait eucure u;ie idee complete. La conno^sance plus approfoodie des Runes peut jeter beaucoup de jour sur les antxquit'es d.i'nord de l'Eurepe : l'on y voit des tableaux, des sentimens , des ha- bitudes , en un mot, un ensemble de uature physique et mo- rale qui doit raroitre fort singulier aux hommes civilises de repoque pivseute et des regions tempefees ; enfyj , le • lnlo- Sophe qui eludie rhomme y tr: uve bien des sujets de reflexions. M. Hwass rendra done un veritable service anx lettres en fouillaut dans ces anciens mor.umens de ia udigioa bi plus fanaticiue et de la podsie ia p ; u> sauvage. Tome Fl. 1? 226 Poesie Scandiaavi, malheur de tomber entre les mains d'ElIa, roi d'Ecosse, a qui il avoit livr£ une sanglante balaille. Celui-ci le condamna a perir clans un cachot rempli de serpens ; et c'est dans les tourmens de cehe mort cruelle, que, transpcrte de Penlliousiasme de la gloire et du fanalisme de la religion , il composa et clianta l'Ode dont j'o-ffre ici la traduction"} Ce poeme gothique vraiment eurieux , et qui peint avec energie les niceurs et la religion des Scandinaves, nous a ete conserve dans plusidurs chroniques islan- daises. Son langage , son ttyieij sa versification ne laissent aucun doute sur son ancienncte. Woimius en a donne le texle en lettres mniques , avec une tra- duction latine et des notes (2). Sa traduction est son- vent fort obscure, rnais tres-exacte ; car elle rend le texte mot pour mot. J'y renvoie ceux qui desirent connoitre cetle piece en tofalite. Je n'ai traduit qu'une pariie de ce poeme ; mais elle pent servir a donner une idee du reste, Les inemes images et les memes idees reviennent sans cesse dans l'origiual , ce qui, joint a l'obscurite qu'y y est repandue d*un bout a l'autre, rendroit la traduc- iion en vers de la tolalite inutile et ennuyeuse pour la plupart des lecteurs. Je n'ai pas toujours traduit les strophes entieres ; je les ai souvent fondues l'une dans l'autre , aiin d'eviterles repetitions, a Texemple de Mallet, qui a (2) Voyez Olai Wcrmi'i Litteratura runica. Chant de marl de Lodbrog. %*1 a donne une traduction en prose de cette piece ient-ils ivgmles cora'raeaei homines tre.-necessaires a I'Etai. Tons lesrnonumetyB liiSioriqnes du Nord sont pleins de t^uioignages des (3) Voyoz Mallet , Jnirod. a V /list, da Danemaick , se- conds parti" } p. l5o et suiy. P 2. 22-8 Podsie Scandlnavd. houneurs que les peoples et les rois leur rendoient. On voit dans loales les chroniques les rois de D.uis- niarck, de JNorvvege et de Suede accompagm's d'un on de plusieurs Skaides, qu'ils honoroient de leur confiance, et auxquels ils donncient les premieres places dans les festins. Des salles im menses rassem- bloient les heros les jours de ceremonie ; eMloit la que les Skaides cbantoicnt, au son de la harpe, ces chansons guerrieres ou ils celebioient le courage ties heros , leur inspiroient le mepris de la moit , .et deciivoient avec emphase le honheur des guerriers dms le palais cFOdin. On ne faisoit aucime expe- dition miiitaire considerable sans en mener quel- ques-uns avec soi. Leuis chants ranimoient le cou- rage des combatians, et apres la vicioire ils cele- bioient la valeurde ceux qui s'etoient distinimes dans Paction. Un lieros ambitionnoit touvenl la jdoire de tomber dans les combats aux yeux de son Skalde j ses derniers regards se tournoient veis lui ,et il mou- loit content si le poete qui devoit chanter ses ex- ploits avoit ete^ le temoin de sa mort. Les Skaides etoient les vrais remunerateurs de la brayoure parmi les anciens D inois, et beaucoup de guerriers n'entre- prenoient des expeditions perilleuses que dans Tes- poir d'etre loues de leurs Ska'des. Olaf-TiTgaeson , roi de Nbrwe'jge , les placa dans un jour de combat autour de sa personne , en leur di.-ant avec fierte: Vuiis ne char ierez point ce que vous aurez enlendu , mais ce que vous aurez vu. Non-seal ement les Skaides etoient liouores et es- tfnies , mais les tfiaats qu'ils composoient eu l'hoii- Chant de niort de Lodbrog. 229 neur des rois et des heros leur valoient des presens considerables; bien plus, on leur r'emettoit souvent la peine des crimes qu'ils avoient commis , a condi- tion tpi'ils demanderoii-nt leur grace < n vers. I! nous reste encore 1'ode d\m fameuv Skalde, nomme Eg'M* an nioyen de laquelle il se racheta d'un meurtre. Eufin , la poesie eloit si honoree parmi les anciens Scandinaves _, que la p'upart des Ska Ides etoient des liommes de la plus illustre nai.ssance , et que des princes et des rois rneme s'appliquoient tres-serieu- sement a cet art. Dans la liste des Skaldes (Skalda- tal), qui se trouve dans le Supplement de Wormius, et qui donne les noms de ceux qui se sont distingnes dcpuis Begner Lodbrog jusqu'a Naldemar II , 011 trouve plus d'une tete oquTofanee; et le nombre des Skaldes celebres se monte a deux cents trente , sui- vant le manuscrit islandais _, dont cette liste est un extrait. Le style de la phipart de ces poesies scandinaves est extremement figured Les anciens Danois , natu- rellement graves et porles a la meditation , avoicnt mi' maniere tres-rechercliee de rendre ieurs pens^es. Leur esprit ,accoutume ase recueillir, demandoit des objets compliques qui lui donnasseut une applica- tion vaste et durable; aussi leurs poesies sont-elles pfeines d'expressions hvperboiiques, de comparai- sons sublimes et gigantesques , d'alk'gories et d'em- biemes de tons les genres. Les Skaldes s'etoient fait une langue particiiliere , dont < n ne se servoit que pour les vers : o;i Tap, la langue des Asos , c'est-a-dke des Dienx. P 3 a3o Fodsie Scand'uiave. Parmi les monumens qui nous sent reMes fie la literature ties Skandinaves , se'trouve un diciion- rtaire po"lique (Skalda) a I'usage des poe'ies et de 1 ins lectern**. C'est nn recueil d'epillietes et de sy- nonym es tires des Skaldes Itfs plus ceiebres ; en un mo! , c*est le Gradus ad Parnassuni des anciens Danois. La se trouve pour cliaque idee une expres- sion poetique, le plus sou vent fondee sur quebiue fable de VEdda 3 on Myihologie islandaise. On y trouve les mots les plus usit s da s leur poesie, et tous les noins qu'ils donnoimt a leurs dieux. On peut jugar de cet ouvrage par les expressions suivanles : Le ciei est le crane du g^ant Ymer; l'arc-ep-ciel , !e pout des dieux; la mer , le limp d s pirates; la glace , le plus grand des ponts; les fl uves, le sang ties vallecs ; la t^rre, le vaisseau qui flotte sur les ages; la nuif , le voile des discours ; un con bat, la gre'e d'Od'n , un bain de sang, etc. ( Voyez\*Edda Js'andica de Re-emus , ou se trouve le Skalda. ) II falloit qu'un Skalda connut et sut applique* a propos dans ses po;'sies loupes ces expressions extraodmatros , sublimes et souvent pueriles, dont le nombre et la variete presqu'in finis donnoit uue grande d fficulte a Tart honorable et lucratif qu*il professoit. Chant deniort delodbrog. s3i Chant de Mort da rol Regner Lodbrog, ira- duct de fancien danois. Nous avons combattu : nos glaives emoussds Ont engourdi nos bras de carnage lasses, Alors que jeune encor, dans les champs de la gloire J'allai porter la mort et chercher la'victoire. Les bataillons entiers , sous mes coups abattus , A des loups devorans ont servi de pature : La mer sang'ante au loin rouloit son onde impure } Et les corbeaux nageoient dans le sang des vaincus. O plaines d'HelsiDgie! 6 combat memorable (i) ! Je vous vois , fiers heros , que mon bras redoutable Daas le palais d'Odin entassa par miiiiers (a). Bien'ot fenrlant les flots sur mes vaisseaux rapides , Je vis blamhir d'lffa les rivages arides (3) : Le glaive elincelant brisoit les boucliers , Les casques se heurtoient , et les lances pesanles (4) Se baignoientdans le sang de leurs hordes tremblantes. Nous avons combattu, etc. Oui , je vous vois encor, o rives d'AngleteTre ! Je porte la terreur et la mort dans les rangs ; Mes dix rnille ennemis roulent dans la poussiere, Et je marche en vainqucur sur leurs corps expirans, Le sang ternit l'eclat des brillantes epdes; De saeg et de sueur nos armes sont trerop< : «s ; Les fleches dons les airs volent en mugissant , Et fiap^ent du guerrior l'armet retcntissajit. P'i - 2 Poesie Scandinave. ■ bal i lein Je gloire j 6 Jour plein d'alegresse \ Vpus veiled i mes yeux la plus belle maitresse. Nous avons combattu , etc Jc iriomphai le jour ou ma lance sanglante Envoya cbez lea morts ce guerrier orgueilleux, Ce jeune hummesi fier de sa tresse ondoyante , Lui qui sembloit un pin sur Ies monts orageux. Que ce jour fit verser de pleurs a son amante ! Que ce jour f.a pour moi.brillant et glorieux ! Tomber dans les combats est le destin d'un brave (5); Mais mourir sans blessure est la mort d'un esclave. Nous avons combattu , etc. Nous naissons dans les camps au bruit guerrier des armes (6)5 Nos jeux son I les Combats „ nos j laisirs les alarmes ; Les cris des combattans, le fracas des eoursiers , Le sifflemeut dts dards , le cboc des boucliers , Voila l'objet des vceux de l'ardente jeunesse ; C'est par-la qu'un guerrier sait plaire a sa maitresse. Nous avons combattu } etc. Aujourd'bui le Des'.in renverse mes trophees; Quel guerrier a v.aincu la puissance des Fees (7) ? Je lombe, e'en est fait , c'est le decret du sort. Ella , roi fnrieux dont j'eprauve !a rage (8) , Foible etlache ennemi, tu me donnes la mort; Toi , que je voyois fbir dans les cliamps du carnage 3 L« j Et je vois 1'univers rempli de mes exploits ! EUa des noirs corbeaux est devenu la proie : Mes instanssonl finis, et je meurs plein de joie. Nous avons combattu ; nos glaives ^mousses Out engourdi nos bras de carnage lasses. Far C. HwASS fils } Bands, *35 NOTES. r (i) O plaines d'Helsingie! etc. L'llelsingie est une province de Suede , sur le golfe Both- liique. (2) Dans lepalais d'Odin y etc. Le palais d'Odin £toit sitae" dans la Valhalla , ou Paradis des Braves. ( Poyez la note neuvieme. ) Ooiin etoit le Di.-u supreme des anciens Scandinavrs ; son pouvv ir s'etendoit sur tous les mnules. On le nommil Al- Jader ( Pfire univeTsel ), II etoit aussi le Dieu da la guerre. Dans la ray, hologie island -iise , il a t-ujours quelque £pi- tliL-te ana'oguea la guerre; e'est 1? dieu terrible , le pt-re du ca"rnage , l'i.cendiaire , le deva les armes a la main. On imp ! oroit son secours dans toutcs les guerres , et l'on croyoit qu'il venoil souvent lui-rneme dans la melee ranimer la fuieur des combattans, frapper ceux qu'il destinoit a perir, et em porter leurs aiues dans ses demeures celestes. C Voyez M.illet , Introduction a i'Histoire de DanemarcJi ^ et Vtidda Islandica dc Rescuius. ) 2 36 Notes. (3) Je vis blanchir d'IfFa , etc. Iffa est un pays situe a l'embouchure de la Viitule. (4) Les casques se heurtoient , etc. Les armes defensives des anciens Skandinaves etoient , l°. le bouclier ( skiold en danois) : il y en avoit de d< ux sorles j les grands, qui couvroient le guerrier tout entier , et lemeltoient en surete contre les traits et les pierres ; et les pe- tits. de forme ronde , dont ils se servoient pour parer les coups d'epee. Les plus communs etoient de Lois ou de cuir; mais les guerriers de distinction en portoient de fer ou de cuivre, peints ou dores, sourent meine revetus de lames d'or et d'argent. 2 . Le casque (bjaelm); les simples soldals les portoient de cuir , et les officiers de cuivre dore. 3°. La cui- rasse (panser) ; les anciens Danois s'en servoient aussi , ainsi que de cottes d'armes, de cuissarls et de brassarts , mais plus raremeiit que du bouclier et du casque. Leurs armes offensives les plus ordinaifes etoient l'e £e , la haciie d'armes, l'arc et les fleches. L'epee ( sward ) :etoit courte, recourbee, et pendoif. a un ceinturon de cuir. La haciie d'armes (strid-oxe ) etoit a deux trancbans. L'arc etles fleches (bue-og-; iile) eloit une aime dont les Skandinaves faisuient un grand usage dans leurs combats, el an manie- ment de laquelle ils passoient pour etre fort habiles. Outre cps armes, ils se servoient encore souvent de javelots (spyd ), dc lances, de frondes, de massues et de poignards. (5) Tombsr dans les combats , etc. L'indifference des anciens Skandinaves pour la vie, en leur inspirant un courage heroi'que et le fanatisrae delagloire, leur donnoit en meme-temps un mepris profond pour touts roort naturelle. Ils regardoient coiauie une bonle et un nial- Notes, 237 heur de inouilr de rnaladie ou de vieille.sse , et la crainte d'entrer apres une telle mort dans i'enfer ( niilheim) , faisoit qu'ils s'6toient souvent eux-memes la vie quand ils ue pou- voient la perdre dans lea combats. Le Valhalla £toit reserve pour ceux-la. seuls qui tbmboient dans les combats , ou qui inouroieni de mort violente. Le niilheim etoit un seiuur compore de neufmondes, destine a tous ceux qui mouroiont de vieillesse ou de maladie. Ilcda ou la mort regnoit dans ces lieux obscurs ; sun palais etoit i'angoisse ; sa table la fa- mine ; ses serviteufs, l'attente etlalenteur; le seail de s» porte , le precipice ; son lit, la maigreur ; elle etoit livide et ses regards inspiroient l'horreur et.Feffroi. ( EdJa des Islanclais. ) (6) Nous naissons dans les camps, etc. Le Skalde donne ici en peu de mots l'histoire de 1'educa- tiou des anciens Skandinaves. Ils ne respircient que Ja guerre. Elle etoit a-la-fois , chez eux , la source del'honneur, des ricbesses etdu salut. L'edueation, les lois, les prejuges , la morale, la religion, tout concouroit a en faire leur passidd dominante et leur unique objet. Des leur plus tendre jeu- nesse on s'appliquoit a en fair- des soldafs ; »n endurcissoit leur corps, on l'accoulumoit au froid, a la fatigue, a la {aim; on les exercoit a la course , a la cha.-se, a traverser les plus grand., lieuves a la nage , au maniement des amies, C'est par de teis ruoyeas que se formoient ces liommes robustes et cou- rageux, qui furent, durant si long-temps, la terreur d'une partie de i'Euro. e. (Vojez Mallet, Introduction a V Histoite de Danemarck, Livre quatrieme. ) (7) Quel guerrier a vaincu la puissance des Fees ? etc. Ces Fees, doct il est parle dans l'Edda des Islandah , 238 JS'otes. etoienl au nambre de frois : Urcla (le ; asse ) ; Verandi ( le present ) ,et Mkulda (l'avenir ). ElTe's etoient soenrs, et leurs Ibnettons eloient tie presider au temps , el de dispenser ies 3ges .les homines. Co sont les parques des Grecs. (8) Ella, roi furieux, etc., Ella , enlre les mains duqnel tomba "Regner Lodbrog, et qui le v it perir si crucllement, eloit roi dNin'e far tie c.e KEcosse, ou, selon d'autres, d'Angletene. (9) Valhalla, plaine hcureuse, etc^ Le 'Valhalla , ou Paradis des anciens Sfcandinaves , ctor¥ tine plaine immense , au milieu de laquelle s'elevoit le palais d'Odin , palai:- d'une grandeur prodigieuse , destine aux heros qui mouroient dans les conabats les armes a la main. C'cst-Ia qu'ils jouissoient, apres leur niort, des plaisirs qui avoient fail leurs delices durant leur vie. « Les heros qui sont recus » dans le pa ] ais d'Odin ont tous les jours le plaisir de s'araier , » de passer eu rewpe, de se ranger en crdre de bataille , el.de » se tailler en pieces ies uns les au tires; mais des que 1'henre » du repas approche , ils reiournent a eheval tous sains et » suifs dans la salle d'Odin, et se metlent a boire et a man- »'ger. Quoiqu'il y ait un nombre infini de heros dans le Val- » liala, la chair du sanglier serimner leur suffit a tous ; a chaque jour on le sert , et chaque jour i redevient entier. s Leur boisson est la bierre et Phydromel ; une cbevre seulc, » dontlelaU est de l'excelient hydromel, en fouvnit assez » pour enivrer tous les heros; leurs verres sont les cranes des » ennemis qu'ils ont tues. Odin seul, assis a une lab!e parli- » culiere, bwit du vin pour toute nourritnre ; deux loir, s sont » assis il ses deux optes ; le victorieux Odin rassasie lui meme » ses deux loups ; et deux coibcaux , perches sur ses deux » epaules , lui disent a l'oreille tout ce qu'ils ont vu el » ehtendu de nouyeau. Une foule de vierges servent les lieroa Motes. s3g » a table , et remp'issent leurs coupes a mcsure qu'ils les » vident ». ( Traduil de V Edda des Islandais. ) Tels Etoient ces plaisirs et cet heureux sort, dontl'espe- tance rendoit intrepides les anciens Skandinaves , et qui non- seulement leur faisoient braver , rnai« meme rechercher avec ardeur la rnort la plus cruelle. Voila la cause de ce courage et de ce fanatisme guerrier, dont le Chant de Regner Lodbrog est rempli. (10) Aslanga, etc. Aslanga 6loit une bergere de Norwige que le roi Begner Lodbrog epousa, et dont il eut plusieurs fils qui vengferent sa mort en faisant subir a Ella le rneuae supplice qu'il avoit fait subir a leur pere. (11) Mais je rois approcher les filles du destin, etc. Ce .sont les vierges qui servent a boire aux beros dans le Valhalla. On les noramoit Yal-kyrier (lilies des combats). Ellcs introduisoient les heros dans la salle d'Odin ' avoienl soin des coupes et de la table , et etoient envoyees par Odin dans les combats pour marque r ceux qui devoient etre tues , et pour dispenser la victoire. Eiies alloienti cheval choi.sir les morls el regler le carnage, 511 ivies de la plus ; jeune des tees qjii president au temps, de Skulda (l'avenir ). (12) Brillant comme Balder, etc. Le dieu Balder, selon VEdda , Etoit fils d'Odin , sage , Elo- quent, et doue dune telle majestd , que ses regards Etoient resplendissans. C'est l'Apollou des Skandinaves. 24» NOUVELLES ] JTTERA1RES. 8 iA. societe d'dmulation de Rouen nous a fait passer la suite du com pie rendu de scs Iravaux pendant le mois frimaire , redi^e par le citoveu Aubert , son secretaire. On j trouve une noiice de la corres- pondance de la societe , quelques changemens faits a ses reglemens, Ce qui interesse le plus pour !'hi£- toire des arts , e'est l'extrait des memoires lus dans les dernieres seances. * Le premier, dit le citoyen Aub rl , destine pour 1'administralion centrale , et qu'on auroit du Led envoyer depuis long-temps, a pour objet Yetat des fabnques cTatuii _, de vitriol bleu _, couperose verte et savon dur et mou dans le d^partement, Les cifojrens Mez>alse et Pluvinet j qui I'ont redige, remarquent que le citoyen Descrctsillcs est le seul qui ait fait quelques essais en grand , dans le departement , stir la fabrlque de L'aluti. Le citqyen Me^alse a re^te avec succes un procede pour en extrairedu sulfate de ferow de la couperose vcrte; rnais la graude difficulte seroit de fabriquer d'abord de la couperose verle, ce qui ne pent avoir lieu sans se procurer un grand nombre de pyrites. On s'occnpe depuis trente cms du ramassnge de ces pjrites, qui se trouvent sur le rivage le 1'cr.g de la cote , TfouveLles UttSraires. 24! cote, depuis le Havre jnsqu'au Treport. Tant qu'elles ont 6t6 en grand nombre , la fabrique de couperose d'Honfleur a prosperee ; mais les frais deramassage augmentant en proportion de l'epuisement de ces pyrites , cette fabrique a W-aucoup soufTert. Le citoyen Fluvinet a eu connoissance d'un sckiste noir bitumineux 3 mal-a-propos pris pour du char- bon de terre, qui se trouve dans les couches de la falaise ,sur laquelle est place le phare de Lallt/: ce schiste,dont le c Pluvuiet amontre des fragmens a la societe, lui paroit propre a une fabrication peu coa- leusede l'alun, 1'extractioa de ce scluste etant ties- facile. !Le vitriol bleu a commence a ctre fabrique a Rouen par le citoyen Jleville^ au faubourg de Severe; les citoyen s Seville fils et Archembaut conduisent cette fabrique, dont la p^nurie des soufres eH des cuivres a ralenti l'activite. Le citoyen DescroisLlles a aussi fait des essais en ce genre, ainsi que le citoyen ZoresLier, qui s'en occupe encore. La raretedu soufre d'importation etson prixexhor- bitant ont engage le citoyen Augustln B onnet^ nego- ciant, a extralre cette substance des r^sidus de la fabrication de l'huile de vitriol. Cette operation , dont les procedes sont dus aux lunaieres du citoyen Plu- vinet ; a parfaitement r£ussi ; mais £tant couteuse , il faudra l'abandonner lorsqu'on pourra se procurer du soufre par la voie du commerce : ii n'en sera pas de meme du procede pour sa purification , qu'il alse et Pluvinet ., en indiquant les vices d'un grand nombre de ces fabriques , font des voeux pour que celles qui ont employ^ une manipu- lation econornique, mais en meme-temps salutaire, continuenta travailler et a alirnenter des suifs etaufres substances grasses et h uileuses que I'agriculture per- fectionnee pourra multiplier dans le d^partement. C'est principalement a Rouen et a Eu que se fait le savon mou $ les anciennes fabriques n'attendent que le moment de la paix pour reprendre leur acti- vity : le commerce leur fournira les matieres pre- mieres, et les fabriques d'etoffe, de laine et de toile beaucoup de travail. Telles sont les principals vues contenues dans le mcmoire des citoyens Mi&alse et Pluvinet, II r£sulte du me'moire on rapport des citoyens Ron- deaux j Varin , Leprevost et P rudkomme sur le selmarln, comme engrais , que le sel marin em- ploye* seul , bien loin de favoriser la vigetatlon la d^truit ; qu'au contraire ce sel, en tant qu'il est con- tenu dans le varecb, ou qui fait partie de la tangue ( vasesableuse), a d'excellens effets en agriculture; ce n'est, disent les commissaires, que parce qu'il se trouve alors intimement uni a des principes buileux et alkalins, qui sont entr^s avec lui dans la composi- tion des corps marn£s recoanus propres a fertiliser les terres, JS oiitelles tlitdraires. 248 Peut-etre , continuent-ils, ne seroit-il pas tres- difficile de trouver quelques moyens peu dispendieux de former avec le sel un compose de matieres d'lme nature approchante de celles des productions ma- rines , et de se procurer ainsi un engrais stimulant sans etre dangereux ; la bonze de va.-he , par exemple, seule on melee avec quelques herbes onctueuses , gluantes et ni reuses, corame les mau- ves j les mercuriates , la parietaire } \e* fougeres, etc. qu'on laisseroit pourrir , ponrroit-eile adoucir la crimonie brulante de not re se'? Ce ne sera que par une suite dVxperiences rep6- tees et appliquees a la dilferente nature des tols qu'on pourra, avac leslumieie de la chymie , par- venir a ne donner que des conseils utiles. Les commissaires se proposent de faire , au p;in- temps, des experiences sur cet objet ; ils engagent les cultivateurs des diflBrens cantons a. faire eux- memes de pareils essais, la reunion des experiences pouvant seuie conduire a des resultats avantageux. L'idee qu'a concu Is citojen Deverel de former une maison destruction de commerce vous a semble,. au premier appercu , aussi ingeuieuse qu'utile ; son comptoir tli6orl-pratiqiie seroit aux eieves du commerce ce que sont a ceux de la guerre les camps et les combats simules : les com- missaires que vous avez nominees vous en feront un rapport detaillc. Le dernier memoire dont j'ai a vous rappeller la lecture est celui du citoyen Brument , passionue" 244 Nouvelles Llttiralres. pour les arts utiles; il n'a pu appercevoir de loin up r.ioniin a ventd'une nouveUe construction, sans s'ecai ter de sa roule et s'approcher pour l'exa- miiKr. , Ce moulin , constrult sur la commune de Flan- court , p;es Ie Bourg-Achard, est compose de huit ailes au lie u de quatre , d'un coffret et d'une gi- rouelte; les ailes donnent le mouvement a un raou- lage ordinaire , place dans ime loge au pied du poirier auquel est ados^e>, cette machine ; les meules out vingt po.ic^s de diametre , et convertissent en farine un sac de ble-froment dans le jour. Ce qui paroit de plus surprenant , ce sont ces huit ailes qui tournent ensemble, chacune sur leur axe, e'est a-dire, qu'elles changent toUtes de situa- tion a mesure que le vent agit contre avec plus pu moins de force. Ce dernier mecanisme , qu'il seroit ndcessaire de connojtre entierement, seroit du plus grand avan- tage, puisqu"il remedieroit au grand inconvenient qui se rencontre dans les moulins ordinaires , oil il faut , a chaque changement de force ou de di- rection dans le vent, plier on deployer les toiles, serrer le frcin , etc. etc. J'ai , comme je l'ai dit d'apres la deliberation de la Soci£t6, ^crit a Yau- teur de ce moulin , afin de savoir de lui s'il seroit dans 1 'intention de donner a des commissaires de la Societc , charges d'examiner sa m£canique, tous les eclaiscissemens dont ils auroient besoin ; la So- ciete desire que sa dticouverte soit reelle, et qu'eu JSouvelles littiralres. Zfl dormant une nouvelle perfection aux moulins a vent, elle rende moins necessa're ceux a eau , si utiles , mais en meme- temps si nuhiijles par i'en« gorg j ment qu'ils occasionnent dans les rivieres, les torts qu'ils font aux prairies , et la gen? qu'ils apportent a la navigation interieure et au flottage des bois. Le citoyen Forfait , ingenieur de la marine, notre collegue , vous a fait remeltre un manuscrit important, intitule journal j niemoire et observations , co/;- cernant la navigation du lougre de La rdpubli- que le Saumon } sur la Seine ^ du Havre & Paris j an IV de la republique. Ce journal a ete r^dige par les citoyens Forfait et Sganzin, qui ont fait conjointement cette navigation , par ordre du gouvernement , sur le lougre le Sau~ mon , construit ad hoc, sur les plans et dessins du ciloyen Forfait. La n6cessit6 de cr£er en France une navigation interieure, et de faire participer nos principales com- munes , et Paris lui-meme , au commerce maritime, dont d£p£md la prospente des etats modernes, fait qu'on s'occupe depuis long-terns de projets relatifs a la confection des canaux qui prqcureroient a Paris une communication avec I'Ocean. La perfection de Part dans cette entroprise, comme dans toutes les autres, est d'aider et nou de contrarier la nature. Est-il possible, i° de rendre la Seine navigable, depuis sou embouchure jusqu'a Paris, de manierc 6 3 246" jSouveiies Uttcraires. qu'un vaisseau puisse Ja remonter et la desrendre aus« facilement et en aussi peu de temps qu'il ie ieicit par un canal artificiel? z°. Les depenses qifoccasionneroient les ouvrages a faire a la riviere seroient-ils beaucoup moins dis- penrlieux que les frais immenses qu'exigeroit la confection d'uncmal artificiel ? Tel est le probleme que le citoyen Forfait avoit a resoudre. Si Ten s'en rapporte au journal nSdige par les ci- toyens Foifait et Sganzin , i!s on! rempli les deux conditions du prob'eme; il est possible , selon eux, de vaincre les obstacles qui s'pj posent a la navigation par la riviere, et les frais pour j parvenir seroient bi °n moins considerables que ceux qu'entraineroit la confection d'un canal artificiel dans toute sa Ion-? gueur. Qu'oppose-t-on en effet a la navigation par la riviere? Les •atterrissages , le passage des ponts,la longueur de la navigation par des detours plus nora- breux encore dans la Seine au-dessous de Paris, qu'ils ne le soht dans le Meandre , si fameux par ses sinuo- sit£s. Les citovens Forfait et Sganzin donnent des moyens de> parer aux atterrissages , de facilifer le passage des ponts , dVviter les siutiosites par des petits canaux partiels qui rectifieroierit et abr£ge- roient la riaviga ion. D'apres leiir estimation , les frais a faire seroient incomparablement au-dessous de 'ceux qu'exigeroit un canal entier. 3° J-es citoyens Bremontier, Prdvost 3 artiste- Vttfc Nouvelles litliraireSl 247 rinaire , Rondeaux et Varin , vous ont fait le rapport demande* par l'administration centrale de departe- ment , sur le droit de valne pdture. II suit de leur rapport que ce droit a des inconveniens pour Tagri- culture , qui ne sont point balances par les avantages que quelques particuliers en retirent ; qu'il seroit sus- cepiihle de quelques modifications par le moyen des- qu Is on concilieroit les egards que Pon doit a l'agri- culture et aux proprietaires avec les secours qu'il offre aux jiarticuliers ; c'est a Tadministration a fairs des observations de nos commissaires l'usage qu'elle jugera convenable. 4\ Le citoyen Brument , notre collegue, vous a pre"-' sente une chaine pouvant servir de pignon a une in- finite de roues, et cela par unra^e moteur; il se propose de l'emp'oyer a completer le mecanisme d'une n achine dont il s'occupe maintenant. Son effet sera de battre, de cribler et de moudre en merae- temps le bled. 5° Notre collegue Misaize vous a pr^sentc le des- sin d'u ne bouteille de forme anglaise, dont la partie inferienre etoit entouree exterieurement d'une cou- ronne de conques anatifbtes , qui y etoient atta- ches, aiusi qu'au fond par leurs pedicules. II nous a presmte un autre dessin qui represente ses coquil- lages trivalveset quinavalves separes, tenant nean- moins a leur pedicue , et ayant chacun leur ver , remarqnable par le nombre et la longueur de ses pieds soriis hors de la coquille. II a accompagne ces deux dessins, faits par le citoyen Vauquelin , de la $4* ~Nouvelles UtUr aires. lecture cfun m^moiveliisiorique sur la manure dont cette bouteille a £te trouv£e. La Society a d6\ih6r6 que le citoyen Delavoipiere, jemie artiste de l'ecole centrale, seroit invite xie faire deux autres dessins des memes objets, afin de les envoyer , avec la copie du m^moire du citoyen Mesaize , au citoyen Millin (2). Le cifoj-en Pouch et vient de perfectionuer son arithmetique liniaire et grapkique. Deux editions de celte aTithm^tique , qui se sont succe'de'es en tres-peu de temps, prouvent , c on utility. JElIe avoiteledea reconnueJans le rapport que les citoyens Ricard , Brument et Garvais vous en out fait le 23 brumaire an 3 , et dans celui que les celebres gcometres Coulomb et Delaplace ont pareil- lement fait au bureau de consultation des arts et metiers , le 9 aortal , meme annee. Le citoyen Pouchet, en avancant dans Ja carriere qu'il parcourut , a trouve le moyen de se passer die l'usage du compas, qui etoit suivi de quelques,in- conv^niens ; il est parvenu meme a pouvoir sup- primer toutes les echelles particulieres , et a les rem placer par une table genera le. (Test Tinvention de cet e table qui a fixe* speVia- lement I'attention des nouveaux commissaires. Les m^moires dont la Societe a en tend u la lec- ture dans le courant du mois de nivose sont : (x) Voye* Supra j page Nouvelles lit tdra Ires. 149 10. Un memoire sur une maladie qui a attaqu6 les vacbes des cantons da Duclair et cle Canteleu. L'administration centrale ayant promis de faire imprimer ce memoire da citoyen Leprevost , artisle- v£te>inaire, noire collogue ,et auquel il a fait desaug- mentations , je suis dispense d'en donner i'exlrait. 2°. Le rapport des citoyens TkultUer^ Gervals et Hicard , sur le compto ir theo ri-pratic] tie du citoyea Deverel. L'intention de ce citoyen etant de le rendre pareillement public par la voie de I'impressien , je ne m'y arreterai pas plus que sur le precedent. 3°. Un essai sur les effets compares des grandes ct petites meules dans les moulins a ble. Ce memoire, du citoyen Brument^ contenant plusieurs questions sur cet objet , dont la solution est proposee aux classes des sciences et des arts , il a ete delibeie qu'il seroit successivement envoy e a l'une et a l'aulre. 4 . Un diScours sur l'utilite des societes litteraire.*, Le citoyen Prudhomme etablit dans ce discoursque si ces especes de societes ont jamais et6 utiles ( ce qu'on ne pent contester), elles le sont plus que ja- mais dans les circonstances presentes. 5°. Un discours sur les avantages de I'etude des mathematiques, par le merae. Le citoyen Prudhomme , apres avoir donne le pre- cis historique des progres des mathematiques, depuis les plus anciens jusqu'a notre siecle , les pr^sente de la maniere la plus avantageuse dans ce discours , en les montrant comme un flambeau qui a eclair^ 25o No live lies UttSralres, toutes les sciences, comme un principe bieufaisant qui indue sur la prosperity de tous les etats. Ecouivent melees presqu'a toutes les sciences et a tous les arts , qui ne peuvent subsisler sans elles. I/etude des astres est un des plus grands obj Is de 1'esprit humain , mais ce n'est que sur les ailes des rnalhematiques que l'astronome pent s'elever dans lescieux, peut les parcourir., peut assurer la marche, ies distances , le? retours periodiques, les regularit6s ou apparentes ou reelles de ces grands corps, qui, pour etre relegues dans les cieux, n'en coinmuni- quent pas moins avec la teire , et n'en sont pas moins associes par L'homme a ses diffeVens besoms. C'est par les astres que les mathematiques marquent la division des temps et I'ordre des calendriers , fixent les grandes epoques de la chronologie et tracent a I'histoire une route sure dans les temps qui ne sont plus, trouvent des points fixes pour la connoissance du globe, el creent la science aussi utile que neces- saire de la geographic , etc. etc. Un mcmoire egalement important d'un autre de nos collegues , memoire qui vient a l'appui du dis- cours du citoyen Prudhomme , pour prouver les secours que l'astronomie en particulier tire des ma-« NouveUcs litteralres. i5r tb&natiques , me force de me restretndre a une seule citation thee du disi-ours sur les avantages des . mathematiques. 6°. Le m^moire dont je parle est celui du citoyen Bi- card le ]e\me,surl i utilae' d' observer les eclypses de Saturne par la lane _, lorsqne le petit axe de l'anneau de la planete deborde le globe. L'importance de ce me'moire nous oblige de nous y arreter un peu plus long-temps que ne le compor- tent les limites ordinaires du rapport des travaux de la Sjciete ; mais Saturne, qui se laisse eclypser par la lune quatie fois sur notie horison cette annee , mcrite bien que nous fassions pour iui una exception. Dans ce m^moire, I'auteur expose rapidement la theorie de Saturne et la composition siuguliere de son anneau , qui est forme de plusieurs anneaux ele- meniaires , s'enveloppant Fun l'autre , et joui^sant neanntoins chacun d'un mouvement paiticulier da rotation. Apres avoir parle de sa courbure et d'ine- galites vucs a sa surface , le citoyen Ricard prt'sente la verification d'une hypothese pos6e par plusieurs autres astronomes. On sait que la terre, en par- courant son orbile , conserve son axe parallele a lui-meme; la lune conserve pareillcment le paral- lelisme de son axe clans son orbite an lour de la terre: I'analogie conduisoit naturellement a penser qn'il en £toit de meme des autres planetes_, soit premieres, soit secondaires , dans leur orbite autour, de leurs centres de gravite respectifs. Or j M. Hers-; a5* Tfouveltes littiraires* chell, ayant observe avec son fameux telescope Te seplieme satellite de Saturne, a remarque que lors- qu'il est dans la meme position, il offre constamment la merae apparence ; et com me cette meme apparence nepeut provenir quedestachesqui se rencontrent sur sa surface visible pour nous, il en a conclu avec fondement que ce satellite ne tournoit qu'une fois sur son axe pendant une revolution dans son orbite autour de sa plane te : de-la aussi on a pu en con- clure le parallclisme de 1'axe de ce satellite. Le citoyen Ri ard remarque que les eVypses de Salurne, par la lune , sont en fort petit nombre pendant ce siecle, lors de la plus grande ouverture de l'anneau ; mais que par un fcOncours singulier des lois de la nature, ilsYn trouve quatre pour i'annee presente , savoir : le 29 venddmaire, le 26 bru- maire, le 21 rivose et le i3 germinal , et il n'y en a pas d'autres jusqu'a la fin du siecle. C'est ici que Pauteur presente s. Q s reflexions sur les occulta* tions de Saturne par \a lune. 11 se fonde , pour la preference de cessortesd'observa lions, sur lenombre des phases que donne presqu'instantan^ment un meme phenomene ; car le peiit axe de l'anneau debordant le globe , on d'stingue avec la plusorand© facilite l'iiitervalle compris eutre l'arih au et le globe, quoiqu'il n'y ait pas, pour cela , d'intervalle dans le sens du petit axe, mais seulement dans le sens du grand axe , puisque l'anneau ne deborde dans lesens du petit axe que d'une foible quantite : or , l'anneau £lant ainsi dans sa plus grande ou- verture j il en results, dit le citoyen Ricard, que- JSouvelles Uttiraircs* 253 Ton peut observer, lors de Poccultation, six immer- sions et six emersions, et que par-la on peut obtenir des observations plus precises que par les occulta- tioiis des fixes ^ qui re fournis;ent qu'une seule im- mersion et une emersion. L'autcur a invite la So- ciete a prendre des mesures pour observer l'eclypse du 21 nivose, afin de, verifier la longitude de Rouen par la comparaison du merae phenomene observ6 a Paris on ailleurs. Voila, en substance, le contenu de ce m'lmbire rempli de recberclies, et dans lequel on indique les m ovens a employer pour se preparer a l'observation. II faut , dil 1'auteur , si l'on ne peut se procurer une bonne pendule , avoir au moins une montre marine d, secondes ou montre a Longitudes j car avec les montres ordinaires a seconcres, on ne peut avoir la mesure du temps avec precision, puisqu'elles eprou- VPnt des variations tres-irregulieres , dues au trans- port et a la temperature : e'est d'apres l'experience que I'auteur en a faite lui-me'me ' qu'il expose Ta necessity d'avoir une montre marine a defaut de pendule. La Soci^te , pendtree de l'interct que comporte 1'obJM de ce. memoire , a de suite nomme plusieurs membves pour faire, de concert avec le citoyen Ri- card , les di-ux observations qui restoient a faire lorsque le discours a ete lu ; et il a ete avrete que l(s me '.'b res nomm£s se transporteroient cbez le citoy: n Midy, place de la Pucelle , afin de Tinviter d'aero.der i'usage de sa terrasse pour 1'objet eu question. 2^4 Nouvettes UtUraires, Le citoyen Midy a accueilli avcc un vrai plaisir la demande de la Society, et s'est propose meme de fournir une lunette acromatique aux observateurs. Le temps m'buleux qui a eu lieu dans la nuit du n nivose n'a pas per'mis de faire ^observation. Nous attendrons done celle du i3 germinal, pour laquelle on aura peut-etre plus de bonheur. Il paroitra tous les samedis, a compter du premier mars, en la ville de Alcala-de-Benares , un papier periodique intitule : JPasatlempo Lllerarlo , Passe-temps litteraire , oil Ton inserera des articles relatifs aux progres de la morale , de la physique, de la chymie, botanique , mathematiques et autres sciences. On y ajoutera des poesies de tout genre , anecdotes et nouvelles curieuses. L'on s'abonne a Alcala-de-Benares , chez Lopez | a Madrid, librairie de Lopez, rue de la Croix \ a Salamanque , etc. L'Acad£mie royale de me'decine de Madrid , dans son assemblee du z'3 fevrier 1797 , a propose les prix suivans : i°. Six cents quaranle reaux seront delivres a celui qui resoudra le mieux cette question : « De quelle espece de phtisie heritent ordinal rem-ent les enfans de \eurs pare /is? quelle est la disposition dans les solides ou les liquides que les parens. Nouvelles ILttiraires. ^5 atfaques de phtisie communiquent a Ieurs enfans? quels sont les signes caracterfstiques de cette dis- position hereditaire? a quel age se ma:;ifesient- ila ? quels sont les mqyens les plus efficaces pour detruire cette disposition, ou du moius pour ar- reter ses eflfets? en quel temps doit-on commencer a employer cesmojens? enfiri, quelles precautions pourroit-on adopter pour attaquer cette propaga- tion hereditaire de la pktisj'e?* 20. Trois cents vingt reaux a celui qui donnera la meilleure resolution de ce probleme : a Quelles sont les causes les moius comities de l'extreme quan- tity d'avortons dans les g ra ndes populations ? avec quels moyens pourroit-on eviter ce malheur et obtemr une race saine et robuste? a 3°. Six cents quarante reaux oflerts genereuscrnent par une mere de fa mill... de cette cour, qui ne vent pasetreno^m.e^celuiquideterminera le mieux pourquoi taut de petits enfans p'rissent au moment ou ilsjbnt leurs deals , sur-tout les dents ceUUres plus encore quanq elles ne percent que tard , et les moyeus proves a emp&mer ce malheur? La dis- tention de ces prix se : fera en 1'une des premieres assemblies , apres le careWde Tan 179& Les me- moires et dissertations ne seront admis que jusqu'au premier mar, rycjS ; lis seront adresses francs de port, en langue espagnole ou latine, au docteur 3D. Gregor-o-Gar.ia-Fernanrl , z , secretaire de l'ac* demie de medecine , a Madrid. s66 Nouvettes Utt6raires. La branche theologique de la Societe teylerienna de Harlem propose , pour sujet du prix de 1798, la question suivante : k N'j a-t-il dans l'homme aucun autre princIpe (Taction que Pamour-propre , et toutesses affections et ses passions peuvent-elles etre rapport^es a celui- la ? ou r^side-t-il aussi dans l'homme des principes de bienveillance , etrangers a l'amour- propre , et qui peuvent etre considered comme absolument de- sinteress£s? » Le prix est une medaille d'or de la raleur de 400 florins ; les m^moires doivent etre ecrits en hoilandais, en francais, en latin ou en anglais, et etre envoyes avant le 3i d^cembre 1797. A l'academie royale des sciences de Stockolm , le docteur Metander Hlelm , professeur de mathe- mathiques, a succ6d£ , comme secretaire, au d6- funt professeur TVltke. Une chaire d'eloquence hollaudaise a 6t& depuis peu cre^e a l'Universite de Lejde , et elle a 6te conferee a mi pasteur anabaptiste de Dockum en Frise ? liomme Matthieu Slegetibeek. Le secretaire de la Societe latine de Jena, Immanuel-Gottlieb Huschke a etc" appcl6 a Leyde professeur de grec, d'aiclit'ologie et de immismatique. Un 'Nouvelles littiraires. 2&j Utf discours prononce a rUniversite" de Levde , le £i fY'vrier 1795, par le profcsseur Jean JLuz-ac > bt que I'auteur, apres Pavoir public en original , a aussi traduit et public en hollandais , traile de So- crate rive (de Socraie , eri visage comine cilojen.) La traduction est accompagnee de notes plus nom- breuses et plus ^loff^es. M. La&ac explique sur- tout d'une maniere savante , et il justifi." !e systems des anciens sur Varistocratie j systeme si eloigned de notre sans-culotisme, et me me" de nos modernes idees sur l'^galite politique. Maintenant ce discours a donne lieu a unequerelle, moitie revolutionnaire, moili6 philologique , entre son auteur et l'erudit Laurent Van- S 'ante n , curateur del'Uniyersite de Leyde. Une societ6 de savans allemands a concu le vasle projet d'ecrire une His to ire generate des progres de la civilisation jusqu^d.- la Jin da dtx-kuitibme siecte. Le conseiller-aulique , J. G. Eickhorn _, en a pubiie l'inlroduction sous le litre general tfAKge nieine gesckickte der cultu and liiteratur _, lequel est suivi de ce titre partic ulier Gesckickte der Kunst , etc. c'est-a-dire , Histoire des arts et des sciences , depuis leur restauration Jn,scju i & la fin du dix-kuitieme sieclc , par une society de §ens-de-!ettres _, premiere seclion , torn. I. A Hanovre, 1796 , in-3 . de 700 pag. L'auteur indi ;ue tiois periodes; la premiere, depuis l'an 1 100— 1450 f w la seule qu'il traite daus ce volume 3 ) la secon Je 3 Tome VI. R 258 NouveLLes lltttralres* depuis 1450 — i65o?; \\ troisierne , depuis i65o jus- qu'a nos jours. L'erudilion et la mlthqde caracteri-* sent son travail. II a paru a la meine £poque une autre fraction de cette gi ancle entreprise, sous le titre de Geschichte der Matkcmalik s etc. , c 7 es-a-dire, Histoire des MatJieinatUjues j par le conseiller-aulique Kcestner. On ecrlt de Londres que le comte de Rumford ( Thompson ) a remis a la societe rcyale milie livres sterling, pour la rente annuelle en etre con- verge en une medaille d'or a accorder au merleur memoire sur la theorie de la lumiere et de la chaleur. LIVRES' DIVERS. Sciences et Arts. Bulletin des Sciences j, par La Soci£t6 plillo- maUuque de Paris. Ceux qui font sou vent des recherches dans les sciences , ceux qui s'oceupent sur-tout de leur his- toire, savent ce qu'il en route pour fixer les de- couvertes , pour tiouver les epoques f pour con- r.oitre exactement les travaux de chaque auteur. D'im. menses lectures consommen! im temps qu'on pour- roit employer mieux, et la masse des faits etrangers LLvres divers, 45^ qui rerouvient en quelque sorte les fails qu'on cherche dans lcs monumens litteraires eloignent vsans cesse le but qu'on vent atteindre , multiplienf les routes oil Pon est force des'engager pour pafvenir, a traveis la foule d'objets indifforens, a recueillir celui que Ton desire. Voiia pourquoi les vrais savans airrient tant les onvrages concis; voila pourquoi le s\y\e laconique, et tout-a-la-fois harmonieux et poctique de Linnaeus, a fait et f ra toujours tant d'hommes solidement instruits. La SocieMe - philomalhique a senti l*impor- tance de cette concision, lorsqu'elle a concu Je projet d'un bulletin destine a mettre ses correspondans au courant de ses travaux et des decouvertes faites autour d'elles. L'experience de huit annexes a prouv6 que le mode qu'elle a adopte ptut etre de la plus grande utility pour tous les homines tres^occup^s. Quatre pages m-4 . par mois lui ont suffi jusqu'ici, non-seulement pour donner la note des faits nou- veaux , des decouvertes , mais meme pour faire connoitre assez exactement ces faits, pour annoncer le r^sultat des experiences , pour en repandre les avantages dans les manufactures, pour engager les amateurs a les renter, pour avertir le savant isole des travaux entrepris, commences, avances ou finis par ceux qui suivent la meme carriere i pour l'encourager a recommencer , ou l'avertir que ce qu'il cherche est deja kouv6. La Societe a pense que resserrer ces prcVieux avantages dans le cerr-le £tro!t do cent correspondans a-peu-pres , qui sont presque tous choisis parmi 2.6a Livres divers* ceux que leur reputation ou leur position mettent' le plus a meme d'etre infonnes immediatement des nouvelles scientifiques qui les interessent , ce se oit renoncer a tin des plus grands mojens de multiplier et de repdiidre les luinieres. En consequence, elle se propose d'ouvrir une souscription pour son bulletin; il en paroitra huit pages in-4 . tous les mois , redigees a-peu-; res corame le Numdro joint au present prospectus; les Numeros precedens seront reim primes si le public paroit le desirer ; le papier et les caracteres seront semblables a ceux de ce prospectus ; il y aura des planches lorsque la nature des articles Texigera. Le prix de L'abonnement est de cinq francs, en numeraire, par annee. Le bulletin arrivera franc cle port aux souscripteurs. Le Nuuicro premier pa- roilra dans la premiere decade de germinal , et les parte citoyen Chabert , dlrecteur de VEcoLe vtterinalre d'AlJort. A Paris , au bureau de la Feuille du Cultivateur, rue des Fosses-Victor, n°. 12, et chez Meuranl," li- brairv , rue de la Harpe, u°. 20 , an V, 1797 , itl-8°. Prix , 10 s. , et 12 s. , franc de port. On trouve , aux memes adresses , toutes les instruc- tions du meme genre publiees par le gouvernement. E CONOR! IE POLITIQUE. ExrnAiT d'un Memoire sur les mojjens de porter // Agriculture } toutes les Manufactures et le Commerce de 1 'ranee au plus luiut degre de splendeur et d'utUud publique } presente aux NegocLans francais r&unhsh Paris par le ti~ to yea Guilltauu j manufacturier d* Saint- Ktiennej et negotiant a Lyon , actucllenient a Paris. Chez les MarcIianJs dc: Nouveaut>*. Institution philantRopique. Secours pour les Noyes. Gbscjiichte and jetgige einrichtung , etc. , e'est- a-dire, Hisloirt et organisation actuelle des mouens etaUis & Bambourg pour le secours R 4 364 LLvres divers. des ISoijis , parG. 4. Gunther. AHambourg* 1794 , £/i-&°. de 86 pages , avec 5 gravures. Le premier eiablissement , pour secourir et sauver Jes noves , fut , a ce quM nous senble , forme a Amsterdam : il a c^lebre , en 1793, le premier quart de siecle revolu de son institution , et public a cetfe occasion le onzieme volume on Ccihier de ees Memoires. lis constateni que de puis 1767 , jusqu'a la fin de 1792,1a So^iMe avoit distribue 990 prix , soit en medailles d'or ou d'argent , soit en petites caisses d'instrumens relalifs a son important objet, soit en numeraire. Nous savons que le dou- zieme cahjer ne doit pas tarcler a paroitre , et qu'on y verra I'histoire de i35 nouveaux succes, L'exemple de cette societe a fruclifie ailleurs. On connoit ies boiies fumigatoires et autres secours etahlis en IVanee , ainsi que l'utile ouvrage du docteur Gar- dane. ISEumaue society $e Londres s'occupa singulierement aussi de cet objet philantropique. J/'opuscule que nous anpppepns a'ena point d'autre, coixmie il paroit par le titre. I/auteur lui-meine s'esiivertu^ daus cette honorable carriere. Ildecrit les divers crocs ou crochets , pinces , batelets , exhelles, paujers, usiles a JEEamhpurg , ainsi que les caisses d'instrumeus fabriquees en An^leterre par Cogaa et Kite, et que R^diick a perfei tionuees en AHemagne; la seringue fumigatoire , le double soufflet de Gorcy , le banc a rechauffiement de VHumane society, etc. Le tout est accompague d'utiles instructions, et termine par ['exposition de quelques cas remarquable?, Jjivres divers. 26S Juris prudence. Thesium controvcrsa rum juxLa scriem Digest o- neni ,, decades XX^ 111. A tltuLo ultimo iibru XXI I j usque adjinem librl XXV 11. Auctore Bavlo Voorvj. Accedit ejusdem dlssertatio ad l. 7 j 9^ 1 . D. solut. matrun, etc. ISec notv Lectionum et Interpretation-urn Tu LI lane a rum liber slngularls. A Leyde , chez Luclitn^ans et Herdingh, 1796, ln-8'\ Cet ouvrage est classique clans son genre. Son auteur est connu pour un des plus savans juriscon- sultes modernes, et sa pa trie le mettrr. , ou phi lot elle le compte deia a cote des Noodtj des ScfauL ting; des Bj/nAerstioe/c. etc. Elle eslime en m£rue-a temps en lui un chaud ami de !a liberie, un par* tisan des viais pi incites de la regeneration sociaie. Les Lectio nes TuUlanece sont partagees en vingt chapilres. Euir'autres passag.-s , il en est plusie.urs du traite de Officlls , qui recoivent iciun nou eau jour. Ciceron parle. souvent de la jurisprudence romaine, ou il y fait allusion; de maniere que, sans la bieu connoitre, une critique d'ailleurs sa- vante et judicieuse ne pent ni Pentendre ni I'ex- pliquer convenablement, Un des plus ceMebres jurisconsultes Bataves, mais a qui toutes l£s sciences ctoieni presc|ue egalement familieres , l'immortel Hugues Grotuis , a trauve dans un autre illustre £leve de Themis mi ap- 466 Livres diver fi preYialeur digne de lui. II paroit a Amsterdam, chez Pierre Van den Hengst s Laudatio Hugo- nis Grotil, auct ore Henrico Constantino CRAS, //i*8°. de 88 pagi C'est le discours par lequel nous avons annonc£, il y a quelque temps (i) , que le professeur Cras avoit remporle" le prix propose par l'academie royale de Stockholm. C'est cependant le mdrite de Grotius , comrae jurisconsulte , qui est plus pnrticuliercment d^veloppe" dans cet eloge ; et a cela il n'j a rien d'etonnant : Navita de ventis. Nous profitons de cette occasion pour faire con- ttoilre deux dissertations academiques nouvel!ement pubiiees par deux disciples du professeur Cras , et publiqueioenf sonlenues sous sa presidence , l'une de Jean-Melchior Kemper, Amsterdamois , sur ce sujet. Quod contra bonos mores JLat, ud jure raluni esse non oporterej Pautre par J. D. Meyer ^ d'Arnliam , offrant DubLa de Jkotnce Payne (i) Voyez le Magasin encyclopeiique , Tome II , deuxieme annee } numero 5 , page 122. Nous y avons occaiionni llement releve quelques m£prises, echappees sur le compte de G ran us » Rene - Louis' d'yli genson _, et nous - memes , par bevne , nous y avons mal design^ UB des ouvrages les plus connus de Grotius , son livre de Juie belli et pacis y en lui dormant le litre ^e celui de PufJ'endoiJ? " , JJroitde la Nature et ties Gens. Nous avons consign^ aussi quelqMes particulates peu con- nues sur Grotj/is dans le Nurn^ro 19, Tome V, page 089-407. Aux vers latins qui s'y trouvent sUr 'a caisse oii il fat enferme p)ur sortit du chateau de Loevesfein > la fcasffjle hollandoise, or. n'd sera pas fache peut-etre de pouvoir joindie ceux-ci sur «a detention dans ce chateau noeme , heureuscment parodies Liures divers. 267 doctrina : in jure publico ci v Licit um 3 posteros ex majorum pactis corwenUs non oMigarL Ce dernier jeuue homme, juif de naissance, est cite dans les journatuc hollandais comme un prodi«e d'erudition pr^coce. II a publie cetle dissertat on a peine age de seize ans ; a onze ii se distinguo t parmi les disciples de Wultenbthik pour la litio rature ancienne , et de Van-Su-inden, pour les sciences exactes. Physiologie. Manuel dn PkyslologLste } ou propositions fori- par P. Burman-le-Second , du commencement de la dixituie neroide d'Ovide. Coptus in hac teneor 3 claustnsque co'ercitus , arcc .* . Est miki supplicii causa 3 fuisse pium. Lingua quod haud timuit patrice dejendere leocs 3 Hec domino jamul am se dare, plector ego. Sum reus 3 et summi me raptt.m e sede senatus , ( Hac pieias meruit ptwmiiz , ) career habet. Esse renin prcestat sic 3 qnam servire tyranno : $ion piget immunes vinculo, jerre, mama. Carntfiei licet hoc jugidum quoque Uadat , eodem TJt j patriot cecidit quo pater , ense cadam , Jfon iamen , ut dicam morienti 3 pcehltet , ore 3 ^4udiet 3 aut vitam supplies voce rogem. Fceniteat sceleris dominum 3 dominique ministros. Hie solet eventusjacta pudenda sequi . Iln'est pasbesoin d'avertir que le tjran est Ir stathoudw? Mauriee 3 etle pert de la patrie 3 Bam6t , eld i *68 Livres divers, damentales dc la science de Veeonomie anU male. A Mctz , Pan cinquieme de la Bepublique. Tel est le titre du prospectus d'un buvragede phy- siologic inleressant , dont l'auteur , qui s'annon^e corame rhedeciu des hopitaux r militaires , n'a pas fait connoilre son nom. Dei que Pouvrage promis paroitra , nous en donnerons un extrait. Topographie. WoticiAs varias y curio ses de Madrid £ para el anno 1797. — Notices variees et curieuses de Madrid pour I'annee 1797., servant de supple- ment aux guides en cette cour. On les trouve , avec ce'lles des annexes prec^delites, chez Castillo , vis-a-vis Saint-Philippe , place de Saint-Dominique, Hermeneutique sacree et Theologie. Von Erlosser der Menscken -■-, etc. , c'est-a-dire, du Sauveur des Hommes , d'apres les trois "Evangelistes j par J. G. Herder ^ 1796^^-8', de 304 pages. Herder j a qui nous devons plusieurs productions remarquables, est, sans contredit, un des th£olo- $iens allemands les plus distingues, un deces hommes Leu res diver Si 269 genereux qui, secouant d'antiques. entraves, sem- blent avoir pris pour devise : Nullius jurare in verba mdgistxi. Ce volume, formint le second de ses C/iristUcke Schriften y ou Merits concernant le Christianisme , contitnt cin | mdmoires aussi pr£cieu\' que concis. Le premier a pour objet de prouver que les evangiles sont des tcrits authentiques composes pendant la se- conde cinquantaine du premier siecle de l'ere chre- tienne , par des hommes qui , sortis du sein du judai'sme , avoient embrasse la nouvelle doctrine. Le second traite des idees des Juifs concernant le Messie,et de la maniere d'interpreter les ecrivains sacres recue avant J. C. et de son temps. Le troisieme orfre I'histoire de Jesus. On etablit, dans le qua- trieme, que les Evangelistes nesont pas deshistoriens grecs, et qu'ils ont conserve le ton des anciens pro- phetes. Leur theme est de prouver que Jesus est Le Christ. On discute , dansle dernier, si les prophecies de l'ancien Testament sont une des bases du Chris- tianisme. L'auteur promet une suite , ou il envisagera le qua- trieme Evangeliste , et il fait aussi esperer une nou- velle traduction allemande du nouveau Testament. ObservJtiones P kiLologico-criticce de P salmis bis editos , scripstt Ger. Bentfiem Redduigius , civis Acad, irancquerane. A Franeker , 17^5, in-&°. de 100 pages. Essai academique, qui donne des esper.ances. 3.^6 LiVres divers. Erlautervngen j etc., c'est-a-dire , Eciaircls* semens sur Le premier Liu re de Samuel } el sur Les Proverbes de Salomon , par C. G. Hens^ ler j pro fes sear de 1 ke'oLogie a Kiel. A Ham- hourg et a Kiel, chez Bohn , 1796, t/i-8 . de trots cents dix-huit pages* Ouvrage tres-recommandabfe dans son genre. Bibuotiiek fur Krilik j etc., RecueiL pour Let Critique et Cexigese du Nouveau Testament , et pour C RiStoire ecclesiastiqu e du premier age j Tome 1 j Partue 1 ^ 1796 ,, in-8°< de cent qualre-vingt-deux pages* Cest le premier cahier d'un journal dont il en pa- roitra quatre par an, et qui s'annonce bien. Comment At 1 ones de Legis Mosaicce momenta et ingenio j, coLLectione et effectibus , particuia 1 _, 1796- A Guettingue, in-4 . de 16 pages. Le docteur StaudLin se propose de rechercher, i°. si la loi mosai'que contient une religion; 2 . de quelle maniere la compilation decetle joi a ete faite , et si toutes les'inslitutions qu'offre le Pentateuque,sont de Moyse; 3°. d"ou peuvent venir les eflets aussi ex- traordinaires qu'&endus et durables qu'ont eus ces institutions. La premiere question est traitee dans ce premier programme. fjlvres divers. tjt Le docteur V aulas a public , u Jena , deux disser- tations i-ein:u.juables ; la premiere , de HLstona, Cerintlii , quae, ad Judceo-Christiancsmum et ca- nonical Apocalypseos jata ilLustranda perlingit; la eeconde, de Historia Cerinlhi^ qua: ad Judcco- Gnosticismum etEvangeluet Epislolarum Joan- nis fata illustranda pertinet. Einleitung In die Apokrijpkuschen, Sckrlf- ten _, etc. , c'est-a-dire , Introduction aux e'crits apocnjpkes de Pancien Testament _, par J. G* Eichhqrn. A Leipsick, chez Weidmann, 1795 3 in-8°. Le nierite connu de l'auteur est tin garant irrecu* sable de la bonte de ce nouvel ouvrage. BettrAqe zsurErklarung j etc. c'est-a-dire, Nou* veaux eclaircissemens sur Le Cantique des Cantlques j CEcclesiaste et Les Lamentations {de Jeremie) y par Le projesseur Gaab _, de Tubingue j 179.5., in-8°. de 12.2 pages. Le meme savant a aussi public, en 1796, un ou- vrage pared sur les premier , second et quatrieme Livres de Moyse j in-8°. de 134 pages. Ces remarques sont £galement recommandables par la brievete , I'erudiliou et la sagacite. HlSTOIRE CIVILE. T'ersuch einer Kulturgescklcfite , etc. c'est-a-dire, zyz Litres divers. JEssat d'une Histoire des progres de la civilisa- tion cfiez, les dijj'crens peuples de la Grcce , par Jean-David Hartmann _, prqfesseur de Philosophic & Her/ordj Tome 2. A Lerngo, 1796 ) in-8°* de 608 pages* Ce premier volume s'etend depuis l'qrigine conrrue des Etats de la Grece jusqu'a !a de7aile des Perses a Salamis. Dans un suivant , l'auteur doitconduire cette liistoire jusqu'a la destruction de Corinthe par les Remains. 11 presente les Grecs sous un point de vuer inleressant , et il n'e^t pas au-dessous de sa ta che. Tafeeel, etc. , c'est-a-dire, Tableau de P Histoire de la demiere revolution des Provinces- Utiles , par Corneille Rogqe, A Amsterdam , chez J. Allart, 1796, m-8°. de627 pages. Ce tableau est bien eoncu , et execute d'une ma- niere estimable. Le style est pur, et d'une noble sim- plicity. L'ouvrage respire la philantropie et le patrio- tisms. Des considerations fort sages sur les ruoyens de prevenir les revolutions pourroient servir a le prouver. La partie rypographique est soignee. II y a une Carte itine'raire de l'armee francaise, et, de plus, quatre gravures. Histoire ecclesiastique. Pontificum Romanorum, d, S. Clemente I ., us- que ad S.Lt'onem M. Eplslo(& genulnce , et qua? Livres divers. 2 n3 quce ad eos script* sunt, J quotqaot hactenus repcrirlpotuerunb, duobus volumlnlbus com- prehensce. Ex recenstone el cum notis Petri ConstantU et jratrum BaUeruiorum. Curante C. T. G. Schoenemann ; Tome 1. A Gof- tingue, chez Dieterich, i 79 6, in-W de 9 3 4 pages. Texte plus correct , notes moins diffuses, addition de pieces imporlantes, tels sont les litres qui recom- roandent cette nouvelle edition. D'aiileurs, la pre- miere ne se rencontroit pas communement. HlSTOlRE LITTER A IRE. 'ABitANDLUNGENfur die Gcscklchte , etc., c'est-S-, dire, Iraltes concernant I'histoire et les traits caracterlsUques da stole Is me modern e , sulvls d'un essalsurla morale c/irellenne^ kantuennc el stolcienne, par C. P. Conz. A Tubingue, 1795, cn-8°. de 175 pages. Les Affiches lltteralres de Gottlngue annoncent cet ecrit avec beaucoup d'elog^s. Allgemeines Schwedlsc/ies Gelehrsamkelts-Ar- cklf, e'est-a-dire, Archives generates de I'etat des lettres en Suede sous le regne de Gustave 111 (e'est-a-dire, depuis 1773 jusqu'a 1795 ,) par - Clir. LudekEj en sept volumes > dont le pre- mier a para en 1781^, le dernier en 1796. A Stockholm , chez Feind , m-8°. Les branches les mieux loties paroissent elre celles Tome F~l. S 274 Livres divers. de Fhistoire politique j de la geographie , de la mMeeine , de PListoire r.aturelle , de Peconomie. Les Suedois sont riches en cartes geographiques et marines. Le premier volume de V Atlas de la marine j pubtie en 1795 par le vice-amiral IS'or- dcna/iAer j merite d'etre distingue. On s'occupe en Suede cPune nouvelle traduction de la Bible: \\ en a paru ton Essai eh foime de prospectus en 1792. Dans la in erne annexe Warmhol* a termiue, par la publication du septieme volume, sa Biblio- theca E-ustorico-SutO'GutliLca. Ganander a pu- blic a Abo, en 1789, une Mythplogia Fennica , et il paroit en ce moment ^9 caniers ? c'est-a-dire, apeu-pres la moitie d'une nouvelle edi ion de la Chromque a'es eveques de lUnlande par Paul Justen. Les Suedois traduisent beaueoup de Pa'le- mand , moins de Parglais et du francais. Li premier journal litter; ire cjui ait paru en Suede est cekij du cjoiteur Ola us Celsius en 1742} mais le nombre s'en est assez considerablement accru. La Suede a deux academies ou societes des sciences , Pune a Stockholm , Pautre a Up. c al .' une societe p^trio- tique d'agiiculture 5 une J^ro fideet Chrtstianismo / une de physique et d'histoire naiurelie a Lund; une de beaux arts et de sciences a Gothenbourg; une intitulf'e^ Utile dulci ; enfin une Acadenne royale suedocse ^ ion dee en 1786, Ddmiri , Hariri , Fo- ruzabadi ., Gjeuharij Masudi } etc. FursiowGus Syrusj seu historia animalium XXXI 1 j in sacra scriptura memo rato rum y Syrlace , e codice Bibliothecce Vaticance nunc primum edidit _, vertit et iUustravit 01. Gerh. Ttchsen j Ser. Duel regnanti du consil. aulcs. A Rostock, 1795 , in-8 Q . de 195 pages. C'e^t un fragment d'u'n manuscrit syriaque j vrai* semblablement unique dans son genre , que pos- sede la bibliotbe jue du Vatican, el dont le savant £diteur a eu communication par la protection du cardinal Borgia. Geschighte der Maurhanischen Koenige _, etc. > e'est-a-dire , Histoire des Rois de Mauritanie > e'erite par PhUid fieri arabe Ebulhalzam Aty Ben Abdallah , Ben Ebi Zeraa , natif de Fez, , traduite de I 'arabe en allemand, et enrich le d* observations 3 par Francois Vou Dombay, in- terprete pour les Langues orientates sur les frontieres de t'Empire. A Agram , en Croati? , de i'imprimerie £piscopale, 1794, in~8°. Cet ouvrage est important pour Phistoire de Llvres divers. 279 PArabie ; il contient cvlie des dynasties des Edri- ciiies_, d^s Zeiaus ou Ze'nites et des Morabites. Le savant Dunvhay est riche en manuscrits arabes ; il en donue la l.ste , et nous en livre cet echantillon. L'imprimeur-libraire aulique Hraschanxky , a I.ivourne , s'occupe clepuis I uatre aim es a nous donner une nouvelle- edition du Talmud. Elle est annon Clarke et Ernes ti avoient laisse a glaner apres eux , et le savant Wotf a encore bieu merite du prince des poetes des Grecs. XenophontiSj Ephesii j de Antla et Abro- come Ephesiacorum ilbri V ^ recensultj supple- vltj emendavit j Latine vertit _, adnotatio- nlbtis aliorum et sues Ulustrav it 3 indicibiis instruxit Aloys. Emerlc. Liber Baro Locella S. C. R. A. M. a cons. aul&. A Vienne, chez Blumauer (quoique le titre porte a L£ipsick ), 1796, in-4 . de trois cents quatre pages. Ce roman grec , 6crit , a ce qui semble , vers le commencement du quatrieme siecle , et dont M. Jour~ dan de Marseille nous a donne" une traduction franchise en 1748, a^ trouv£ ici un editeur dis- Zlvres divers. 281 tlnoue. La traduction latine est nouvelle -, et 6ga- lement reoommanrlable par son elegance elsaclarte. Leg remarques peuvent etre comparees. a celles de d'OrvUle sur le Chariton , et l'on n'a pas neglige de tirer parti de celles que cet helleniste hollaudais avoit publiees sur les Epkesiaques , tant dans son Edition du Chanton que dans les MisceU. Obseiv. 'AvUKgioyTOs Ttjiov MtXti, TU7rio$svT<6 v rv\ *Aylct ITsrgeu- rotei, TU7rois Tou'Ehhyvixov MovroTgatpttou } 772-4°. I794> " Cette edition d'Anacreon, faite a Sain-t-Peters- bourg , est remarquable par son elegance , par la beaute d,u papier et des caracteres. Eile est accom" pagnee d'une traduction russe et de notes dans la meme langue au bas des pages. nXouTct£%oo rov Xaifjiviag tci H&iKct. Plutarc/li j C/lCE-> rone uses , moralia , id est j opera ^ except is vitis y reliqua. Grceca emendavit , notationem emendationum et Latinam Xylandri inter- pretationem castigatam subjunxit p anltnad- versiones explicandis rebus acvcrbis,itcm indi- cescopiosos adjecit. Daniel TVyttenback j Hist. Eloq. Lett. Gr. etLat. in ILL.Atken. Amstetod. Professor. Oxonice 3 e typographeo Clarendo- niano_, 1795 _, T. 1,P. ljta-8 . de 478 p. (sans compter 172 p. de ProLegomenes ) ,' T. I , P. 2 , p. 48i-974- II en paroit en meme^temps une Edition in-4 . iSi Livres divers, grand format. Nous nous bornorts a annoncer ici rette Edition si long-temps et si justemei.t dcsiree. Nous y destinons une notice particuliere. Ar/cj Ato-zvXov T^ccyaiS'ieii t7rTtt.Gl1lsgu.CDj In AedlbliS Academlcis , excudebat Andreas Founs j AcaJcmice Typographic , 1705 j In-fol. C'est une magnifique edition d'Esehyle , sans scliolies, sans fragmeus, sans version, sans notes, sans preface. La titre ne porte pas non plus le norn du savant a qui elle est due • mais on ?aif que c'est Td'rton ,' professeur a Cambridge , que les Anglais regardent comme un autre fientleij. L'tr.riversite" de Cambridge ayant achet6 les manuscrits de la bibliotheque iX Askew _, ils ont utllem Mit servi a lanouvel'e recension du texte dans ce chef-d'oeuvre tvpographique. Le f^cond Gilbert Wa 'e field a donne une nouvelle edition de Blon et de Moschus , a Londres , cbez Kearsly , 1790, m-12. Le meme libraire a im; rime la meme annee, du meme ant?ur , SuLva Cntlca j slue In auclores Sacros Prqfanosque Commentarlus ^) kilo logic us , pars qalnta et ultima. P O E S I E F R A N C A I S E. La Jerusalem de^ivree, tradulte en vers fran- cals par Baour-Lormian. Cette seconde edition forme deux volumes in-q>. Livres divers. *83 EUe est orn£e de quarante-une gravures dessinees par les plus habiles maitres ; la musique des ro- mances est de Plantade. On la trouve a Paris, rue Saint-Pierre, maison de la Reunion , n£ 17 , quarter Montrcartre ; chezTiliard,e.liteur,enclosd^ la Cfte, n°. 12, ; cliez Cerioux, libraire , quai Vo'taire , o°. 9. POESIE ARABS. Specimus of Arabian Poetry. — Eckantillort de Poesie arabe depicts les temps les plus recules jusques a ['extinction da Calif at ± avec une courte notice sur les auteurs de ces Poesies , par J. D. Carltle. Cambridge , 1796 , in-4 . M. Carlyle range ces po?sies dans un ordre chro- nologique; tiles sont accompagnees de notices tresr- interessanles. La littera'ure crientale est aujourd'hui tres-cultiv^. en Angleterre. P O E S I E - L A T 1 -N E. Jo. Adr, Nodell y carminum Sytloge altera, prceter Elegias XXXvaria varii generis poe- mataexliibens. A Rotterdam, 1796, in-fr. de 1 52 pages. L'eMe*gie, intitule: Homerus j et celle stir la di- cadence des etudes se distinguenL On ne peit a ^4 Livres divers. Irop gemir sur cette decadence , et rappeler cepreV ceple d'Horace: "Vos cxempiaria Grceca Nocturna versate manu / versaU diurna. On s'est beaucoup moque' dans ces derniers temps de la manie d^crire en vers latins. II est plus aise sans doute de plaisanter sur cette matiere que de repondre aux excellentes raisons deduites en fa- veur de cet amusement litteraire par le savant P. Brumoy , dans ses PensAes sur la decadence de la poesie Latine en Europe , qui se trouvent a la tete du premier volume' de ses divers ouv rages en prose et en vers. A Paris , 1741 , en 4 volumes in-12, dont les trois premiers coutiennent ses poesies latine s j et , dans ce nombre , un poems en douze chants sur Les passions (de molibas animo,) et un en quatre chants sur Yarb de la verrerie ( de arte vitriaria , ) accompagnes de leurs traduc- tions. La suppression revolutionnaire des colleges a ports' en France le coup de grace a ce genre d'e- crire. En Hollande encore 1 * ^Apparent rail nantes , et de ce norribre est le citoyen Nodell ; mais que les Bataves se donnent garde des novateurs outres , et des financiers a petits moyens, dans la regeneration de leur systerne scholaiie ! Lev res divers. 285 Musje Etonlenses > sen CarmLnum Delectus , nunc pr'unum in lucent edit us , T. I— III. Etonian f apudeditorem 179.5 ^ cn-S°. Ce sont des esssais de po£sie latine non-seule- ment, mais encore grecque, sorlis du college d'Ea- ton. Le tome II, pag. 38,, offre une idylle gredque remarquable , composed en 1765 par le faraeux Charles Fox. POESIE ESPAGNOLE. Cartas de Helot/ sa , y Abelardo. — Lettres d'Heloise et Abellard , en vers espagnols j la, premiere tradulte d'apres cellede Pope en an- glais ; la seconde d'apres ^original , pu- bllees avec des notes , a Salamanque , par D. Francisco IoscAr^ Iniprumeur. Se trouvent a Madrid, chez Barco , rue Saint - G-eronimo; a Barcelone , etc. POESII ANOLAISE. The Sea. — La Mer , Poeme > par M. Bil~ bake. London, 1796, ln-8 ., 74 pages. M. Bildake est un des poetes les plus estirads au- jourd'hui en Angleterre ; le sujet qu'il a choisi est vaste , et prete a une suite de descriptions oil de recits d'aventures extraordinaires. &86 Litres divers. POESIE ITALIENNE. JHrjiNES de Sapho } no ewe I lenient dicouvertes , et traduites j pour La premiere fois _, en /ran- cais j avec des notes et une version italienne 9 . par J.- B, GrAinville _, de CAcademie des Arcades de Rome j avec cette epigraphe ; Spiral adhuc amor 3 Vivuntque commissi colores CEolice Jidibus puellce. L'amour respire encore dans ses ecrits, et le temps n'a pu 6teindre les feux qu'elle avoit confi£s a sa lyre. Horace. Paris , chez Rollan , libraire , au coin de la rue Palu , vis-a-vis celle Notre-Dame , numero I , I'an V , 1796. Roman. Gerard de Kelsen _, ou VOrigine d' Amster- dam , nouvelle historique en sept livresj par Mercier de Compiegne, niembre da Lycee des Arts j seconde Edition _, un volume m-i8j ornd d'une gravure en taille - douce , et de nouvelles vignettes et Jleurons graves sur bois par le meUleur artiste en ce genre. Chez Pauteur, libraire, rue Champ-Ueury , n°. 97. Prix , franc de port , 2 liv. Cette Edition est augmented de plus d'un tiers; ; Llvres divers. 26*7 Pauteur y a fait des changemens tres-heureux : la reputation de ses autres ouvrages est tin favorable augure pour le succes de celui-ri. Beaux-Arts. Neve Miscellaneen artustichen Inkalts fur KiiristL r and Kunstliebhaber. — Melanges conce/ riant les Arts j par Jean - Georges ]\Jev*el , trolsieme Cakuer. JLeipsick , 1796, in-8°. Ces ribnveaux melanges font suite h un premier re- cueil que M. Meusei a d^ja ptiblie sous le meme litre, et qui forme cinq volumes. Ce cahier contient, comme a Pordinaire , des dissertations et des nou- velles relatives aux arts. On y remarque — une ana- lyse des idees de Kant, sur les arts, par Frederic Grillo; — des notices sur Jean - KL»nri Tischbein Guillauine Bottner , Jean-Auguste Nahs et Pierre Brandel, ptintres; — une di s rialion de M. Brnck- man, sur une pkrre gravee , qui oflre quelques hieroglyphes , avec le mot ANTHroS 5 — - une note de meme Mir une fraude de nouveaux graveurs italiens, pour downer aux pierres gravees modernes ce mat qu'ils apeellent La patune ; — un essai sur les matieies employees chez les auciens par les statuaires et les sculpteurs : — des descriptions sur plusieurs tableaux importans ; — une notice sur Lysippe, statuaire grec du t«-mps d'Alexandre : — dc*s nouvellesliiteraires et n^crologiques relatives aux artistes. *88 Litres divers. II paroit tous les trois mois un numero de cet in- teressant recueil 5 quatre forment un volume. Melanges. Essays by a society of gentlemen at Exeter y ln-S\ — Essai par ane socle' te de Litterateurs & Exeter. Davies , 1796, ln-S°. Les leltres sont extremement cuhivees en Angle- terre, non-seulement dans la capitate, mais encore dans les provinces. Ce volume des essais de la societe d'Exeter contient plusieurs memoires tres-interessans , tels que — des remarques sur la population des diffe- rentes contrees de l'Europe , et principalement de l'ltalie; — des observations sur quelques Cromlech , des urnes , et d'autres monumens de Devon ; — un essai sur la fauconnerie ; — un essai chronologique sur le,mode de computation de Ptoleinee ; — des observations sur l'lris ; — une dissertation sur la raythologie et le culte du serpent 5 — une autre sur la reputation litte>aire et sur le caractere historique de Shakspeare; — quelques observations surHesiode, Homere , et sur le bouclier d'Hercule et d'Achille; — une description de la vallee de pierres du voisi- nage de Linton, dont les situations romantiques ont ete plusieurs fois dessinees j — des observations sur la decomposition et la combinaison de la lumiere, d'apres les principes chymiques 5 — une apologie du caractere et de la conduite de Shylock. Celte indi- cation suffit pour faire connoitre l'importance de ce recueil, et en faire d^sirer la continual ion. TABLE Des articles contenus dans ce numdro. M A M M I T E RE $. JL. T. H. Roman d' Apollo- J. -D. Pasteur. Behnopte na-\ nius , 32a turlyke bis tor U , etc. 1^5 j PoESIE ScANDINAVE. En TOM o LOG IE. C. Hwass, fils. Chant de wort La Treille. Exti aitd'un precis] de Lodbrog , 225 des earacteres generiques des\ NouvELLES LITT^RAIRES. • insectes } etc. ibo Socitle d' emulation de Rouen, Helmintologib. I 240 Extrait d'un Memoirede M.de Abonnementd'un papier perio- Jurine 3 sur le Monoculus auadricornis • Linn. l55 CONCHYLIOLOGIE. Mesai*. Observations sur les Conqnes } etc. l56 BOTA NI QU E. dique en la villt de Alcala- de-Bcnares , 2$$. Prix proposes pa? V AcademU rojale de Madrid , ibid. Prix de la Sociele teylerienne de Harlem } 256 Boucher. Sur les maladies des'Mortdu Pi ojesssur fVilke,ih. arbres f l5o. Creation d'une chaire d'elo- Extrait d'une Dissertation du, quence hollandaisc a I'Uni- citoyen Ventenat _, sur le\ versile de Leyde } ibid. Phallus , l6l\Discours prononcd a VUniver- A N A T O M I E. J tiU de Leyde , *5y LeVeilld. Sur le trou central de\Societe de Sarans Allemands, la Re tine , l63' ibid Tenon. Sur la croissance des Prix d'une medaille d'or, 258 dents du Cheval , l65 LlVRES divers. C h t m 1 e. Sciences et Arts. Macquart. Note sur V Abes-\Bullelin des Sciences , pari* ioide , 166 Sociite philomathique de Ba- MEDECINE. Emmanuel Rizo. Extrail de la noucelle doctrine medicale de Broivn , etc. 168 H I S T O I R E. F. Grigny. Suite de I'etat des villts de laGaule-Belgiq. iy5 BlOOlAPHIE. ns , ibid. Parmentier et Deyeux.Biblio- theque physico-economique y etc. M 09 Botanique. G.Vrolik. Dissertalio medieo- botanica > etc. 261 Chirurgie. Vie de Salomon Gessner , tra- P. J. Van Maanen. Oratio d» duitede I'allemand de iH.Hot-' studi ) c/ururgico 3 •tc. 26a Art vet6rinaire. tinguer , VOYAGES. Chabert. Instruction sur la Voyage en Hollande , etc. 206 manier* de conduire et gou- HiSTOlRE LittERAIRE. J verner les Vac/ies , 26J L-ttie de R. Desgenettes a A.) Economic politique. L. Millin,j«/- les Projesseurs Guilliaud. kxtrait d'un Mi- de Bavi* , 218 { moire sur les may ens de porter 2' Agriculture , etc. , au plus haut degre de splendeur , 263 Instruction philantropique G.-A Gunther. Sccours pour les Noyes , ibid. Jurisprudence. Bavio Voorda. Thesium con- froversarum juxta seriern di- gsstorum , etc. a65 Physiologic Manuel du Physiologiste, etc. 267 Topographic Ifoticias cartas y curiosas de Suite de Id Table. Grammairc Synonymie allemande , 275 Littirature orientate Mediani proverbiorum sirabi- corum pars , etc. 276 O.-G. Tychsen. Physiologus Syr us , etc. 278 F. Von Dombay. Geschichfe der Mauntanischen Koenige y etc. ibid. Lilteralure grecque. U. Wieland. seum , etc. Modi id , etc. _/:o slnthologia grepea j sltiiches Mu- 279 280 Hermeueutique sacree et Theologic J.-G. Herder, Von Erlosser der Manschen, etc. ibid. G. Benthem Reddi ejus. Ob- servationes Pliil.it :>;ico-cri ticce de Psalm, hi editis,26g C.-G.Hensler. ErL. Urungen etc. 270 EibliothekJ'ur.hitik, etc. ib Commentationes de legis Mo- saics momento et int*enio,ib. J -G. Eichhorn. Einleitung in die Apokryphischen Schrif- ten , etc. 371 Gaab. Beytrage zur Erklarung, etc. ibid. J.-D. Hartmann- Versuch einer Kultur%eschiehte , ib. Corneiiie Rogge. Taj 'reel , etc. 272 Histoire ecclesiastique. C.-T.-G. Schoenemann. Pon- tificum Romanorum dS. Cle- ment T , etc. ibid. Histoire litterairc C.-P. Conz. Abhandlungen Jur die Geschichte, etc. 27 3 C.Lu&cke. Allgemeines Schwe- disches , etc. ibid. Biographic Memoirs of tlie life and Wri- tings, of Robert Robinson } 2<]5 Vita di Antonio Cavallucci , 4ic. ibid. Xenophontis Opera , etc. ibid. Anacreontis Opera , etc. 281 Plutarchi Ooera , etc. ibid. JEschili Tragedies , etc. xQst Literature. La Jerusalem dclivree , trad, en vers francais par Baour- Lormian , ibid. Poesie arabc J.-D. Carlyle. Specimen of Arabian Poetry , etc. 283 Po6sie latinc J.-A. Nodell. Canninum Srl- logc altera , etc. ibid. Mustr MtonUnses , etc. 285 Poesie espagaolc D.-F. Toscar. Cartas de He- loysa , etc. ibid. Poesie anglaisc M. Bildake. The Sea, etc. ib. Poesie italienne. J -B. Grainvillc Hymnes de Sap ho t etc. 286 Romans. Mercier de Compiegne. GJrard de Velsen , etc. ibid. Beaux- Arts. J.-G. Meusel. Neue Miscel- lancen artistichen , zdf Melanges. Essays by a societyof gentle- men a Exter , etc. 288 (N°. 23.) M A G A SIN ENCYCLOPEDIQUE , o u JOURNAL DES SCIENCES, DES LETTRES et DES ARTS, R E D I G t Par A. L Millin. ., AVIS DES t D I T E U R s( Le prix de ce Journal est fixs : «i 9 francs pour trois mois , 18 francs pour six mois , 36 francs pour un an , tant pour Paris que pour les Departemens , franc de port. O N peut s'adresser au Bureau du Journal pour se procurer tous les Livres qui paroissent en France et chea l'Etranger , et pour tout ce qui concerue la Librairie an- cienne et moderne. V j e Journal , auquel la plupart des hommes qui onl uu nom distingue, une reputation justement acquise dansquelque partie des arts ou des sciences, tels que les citoyens Bitaube, Caba^is , Caillard, Chjsmcr 3 ToniC VL (2 ne . All.) PAUBENTON, DeIILLE , DESFONTAINES , Doiomieu, FONTANES , FoURCROY , HaLLE , HAUY , HERMAN , Lacepkde, Lagrange, Laharpe , Lalande, LaMARK, L.ANGLSS , LAPLACE, LEBRUN , LeROY, L'HERITIER , MeNTELLK , MORELLET , NOEL , Oberlin^ Pastouft , Sicard , Sua'rd , etc. etc. contribuent, contient I'ex trait des principaux ouvrages nationaux; on s'attache stir- tout a en donner une analyse exacle, et a la fair e paroitre le plus proin- ptement possible apies leur publication. On y donne une notice des muilleurs Merits impriines chez Petranger. 'o v On y insere les m£moires les plus interessans sur toutes les parties des artset des sciences ; on choi- sit s r - tout ceux qui sont propres a en accelerer les progres. Ony publie les decouvertes ingenieuses , les inven- tions utiles dans lous les genres. On y rend compte des experiences nouvelles , de la formation et de l'ou- verture des Museums. On y donne un precis de ce que les seances des societes litieraires ont offert de plus interessant , une description de ce que les depots d'objets d'arts et des sciences renferment de plus curieux. On y trouve des notices sur la vie et les ouvrages des Savans , des Litterateurs et des Artistes distingues ciont on regret !e la perte, enfin , les nouvelles htte- raires de toute espece. Ce Journal est compose de six volumes in -8°. par an , de 600 pages chacun , et de gravures en regard des articles qui en exigent. II paroit tous les quinze jours un numero de 9 leuilles. On s'adresse , pour l'abonnement, au Bureau du MagasinEncyclopedique, chez le C. Fuchs, Libraire 3 rue des Mathurins , hotel de Ciuuy. II fa ut amaiicliir les let lies. ±89 MATHEMATIQUES. TrAite de CaLcLbL dijferentiel et de Calcid 'in- tegral , par J. A. J. Cousin , de VInstituL national des Sciences et des Arts j avec . cette 6pigrapke : Opus hoc asttrnum irrevocabiles habet motus ; Hoc probari , nisi Geomelrce adjuverint , non potest. deux volumes ift-4 ., seconde edition. Chez Bei> nard et Regent. JlIiX poser avec ordre et precision, dans un seul corps d'ouvrage , Ies theories qui ont occup£ les geometres les plus c^lebres depuis Descartes jusques a ceux de nos jours, les soumettre a One m£ta« physique qui en eclaire les profondeurs _, et en £carte les difficultes, c'est faire l'histoire la plus interessante de l'entendement humain. Cette entrepriss ne peut avoir 6t€ concue et exe*- cutee que par le metaphysicien le plus profond et l'analyste le plus exerce. L'auteur reunit ces deux qualites au supreme de- gre ; dans un savant discours preliminaire il pose les vrais principes du calcul et de la geome^rie : ies decouvertes les plus importantes y sont prtf* Tome VL T f^o Malkirnatiques. senses avec beaucoup cFinteret. C'est-la qu'il d£- veloppe cette excellente me^aphysique qui devroit servir de base a ioufes Jes me^bodes de raisonne- uient, cetle metapbysique entierement fondle sur Porigine et la generation des idees que nous ac-i querons par la voie de l'analyse. Elle depouille nos idees de ce qu'elles ont da sensible pour les rendre purement intellectuelles ou abstraites. Ces sortes d'idees deviennent le fonde- nient de toutes les sciences exactes 5 mais elles n'ont d'autre existence que dans Pentendement : on a besoin , pour la fixer, de signes ou de notations ; et c'est dans leur choix que consiste Pexcellence de Ja methode et Part du raisonnement. ISalg&bre en est un exemple frappant. On ne parley on ne raisonne 5 on ne pense que par le moyen de ces id£es abstraites representees par des signes. I/analyse sert a determiner nos idees ; elle prepare les mat£riaux a cette vraie et same metapbysique , qui est la base et le fondement de toutes les connoissances humaines; c'est elle qui cree les langues, les systemes, les sciences , les tbeories , pourvu que Pon ne la confonde pas avec ce cahos d'idees values , source des plus grandes erreurs etdes plus grandes'absurdites. C'est la science par excellence , les matbematiques en forment la plus belle application. Voila d'apres quelle metapbysique Pauteur ex- plique les diverses tbeories du calcul et de la geo- metrie; il fait voir que le calcul des modemes , la geomitxie trauscendante ont leurs principes puis$s Traltd de CaLcul differential. mqx dans la naiure raerae des rapports : il y a dans son ouvrage un chapilre entier destine a le d£mon« trer ; il prepare son lecteur a ce nouveau genre d'analyse par une introduction que Pon peut re- garder comine un supplement a ce qui manquoit a la partie eMementaire d s math^matiques , pout- passer aux theories modernes , connues sous le nom de calcul differentiel et de calcul integral ; de sorte que l'on peut entreprendre la lecture de ces ou- vrages immediatement apres avoir appris les pre- miers elemens des mathematiques. Les courbesy sont trailees d'apres une th^orie qui ne iui laisse rien a d£sirer par sa geneValite; il en fait une ap- plication aux courbes du second ordre , qui forme un traits de sections coniques tres-piquant par sa precision et par ia maniere dont il est presented L'auteur se propose specialement dans cette in- troduction de rendre familiere la methode des in- deterrainees ; il en expose le principe fondamental , et l'applique avec le plus grand succes a la theorie des equations, au developpement des fractions ra- tionelles, etc. II la fait envisager comme la me* thode la plus feconde et la plus generate de Pa- nalyse. Apres avoir pose les principes fondamentaux du calcul differentiel et du calcul integral, et en avoir explique les regies, l'auteur continue a deVelopper toutes les me^hodes qui ont conduit aux rdsultats les plus importans de la physique. Parmi ces md- thodes il y en a beaucoup qui lui sont propres j il les discute avec une prdcision et une claite" qui T 2 ^q £ Mat kematiq ucs. prouvent qu'il a fait de profondes reflexions sur le calcul. II a soin de r6creer de temps en temps son lec- teur par les applications qu'il en fait aux questions les plus intexessantes de la m^canique; tous ces problemes sont choisis et tres-propres a faire sentir les progres de Panalyse ; tous offrent des remarques de la plus haute importance , dont l'auteur profits pour convaincre son lecteur que l'on ne peut avan- cer dans cette science qu'a proportion que l'analyse se perfectionne. Par exemple, le probleme desTau- tochrones fournit un moyen a notre aut ur d'ex- poser tous les progres que l'analyse a fait depuis Huyghens jusques aux g£ometres les plus celebres de nos jours. La solution de ce probleme conduisit a un nouveau genre d'integration qui fit changer de face a toutes les sciences physico-math£matiques; toutes les parties de la physique furent trait^es avec beaucoup plus d'6tendue et d'exactitude qu'elles ne l'avoient 6t6 anparavant. L'analyse offrit des- lors aux geometres un champ beaucoup plus vaste. lis s'appercurent que leurs solutions n'avoient pas ee degr6 de g£ne>alite" qu'ils avoient cru y trouver. On peut en juger par les differentes solutions du probleme des Tautochrones. Notre auteur fait voir que toutes les theories modernes ont pris naissance dans les ecrits de l'immortel Newton. L'onvrage admirable qu'il intitula, Principes de La phUoso~ ph.ce na tare Lie , cantient le germe de toutes les dp ouvertes modernes ; c'est le plus grand chef- d'oeuvre de i'esprit humain. •TraltS de Calcul difftfehtid. *$3 On est surpris qu'apres un tel elan du g6nie cinquante armies se soient £coul£es sans que les sciences aient fait des progres. II sembloit que Newton out fixe" les limites de Pentendement hu- main , quand tout-a-coup on vit la sphere du g£n!e s'etendre par le concours heureux de quel- ques grands hommes qui parurent en meme-temps ; rien ne les arreta dans leurs profondes recherches ; ils trouverent de nouvelles methodes 9 et les de- couvertes se multiplierent. L'auteur, dans cette premiere partie de l'ouvrage, s'occupe moins a donner aux methodes toute l'£ten- due dont elles sont susceptibles , qu'a en faire voir l'esprit et l'usage par un tres-grand nombre d'ap- plications ; son principal but dans ce premier ro- lume est de convaincre le lecteur que toutes les grandes questions de physique se reduisent a des problemes de calcul integral. La physique celeste est bien propre a faire sentir ce que peut le genie quand il est aide d'une bonne methode ; les ressources de i'analyse sont immenses entre ses mains. Que de sublimes decouvertes n'a-t-on pas faites de nos jours ! Le sjsteme du monde est port6 a sa plus grande perfection ; les plus grands pheno- menes de la nature sont expliques de la maniexe 1* plus satisfaisante* Tout concourt a d^montrer que l'explication des lois les plus interessantes de la nature n'est qu'une traduction de ce que les geometres ont consigne dans leurs laconiques Merits* T 3 «94 Mathimatlqaes. On pourroit mfime dire que ces lois ne sont que des cas particuliers de leurs formules ; l'astronomie , par exemple , n'est qu'un cas particulier de la m^canique , qui fait l*objet principal des sciences physico-mathematiques. Ainsi tout justifte ce que notre auteur a en vue dans les excmples qu'il choisit 5 les parlies les plus interessantes de la physique ne sont que des pro- blemes particuliers du calcul integral. Une de ces questions la plus importante de toutes est connue sous le nom de probleme des trois corps. On propose de trouver la courbe que doivent d£crire trois corps. Leur position , leur ma. ? se, leur vftesse £tant connues en vertu de leur attraction mutuelle dont la loi est supposee suivre la raisou directe des masses et Tinverse du quarr6 des dis- tances. Trois grands geometres, Clairaut, d'Alembert , Enler, sVtant propose" ce probleme , arriverent tous les trois aux memes resultats. Les planetes, et particulierement la June, dont la theorie pre^entoit le plus de difficultes, s'ecar- tent aujourd'bui fort peu de la route que les geo- metes leur ont trance. Enftn , si nous connoissons aujourd'hui si bien la cause du flux et reflux de la mer, nous le de- vonsaux travaux des geometres; is nousapprennent que la cause de ce phenomene (qui est Pun des plus frappans de la nature ) doit etre attribute a Tac- tion r^ciproque du soleil , de la terre et de la lune. Tous les resultnt* que 1'analyse donne sont con- Tra itS de Calcul differen tie I. t$$ .formes a tout ce que nous apprennent les observa- tions les plus exactes. Aiusi l'etude de la nature, pour deveuir sarisfaisante , suppose la connoissance dcs principales methodes contenues dans le premier volume. La seconde parte de l'ouvrage est des- tinee a donner plus de developpement aux methodes. L'auteur tntre dans de giands details sur les dirT6- ren:es parties du calcul integral. Les homes que nous devons nous pres-rire ne nous permettent point de nous etendre davautage fur cet excel. er.t ouvrage bien digne d'etre compte parmi les meilieurs ecrits qui aient ete faits sur cette matiere; ji presente le corps de doctrine le plus corplet que nous ayons eu jusqu'a present. Nous terniinerons par dire un mot de l'esiimable auteur. Ce savant , qui pent compter autai:t d'amis que de connoisiaHEes , est respectable non-seulement par ses profondes lumieres i raais aussi par sa phi- losophic douce et bienfaisante. II est plein d'energie pour le bien public ; quel* ques nombreuses que puissent etre ses occupations , il sait les aliier avec les foncticns de professeur; il explique lui-raeme au oel e_e de Frauce le traite d'analyse qu'il vieut de faire imprinter. C" si dans ces savantes lecons qu'il faut ailer puiser le vrai gout de l'analvse ; on y apprendra tout ce qu f il y a de plus releve dans les theories mo- dernes ; il explique avec precision et clarte les plus grandes ditrkultes : cu'ii seicit a sou: aiter que les jeunes geometres qui veuient approfondir Tana- lyse fussent a portee d'entendxe ce grand boaime 1 T4 296 MathSmattques. G'est peut-etre le seul cours essentiel a suivre pour ceux qui veulent apprendre a bien raisonner 5 c'est une logique qui exige les talens les plus dis- tingu£s pour etre mises a la ported d'un petit nombre d'auditeurs. S'il y a peu d'hommes qui sacbent bien raison- ner , il y en a encore bien moins qui connoissent les vrais principes du raisonnement, et qui soient en £tat de les developper clairement. II faut avoir long-temps analyse ses idees , et avoir beaucoup re- flecbi , pour pos>eder cette metaphysique , qui est la mere de toutes les sciences , et qui fait seule le principal merite d'un bon professeur. En effet , une science n'est qu'une pens£e que 1'on ne peut fcien deVe'opper que par une connoissance parfaite de la langue qui lui est propre. Toutes les sciences se reduisent a une langue bien faite , et celle des g^ometres est sublime. II faut done des talens su- perieurs pour la bien parler et pour la rendre claire a ceux qui desirent la savoir. Tous les Aleves de l'excellent maitre dont nous venons d'analyser l'ouvrage ont a se feliciter d'avoir suivi ses cours. On fr£mit quand l'on pense qu'un horn me aussi essentiel aux progres des sciences a failli nous etre enWe dans le temps ou !a mort plunoit sur la tete des citoyens les plus vertueux. 297 PHYSIQUE. S v r l e Tele graphs. CjITO YEW. Vous avez insere" dans le N°. 20 de votre maga- sin une note sur le telegraphe electrique qui est intcressante pour 1'liistoire de l'art ; mais je crois qu'on verra aussi avcc quel que interet le fait que je vais vous communi juer ; c'dst qu'a la fia du dernier siecle Amo Moris , plvysicien celebre de Pa- cademie des sciences, decouvnt le telescopographe ou tel^graphe a longue vue ; il fit deux experiences aux environs de Paris en presence de grands per- sonnages , et il reussit parfaitement. « Le secret consistoit a disposer dans plusieurs postes consecutifs des gens qui, par des lunettes de longue vue , ayant appercu certains signaux du poste precedent, les transmissent au suivant et tou^ours aiusi de suite ; et ces differens signaux £toient autant de lettres d'un alphabet dont on n'avoit le chiffre qu'a Paris et a Rome ; par exemple , la graude portee des lunettes faisoit la distance des 198 'Physique. postes dont le nombre devoit etre le moindre qu'il fiit possible j et comme le second poste faisoit les signaux au troisietne , a mesure qu'il les voyoit faire au premier, la nouvelle se trouvoit portee de Paris a Rome presqu'en aussi peu de temps qu'il en falloit pour faire les signaux a Paris. » N'ayant cela que par extrait , et ne me trouvant pas a porlee de consulter les livres , je ne puis vous donner plus de details ; mais si quelqu'un de vos lecteurs veut se donner la peine de faire quelques recherdies , il trouvera dans l'eloge d'Atnontons ^ par Fontenelle , peut-etre dans les memoires de Pacademie des sciences , et bien certainement dans les journaux du temps , des choses qui seront dignes d'entrer dans votre precieux journal. Salut et fraternity, C. Despla^ques. Carentan, 20 Ventos*. 299 BOTANIQUE. JExtrJit de L'ouvrage de William Withe- ming sur les Plantes de V Angleterre _, intitule: An Arrangement of British plants , by William Withering j quatre volumes in-&°. Londresj 1796. \Jn a beaucoup £crit , depuis vingt ans , sur les plantes de l'Angleterre : le gout de la bolanique s'est propage, dans ce royaume , par les soins du gouver- nementet des socieies savantes. L'tmulution , entre- tenue par l'espoir des decouvertes , a fait naitre , principalement sur la cryntogamie , plusieurs ou- vrages aussi inferessans par l'exactilude des descrip- tions que par l'execution typographique et les gra- yures qui les a ccompagnent. Mais il restoit a les r£unir en un traite plus complet que les Flora An- glica d'Hudson , et Flora ScoUca de Lighfoot. C'est ce qu'a entrepris le docteur Withering dans le recueil dont je vaisdonner une idee. II consiste en quatre volumes de quatre a cinq cents pages, bien imprimes, et omts de trente planches, dont quel- ques-unessont colorees. Le premier est consacre' entitlement aux definitions et aux notions preliminaires. L'auteur, apres avoir 3oo Botanlque. donne^Ia lfste de ceux qui ont aide a la publication de son ouvrage , et paye ainsi le tribut a la reconnois- sance, explique, en anglais, sous la forme de dic- tionnaire , les termes latins usites en botanique. II definit ensuite les classes et les genres etablis dans sa flore, de maniere qu'elle pent snppleer a la plupart des livres £l£mentaires. Lescommencans ytrouvent r£unis les principes de la science et leur application. L'ordre syst£matique est a-peu-pres le merae que celui de plusieurs ouvrages recemment publics en Allemagne , te!s que les Flora Berollnensis 9 par Wildenow, 17CS7; Sy sterna naturae j ed. 14, par Gmelin , en 1791 j Scliranck Flora Bavarica 9 1789. C'est le sjsteme sexuel reforme" et simplifie par la suppression des classes gynandria _, moncecia , dlcecia et potygamla _, et par Incorporation des genres qui les composent dans celles des classes pre- cedentes, auxquelles ils peuvent serapporter d'apres la seule consideration des etamines, soit que les fleurs soient hermaphrodites , soit que les sexes soient di- vises. Ainsi, les vingt-quatre classes de Lin neus sa trouvent ici r£duites a vingt. La monandrie est composee des genres chara _, hippuris ; sallcoraia j aphanes 3 callitriche , x>ancchellia. Les ore/tides tombent dans la dian- dric } ainsi que les lemna > sallx _, fraxlnus. La triandrle s'enrichit des genres carex j typka , sparganium 9 et leur rapprochement des sclrpus et cyperus retablit tin peu la chaine qui , dans l'ordre Sur les PI antes d*Angleterre. 'Sol naturel , semble atlacher ces plantes a une meme famille. Les ^raminees a fleurs polygames ne sont plus re- legumes dans la vingt-troisieme classe ; hotcus se trouve place entre agrostls et alra ; les bryonua , amaranthus sont encore ra merits a la trlandrle ; les unes precedent les gramen , les autres les suivent. La tetrandrle est augmented des genres parle- tar la 3 urtica _, vis cum _, huppopkae , myrlca , 6u.tuSj betula, tandis que dans la pentandrie oa trouve viola, Impatlens _, xatitklum. Tamus , aristotockla sont. dans Vheo&andrle ; acer, populus, corylus , quercus, myrlophi/lluny dans Voctaadrue. La neuvieme classe enneandria } rtkluite, clans nos clii-Rats, au seu! butomus , acquiert deux genres suppl£mentaires, mercurial. Is et hudrocharls. Aucune translation n'a lieu dans la decandrle ni dans Vlsocandrle / mais la onzieme classe dodecan* drZacomprend, de plus, carplnus _, fagus , cera~ tophyllum. On remarque , dans la polyandrle , poterlum Stratlotes j ^ostera, arum , saglttarla. Les classes dldyaamla et tetraduaamla sont exernptes d'innovations. Les arbres verds junlperus , taxus , plnus sont dans la monadelphie. La diadelphie , dont les caracteres sont generate- 3p2. Botaniqua. ment plus tranches queceux de la plupart des autrea divisions, n'eprouve aucun changement, non plus que la nombreuse S3'ng£ncsie. La cryptogamie reeoit deux nouvelles subdivisions J la premiere, appelee misc&llanece , comprend les equisetum et lycopodium _, et n'est qu'undemem- brement de l'ordre cryptogamia filices ; dans la section des algues _, on Irouve uniquement les genres lichen 3 tremeila > ulva , conferva ^ by ssus ; une autre est 6tabiie avec les marchantia _, junger~ mannia _, targionia , antkoceros j blasia _, ric- cia ; elle s'appelle cryptogam i A hepaticce. La vingt-quatrieme classe de Linneus , qui est ici la vingtieme , contient done six ordres au lieu de qua tie. Quelques botanistes attaches par respect ou par habitude au systeme de l'illustre naturaliste Suedois critiqueront sans doute ces innovations. Mais si elles sont utiles , pourquoi ne renonceroient-ils pas k leur prevention? L'experience ajoute chaque jour aux anciennes connoissances , et toute decouverte est susceptible de developpement et de perfection. TJn systeme n'est qu'un arrangement de convention dont le but est d'aider notre foible intelligence. Xa nature ne connoit ni regularite ni symetriej e'est par des nuances inseusibles que les corps organises s'unissent comme les rameaux epars d'une meme lamille. lis forment sur le globe des groupes plus ou moins nombreux , plus ou moins rapprocbes de leur type , et chaque individu retient toujours quel- que chose de son origine. Sur les Plantes d'Angieterre. 3o3 Un souffle emane" de la Divinite" anime et mo- difie de mille et mille manieres cette foule incom- mensurable d'etres vivans, dont les especes toujours renaissanles, rarement an£anties , ne seront jamais universellement connues ni determine^?. Si des methodes factices, celles qui se rappro- chent le plus de la nature, doivent elre preferees, on pourra accueillir sans repugnance la distribution xiouvelle de Withering, Elle conige en parlie le dc'faut si remarquable du systeme sexuel , dans le- quel des plantes qui out entr'elles beaucpup d'ana- logie sont placees a de grandes distances les unes des autres , et souvent a cote de vegrtaux qui n'ont avec elles aucun rapport apparent. Cette dilace- ration des genres est sur- tout frappante dans les vingt-unieme, vingt-deuxieme et vingt-troisieme classes, ou les plantes des differens ordres semblent autant de demembrement des classes qui precedent. Rien n'est plus embarrassant pour un observateur novice que I'examen des plantes mono ques , dio'i- ques et poly games. II s'anete d'abord au nombre des etamines, et faute de s'assurer d'avance si les organes femelles sont rcunis ou porte's sur d'autres fleurs, il perd son temps a chercher dans les classes a fleurs hermaphrodites. La suppression des quatre classes qui precedent la crypfcogamie abrege done les recherches en sau- vant des difficultes. Cette reforme a sans doule. quelque chose de naturel et de scduisant , puisque l'idee s'en 6io'a presentee a mon esprit avant qua 304 Botaacque. les ouvrages deThunben^deWildenow.de Scliranck, de Gmelinet de Withering me fussent connus. Deux: nations de PEurope qui out illustre la botanique par leurs d^couvertes viennent de s'y soumettre. Pour- quoi ne suivroit-on pas leur exemple en France? Si les naturalistes vouloient s'entendre, le plus beau present qu'on pourroit leur faire seroit, sans con- tredit, Puniformitc des mcthodes. Ces reflexions m'ont eloigne de mon sujet. J'y reviens. Hudson , dans la seconde edition de sa Flore , a cite 464 genres , 1736 especes y compris son sup- plement, qui rappelle les deVouvertes faitesenEcosse par Lighfoot. Dans Pouvrage de Withering oil compte 471 genres et 2612 especes. Ainsi dans le cours de dix-huit annees la flore d'Angleterre s'est augment6e de 876 plantes nouvellement observees, oti qui Pavoient ete d'une maniere imparfaite. C'est sur-tout dans la classe des cryptogames , si fertile* en decouvertes , qu'on a acquis le plus de richesses. jOn trouve dans Withering i3i2 plantes de cette cathegorie : c/est 711 de plus que dans les Flo res d'Kudson et de Lighfoot. Pres de trois cents ouvrages de botanique ont et6 compulses et cities par Pauteur. II en donne le ca- talogue au commencement de son premier volume. On y voit avec plaisir les productions des Hedwig, Hoffmann , Dickson , Bolton , Schmith , Curtis , Jacquin, Schreber ,, Haller, Allioni , CEder, Bui-, liard , etc. Una Sur les Platites d'Angleterre. 3oo La synonyniie cle chaciue plante est iudiqii'e par des abre>iations. On steal dispense de copier les phrases des auteurs cites comme dans beaneoupde livres modernes. C'est en eff t grossir inutilement les volumes et multiplier les frais d'i-n-pression , sans rien ajoutor a la clarte des descriptions lorique la phrase caracteristique est bien etablie. Une description conrise est ajout£e a la nomen- clature de chaque plante pour qui elle devicnt uiile ou necessaire. On indique aussi le temps de la flo- raison et les lieux ou elle se trouve. Un ouvrage aussi etendu, aus?i ?oi-gne a du conier beaucoup de temps et de travail a son auteur. II en sera probable spent dedomtrage jar le succes qu'il nitrite, et pir la reconnoissance de ses con- citoyens. Mais ceux a. qui la la igu? anglaise n'est pas fami'iere v(>> r^ t r mt qu'il soit eulierement ecrit en anglais Son utiiile seroit plus generate si le docteur Withering, eu travailla M pour son pays, n'eut pas dero e" a l' usage elabli panni les natura- listes de decrire en latin. Une observation ptai fliitouse pour les botanistes Francais fioira cet extrait. Quand on voitles Angfais posseder un traite complet des plantes de leur ile , les Allemands enrichis d'une Flore de Germanie, dont le docteur Roth a deja public deux volumes en 1788 et 1789 , on a lieu de s'etonuer de ne trouver en France que des flores locales et des catalogues , et pas un ouvrage parfait sur ses pro- ductions vegetales. La rich.sse du sol, la variety Tome Vh V 3o6 Botanique. de sa temperature , deux chaines de montagnes primitives, les Alpes au Levant, les Pyrenees au Midi , une longue etcndue de cotes sur deux mers, d'immenses forets , de vasles vallees creus^es par des fleuves qui coupent en tous sens la France agrandie encore par ses conquetes., offrent une car- riere plusvaste, un champ plus fertile a defricher que le climat brumeux de I'Angleterre et les froides contr6es de l'Allemagne. Les ouvrages de Vaillant _, de Tournefort, de Gouan , de Gerard, de Garidel, de Mappus, de Villars , les recherches failes aux environs de Paris , celles du citoyen Picot la Pev- rouse dans les Pyrenees ( lorsque le resultat en sera public ) , plusieurs auties flores ou catalogues forment des materiaux epars qu'il ne s'agit que de rassembler en un corps d'ouvrage plus complet que Ja l*Lore francalse du chevalier de la Marck ; ouvrage estimable , mais qui malheureusement n'est que l'ebauche de ce qu'un botaniste laborieux pour- roit faire a limitation du docteur Withering. Boucher. Abbeville, 3o vent&se , an cintjui^iae , 3o7 •majunsMx w \ mi \ MEDECINE MILITAIRE. Extrait des vices generates sur les Cours (V instruction dans Les Hopitaux militaures , en- execution da Regie mc /it du 5 Vende- miaire de fan cinq uie me 9 preseii.fc&s-jcv I'ou- verture de L'Ecole clinique de l\L16pital tv.L- Lltalre de Paris,, le premier Lrumaue de fan. cuiquie.ne j par les lasptcicurs gcnSraux du, service de saute des .jr/nees, Coste > Biron , BeVRTELOUP , VlLLAR _, Baj'EN , Par.UEX- tier; et P ergez ^ adjouit et secretaire. HiN prescrivant des cours instruction dans les grands hopitaux milifalres permanent , dis.-nt les lesauteurs de ces v U p S , ('intention du gouvernement n'est pas d'y etablir rien d'anaiogu ■ aux Facultt's de me-deane ni aux Colleges de chirurgie ou de pkarmate. Ces institutions ont eV rem places par celles auxquelles on a donne le nora d'Ecoles de santeyel Von ne pent onblier que loivque la Con- vention natJonaie en decieia la formation, elle la moliva princina'ement sii? le heroin de f'oumir aii* arm-'es *des officiers de sante in^ruits. Mais les lecons qui se dbnnetrt dans ces e\:o!es sur la theorie et sur la pratique de i'art de £ lle nr , quelquos savantes et quelques Vendues qu'elles V 2 3o8 Mideclne nuLLtaire. soient, ne suffiroieDt pas pour former des officiers de sante militaires. Nos ecoles sp^ciales sont done destinies a afout.er a tout ce qui s'apprend d ;ns les grandes Ecoles , tout ce qui peut et doit former un medecin , un chirurgien ou un pharmacien mi- litaire. Les cours e'tablis par les reglemens de 177$, 1777 et 1-781 dans les Lopitaux de Lille, Melz , Strasbourg, Bre.st et Toulon, ne sont plus appii- cables :aux vues acluellcs du gouvernement. D'aii- leurs Penseigiiement de la theorie s'y fit avec plus d'eclat et de succes que ceiui de la ^'atique. Nos- ecoles d'aujourd'hui doiveut presenter un tout autre caractere. C'esl vers l'application directe des preceples de Tart, a Ja pratique convenable a rhornme de guerro qua sc porteront les vues des professeurs et Pattern 1 ion des eleVes. En fixant le centre de ces ecoles dans de grands iiopitaux railitaires , la i'acilite de parvenir au but propose" est d'aulant plus marquee , que Pinstiuc - tion s'j trouve presque d'elie-me.-ue dans le rc>u!iat de Pexercice quotidien des mai'tres a quisle traitc- ment des malades est en mem'e- temps confie , ct dans les moyens dont Pexec ution constitue les de- voirs des officers de san te de *econdeet de trois.eme classe. Les questions des disciples et les re" ponses des professeurs , l'exercice alternatif des mctho des sv-n- thetiques et analytiques, line giande restriction ap- portee a Pesprit de system e ; enfin, l'observalion des fails sei out Iqs sources fecondes de Instruction. . Hopltaux (V instruction. 3 og Inexperience raisonnee qu'on se propose d'ac- quorir ou de communiqucr n'a rien de co.nmun avec 1'empirisme aveiule. L'aciivile de la vie militaire ne permetloit pas de placer des ecoles au milieu dcs armees 5 c'est dans les grands hopitaux qu'il a faliu les porter- cest-la que dans le calme , loin des agitations et dps dangers, on pent puiser , comme dans une source "itanssable, la mature des rotables lecons de clinique. Par quels homines ces fruits d'une grande ex- perience peuvent-ils elre cueillis ? Par quels hommes duivent-ils etre distribue* pour le saint des armees aetueiles , et pour l'avantage de celles qui leur succederout? Par ceux sans doute qui , dans le cours decette memorable guerre, ont marque d'une ma- mere aussi benreuse que brillante leur zele et leurs talens. C'est a eux qu'appartiennent et que doivent apparlenir les foHctions de cette honorable niugistrat.uv ; c'est k eux a former , et pour l'ache- vement du triomphe de la liberie et pour son af- fermissement , des officios de sanle digues de les rem piacer un jour. C'est d'apivs ces vues que le conseil de sanie proposn au comite de Bfth* public ks professeo.s , com- pleient la pathologie de la meme maniere que la physique de fkomnie sain est completee par les principes de l'hygiene. Les mojens de iherapeutique , autres que !e secours Hopilaux cV instruction. 3i5 de la main, se tirent des alimens et des divers substances appeltes rn^dicamens. Pour parvenir a les faire connoitre , on enseignera les generalites de riiistoire naturelle, de la chvmie et tout ce qui concerne la connoissance et la preparation des me- dicamens tin's des mineraux, des vegetans et des animaux. L'exposition de leurs proprietes forraera le complement de ces cours. II ne sera pas question ici d'une niatierc medi- cate reoherchee. Dans l'hopital militaire destruc- tion , tout doit etre rappocte a la pratique , tout doit etre relatif au service de sante des troupes. Le foimulaiie des hopitaux militaires servira d'index a ce cours. L'histoire des drogues sera traitee sous Je triple rapport du commerce d^approvis-ionne- ment , des travaux du lahoratoire et de la repar- tilion entre les divisions d'une armee , d'apivs leur force , leur position et les circonstances de guerre. On analysera les remedes nouveaux avant de passer a leur essai , qui se fera avec la plus grande circonspection. On traitera de l'usage et de 1'abus des remedes; des eaux minerales naturelles et arti- ficielles ; de l'eku de iner, non-seulement corame jemede* interne et externe , mais sous ie point de vue de i'adapter, s'il est possible, aux usages ali- mentaires dans les vovages de long cours. On s'oc- cupera de la salubrite de I'air el des inoyens de disinfection, et l'on tenninera p:«r riiistoire des poisons ce cours d 1 /Us to ire naturelle , ch.ymique et pharmaceutique , qui comprend la reunion de ceux coudus dans les autres ecoles sous le nom de 3i6 Mddeclne militaire. matiere medicale , de botaniquc, de chymie tbeo- rique et pratique , de pharmacie generale et spcciale. Enfin , le cours, qu'il faut considerer comme le hut, le r&ultat, le complement cTe tons Iesautres, c'est celui de clinique , qui durera toule l'annee. II consisle^ d'un cote, clans ^application directe et quotidieiine aux maladies qui se presentent a l'ho- pital de tous les principes enonces , de toutes les yegles qui auront et6 tracc'es dans les lecons prec6- dentes j de Pautre, dans les reflexions que sugge- reront et la marclie particuliere des maladies dont l'observation sera attribute d'une maniere plus spe- ciaie a cliaque classe d'eleves , et le caractere ge% neral qu'affectent les maladies selon les saisons et les autres circonstances. C'est au lit des malades que ce cours aura lieu. Mais pour lire avec fruit dans ce grand livie de la nature , ce ne seroit pas assez d'avoir ecoute avec attention -les lecons an- terieures. Ce n'est plus en speculation que l'eleve doit considerer les maladies, c'est le malade lui- rcerae qu'il est appele a observer r^ellement et plry- siquement. Ce nouvel exercice desnande un autre genre d'introduction ; il exige 3 si l'on peut-s'ex- primer ainsi , et on le doit , puisque c'est d'apres Hippocraie , il exige une initiation toute particu- liere. Sacra sac res hominibus communicanda ; proplian.es vero nefas antequam sclentccc mys- teries initiati fuerint. La clinique commencera done par une recapi- tulation sommaire des pvincipaux dogmes de la pathologic On en repetera les generalites. On re- Hopltaux d" instruction, 317 dira en quoi consiste Petat de maladie simple ou composee , comment on reconnoit les signes qui les caracterisent. On rappelera les grandcs partitions pathologiques en classes et en genres. Ou les sub- divisera en especes. On exposera a grands traits revindications generates des unes et des autres. On deVeloppera ensuite les ressources qua la nature emploie pour vaincre les obstacles qui s'opposent* au lib re exercice des fonctions. La fievre .sera pre- sentee comme Pagent le plus salute.ire ou le plus nuisible dans les maladies. Sans ces developpemers la doctrine des odions et des crises, les regies de Taction et de Pexpectation , les lecons du pronostic,- l'application meme des remedes deviendroient des £nigmes inexplicables ou des souvenirs purement empiriques. On consideVera ensuite les principaux mojens de guerison et de lraitem°nt , dont les premiers ap- partieiment a la nature, taudis que, dans Padmi- nistration des autres, Part semble n'agir que par imitation. Ainsi on comparera les bemorragies avec la saignee; le vomissement et les dejections alvines spontanees avec Paciion des em^tiques et des pur- gatifs ; Pexpectoration avec les secours employes dans les maladies de poitriue ; la derivation qui a lieu par les voies urinaires avec Peffet des diure^iqups ; la transpiration et la sueur avec Paction des dia- phorc'tiques et des sudorifiques ; Pabces critique et toutes les cpurations dont le tissu cellulaire et I'or- gane cutane sont Pegoiit avec Poperation des vesi- catoires 5 des exutoires et des caustiques. On trouvora 3i8 Mcdeclne militalre. les principes de ces lecons dans Hippocrate , et plus rapprocbees dans les Conimentalres de Glass sur les fievres ; nous pennons qu'il faut y joindre le troisieme livre de VOpuscidum aureum de- iLomnlus } et V Inter pres cUnicus de Klein. La methode pathologique sera subordonn£e ^x\ circonstances. Peu importe eelle que l'on adoptera, pourvu que la grande regie de proceder toujours du connu a l'inconnu , du simple au compose , soil ponctuellement respected. Rien de ce qui peut concourir a completer la connoissance d'une maladie ne sera omis par le professeur dans ses questions au malade ou a ceux qui lui donnent des soins. Les effets subsequens des rcmedes et des operations cliirurgicales seront observes d'une maniere scrupuleuse ; ils seront notes jour par jour suv des tables nosograpbiques et no- sologiques tenues par chaque cleve ; leur reunion et leur comparaison formera le tableau dont on a trace un modele a la suite du reglement concernant les bopitaux militaires destruction. Lorsqu'une maladie digne d'observation se sera terminee d'une maniere funeste , l'ouverture du caclavre se fera publiquement dans Famphitbcatre, et e!le deviendra le texte d'une lecon. Quand la maladie , ainsi qu'il arrive le plus sou- vent dans nos bopitaux , se sera jugee favorable- ment , on ne]bornera pas a cetle premiere epoque Pattention des Aleves , on leur fera observer quo- tidiennement les progres de la convalescence. On a senti Pinconvenient d'un trop grand nombie Bbpltaax construction. 3x9 d'auditeurs de clinique , c'est ce qui a engage a borner aux officiers de sante militaires le nombre de candidate admis habituel'ement a nos cours. La clinique externe et interne doivent-elles elre dans une salle speciale ou dans loules ? Plusieius raisons morales out fait preferer ce dernier parti. II en resultera l'avantage des comparaisons. La confusion que l'on pourroit craindre sera efficace- xnent prevenue, si l'on procede tonjcurs , comrae nous ainions a le repeter , du connu a I'incomiu, du simple au composed Cependant il pourray avoir des sallts particuliores pour les cas extraordinaire^ ou d'un interet general. Chacun des professeurs suivra , autant que les eVenemens cliniques s'j preteront , un ordre de matieres methodique. La distribution ne peut en etre fixee par un reglernent ; mais les professears la concerleront facilement entr'eux , d'apres les cir- constances eventuelles des maladies qui se presen- teront dans leurs salles respectives. Independamment done de l'ordre des matieres, adopte par cbaque professeur dans les stances cli- niques, I'objet de la conference y sera general et special. Un excellent modele de la maniere et de l'esprit dans lesquels ces conferences devroient avoir lieu est trace au deuxieme livre de la pratique de Bagiivi. Mais afm que tous profitassent de tout, il est a desirer qu'il s'etablisse dans les bopitaux militaires d'instruction des conferences ou une socicte Libra ^emulation entre les tleves. II vient de s'eu 3^0 Medecine nililtalre. former une semblable dans le sein de PEcole de sante de Paris : les talens et le zele de ceux qui Pont thablie en garantissent le succes. Les cours indiques coinprennent l'ensemble de Fart de guerir, applique^ au service militaire; il y en aura encore de secondares ou de particuliers. On traitera separement des bandage*. On en fera de meme pour les maladies venerlennes. Quant aux places d'armes ci feu , elles sont un objet special des lecons necessaires aux officiers de sant6 qui se destinent au service des troupes. Dans res trois demiers cours la pratique sera toujours a cote de la theorie. Toutes ces instructions , tous ces preceptes ne seroieut qu'un vain £talage d'erudition , si leur utility n'etoit immediatement justified par ie succes de leur application. Qu'on ne perde done jamais de vue la precieuse simplicite des remedes et l'abondance des soins. C'est peut-etre ici qu'il fatidroit parler des objets nombreux a desirer en medecine et en cbiruigie. On indiquera les meilieures methodes d'etudier en faisant voir que Pobservation de la nature prevaut a tous les sysiemes: L'instituteur de clinique conseill era de preference la lecture tf Rip po crate , de Celse , d? Arete e de Cappadoce _, de BaUloa ^ de Duret, de Houlller , de Sydenham , de Bagllvi> _, de F rasper Alpin , de Lanclsl , de ~Ramaz>z>ini , de JMorgagnl y des Plsons , de Klein , de Lomnlus > de Glass , tfHuxham > Hvpitaux de Sabatier et de Percy ; Pouvrage de Theden et le savant commentaire de son traduc- teur ; plusieurs bons memoires de Thomassin , de Lombard _, etc., sont les plus grandes richesses dont la chirurgie militaire soit encore en possession. Mais elle a fait dans la guerre actuelle une aussi ample moisson d'observations que nos heros Tout faire de lauriers , et les travaux des chirurgiens f'rancais auront encore une fois recule les bornes de cet art saiutaire. . La decouverte et la demonstration des vaisseaux hmphatiques ont-elles ete suivies des consequences pratiques que devoient entramer ces nou/elles Iu- iriieres 'i A-t-on tire da l'anatomie compared les conse- quences, soil d'bygiene , soit de therapeutique , que le plus ou le moins d'analogie des organes de l'iiomme avec ceux de divers anjraaux peut sug- Tome VI4 X 3ai Medecine mUttaire. ge>er , d'apres les habitudes connues da ceux-ri , et la terminaison, le plus souvent naturelle , des maladies auxquelles ils sont sujets ? N'y auroit-il pas une autre anatomie compared propre a ajouter aux lunlieres et aux ressources de Tart de guerlr ? C'est celle qui conside>eroit le cadavre d'apres leg diversity que comporte Tage, la stature , le climat , l'abondanceou les privations datis lesqueiles i'homme a vecu, les passions et les habitudes quM avoit contractus; enfin les aceidens resultant des prex.e- dentes maladies aigues , et air-tout des chroniques. Dans quelle ecole , dans quel hopital a-t-on eu la curiosite ou la patience de repeter les importantes experiences de Sanctorlus sur la transpiration , et celles de Benet y relatives a la phtisie pulmonaire? Xa doctrine du poul sert-elle assez souvent de boussole pour etablir le diagnostic et fonder le pro- gnostic dans les maladies? Ou a-t-on parfaifement juge" , par des observations v« l'abri de toute r^plrjue , les moyens qu'onrent a Tart de guerir I'eiectricite , le magnetisme ? A-t-on des ide*es fixes stir le traitement de la gale, sur celui des maladies veneriennes , bien moins sur la goutte, le rhumatisme, le scorbut, l^pilepsie , le t&anos ? Combien de grands mots a d'flnir, et qui n'ont en Jusqu'ici qu'un sens va^ue et indetermine\ On a souvent parte, sans le faiie, de subsiiluer des remedes indigenes aux exotiques. Hopctaux d 'instruction. 3ii Seroit-il encore pernais de croire aux sp£cifiques pfopvement dits ? Que de problSmes interessans il y auroit a subs- titu ( t a one foule d'assertions trop absolues. Pourquoi mi si grand nombre de remedes de Pancienne pbarmacie sout-ils tombes en d£su£tude? II en est qui jouiroient encore de leur ancienna celebrite , s'ils nous <5toient apport6i intacts et sans alteration. TTest-ce pas a !a home de I'art qua nos dispen* salres se trouvent encore surcharges ds ces for- mules que reprouvent les connoissances requises ? K'est-il pas temps d'appliquer la chjmie a la phar- lnacie , de prdfiter d'une maniere plus generate des nouvelies denominations de la chyraiie moderne pour rionner a chaque substance uri iiora qui porte aussi ia definition de la chose. Mais pour faire des changemens dans la nomen- clature de 1'anatomie , il faudroit urie grande r£- s-rve, de peur de tomber tout-a-coup dans la plus affrLUse des confusions, celle du langage. Que d'observalions a faire dans les pays Strangers oil nous avons pen^tte , et quisemhlent appartenir plus sp^cialement aux officiers de sant-; des armies! La proprete" et le frequent renouvellement de Pair wupXp sans contredit, d£j moyeris de salubrity p us erruaces que tous les ventiiateurs et tous les" pioctdes de la chjrwie; X * J 24 Mtdecine ni'dltalre. Ou sont cfe'ris nos hopitaux les insrrnmens'de phy- sique propres a determiner l'etat ' de l'atrnospbere, la teinpci v.ture du bain? Ou observe-t-on de laver les extremitcs sup£- rieures et inferieurt-s des malades an commencement des maladies aigues , et.au moment ou elles passerit a la convalesce: ce ? Est-on d'ac; old sur le temps le plus opportun , a la guerre pour les granges operations de chirur- gie , ou sur le cIk.iti > de bitaille, ou a quelque distance de temps et.de lieux ? L'etablissement de l'ambulance volante qvi a tu lieu a l'armee du H1j in nous donnera des rJsultats precieux sur cette question. II faudra examiner l'usage des purgatifs dans les blessures , et require a sa juste valeur le principe basarde par un horame celebre sur l'avantage des evacuans, et sur-tout de Vemi tiquc, qui doit , suivant lui , presque toujours' 'dispenser du trypan. Sepersuadera-l-on que le praticien distingue* dont nous avons parle ait eu raison de soutenir l'inu- tilile des dilatations dans presque tous les cas de plaie d'armes a feu ? Connoit-on parfaitemcnt en quoi la plaie d'arme a feu diilere d'une autre recue dans les combats? C'est un beau sujet de recher- cbes pour la c';irurgie mi'ntairei Oui est-ce qui s'est rendu familiere la lecture de Vegecej du marechal de Saxe \ et des auteurs qui ont traite de la salubriie" des' camps et de letir po- sition sous le point de vue de l'hygiene militaire? Hopltaux (Via slruciio n. 3s5 Qui est-ce qui a compart aux charriots des an- ciens nos voitures cle transport pour les malades et les blesses?. Dans quelhopital a-t-on le courage de s'en tenir a l'expeclation dans la plupart des cas simples oil la natvire opereroit seule la guerison? £ufin,et c'est pgut-ctre 'a question par laquelle il eut fallu d£buter, qui esl-ce qui connoit parfai- tement la mesure de ses devoirs? Les r£glemens avoient besoin d'une interpretation que les circons- lances de ce genre out empeche de donner : des lecons verbalcs y suppleeront ; on y exposera les droits et les devoirs des omViers de sante de toutes les classes, les d voirs particulars des eieves rela- tivement a leur instruction. Ou les exhortera a b'en- tretenir dans rhabitude des langu.es savantes,et a cul liver les modernes. Il est 1111 dernier objet qui tient plus immddia- tement qu'on ne ponrroit se le persuader au succes de la pratique dans un hapilal , c'est i'instruciion a donner aux infiruiiers. En lirant ces homines precieux de 1'avilissemert auquel le prejugc les a condamn6, en leur apprenant a s'honorer des pe- nibles fonctions qu'ils remplissent , celled ci tour- neront enticement au profit des malades. C'est l'infiimier qui les assiste a- toutes les heuues dti jour et de la unit. N'en. doutons pas , c'est a riuiellL- geu.-e, c'est a la fidelite de ce cooperateur que nous sommes en grande partie redsvable de nos. s-icces. X 3 g t £ ' MidecCne mititaire. Les metres et les disciples qui seront rattemble* dans mi U itat de ce genre y trouveront un fonds inepuisable d'observations, ^instruction , d emula- tation et de satisfaction mutuelle. On ignore pas,citoyens, que pour poser, en- suite pour assurer It premiere pierre de l'h6pital mi- litate de Paris, au Val-d -Grace , le conseil de saute eut a triompher des contradictions les plus puissantes et les plus multiples. Le commissure de, guerres (l) qui avoit partage Popinion de.nos tollegues sur ^importance de ce local , et doni ]* bons offices n'ont pas peu contribne a Pobtenir , ]on,t del'interet qn'il y a mis' par celui qu'inspirent ses Salens et ses process. De nouveaux obstacles se sont encore opposes long-temps aux desirs de Inspection , et • Inaugu- ration de l'enseignement a eprouve le retard du aux choses et celui qu'a entrame Pindeciston de quelques professeurs. Aujourd'hui que toutes ces difficuUes sont applanies, aujourd'bui que, s il pon- Voit s'en elever de nouvelles, IVdonnateur (2) * qui la police superieure de cet etablissement appar- ent trouveroit dans la longue experience d'uo service que son hnmanite !ui rendit toujours cher , c t dans Tascendant que donne ^opinion , toute 1 au- (j) Le eitoyen d'^Lillcrin. £») Le eitoyen Blanchari, Hopltaux cP instruction. 92J torite" qui mainlieut l'ordre plutot qu'eile no lecom* mande j aujourd*hui que leg choix adopts par un ministre appreciateur et ami du bier. (3) nous son! un sur garant qu'il n'existera jamais id d'autr« con- currence que cclle d-ss talens , du zele et des vertus.... Qu'eile est interessante, citoyens professeurs , hr perspective qui s'offre a chacun de vous! D J « coU legues d ; goes de toule votre estime De jeunei officiers de 6ant6 qui ont figure ateo arantage dans des classes plus elevees, et que leur modestie et leur emulation ont engages a venir prendre place sur les bancs de votre ecole, pour puiser aupres da vous la perfection a laquelle ils aspirent. . . . % D'autres drsciples que d'heureuses dispositions on| fait appeler a la source des lumieres et de I'expe* ricnce , parce que les connoissances qu'ils possedent deja n'ont produit en eux que l*im patience d'en acque- rir de nouTelles. • . . Qu'il est ravissant le spectacle de leur empressement et celui de l'emulation qui les aniute la plus cbeia a vos caeurs ! Mais legou- vernement v ajoutera cellej que la palrie lesevve aux services les plus importans. Vous bonorerez vos majtres , j.unes citoyens ; ce n'est point une recommaodalion qui vous soil faite , c'est une justice que Ton aime a r ndre aux principes de i'education liberate qui vous distingue- (3) Le citojeu P«tirt, 3a8 Medeclne mllitalre. Quoique.dans l'opinion du plus grand pliilosoph© de la republique romaine, vertuenx et reconnois- sant soient des termes sy nonymes , voire recon- noissance ne se bornera pas a des relonrs de pro- cess et d'egards. Fideles au serment d'Hippocrate , votls n'hesiterez pas de considerer,comme vos pro- pres peres , ceux qui vous auront ouvert les tresofa de la science et de l'art salutaire. C'est par Taf-* feclion et la piete filiale que vous acquitterez leurs soins paternels, Vos professeurs , citoyens , furent ce que vous Stes ; mais aucun d'eux, aucun de nousn'eut, a Pepoque de ses etudes , les avantagesimmenses qui vous sont offerts. Le gouvernement vous presente la jouissance d'un champ fertile ; il a fait toutes les avances, tous les frais de culture. La patrie s'attend a en recueillir les fruits par vos mans, et voire recotinoissance en saura decupler la valeur. Le degre d'utilite et de consideration auquel vos pro- fesseurs sont parvenus, c'est ceiui qu'en marchant sur leurs traces vous obtiendrez plus facilement qu'ils ne Pont acquis eux-mlmes. Leur gloire et vos succes, le perfectionnemen^ de I'art de guerir applique a L'komme de guerre _, tel est notre voeu le plus ardent ! Tel est notre es- poir le plus doux! Vos efforts mutuels conspire^ rpnt pour les accomplir, H I S T I a E. MethArqves sur une Leltre de PlAton. JL/Es orateurs presentent Ies faits sous un jour phi? ou moins favorable a leur cause . ce qui est icu- jours une alteration. Pour el re assure" de l'exacte verite, il faut done comparer ces memes faits av> c le rocit de i'lristoire on avec leur propre tempignage flans d'autres ecrits. C'est lieureus.-ment ce qu'on peut faire a l'egard de Platow. Le seul nom d'apo'ogle que porte son discours en faveur de Socrate designe assez l'esprit dans lequel il a tt6 compose. Non-seuleraent l'auteur v suppose ce phllosophe plaidant lui-meme sa cans - devant Ies Ath'emens , et se justifiaiit des crimes d'impiete et de corruption de la jeuriesse , mals encore il le repn'scnte comme un liomme ips'pire , et assure niril fut declare le plus sage de Funivers par Pbracle de Del plies. Voila le chef de seoic que son Effscipfe fait va'oir an moven de Pcn'hou- siasme et des presiiges de l'e'oquenoc. II faut done chercher un rc-cit mains dfatoire on phi's" eloign* de tout soupron d'infideiite ; nous le ti\>m-ons d ; ,ns la premiere lettre aux parens et amis de Dion , In ?ej)* teme de celies qui nous reJsfenl de lui. Cice;ou 33d RLstoire. paroit fsira grand eas de cette Ietlre (i), qu'il avoit lue dans le recueil des ouvrages de ce philo?ophe , pub'i^e par Herraoctore son ami et son disciple (a). On ne pent consequemment reVoquer en dout© Pauthenticite" de ct*t eerjt , on Platon rend eompt* de sa conduile dans les premieres annees de sa, vie. II commence ce reVit a son arrived en Sicile , la vingt-troisieme ann£e de la quatre-vingt-dix-sep* tieme Oivmpiade, 390 ans avant l'ere chretienne. Socrate etoit mort depuis neuf annees, et Platooi se trouvoit alors dans la quarantieme de son age (3). Je vais tacher de rendre fklelement les expressions de ce dernier, dans un endroit d'autant plus int£- ressant qu'il vous offre l'&at veritable des repu- bliques de la Grece a cette fous se trouvoient trente mag s: rats , exerrant on » pouvoir absolu. J'en connoissois quelques-uns , » et d'autres eioient mes parens. lis m'inviterent » aussi-tot a prendre part aux affaires pubiiques. » Neanmoins ma jeunesse (4) ne me fit 6prouver » rien d'extraordiaaire. Certes , j'esperai que ces » homines iniques , revenue enfin a, la justice, gou* » vernero ; ent bien la r^publique • en consequence, » je m'appliquai beaucoup a observer leurs actions. » Mais je m'appercus dans peu que le regime pre* » cedent etoit , pour ainsi dire , tPur en compa- >! raison du leur. » Sur ces entrefaites , ils enjojgnirent a Socrate f » mon ami , ce vieillard que je ne crains point da » nommer, ie plus juste des homines de ce temps- » la , d'amener, a l'aide de quelques autres , un * citoyen (5) pour £tre mis a mort. Les Trente vou- » loient que. Socrate participant de gre" ou de fonts > a leur administration 5 m is il u'obeit point, ? » s'exposa a tout KMtfTfj* plutoi que de devenir 5? » complice de leur iniquite. Temoin de cela e.* » d'autres choses t res-graves , j'en fus afflige" , et » yc me tins a 1'ecaTt. » Incontinent apres, Ie gouvernement des Trente » fut entie-rement renverse. Le desir d'avoir part aux (4) D'aprJa le cakt»l prudent i! avoit alurs pbft- »x ans. fft) L^on de S diamine , "id. Apol. T. I, p. 3a. 332 His to Ire, » affaires publiques et administrative m'entrainoil » de nouvcau , mais avec moins do vivacity. II y » avoit encore du trouble \ on rj'etoit pas sans in - » quietude. Rien n'est plusordinaiie dans de pareilles » revolutions que des vengeances eclatantes. Ceux » qui (jloient de retour ( les exil's) usurent pour- » tant de beaucoup de douceur. II arriva encore » inoplnimeiit que des liommes puissans (6) tra- » duisirent devant les tribunaux mon ami Socrate , » l'accuserent d'irapiete, e'est-a-dire , du crime dont » il eloit le plus incapable ; les uns devinreut les » denoncialenrs , les autres les juges et les assas- » sins de celui qui avoit refuse dVscorter un fugitif » naguere leur compaanon d'infortune. Je rcflechis » sur ces evenemens , et les homines qui gouver- » noient alors, sur les lois et les meeurs.; etant moins » jeune\je me conyainquis d'aufatit plus aisement :» de la difficult de bien administer i'ttat. » Rien ne pouvoit se faire sans amis zcles , » sans partisans surs ; ce qui n'eloit pas facile a x trouver. Notre ville cessant d'eire gouvernee selon « les lois et .les usages de ncs peres^ il devenoit im- » possible d'en adopier de noaveaux sans beaucoup » de peine. Doit-on en suite ene surpiis si les unes » et les autres fjussen{ tout a -fait lorrompus ? Ainsi » pleiu auparavaut d'ardeur pour les affaires pu- » bliques , et vovant tout decboir en ce moment, » je tombai dans une cruelie' perplex ite. Je con- (6) AvmsTtfiitVTts Ttvis 3 et dans l'apologie rouro-jg rhtvavi. page l8. Zettre de Plat on. 333 » jinuai pourtant dVspe'rer un changement total en » iJ'en, ,t ilesconjonctures plus I.eureases. * Enfin, j'e„!r,vis $e tonics les republicans ac- - ^les^ie.h.algo.verne^et^onnepou. » Jff en attends la reforme 4 u, d'uu eflfet extraor- - (We du hasard. J, [ ns dene oblige d'applau- • chr a cetle vraic phiIo , opll : e f , ui iiQus )mii J ■ Werner l e juste dans les aflaires pubTiques et k particulieres. En consequence, 1'e.pece Imagine • rt C: '"" £ oirftd f^ tfttgSe par different* ca- - hg jusqu'a ce'qua de, gens vmtablernentsa.es • "TO ere appelcs a i'adminisu-ation , on one ceux » W s'en relent le sbT&t eux-inemes'deveniis par » nne sorte de miracle (7). » Telle eioit ma facon de Denser^ lorsque j'arri- » voispour ia premiere fois (S),che.- les Italiotes(a) J et les Syracu ? ains. Mais leui bocheur, u ui consis- ; ton dans ies plains de la table, ne me conWnt » nullennnt. Se gorger d, mets deux Sis par four, » Se jamais com: her seul pendant la nuit, et autres C7) Dansce passage si souvent cite on fait dire a Platon que ies Ea.s nc peuvent eire heureus que lorsqifils seroat goure nes p U do, philosophy de profession ; cer.es, une P a- reille absuidile n^est jamais enlree dans son es F it. (S) II £fit trois voyages, et, dans cette lettre , il ,,'agit de, deux dermers , qui avoient pour objet les affairs de Dion et du jcune Deny?. (9) J'ai transpose ce mot pour etre plus clsir. On se ra ? - Peiera que Us Italians iciest l es c »lo« s grecy de la grande Oreee. 334 BistGire. » choses s^mblables. Voila leur genre ordinaire de » vie. Certes aucun homme , sous le cial , eMeve de * cette maniere, quo 'que doue d'un excellent na- » turel , ne pourra £tre ni raisonnable, ni tempe"- a rant (ro). II e.jorr,.s,e Irouve enUerenieut confor'ine a ce qu'ou lit daiisl'anq'ogie qu'U a cempos^e en faveur de son xiiailre. L'eloquenee n y a done ni dissimule zii -al- tera les faits, . comme on pourroit le sup^oser , en adp^ptant les ideas de Fieret. Son opinion ne pent elre appuye'e sur la let'.re que je viens de citer, pu'Isque tout y est ccntrai're a ce paradoxe histo- Pourquol Platon se conlente-t-ii de rappeler dans ceite me ne feth*e , ainsi que dans Papologie de So- frafe, ie Pefts que fit ce philosophy de saisir ef d arnener Leon de Sa'amme, sans parler de son intervention dans 1'affaire de Theramene ? Freret imagine que la raison de ce silence est la n<£ces- slte de ne p;>;nt prononeer le nom de Critias, sou parent du cote de Pericticme sa nrfere (16) , Pun d 3 Trente, et betui qui joue le plus grand role aans ceffe affaire. II est plus naturel de croirequ'une semblable omusion n'a ete faite que par la craiute de ruveiller la Laine contre ce Tiieramene dont (16) Ding. Laert. h. III,CIL 1 'an? bit ion i Lettre de Platon. 3^7 Pambition avoit attire bien des maux a sa patrie. « II est mort , disoit de Jui Lysias aux Atheniens, w non pour vous , msis a cause de sa perversity » justement puui dans ,1'uligarcliie du crime de vous » avoir .asservis deux fois en renversant la demo- » mocratie (17) , etc. » Certes, Platon ne pouvoit faire valoir, en faveur de Socrate, une action relative a; nn pareil homme , quoiqu'elle fut a ouee par l'e- quit£ la plus geneVeuse. D'aiMeurs Freret n'est point fonde a dire que « Platon exteaue par les expres- » sions de sa lettre ce qu'il y avo't de plus odieux » dans la conduite des Trente , et supprime dans » 1'apologie de Socrate ce que celui-ci se van!oit » d'avoir fait contre Critias leur chef, pour la d£- » fense des lois et de la liberte" (18). » Quoique la lettre dont il est ici question ne parle point des sophistes qui jouent un grand rola dans I'apolode , on n'en pent toutefoisconclure avec Freret qu'ils n'eurent aucune part a ii condam* nation de Socrate. Pour refuter cette assertion ha- sardee , il suffit de jeter les yeux sur les anciens ecrivains qui ont fait mention de cet eVenement auquel ces sophistes , homines intiigans et cupides, ont dii nexessairement prendre beaucoup d'inte>et. Leur profession etoit tres-lucrative , si l'on en peut juger par l'exemple d'Evenus de Paros , qui exi- geoit de chacun de ses disciples cinq mines (19) , (17) Orat. contr. Eratosthen. p. 220. (18) Observ. sur la condamn, de Socrate, Ms. (ij) Plat. Apol. Socr. T. I, p. 20. Tome PI. V 338 Uistoire; r/est-a-dire la dduzieme par tie d'un talent, laquelle doitetre evaluee a 5oo livres tournois. Cette somme, ■par la comparaison avec le prix des denrees (20) a cette epoque , avoit une valeur d'environ looo francs. Un pea de reputation suffisoit done aux sophistes pour amasser bientot des richesses. Socrate, en les decriant sans cesse , leur portoit un coup mortel. Ainsi Freret ne devoit pas revoquer en doute leur ressentiment. II fut pourtant vain ; I'opi- nion leur etant depuis si defavorable que le noru seul de sophlste, auparavant honorable, devint une injure. Speusippe le definit par un homme qui est en quete , ou plus litt6ralement, a la chasse des jeunes gens riches et de famille distinguee, pour en tirer de Pargent (21). Get ecrivain , neveu et disciple de Platon , etoit contemporain de l'orateur iEschine , et consequemment celui-ci, en qualifiant Socrate d© sophiste, avoit pretendu outrager sa memoire. Voila ce qui me restoit a dire sur le sentiment de Freret ; je n'aurois ni rapporte" les principaux resultats de son memoire (22) , ni cherch6 a les re- futer , si le celebre Barthelemy ne l'avoit pas fait connoitre. Dans ce long memoire , Tauteur met irequemment les conjectures a la place des fairs, et a recours, au defaut des preuves positives, aux argumens negatifs, suivant son propre aveu. D'ail- (20) Elles augtnenterent beaucoup, un siecle apres, a cause du pillage du temple de Delphes par les Phoceens. (21) XotyisTtis viuv TcXaa-iuv iv£d'£av ifi/mirdoe StptVTij?. Definit. ad calc. Plat. Op. T. III. p. ^i5. Item , Aristot. da Soph, elench. L. I. C. XI. (22) Voye^agasin encycl. $ p . 20 } p. 474.. Zettre de Platon. 33« Jeurs cet habile homme n'avoit pas mis la dernier© main a son ouvrage,n'ayant cess<5 d'y faire des ehan- gemensj ce qui ne permet pas de le faire impri- wer. Peut-etre meme ne s'en occupa-t-il pas dans cette Intention , ftais seulement pour satisfaire la curios te de quelques amis , comme il paroit par Ja lettre d'un savant Italien , annexe a son manus- cnt. II faudroit done pouvoir evoquer J'ame d'ua auteur pour en connoitre Ies- dernieres volontes , e.t s?y conformer religieusement avant de pubiier ses ceuvres posthumes. Au surplus, mon des?ein n'a point dte d'entrer dans tons les details du proces de Socrate. Diffe- rens £crivain s en ont parle avec plus ou moins d'e- tendue; mais personne n'a mieux approfondi ce sujetqu'un savant AUeraand de nos jours. II justifle Socrate , excuse ses juges , et fait retomber tout Todieux de sa condamnation sur ses denonciateurs. II pretend que ceux-ci insistcrent principalement sur le crime de corruption morale de la jeunesse. Mais cette accusation toil en ce temps-la une calomnie trop ordinaire (23) pour faire beaucoup compression. D'ailleurs ce savant ne se livre pas a l'esprit do systeme, et s'^carte peu de I'opinion commune dans son memoire (24) , ou l'on trouve autant d'ordro et de critique que d'erudition. S. C. (23) Isocr. Or. de permut. T. III. Op. p. 90. (24) Imprint a Gottingue en 1786 dans un reiueil fort in- tiressant qui a pour titre : Biblioth*h der alttn LitUrat unL K»nst, T.I, p. 5 7 ,«T.II,p.i,et«. ' Y 2 ** BIOGRAPHIE. Wotice sur le Pere Jl r AQyAN , mort & Florence au niois d'aodi 1796. Dominique Magnan naquit en 1731 aRail'ane, bourg de Provence, voisin de Forcalquier. II entra & {ix-Luit ans dans Pordi\? des miuimes, ou depirs long-temps, et sur-tout depuis le cot) meiiceinent de ce siecle, regnoit Je gout des bonnes Etudes, et ou i'on a vu se former plusieurs savans (1). Magnan , apres avoir fait ses etudes a A vi non , alia demeurer quelque temps a la CioJa. Ce fut-!a que, se sentant tout-a-coup entra ine" par un gout irresistible pour la science de l'antiquitc , il chercha a se procurer des medailles et des inscriptions; mais il connu*. bientot que l'on ne peut faire aucun progres dans cette science lorsqu'on est prive de livres et de l'eu- tretien des savans. Aussi alloit-il souveut a Mar- seille et a Aix visiter les cabinets d'antiquite que renferment ces deux villes. Dans ces mo nens de loisir il travailla a une nouvelle carte de Provence qu'il lit graver; il professa ensuite la p'liiosophie (i) A la fin du siecle dernier il y avoit , chez les Minimes, .un savant mathematicien uoauae JuumaAuel Maignan , 0* £Xagnaa, ut k Toulwuss. Notice sur be P. Magnan. B4I et tetheologie a. Avignon el a Marseille , sans * ses lecons |*eni| echasstnt clc se livrer a so*J res favori. II y forma dps correspondari' esjiie , et avec plusieurs savans dTlalie et dVreur Francois ses letfres le firent connoitre de, ','et auroij voulu se premier. Ce prim e d siraAjnne vers l'anneei76o$ rattaiher. Ma-nan aje par leTvrol, et ses supe- il vint ensuite e/f a Rome, 011 il fut pendant plu- rienrs Tapp' ^ l a tete de' la niaison de la Trirrite" sieurs a- , uvent foude pour les minimes fran- du J^'ml la qu'il se 1 vra entierement a l'etude ^"'sciences pour lesquelles la nature Tavoit forme, et qu'il- travailla a plusieurs ouvrages, tous curieux ou utiles. • Le premier qu'il donna an public fut une des- cription de Rome ; il est intitule : id vULe de Rome y on description abregee de cette superbe v'dbe , avec deux plans generaux et ceux des quator&e quart Lets graves en ladle-douce pour la com- mod Lie des vcijageurs. Vol. m-12, deux parties 5 Rome, 17^3. C'est de tous 1« otivrages en ce genro celui qui contient le plus d'owlr^ et de mcthode. Les jugemens que Tauteur poite stir les morceaux d'architecture, de s ulpture et de peinture que pre- sente la ville de Rone out £te regardes comme exacts et propr i s a meltre le voyageur en etat de les anprecier. Cet ouvr g>, d'ailleurs agreable et com rode -par sa forme , ne laisseroit rien a desirer si on y eut ajoute la description du mus^e Pio-Cli- y 3 *4* Blogmphle} K Mln. qui, lorsque ce livre parut , n'etoii pas ""° r t formed Le p^ menie titiej^nan donna dans la suite , sous le il l'enrichit u'un gf\d ouvrage en 4 vol. In-jollo ; sentant les principaux^mbre de planches repre- plus belles statues, les tabletfpens de Rome, les modernes. Cette compilation est Yl' taux anciens et 3 aider un voyageur dansses rechercn° ute P r0 P re €tre utile a un curieux qui desire coi*, j ( !;j_l e P eu * mais elle ne sauroit satisfaire entieremei* ,!^ ome 5 n V u % lie second ouvrage qu'a public Magnan &. t , fiser l'annee de la naissance de J. C. d'apres une me- daille d'Herode-Antipas. II le fit imprimer a Rome bu 1772 Ln-8". , et ensnite m-4 . en 1774 sous ce titre: FrobLema de anno natlvltatls Chris tl ubi cccaslonem qfferente latere Herodls Antlpoa fiummo qui la nummophy Izclo ClemenUs X.V1 t>. m. asservatus, demonstrates Christum natum esse anno V1I1 ante ce ram vulgarem contra peteres omnes et} recent lores chronologos. Plusieurs savamV^toIent exercds au commence- ment dtf ce 3iecle sur le raeme sujet. Jean-Pierre- Rigord , marseillais , pre^endoit poss^der une me* daille d'Herode-Antipas, qu'il disoit etre unique; et ce savant ayant communique son travail sur cette meclaille au cardinal Noris , chacun des deux fit une dissertation pour fixer j d'apres 1'epoque marquee sur la medaille 3 l'annee de la naissance de J. C. Notice sur Le P. Magnan. . 343 Higord Ceda ersuite cette medaille a M. Lebret , premier president et intendant de Provence, apres la mort duquel elle passa successivement entre les mains de l'abbe de Rothelin et dans celles du pre- sident de Mazaugues. Celui-ci eut des doutes sur l'au- thenticitede cette medaiMe ; \\ assemblapour l'exa- miner les plus habifes antiquaires de Paris , qui tous deciderent que cette medaille , quoique moderne , 6toit moulee sur l'antique. Bimart de la Batie in- se>a ce/ugemeut dans ses remarquessur la science des medailles ; e'est sur la vraie medaille d'Herode-An- tipas que l'on decouvrit ensuite a Rome , que Magnan fit le travail dont nous parlons. Son ouvrage eut I'ap- probation dessavans,et ila ete imprimSplusieurs fois. Depuis i long-temps le pere Magnan faisoit des recherches sur les medailles des villes de la grande Grece. II ne s'etoit pas contente de voir celles qui existent dans les cabinets de Rome ; il avoit voulu connoitre celles des cabinets de France et de Vienne, En 1771 ou 1772 il fit un voyage dans sa patrie , de-la il alia a Paris , et fut de nouveau visiter le cabinet de l'empereur. En 1775 il publia les me- dailles de l'Abruzze ; son livre est intitule" : Bruttia numismatic a seu Brattice (iodic CaLabrix po- putorum numismata omnia in variis per Ew ropam nummopky laciis accurate descripta, etc. in-/ , a pud Venantuum ■ Monaldini. Romas s 1775. Ce premier ouvrage fut bientot suivi de deux Y 4 344 Biographie* antres , Pun sur les medailles dela Lucaiue , ,1 'autre Sur ce!!e du pays d'Otrahte, situe a l'embouchure de la mer adrialique. ■ Lucanla numismatica , etc. ln-^°. Japygui numismatica 9 etc. In-^. On devoit s'attendre que l'auteur accompagneroit les planches de medailles de quelques explications; mais on n'y voit qu'une notice assez supeifi ielle des peuples et de la situation des Tilles. Cepen- dant le P. Magnauavoit prepare un :grand nombre de notes qu'il n'eut pas le temps de rediger,- parce que ses amis de Rome le presserent trOp de faire graver ses medailles et de les donner au public. Peut-6tre aussi fut-il oblige d.> se hater de se pro- curer par le debit de ses livres un dedommage- ment aux depenses considerables que lui avoient cause" ses voyages, pepuis lors il a mis en ordre les explications de ses medailles , et en a forme un discourssuivi. Eu 1794, epoque alaqwelle il fut forcg de quitter Rome , ll se proposoit de les Faire im- pritner en latin et en franrais. Et un de ses amis, qu'il avoit pri.e* de l'aider dans la traduction fran- chise de son explication des medailles de l'Abruzze 3 m'en fait esperer uue copi'e. Le dernier outrage du, P. Magnan sur les. meV dailles est intitule Miscellanea. II contient, comme les precedens , un grand nombre de planches ties- Notice surle P. Mag/ian. S4.S bien gravees. Ce sont des m^dailles d'empereurs, tie peuples, de villes, sans aucune explication. Enfii, lorsque Maguan quitta Rome, il s'etoit associ6 plusieurs savans, et avoit prepare avec eux les materia ux d'un grand ouvrage, dont le sujet n'avoit aucun rapport a ceux qu'il avoit traite" jus- qti'alors , ou plutot il pr^tendoit embrasser tous les sujets coiuius, et ce n'ctoit rien mo:ns~ qu'une nouveile E 1 yclopedie qu'il vouloit publier sous le titre singulier de cliose Ivglacre. Voici ce qu'on trouve dausun prospectus qu'il fit imprimeren 1793. o L'Angleferre, dit-il, a eu la gloire de nous » donner i'id.-'-e d'un ouvrage si utile. La France l'a » augmente et perfe, lionne par son Encyclopedic; » mais il ('tot reserve a I'ltalie, la mere et la » nourriced s Sciences et des Arts en Europe, de ji mettre l'ordre necessaire parmi tant de mate- » riaux assembles, d'en augmenter la masse, d'en » corriger les d-fauts, et de donner a 1'ensemble » lous les degres d'ul;lite dont il est susceptible. » Dans I 'ouvrage que nous presentons an public j at et qui pourra teuir lieu d'une bibliothe pie, la » societe des £eis-de-lettres qui s'en est occupe" j 5) et qui s^en occupe encore, a ajoule aux connois- » sances des Francois et des Anglais celles de l'lta- » lie et les d^cotivertes f sites depuis un demi-sie- » cle 5 mais e'le a eu un objet encore plus interes- ■» sanl , et elle l'a traite avec le plus grand soin, y> e'est celui des mueurs et da la religion ». 346 Biographies I/ouvrage devoit etre in- 4°. grand format ^ comme le prospectus, et les souscripteurs devoient payer un ecu ou dix paules pour un volume de 5o feuilles, qui devoit contenir 400 pages ou 800 colonnes. Le P. Magnan, tres-propre a traiter les points d'antiquite, de literature et d'histoire dont il eut Voulu se charger, n'avoit peut-etre ni le genie, ni 1'universalite de connoissances necessaires pour une telle entreprise , et sans doute il vaut mieux, pour l'honneur de sa reputation , qu'elle n'ait pas ete execute^ mais la cause qui l'obligea de l'abandon- ner le rendit malheureux, et a abrege ses jours. Enveloppe" en 1794 dans des tracasseries monasti- ques, en butte a 1 'animadversion de son general, aux volontes duquel il avoit resist^, il fut force de sortir de Rome. II alia a Florence , ou le preceda sa reputation, et ou l'accompagnerent des recom- xnandations de tous les savans du pays qu'il quit- toit : a peine y a-t-il demeure deux ans. On nous mande qu'il est mort a l'hopital, et qu'il avoit commence une histoir© des grands dues de Toscane* 3 4 7 ARCHiEOLOGIE. Bistoire critique des Mj/steres de Vantiquite f avec des observations et des notes sur la phc- losopkie, La superstition et Les superchenes des Mages , enrichie de remarqiies sur Les kus- toriens et sur la ckronologie d* monde , avec cette epigraphe : « Les connoissanees humaines ressemtlent aux flots qui , se brisent contre les rochers , se remelcnt dans 1 im- . mensitS des eaux , puis se refoimoat.tMbnswt ! > sans cesse ». Disc. Prrt. AHispahan, 1788, fo-18 de *34 pages. -L< E lllj "^ qu i yieut seulement de publier ce* ouvrage,rest6W r ^^ dans son magasin , nou* apprend la raison de ... retar( j. j\ s >y plaint ame- r-ement de l'auteur G. de t. et p accll se d'avoir vendu son manuscrit a deux personi-, Sa „ i\ es t etonne" « d'une action si infame, dit-il, enveia. moi, cfui a» pendant plus d'un an le combloit de bionfaits , » soit en Iui pretant de Targent, soit en lui avan- » cant des impressions pour annoncer un vaisseau » volant qu'il a fait voir, rue Dauphine , a l'ancien f hotel du Musee de Paris , au ci-devant Palais* 3^8 r Archax)loglc. » royal, a la fc're Saint-Germain, et j^sques cliez » les freres Rnogi, r i , ou il devoir le faire enlever » flu moyen d* i'air inflammable, et dont l'execu- » Jion ii'a pas eu 1 eu a cause de i ignorance de l'au- » teu.» Apies - cette anecdote scanda louse vient beauc< up d'injures grossieres, ce qui n'cmpeche pas rediteui- i. 'admirer cet ouvrage. II en trouve le stylo soigne et plein de recherdus failes-daiis nos plus fajneuses bjbIiotheqt.es' « pour parvenir , selonlui, » a drcouvrir et nous dormer une idee des mysteres »-des- sages de i'antiquit4, que leurs mages prenoient » tant de soins de cacher aux profanes.. » Nous ne paftageons poiiit une pareiile admira- tion, sans doute un pen intcressee. II est presque superflu de reprocber a l'auteur le peu de soia qu'il a eu de remplir le litre d'Histoire critique des mysteres j etc. On se s roit attendu que les difTerentes opinions , relatives a ces fameuses ceV monies, y fussent sommairementexposees , et/ • „ a , ,, JVnpagnant suite lauteur proposat la sienne en 1 ; , ,, ,, -ait d'autontes pui- de recherches neuves , et 1 app»\ s£es dans les ecrivaihs d r * ^ ' , G. de G. »'a rien ,**<*> «° ut celn » '' " a £*"? vert un seul de - ^n V «ins ; il s'est con.ente de compiler..- beaucoup de soin tout ce qu. avo.t „pl' a son sujet dans les ouvrages de quelques savans modernes , en.r'autres , Court de Gebelin . Ic. c'est une discission chronologique, la uue notebio- graphique, des details de gfograpbie succedent k ceux qui eoncern.nt la mjlhologie et Murtcto. Par-toul Mj/steres. 3^ des assertions sans preuves , el jamais d'articles sans des bevues plus ou moins considerables. Apies avoir donue indistinctement aux pretre3 de I'Egypte et de toute I'Asie le nom de Mages, qui n'appanieiit" qu'aux philosophes de Perse, il con- fond sans cesse les mysteres Egjptiens avec ceux de la Grece et des autres pays ; il ne distingue ni les temps ni les usages : enfin , il invente des fairs , parexemplc , celui du voyage des prelres pour ap- prendre les langues des peuples etran^e.s qu'ils avoient coutume d'initier ; telle est encore la divi- sion en grands inil:es,qui ne pouvoieul etre quenalio- naux , et en petits, qui etoient ces me nes et rangers. II nous assure que leseul dome du temple de Ceres a Eleusis pouvoit conlenir un nombre prod'gieux d'homme*. Certes un dome n'a jamais reiiferme' personne. A de fautes pareilles , dans le langage, se joint par fois de mauvais raisonuemens el l'oubli dts regies les plus connues de la ciiiique. On y voit sur la meme ligne les aufeurs aneiens et tes ccri- vains modernes, et les ficiions de I'abbe Terrassou a cote des recits d'Heroriote , de Diodore de Si* cile , etc. 11 cite quelquefois les ouvrages les p!us connus sans en avoir une notion exaete. En parlant de la chrouique de Paros , ii dit avec assurance qu'elle est compose d'inscriptions grecques et latiaes. Le citoyen G. traite assez durement la plupart des auteurs. II trouve des absurdites dans Platoa, des erreurs et des mensonges daus beaucoup d'au- \ 35a r Arckocologlei tres hommes de cette reputation. Aucune ne Iui en impose; et tout fier de sa science chronologi- que , il decide que Desvignoles et Freret sont aussi peu exacts et aussi peu surs que leurs predeces-* seurs, et que I'un et l'autre ne s'accordent que sur des points hasardes et souvent faux. II exerce sa critique severe jusque sur le nouveaa diction* naire historique, « II faut, dit-il r avoir la pa-i » tience de le lire d'un bout a l'autre pour cba- » noitre l'impudence de ses auteurs. » S'imaginant etre deja dans son vaisseaa volant* Q. de G. plane fort haut , d^couvre tout, et p6- netre meme dans les pyramides d'Egypte , ou il met , toutefois d'apres Terrasson , les ceremonies les plus sacrees des anciens mvsteres de cette contree. Enfin on ne s'attend pas a trouver tant d'e>udition dans un homme occupe a des experiences ae>os- tatiques, et auquel son amour ardent pour le pro- gres de nos connoissances a fait perdre des momens bien precieux d La foire Saint-Germain et cheg Ruggieri. Son libraire, craignant que ces malheureuses dis- 1 tractions nenous eussent prives d'importantes decou- veries , y supplee en quelque sorle par deux cha- pitres. L'un contient un tableau de la reception des inities ; c'est l'all£gorie d'Hercule , tiree de Xeno- phon^ que l'auteur se dispense de citer ; l'autre est line rare digression sur le nombre ternaire : enfin tout se termine par un supplement qui n'est encore qu'une compilation sans critique. L'auteur , qui u'est pas le savant ue la foire Saint - Germain t Mj/steres. 35i. suppose, d'apres Court de Gebelin , que la fete des mysteres £toit celle de l'egalite. Et cette fete venoit d'JEgypte ! ! ! .... Per sanctum juratus dicat Osirin , Credit*, non ludu p s. c. MORALE. Suite des Caracteres, ou Portraits des Fran- ceils et des Francaises avant La R4voLuUori (i). XVIII. U ne mere a une fille qu'elle cherit au-dessus de tout , et dont elle se croit ador^e. L'.idolatri© paroit egale de part et d'autre, eti'on ne cesse de se rep<5ter qu'on ne se s^parera jamais Tun de 1'au- tre. La fille est marine, et sa mere va demeurer chez elle. On dit tant a la fille qu'un mari doit etre tout pour elle , qu'elle se d6shabitue , sans s'eu appercevoir, des soins qu'elle avoit pour sa mere; bientot elle nelui paroit plus assez jeune pour ne lui pas preferer toutes les jeunes femmes de sa connoissance. La tendresse de la mere pour sa fille augmentant Voyez le Magasia encyclope'dicjue , dsuxj^me anntej Tome III } page 71. 35« Morale. a mesure qu'elle en est moins aimee , fait qu'ella l'excuse , et qu'apres etre devenue infructueuse- ment sa complaisante , el'e sent la n£cessit6 de re- cherclier les femmes d ; son age. Pour lors les amies de la mere contribuent a en eidgn r davantage encore sa fille, et pu a-peu eHe s'en d^tache au point que cette mere est forcee de prendre le paiti de se retirer dans un convent 5 elle y tombe malade 9 cela devient conlrariant pour sa fille, parce qu'elle ne peut pas aller au spectacle. On imagine cepen- dant un moyen d'accorder le devoir avec le plaisir, c'est d'annoncer que la maladie sera lonaue; inais qu'elle n'est pas jdan^ereuse. Cependant quinze jours apres on eprouve une plus grande contrariety la mere meure, et il faut draper. XIX. Un homme qui ne sait que faire , s'imagine d« rendre des devoirs qui deviennent les plus en- nuvans et les plus fatigans du monde. II fait conti- nuellement des visites pour promener son inutility; il s'etablit par-tout oil il va , jusqu'a ce que l'on sorte de chez soi ; il ne pense jamais a vous laisser seul, au contraire il croit vo is obliger en vous te- nant comnagnie ; on ne peut se defaire de lui a moins qu'onnerinvited'aller porter ailleups son talent d'en- nuyer. Le malheureux croyant et desirant d'etre utile, importune , par sa presence , les gens qui s'aiment le plus et qui ont le moins de besoin d'un tiers ; il est le desespoir des aroans, sans etre leur rival ; il Ca met ere? des Franc ais > etc. 353 il leur enleve me me de secretes faveurs, dont il ne se doute seulement pas: on le doniie au (liable cent lois, sans qu il s en appercone ; au contrail e, car si Ton rit de lui, il rit aussi, cro.ant que e'est d\,n. autre; il ajoute k l'ennui qu'il inspire 1'habitude de parler a I'oreille des personiies aupres desquelles il se trouve ; i! devient pourle reste de la cpmpagnie encore plus ennuyeuxj mais le talent qu'il a de se rendre l'e-clave des famines imperieuses 1 lui yaut d'etre souffert,et lui donne la fatuftc de se croire utile et desire, lorsqu'il n'est qu'imporlun. X X. La femme engouee de tout, conte chaque ins- tant de sa vie par de> jouissan? e c ; a I'entendre, elle est tyu jours la plus fceureuse personne du monde: une fleur, uu papillcn, des rubans, des vers, des instrumens, des dessins, des eslampes, des tableaux, des statues, tout I'encbaqte \ 1'air qu'elle res. i;e est un baume; elle trouve de la volupta jusqu s dans un verre d'eau fraiche. II est vrii que lous cela se passe dans son imagination, puisque tres- souvent elle ne, regarde et elle n'ecoute ri< n ; aussi. devroit-on etre peu flatte de ses louanges; mais son air continuel d'admrction flatte Pamour-prd- pre, aide a rabuser,etla fait prei'erer a tonus les autres fenimes ; oa en connoit pas d:> plus aimabje ! II est faeheux pour ells qu'elis sot par fois dis- traite, parce que ses distractions devolent assez sou- vent le peu de verit6 de ses louanges>aia-ii que de leur Tome VI. 2 354 Morale. jutsesse. Un autre malliur, c'est son manque de gout qui Itii fail toujours pr< ier, j r tout ca qui Iui appar- tient a lout ce que les autres possedent dans le meme genre , et qui la fait arreter presque toujours sur les moindres objels. Elle voit des finesses dan s t out, des nuances dedicates dans tout ce qui est colore , des recherches et de la juslesse dans les* expressions, des delicatesses infinies clans le senti- ment et de Pesprit par-tout. Dans les tragedies , ce ne sont pas les situations qui la frappent, ce sout de s Vers detaches, et un bomme qui a fait tel vers ^uVlle vous cite est toujours un genie. Les petils passages dans le chant, que les chaoteurs se don- nent tmt de peine a rendre imperceptibly aux oreilies les plus fines, la ravissent bien plus que la plus deli ieuse nulodie. G J . sont les sentiers les plus £tro'ds qu'elle prefere dais les jardius anglais , et les boudoirs, dans les plus beaux anpartemeus. Une ac- tri e qui se co.ff- bien Ini paroit preferable a tout autre; elle se recrie diii* la maniere dont ele est mise pendant qu'elle parle, qu'elle chante ou qu'elle danse; e'est pour elle din talent principal; elle s'ex- tasie des qu'elle la voit, e'est le charme de cet instant. Le mari d'une pareille fernm? h nisse sou- vent les epaules de piti£, en entendant toutes ses exagedations , et ell- sVcrie ne prenez pas garde au marquis; il ne voit fieri de tout cela ; il ne se con- noit a rien,'eti1 se mo me sans cesse de moi ; rnais c 'a ne m'empeclie pas de trouver qu'il e-d deli- cieux,char.nant, divin! Tint qiu- vous le vo; diez, Iui dit-il j mais tout cela ne me fera jamais desirer de Caracteres des Francais , etc. 355 tout voir avec votre lorgnette; je lui prefererai tou- jours celle du bon sens. XXI. L'homme qui veut etre quelque chose, et qui n'a que de petits mojens , est un esprit retr^ci, qui se croit ordinairetnem tres-superieur aux aotres, et qui n'aime et n'estime que lui et ses productions. II est glorieux sans aucune raison de Tetre, bas par int6ret, peu delicat sur les moyens de reussir ; il croit en im- poser a ses e'gaux en voulant s'egaler avec ceux d'un raug plus eMeve que le sien , de qui il n'est que souf- fert, lorsqu'il veut faire croire qu'il en est sans cesse desire. Victime de sa sotte vanite,il est mecontent des uns , et il veut tyranniser les autres. Eutete sur tout, il a un gout faux que- Ton demele facilement clans tout ce qu'il fait ou ce qu'il fait faire. II est avare et fas- tueuxie plus mesquinement possible ; il se plait a in- quieter ceux qui peuvent s'interesser a lui en affi- chant une mauvaise sante , qu'il veut faire croire 6tre le fruit des bonnes fortunes qu'il se vante d'avoir eues; enfin cet etre si completement ridicule finit par etre m^prise de tons ceex qui l'ont justement appr£- cie\ Que de peines , de bassesses et de soins il lui en a coute pour arrive r la! XXII. La giande dame est presque tou jours une tres- vaine creature , gatee par tous ceux qui l'entourerit. Z a 3S6* Morale. Otez-lui sa grande qualite, elle seioit reunite h rien. Son nom en a fait une divinite a laquelle la phi- part des gens sacvifient sans savoir pourquoi ; en consequence elle decile sur tout, et l'ou s'empresse d'elre de son avis, menie souvent plutot les femmes que les hommes, et elle devient leur principale af- faire 5 el 'es quittent tout parce que la princesse est malade. Q- e diw la princesse da ce que je u'ai pas 6lz shier chtz elle? soupez-vous ce soir chez la prin- cesse? elle va demain a la campagne ; elfe veut abso- lument que j'y aille avec el'e. Ses nerfs la font souf- frir horrible, cent aujourd'hui. On lit ce soir chez elle une pitVe nouvelle ; elle est d'un homme qu'elie ne peut pas soufTrir ? ceia sera a perir d^ennui! C'est sa mere qui veut qu'elie Pent ende ; elle la persecute cruellement ! Cette n ere-la la fera mourir! Elle n'a point d'esprit du tout. Moi, dit un homme, je lui trouve plus de bon sens qu'a sa fille. Du bon sens, s'ecrie-i-on , du bon sens est touta-fait noble et d'un bon Ion! Si ia princesse l'enteudoit ! non personne au rnonde n'a plus de gout qu'elie ! c'est im tact, une lines.se de pensee, une delicatesse de sentiment ; voila ce qu'on peut appeler une femme superieure , mais je dis en tout; et moi, reprend Phomme qui avoit deja parie, je vous soutiens que c'est une or- gueilleuse sans esprit , qui meprise tout le monde , et qui d^daigne meme ceux qui se sont fait un £tat d'etre ses complaisans,ses esclaves et ses admirateurs. Carac teres des Francais, etc. 'SSj XXIII. Le vrai roue est I'homme du monde souvent le plus amiable , quand il est ce qu'on appelle un roue de bonne compagnie. Son ton avec Ies femmes a. pour elles le cbarme du desir, nie:ne avec celles sur lesquelles il ne forme aucur.es pretentions 5 elles Pecoutent toutes avec la meme complaisance, ct il ne tiendroit qu'a lui de choisir et de leur faire oublier tout ce qu'elles doivent en craindre ; aussi leur fait-il faire tout ce qu'il veut, meme jusqn'aux plusgrandes mechancetes et le.s_plus grandes noirceurs. Ciiles qui ont le plus a s'en plaindre au contraire le fetent par- tout oil elles le rencontrent. Cortirae il a tons leurs secrets il les domine et il les sacrifie selon les oc- casions et le besoin qu'il a pour reussir aupres de celles qu'il dt-sire. L'ingratitude n'est pour lui qu'ua molvidede sens, ainsi que la reconnoissance. Son esprit est aimable, et sa gaiete le iait recbercher. Tout le monde le connoit pour ce qu'il est; mais on se tait sur ses procedes ; on n'est pas meme en garde sur ceux qu'il pent toujours avoir. II est du bon ton de le recevoir, de Pinviterj et promeUre de l'avoir a souper. II est entoure des qu'il parle ; tout est char- mant dans ses propos : on ne l'e.-time pas ; personne ne voudroit lui ressembler en tons points , et cepen. danl on I'excuse assez souvent a caiiie de sa cele- brite. MauTais pere, mauvais man, faux ami, il af- ficlie la sensibilite, la tendiesse, l'amitie; i! en donne des preuves que l'on cite selon qu'on se croit biea Z 3 358 Morale, avec luij, ou qu'on veut y etre , et l'on oublie qu'un instant fatal peut arriver ou l'on se repentira d 'avoir ete en society avec un homme aussi dangereux. XXIV. Une jolie femme, mauvaise tete et mal con- seillee par l'orgueil , afficlie d'avoir un prince pour amant , et la voila decree pour toute sa vie. Peu de femmes veulent se montrer avec elle , elle devient par consequent peu difficile sur ses societes ; elle se lie avec des femmes peu instruites des usages de la bonne compagnie; il lui faut un long espace de temps pour affbiblir la mauvaise opinion que Ton a concu d'elle , encore faut - il qu'elle ait infini- ment variee sur les successeurs qu'elle a donne au prince , et qui se presentent touj >urs avec confiance, quand cetle liaison est terminee , et d'un ton dont elle ne sauroit s'offenser , sans quoi elle eloigneroit facilement ceux qui veulent bien ia rechercher, Lorsqu'elle est vieille , a quoi est-elle reduite ? a vivre presque toujours avec des gens inconnus,eta £tonner ceux qui l'ont vu dans sa jeunesse , qui 1'avoient perdue de vue , et cet £tonnement est quelquefois assez marque" , pour qu'elle entende rep^ter , comment elle vit encore ! je la croyois morte il j a long-temps ; comme je l'ai vu jol e ! X X V. Le bourgeois , qui a jneme Je plus d'esprit 3 tire Cam cteres des Franca Is > etc. 3 *>9 vanite* d'elie en liasoh avec ce qu'il appelle des seigneurs , et ces liaisons ne so it souvei.t que relies qu'il forme en jouaiit a la pan me avec eux , en montant a cheval au bois de Bo. lo;.:ne , stir le thea- tre de I'opera et dans les foyers. Les soupers chez les a c trices , avec eux , lui donnent encore une espece d'egalite qu'il aim a se rappeler quand il se rencontre avec ces mess.eurs. Une danseuse qui va paroitre stir le Ih aire , tin cheval anglais a vendre , une partie de paume_, une course de che- Taox sont encore des sujets de conversation. Si un de ces seigneurs , ecarte de la bonne compagnie par ses gouts , ses amusemens ou son oisivete - , recherche uotre bourgeo : s vain d'etre en societe avec le sei- gneur men. e le plus decrie,ilen estenchante ;ilne voit plus que lui , il le croit son ami , son £gal ; il prend son parti , celni de. son esprit , de ses talens si il en a, de son pcu d'orgueil , et il vante jusqu'a sa mai- Iresse , qu'il trouve la meilleure fille du moncle , et qui a des sen i mens au-dessus de son etat. En tiers avec eux, il commence a partager leurs ennuis, et pour cela il renonce a la societe de ses egaux : heu- reux encore si sa fortene n'en souffre pas , et siceux qu'il leur prefere ne se moquent. pas de lui. XXVI. Une femme d'une sante" vigoureuse , aimant a vivre gaiement , possede une grande et belle voix , aussi < hante-t-elle tant que l'on veut ; elle joue la comedie 5 elle ea de toutes les fetes que Ton donne z 4 iBfe Morale. et elle est peu occupge de son marl. I! paroit qu'il ne s'en soucie gu're , et qu'il est trop heureux d'etre debarrasse d'eMe , a la maniere dont il traite celui qui Paccompague par-tout, et il a raison, ne pouvant la reienir i/hf.z lui. Cette femme , avec cetle grosse gaiete" , plait a peu de monde a la'longue , aussi change-t-elle faoilemenl de societe" ; mais elle sent a. la fin que c'est presque toujours un tort pour line femme d'etre trop conune , sur-tout a un cer- tain age, et lorsoue les talens out vieillis , ainsi que les moyens de Jes muttre en valeur. XXVII. Le despofe , homme faille vigoureusement , com- mence par legner sur les femmes. Ai unable quand il le veut, il leur plait imperativement et sav\$ qu'elles s'appercoivent d'abord de sa tyrannie 5 mais le^er par son caractere, qui ne veut point qu'cn lui resiste , et nubes chaines qui piussent l'assujetir , il elend sa puissance a la ville, a la cour et dans tous les etats : nuls principes ne l'ar- retent ; il traite de meme la (01 tune, et il sait l'as- si ji tir. Un travail facile lui procure bienlot la place qu'il desire; il la remplit entierement , les moindres details ne lui echappent pas , et tout ce qui depend de lui lui devient entierement sou mis ; il place , deplace quiconque n'entre pas dans ses vues ; l'ha- bitude de se faire craindre en impose jusqu*a ses supericun. Ses ennemis n'osent se plaindre ni caba- Caracteres des Francais , etc. 36r ler. Le vertueux devant lui est sans force , et le vi- cieux sans insolence, s'il ne se prete pas a le servir dans ses plaisirs. La crainte a modele Je caraetere du respect sur les visages de tous ceux qni l'ap- proch nt : c t e'st ainsi qu'il voit et vent voir tout ce qui Tentoure ; il force a sourire a l'injustice de ses arets ,et ceux qui Peprouvent crojent devoir pa- roitre encore heureux s'il jette sur eux un regard de bonte. XXVIII. La femme seche a rarement le cceur sensible ; occupee d'elle seule et de sen interet, lorsqu'elle vous rlatte , si votre amour-propre ne l'aidoit , on verroit aisernent toute sa faussete ; aussi , lorsqu'elle ne se contraint pas, elle ne plait a personne , et tout ce qui lui est subordonne la deteste , parce qu'elle est sans egaids et souvent meme sans politesse. Si,au milieu de ceux qui censure sa conduite , il s'eleve quelques voix qui lui fasse enlendre combien on la Lait, elle fait semblant de ne pas s'en appercevoir; on n'est pas assez venge , pour I'etre davantage , on recherche sa conduite, et Ton est tres-satisfait en ap- prenant le me^pris que la bassessede ses actions inspire ; on est charme de voir que , dominie par le plus vil interet, elle se trouve au-dessous du dernier de ceux qu'elle se croit en droit de mepriser. XXIX. L'homme-machine est celui qui fait regulierement 362 Morale. toujours les memes choses aux memes heures et les m£mes jours. Personne ne semble etre plus occupe* que lui de calculer le temps,. Ses seules affaires sont celles qu'il s'est prescrites par I'habitude.Ses pendules sont exactement reglees , et il se fait servir la raontre a la main. Ses propos sont toujours les memes, que Ton naisse ou que Ton mf j urt,que i'on #agne ou que I'on perde , nul ^venement ne le tou.he. Lors- que I'heure sonne , il 1'annonce, meme au milieu de la conversation la plus interess&nte. Accoutum6 aux anciennes tragedies, aux andL?niifs comedies, aux anciens operas , il n'en desire meme point d'autres, et il est meme fort aise lorsqu'il ne reussit aucunes nouveaut^s. II a toujours les memes promenades , les memes visiles , et il lit les memes livres toute sa vie : enf n , il n'auroit vecu qu'un jour en vi- vant meme cent ans. XXX. La bonne femme est souvent celle qui , dans sa jeunesse, a eu beaucoup d'amans 3 a un certain age on oublie les torts de sa jeunesse , si sa facility en amour n'a pas epuise la borne" de son cceur; si ses regrets, sur les plaisirs dont elle ne jouit plus, au lieu d'avoir aigrit s name, Pont rendue sensible au bonheurdes autres. Si elle plaint les malheureux, si elle les £coute patiemment , si par un veritable interet son attention est soutenue , si elle cherclie a adoucir les maux qu'elle ne peut gue>ir, ou par des sojns j ou par des secours qui lui causent de petites Caractbres des Franca Is ^ etc, 363 privations , peu s'en faut qu'oii ne la revere a l'egal de la Divinitc. XXXI. L'homme ardent desire tout tres-vivement , et il ne neglige rien pour faire valoir ses pretentions ; il sollicite , il prie , il presse , et a la fin il enleve de ibrce ce qu'il ne pent avoir par beaucoup de peines et de soins. S'il desire d'acquerir des connoissances, il ne neglige rien poury parvenir 5 le jour , la nuit, tous ses momens sont employes a l'etude , et victo- rieusement. Eles-vous quelque temps sans le voir, il a ete au bout du monde. II est aise de concevoir qu'il fait souvent des decouvertes. On admire son activit6 , sou courage, sa perseverance et son in- tre^idite. Quelle seroit la femme qui oseroit entre- prendre da lui register? elle ne feroit que reculer sa def.ite de quelques instans , puisque tot ou tard, avec lui , il faut se rendre : aussi cette reflexion avance-t-elle ses affaires, et lui font-elles avoir beau- coup de renames ensemble ou separement , comme il les desire. Si par ses imprudences il n'abr^geoit pas la duree de sa bonne sante, quelle vie seroit aussi heureuse que la sienns ! Combien il seroit dangereux de vouloir entreprendre de l'imiter , sans pouvoir le suivre ! on risqueroit de s'egarer dans la route qu'il tient , et de s'y perdre pour toujours. XXXII. La femme vive est souvent au-dessus des pr^ju- 364 Morale. %6£ et de routes considerations; ses sens lui servent de guide ainsi que sa tete J il est facile de concevoir tombien ils doivent l'egarcr. Elle commence ordi- nals merit par une passion romanesque, mais c'est la s'ule qu'elle aura ; elle se croit tendre , mais elle n'estqu'emportee, et elle ne fait bientot qu'un ingrat, paree que son amant l'ayant jugee ce qu'elle est verilablemenl , ne trouve en elle qu'une femme qui ne re nerche que le plaisir et non l'amour, et qu'elle ne s'en doute seulemcnt pas. Elle croit s'etre trompee stir son choix ; elle cherohe un amant cons- tant, et n'etant pas faite pour en trouver un, ce projet lui donne , a elle - merne , l'habilude de la lcg N rete : cejtte facility de faire des amans heureux lui en procure beaucoup ; ainsi elle passe les pre- mieres ann ; es de sa vie dans les plaisirs , sans re* gt'^ts, sans remords et tant que sa saute reste in£- branlable ; mais a la fin elle s'altere; il vient un temps oil elle paye bien cher les delicieux momens qu'elle a passe jusques-la , et ses nerfs sont atta-« ques par le chagrin de voir dimiuuer ses attraits et les empressemens des homines. Alors , elle imagine de nouveaux moyens de se rendre plus aimable en devenant tout-a-fait interessante 5 mais il faut un interval le entre sa premiere conduite et la nouvelle reputation qu'elle veut acquerir; elle y parvient en faisant de nouvelles cennois^ances et d'un autre ton que les anciennes. Elle lit beaucoup, et elle joint a ces lectures des reflexous que tout ce qu'elle a vu et eprouve la mettent a portce de faire , et ces moyens en font une femme d'une conversation tres- Carac teres des Francals j etc. 365. agreablc.Elle lous inliniment ceux qui la recberclient, et elle les amuse par des critiques Tine-; , plai- santes et remplies d'esprit j on admire 1 la fa.ilite d'en melt re par-lout , parce qu'elle en trquve a tous ceux qui tout profession d'en avoir, et qui lui rendent hommage. Elle est tentee d'ecrire ; on ap- prouve ce pr'ojet, et ensuite ses ouvrages , mais seulemeut dans sa societe , encore se dit - on a Poreille qu'elle se fail fort aider : ainsi, jamais estimee, jamais rcellemeut aimee, elle ne laisse , en mourant, nulles traces de sa vie, si l'on peut oublier toutes ses scandaleuses bistoires. XXXIII. L'inteVesse ne fait rien sans avoir un but de pro- fit^ la moindre complaisance est raise en ligne de compte; il ne pense jamais qu'il fera das ingrats, et il ne craint pas de le . devenir; an coulraire , s'il peut lui etre ulile de sacrifier celui auquel il a le plus d'obligations , il le fera. Quoiqu'on le con- noisse, on tombe aisemenfi dans tous les panneaux qu'il a Tart de tendre ; il loue la gene>osite, la delicatesse et la reconnoissance ; il sail prendre toutes les formes necessaires pour plane et engager ceux dont il attend quelques services ; il sait meme le faire passer pour un homme ulile, prcvenant et aimant a obligerj il n'a jamais i'air ennuve en vous ecou- tant , ce qui feroit un grand rnerite s'il ne son- geoit pas pendant ce temps-la a tirer parti de ce que vous lui dites, et des dispositions qu'il ap- 366 Morale. percevra en vous a devenir sa dupe. II sourit meme si on lui dit qu'il est fin, lorsqu'un autre pourroit s'en fucher; mais Ja bassesse de son ame est au- dessus de toutes sortes de delicatessen, puisque tout son merite, celui qu'il a adople, consiste dans le talent de t romper habilement tons les hommes. XXXIV. La rabacheuse est une espece de femme qui , des la premiere fois qu'elle vous voit, vous dit les memes cboses qu'elle vous dira toutesa vie. Pour la trouver differente , il faudroit l'entendre parler a differentes personnes , encore dans les memes occasions et les memes situations, quand on la connoit un peu , on sait fous ce qu'elle dira , ce sont les memes histoires 3 les memes sentimens et les memes decisions. Cette femme est pour l'ordinaire la meilleure du monde; mais toujours la plus ennuyeuse de toutes les fem-« mes. XXXV. Ii'neureux caractere est celui d'un homme quel rien ne peut affliger quant a ses interets, puisque c'est etre au-dessus du malheur. II ne peut etre qu'un don de ? la nature, ou celui des plus utiles reflexions, et voila la veritable plulosopliie, celle qui nous console de tout, ne nous ote jamais l'espe- rance, et nous prouve que tout ce que nous avons dfoire sans pouVoir l'obtenir , loin de faire notre bonheur, nous auroit peut- etre rendu tres-malheu- Caractbres des Francals , ptc. 36 7 reux. Ce caraotere paroit etre la recompense de ceux dont la fortune est bornee ; sans doute qu'e- tant habitues a moderer lturs plaisirs, la privation leuren est devenue moins sensible. On est tr' j s-sur- pris de lej voir tous consoles des le premier mo- ment qu'un leur apprend un malheur qui ne re- garde qu'eux, et ils vous prouveni qu'ils doivent l'etre. Vo re ferine est brulee, leur dit-on— Oui, on vien: de me I'apprendre.— Et c la ne vous fait rien? — Pardonnez-moi ; car il falloit la faire re- batir , tt nen ne m'auro t autant gene, et j'ai pris le parti de la vendre a men fermier, qui m'a paye comptant, ce qui m'a fait beaucoup de plaisirjcar j'avois grand besom d'argent. XXXVI. L^paree est insurportable , parce qu'elle n'^coute rien, et qu'eu vous disant je vous entends bien , elle est toujours a cent lieues de ce que vous luj d tesj ses idees,sans etre fort Vendues, se croisent sans cesse; elle paroit distraite, et elle ne pense a rien : aussi lorsqu'elle veut reprendre la conver- sation , au bout de deux phrases elle n'y est plus. Elle vous quitte et vous perd de vue pour coirir apies une mouche, la chasse, ou souffle une plume qui Vole^Quel dommage si eelte femme vous plait; car il seroit tres-facheux de devenir atnoureuv; d'un au- tomate pareil , a moins de pouvoir, comme Pig- maliou, lui obtenir uneame, e'est-a-dire changer la sienne , et en faire une autre peraonoe. 368 Morale, XXXVII. L'ami des ferames n'ait sou vent qu'un liomme blen constitue* , a qui elles sont neeessaires, et qui sont tiompees par les desirs qu elles' lui inspf- ren! , qu'elles prennent powr de l'amour: aussi cet homme e^t-il le meine vis-a-vis da la maitresse ou de la femme-de-chainbre. Ce n'est ni leur cceur. ni leur esprit qu'il estime en elles, mais les plaisirs qu'elles peuvent lui fa ire goiiter, et elles n'en sont pas moms flatties , leur amour-propre en est satis- fait, et il est tolrjours 1'homme qu'elles pr^ferent; elles lui accordent facilement la superiorite sur les autres hommes lorsqu'il n'aime que lui-meme. Uri chat coiffe, leur disent-elles queiquefois en riant, vous tourne la tete j mais aucunes d'elles ne se croient ce chat, et ne Pen aime pas moins : il profile de son ascendant sur elles pour en jouir, et peu fidele a chacune, il est constant pour toutes. On Fe reirouve ton jours pret a remplacer les inter- regnes; il rend meme infidelles celies qui se croient ies plus sensibles, les plus dedicates et les plus tentlres; il sait profiter des momens favorables des qu'il les appercoitj il console, il egaye , il venge selon les circonstanc.es , et c'est parce qu'il ne croit pas au senliment qu'il ne [anguit jamais long-temps ; il sait qu'il faut brusquer les faveurs pour les obte- nir; celies qui le connoissent s'y attendent , celies qui l'ignorent l'apprennent, et toutes repetent chaque jour ensemble ou separement : il est charmant ! il est charmant ! XXXVIII. Caractlres des Fraacals , etc, 36a XXXVIII. Lc ronleur le plus aimable doit changer souvent de sooiete , s'il n'a pas assez d'esprit pour etre tou- jours nouveau. II est rare meme, qu'avec beau- coup d'esprit, il ne veuille pas tenir toujours le dez dans la conversation, ce qui finit par deplaire a la longue, chacun voulant briller a son tour. I[ faut done etre singulierement abondant pour pou- voir varier, et pour qu'on vous pa^se votre habL tudede conter ; sans cela comment supporter le con- tenr, qui ne dit rien qu'on ne sache depuis long- temps? Malheur a ceux qui ne le connofssent pas ou qui n'osent le fuir ; lorsqu'il s'en appercoit, il s'en empare; et lorsqu'on yient avertir pour le souper il vous force de laisser .passer tout le monde : on espere alors d'en etre quitte; mais e'est pour vous faire asseoir & table a cot6 de lui, et il ne trouve que trop de facilite pour y r£ussir, tout le monde le fuyant. II ne cesse done pas de vous entretenir, en ne vous permettant pas la moindre distraction j Apres le souprr , il vous empSche de jouer pour Ten. tendre encore. II veut vous ramener chez vous, vous fait renvoyer votre voiture ; et a votre porfe, la por. tiere de la voiture ouverte, malgre' le froid , ilacheve un conte tres-ennuyeux, et ij vous en promet en- core beaucoup d'autres quand il aura le bonheur d? vous renconlrer. Tome VI. A a ^7° Morale, XXXIX. Un grand seigneur tres-vanle" dans sa jeunesse par les femmes,aprisThabitude de s'en laisser admirer. Tout ce qu'il dit est charmant! Etil finit par se noire un esprit prodi^ieux ; mais a un certain age, il ne peut se dissimuler qu'il est tres-ignorant, et que de l'esprit sans connoissances, ce n'est rien ; il fau- droit avoir un imagination tres-vive, et les plaisan- teries du bon ton, corame on lesappelle, en sont souvent d£pourvues. Cependant la reputation d'es- prit est acquise, comment la soutcnir? En admi- rant les vers des esprits a la mode ? Oui , cela peut mener a quelque chose; mais il faut aussi s'inslruira de leurs principes;il faut done lire leurs ouvrages, avoir Pair de sentir ce qu'ils en aiment le plus; il faut les approuver, citer ceux qui ecrivent, les inviter a diner, les £couter, les admirer et leur r£peter ce qu'ils ont 6crit. Alors les connoissances du grand seigneur sont bientot c61ebr£es, ainsi que son gout. lisle distinguentde ses pareils; ils lui trouvent des appercus, des vues profondes et des resultats. S'il raisonne alors avec eux sur Portographe , sur la veritable signification , et sur le choix qu'on en doit faire , ils en font un acaclemicien. Voila des cet instant le marechal , e due, le prince qui les traitent de confreres La difference qu'il y a entre le nouvel acadenuYien et ses confreres, e'est que le premier croit leur faire grace en feignant de Ca racthres des Francals , etc. J 7 f descendre jusqu'a eux, et qu'ils croyent, eux , s'Stra Aleves jusqu'a lui, parce qu'ils lui ont fait accor- der un fauteuil pareil au leur. X L. Le savant sans esprit , est un fleau pour la societe; occupe" sans cesse de montrer son sa voir 3 il ne s'apperroit jamais quand il ennuye: c'est un livre qu'on ne sauroit fermer. IL cite continuelle- ment les auteurs anciens, sa m^moire vous tyran- nise a l'exces, et malheur a qui le consulte- il vous lit ses notes, ses reflexions, et il veut que vous entendiez de suite tout ce qu'il vous montre : si par malheur vous 6tes interrompu, il reprend tou jours du commencement, et s'il vous lit la 1 tra- duction d'une trag^die grecque ou anglaise 3 car il sait ces deux langues , il recommence toujour* par le premier acte,et pour entendre la piece en- liere, il faut entendre cinq fois le premier acre, qnalre fois le second, trois fois le troisieme, deux fois le quatrieme , et une fois le cinquieme ; et si vous ne finissez pas par vous brouiller avec lui, vous sewz expos^ a en souffrir autant pour une au- tre piece , des qu'il l'aura traduite. X LI. Le vmi savant est un homme de genie, qui marche d'apres les decouvertes de ceux qui l'ont A a a g 7 a Morale. precedes, vvC srlt s 1 1; sppropner an point tfe les' £tendre, e,t d'en faire do nouvelles .i supt'rituires aux premieres, qn'oii re pent plus ic regard?!- que comme le cr^ateur du genre aifqifel il s'est appli- que. II n'est jaloux de p^rsaime , an contraire, ses connoissances le portent a admirer celles des Hutres; il trouve pen d'hommes ?ans tin merite reel ; il ad- ipire la marche de I'esprit hunruu dans tous les la prosp£rite de sa nation, qui y coistribue de tout son pouvoir A a 3 %f4 Morale. par ses talens 5 ses connoissances et. l'exernple de sa bravoure. Dans les conseils , par les lumieres qu'il y r^pand ; a la guerre , par ses savantes dispositions, et Phonneur civisme francais qu'il rappelle aux soldats lorsqu'il croit de voir les haranguer. Alors il porte dans leurs ames un heroism e qui les en- trainent; ils suivent avec confiance celui qui vient de leur parler corame a des hommes d'ou depend le salut de Petat , la gloire d j la nation , et la vie- toire en est le fruit 5 elle devient certaine, et le bon francais alors n'en est pas plus vain, pares qu'il croit n'avoir fait que son devoir. INDICATION DES CARACTfeRES. XVIII. La Mere dtlaissee. XIX. VEntiuyeux par oisivete'. XX. L'Engouie de tout. XXI. Le petit G6nle. XXII. La grande Dame. XXIII. Le Rou6 de quaUti. XXIV. La sottevanltL XXV. Jj y Homme dupe par vaniti* Indication des Caracteres Z7S YXVI. La Femme d'une grosse gaieU. XXVII. Le Despote. XXVIII. La Femme sec he. XXIX. L'Homme-machlne. XXX. La bonne Femme, XXXI. L'Homme ardent. XXXII. La Femme vive. XXXIII. L>lnteress6. XXXIV. La JRabackeuse. XXXV. Uheureux caractere. XXXVI. L'Egarde. XXXVII. VAmidesFemmes. XXXVIII. Le Conleur. XXXIX. Le grand Seigneur bet esprit. XL. Le Savant ennuj/eux. XLI. Le vrai Savant. XLII. La Sentimentale. XLIII. Le vrai Francais. A» 4 3y6 MELANGES. Lettre a M. le medecin Allioni _, professeur emSrlte de Botaniqlie a funlverslte rouale de Turin, _, directeurdu Jardin public des Plantes^ et membre des plus celebres Academies de l' Eu- rope ^ sur les Beaux-Arts ; et en particuLer sur le cabinet d'AntiquStes et d'Histoire natu- relle de S. E, Monselgneur Le Cardinal Bor- gia j a VelLetrLj par I'abbe Etienne Borson, docteur en Tke'ologie _, doyen de la Collegiate de Ckamoux , et membre de I'Academie des Beaux-Arts de Florence. A Rome, 1796, O E dois cetouvrage h la liberal! te de son eminence monseigneur le cardinal Borgia , qui a eu la bonle de me Penvoyer avec les dissertations de MM. Sestini et Visconti sur la tessere de Velletri , dont fai rendu compte 1 dans le Magasin , Tome VI, page 61 , et avec une dissertation d^ M. Wad sur les fossiles £gyptiens, dont j'aiegalement publie une notice. Ce petit £crit est adresse au celebre professeur de botanique Allioni, auteur de la Flora pedemontana^ des DeUcLQZ faunce et Florce insubrlcce^ et d'autres ecrits g£neralement estimes ; M. Fahfc>e Etienne Bor- son j qui en est l'auteur 3 paroit aimer egalement Tan-. JMusce de VellctrU S77 tiquite et l'histoire naturelle : il commence par qnel- ques gen^ralites sur les arts, sur la Culture des lettres a Rome. Les sciences auxquelles on s'v livre le plus sont la theologie, le droit canon et civil , l'an tiquite , les langues orientates et les beau \-arls ; I'histoire na- ture'ley est tres-negligee ; cependnnt les soius et les 1090ns du R. P. Petrini, des ecoles pies, peuvent faire espe'rer sa restauration. M. 1'abbe Borson n'a rien vu de comparable an museede Veiletri , presque cree par le cardinal Bor^ giajetport^ par lui a un point de magnificence anquel aucune autr« collection, en Italie, ni meme en Eu- rope, n'est arrivee, tant par la rarete , la variety, que pour la quantitc des pieces qu'il contient. Le premier de son iilustre famille qui pensa a former un musee d'antiques fut le chevalier Cle- ment Erminius Borgia , auteur d'une excellente hi«- toire de Velletri. II fit faire de? excavations, et acquit diffifrens n.onumen?. On lui doit la d^couverte de deux superbes busies, Pun de Pertinax, I'autre de Galba ; le premier frit donne an Papc Clement XIV. Cette noble passion qui ana, he au temps , pour l'avancement des sciences, lesmonumens qu'il vou- droit consumer, se r^pandit dans toule la famille; chacun s'empressa de rjcueillir et dVtudier quelque cho?e d'antique: la collection approchoit deson point de perfection quand la guerre , qui desola ce pays, enleva ces richesses; le musee fut saccage et pilleen 1744. Ce revers n'^teignit pas, dans la fan. ille Borgia , le d£sir de posscder une coileoiion d'antiques , et 378 Melanges. chacun prcpara au possesseur actuel la voie par Ia- quelle il Pa porte au point de ricliesse ou on le voit aujourd'hui. «Toutes les vertus qui peuvent illustrer un prelat revetu d'emplois eminens, dit. M. I'abbe Borson , sont funics en la personne de M. le cardinal Borgia aux precieux dons de la plus vaste erudition. La quantite d'ouvra^es qu'il a mis au jbur en differens temps at- testent i'etendue de ses eonnoissances dans les anti- ques religieuses et civiles; le discernement juste et le gout £pure qu J il porte dans tous les objets des sciences qu'embrasse son genie ; la republique des lettres n'a qu'un sentiment pour lui , celui de l'admi- ration uni a la plus juste reconnoissance pour la puis- sante protection qu'il leur accorde , et la generosite dont ii honore ceux qui les cultivent. Grand sans faste , savant sans aigreur ni ostentation , sa maniere douce et affable, et l'amenite de son esprit, sont les plus propres a faire aimer la science, et a surmonter les epines dont elle est herissee, comme la bonte de son cceur et ses vertus lui captivent sans cesse l'admira- tion et l'attachement de ceux qui auront le bonheur d'approcher de sa personne. » Cet eloge du cardinal Borgia ne sera point dementi: il n'est aucun homme-de-lettres , ayant voyage a Rome, qui nele repete. Borgia poor l'ltalie, Bancks pour 1'Angleterre ? seront des noms a jamais chers a ceux qui cultivent les arts et les sciences que ces horames g£nereux ont encourages etsoutenus, hors nieme de leur patrie, par leur credit et leur liberalite. IMusee de Velletri. 379 Pour lionorer mi ux encore son illnslre patron, M.Pabb Boson doune line notice generate des ob- jetsquicomposent sa celebre collection ; il y joint le titre et l'analyse des ouvrages dont plusieurs mor- ceaux deceprecimx cabinet ontete l'objet. Je don- nerai cette description en entier, parce que le petit ecrit de M. Borson n'est pas tres-re>andu , et qu'il n'y a pas d'bomme-de-lettres, et menie d'homme du monde, qui ne soit bien aisede prendre une idee ge- nerate d'une collection si justeinent vant£e. ?u;sse-t-il faireenh'nouvrir les yeuxau gouvernement! Puisse- t-il lui faire connoiire la necessite de propter des circonslaaces oil nous nous trouvons encore , pour augmenter, aulant qu'il est possible, le museum des antiques, et ouvrir les salles ou tant d'objets utiles pour la connoissance de l'histoire doivent etre ex- poses I Premiere Classe a" Antlq ultcs egyptiennes. N°. I. 585 monumens 6gypt;ens sculptes , de mar- bre, de bronze, de plomb , d'ivoire, de boiset de composition ( pasta); quelque. c -unssont peints. N°. 2. 41a pierres precieuses egyptiennes repre- sentant des divinites et autres choses, coin me les cos- tumes, les rits , etc. , parmi lesquelles il y a cinquantn scarabes ornes de figures symboliques , d'bierogly- pbes 5 un , enlre les autres , est de porpliyre vert. FossUla jffigijptlaca Mas el Borgianl Vell- trhs j descrlpslt Gregorlus Wad Danus , socle- 38o Mdlangcs. talis private Phu sicca Goeitengensis , et Volsco* rum SodaUs. Vetitris ^ 1794 -» bfl ~\ * Toms lesmonumonsdesnumeVos 1— 2 , qui peuvent donner lieu a une infinite, de recherches importantei sur la religion, Ies usages civils, les costumes, les iymboles, les hieVoglyphes de ces anciens peuples , ont 6t6 examines, par le savant auteur danois, sous leur rapport avec l'histoire naturelle; il ne pouvoit Irouver, dans un autre cabinet, une collection plus considerable de pierres anciennes de toute espece , pour connoitre toute la lithologie de l'Egypte. Pline , He>odote, Strabon, Ptol£m'ee ont parle" de quelques- "anes qui £toient connues de leur temps ; elles sont meme en certain nombre ; mars on a peine a les recon- noitre aujourd'hui toutes sous les noms et les pro- priety qu'ilsleur donnent. Parmi les obligations que les sciences ont aux rechercbes de S. E. , l'histoire na- ture] le lui devra encore celle d'avoir fourni a M. Wad l'occasion d'exercer ses connoissances en nous donnant un catalogue nouveau de la lithologie des Egyptiens; c'est ce qu'ii afaitavec beaucoup desucc es, et, ce qui est fort important, d'apres les caracteres £tablis par M. Werner. I/auteur commence par de- crire les granits, les basal tes, les porpbyres, lesschistes micaces, les sables durcis et les brecae ; il vient en- suite aux pierres siliceuses , parmi lesquelles on trouve le quartz crystallise^ Pam&hyste, Jatopase, lacbalc^doine, le sllex comeus^ la corniole, Velio- tr opium ^ le lapis lazuli, et la pierre obsidienne. Sous les argiles, on trouve difl&rens jaspes, le feldg-spath, Musee de VellelrL 38r lescbiste, VargULa chlorites ; sous les talcs, on trouve la nephrites , le serpenlin, la pierre ollaire. II passe aux differens marbres , aux marnes , a la pierre de pore , an gyps , et finit par Hematite de fer, une pierre d'aimant , et unepyiite, indiquant par- tout les monumens qui se rapportent a la pierr* qu'il d^crit (i). N°. 3. Une suite de medailles d'Alexandrie. Numi JEgyptii ImperatorU prostatites In Mu- seo Borgia no VeUtris : adject is prxterea quot- quot reliqua hujus classis numismata ex varils Musels atque iibris coUigere obttglt. Romce , 1 787 j in-4°. L'auteur de cet ouvrage est le savant M. Zoega, Danois. Les monnoies egyptiennes des Empereurs , qui out 6[6 frappees sous les Cesars, font une partie des richesses du cabinet de S. E. ; elles sont au nombre de 1800. L'auteur fait ds nouvelles observations sur la plnpart d'entr'elles. N°. 4. Environ 800 fragmens de manuscrlts en parchemm , en caracteres Gophte-Thebains ? Copto- Thebaic L Un auteur,.M. Frederic Engelbreth P, travaiile actuellement sur le catalogue raisonne de ces ma- nuscrits. N°. 5. Papier eVyptien fait avec le papyrus , mo- nument unique de cette sorte. CO Magasin ine/clopidiqut, premier© ann£e,Tome I, p, 487. 38a Melanges. Charter, pa pyrac'eci Gr&ce Scripta MuscelBot- goani VetitnSy qua series incoLarum Pbotetnaldls jlrsinoiUcce in aggeriuus el J'ocsis operantiunh exhibeUir edita, a JSicolao Scfiow acadeniia; Voiscontm Vetiteriia?, sncio_, cum, adnotatione critlca , et paleeograpkica in textum cliartoe. Romce j 1788; in-4 . L'auteur rapporte que ce precieux manuscrit fut de'eouvertdans un souterrain de la viU« r!e Gizae , 011 Ton croit qu'etoitsituee I'an rjenne Memphis. On y en trouvaplus dequarante plies dans une boi'e de Syco- inore 5 on les proposa a tin negociant pour les acheter ; celui-ci n'en connoissant pas le prix ,'n'en envoja qu'unr seul a S. Eminence , et e'est celui dont 1'auteur donne la description. Lesautres furent pilleset brules par des Turcs pour en burner la fumee , qu'ils trou- ventaromatique. Ilfaut espererque le savant ouvrage de l'auteur , en faisant connoitre le prix de ces sortes de manuscrits, portera les amaleurs a eri recheicher d'autres. Nous possedons done le vrai Papyrus de t'Egypte, que nous ne connois^ions que d'apres la description que nous en donne Pline. Ce manuscrit traite des differens ouvrages qu'on faisoit aux digues du Nil. Les savans trouveront aussi , dans cet ouvrage de M. Schow, des notions fort erudites sur la langue des Egyptiens , sur Its lettres dont ils se servoient , sur leuis rapports avec les lettres grec- ques, etc. Musee de Velletri. 383 Monumetis c/ire'tiens de I'Egypte. Fragnientum JS.van.gelU S. Johannes Graico- Copto-Thebaicum Seculu IF. addltamentum ene vetusUssimis membranes Lectionum Evangeli- carum Divinaz Missce Cod. D id con id Reliquiae ., et Liturgica alia fragmenta veteris Tnebauien- sium Ecclesice ante Dioscorum ex Veliterno Museo Borgiano nunc prodeunt in latinum versa et notis, et illuslrata y opera et studio F. Augustini Anlonii Georgii Eremitce Augusti- niani. Romce^ 1789 , in-4 . Get ouvrage , qui fait un lionneur bien grand a Pimmense Erudition du Pore G^orgi , donne des no- tions fort interessantes sur lesdialectes en usage chez les Egyptiens; savoir, celui de Thebes et celui de Memphis, sur le rappoit de l'hebreu avec l'egyp- tien, sur un troisieme dialecte qui tient le milieu entre celui de Thebes et celui de Memphis, d£cou- vert nouvellement d'apres un manuscrit de 1'Epiire de Saint-Paul aux Corinthiens , que S. Eminence possede , etc. Specimen Versionuni Danielis Copticarum y nonum ejus caput Metnpniticc , et Sahidice ex- hibens , ediditj et illustravit Fridericus Miinter Hafniensis A. M. arc. et Soc. Folic. Vela. Sod. Romce, 1786., in-8°. ?5\f Milangcs. M. Friderici Miailer in Univ. Ha fa. S. Theol* prof, publ.extr. A 'cad. Volscorum Ve'Uris > ct, Arcadum Ho/ncc Soc. Comment alio de indole versionLs Novi JestamenU Saf/idicce — Accc- dunt f ragmen ta Epistolarum S. Pauli ad Ti- motheum > ex membranis Safiidicis Musei Borgiani VeUtris. Ha f nice excudebat Job. Fri- tter. Sckultx. 1789^ i/1-4 . M. Miinter, fort habile clans les lan.eues orientate*, a tonrne toutes ses vues vers l'examen des marmscrits les plus rares.il a trouve une abondante in a tie re pour exercer son talent clans les nombreux monumens en parchemin que possecle monseigneur le cardinal Borgia. De miraculis S. Coluthi el reliquiis S. Pa- nesniv Marty rum Thebaica fragmenta duo al- teram auctius j afterum nunc primum editum. Vr&it dissertatio FminenUssimi Step hani Car- dinaiis Borgia de Cultu S. Coluthi Marty ris* Acceduntjfragmenta varia notis inserta _, omnia ex Museo Borgiano VeLiterno deprompta ^ et illu strata ; opera ac studio F. August ini An- tonii Georgii Emeritw Augustiniani. Homce y 1793^ in-4 . La savante d'ssertation queS. Eminence a ajontee a l'ouvrage nous apprend que ces monumens ont etc" trouves parmi les debris d'un ancien moaastere situ6 proche de Thebes , dans la haute Egypte , d'ou ils lui Musi&de VeUctn. 33^. lui furent envoj^savec quelrjues mauuscrils, paxmi lesquels il y en avoit un ecrit en grec et en c.-phte, contenant I'evangile de S. Jean (2); que les- carac- teres avec lesquels il est eciit appartiennent a line £poque fort reculee, environ vers la fin duquatrieme, au commencement du cinquieme siecle. Seconde Classe. Des Monumens des Volsques, N°. 1. Divers bas-reliefs en terre cuite, peints a Pencauslique. BassurlLLevi VoLsci la terra cctta diplntl a varj colon , tropaU nella cUtd do VciietrL Roma j i^Sjin-fogUo. L'auteurdecetouvrageestleR.P. Becchetti, domi- niquain , fort connu par son erudition dans les antiqui- tes, par plusieurs bons ouvrage.^etpar une theorie de la terre , qu'il a dediee a Pacadtmie de Vellerri. Les bas-reliefs qu'il entreprend de decrire sont remar- qwables pour la beaute de 1'ouvrage relati eiiient a cea temps recules. Us represeutent les usages et les costumes de ces temps ancicns dans les viiles des Volsques , et particulierement a Velletri. N°. 2. Une lame de bronze avec une inscription (-/) Voyez ce qu'en dit le savant Chrislianus HoiiLdius Hauniensis dans son Specimen Ined. versionis Arabico Sa- maiit. PenlaSeuchi. liojnee j 1780,, page 14. Tome VL B b 386 MStange*. - volsque. Ce monument unique a 6l6 grave* el tclaiici par M. l'abbe" Lanzi. Trolslbne CLasse. Monumens 6trusqu.es> N a . i . Douze Patere de bronze , erodes de figures : quatre desquelles portent des inscriptions brusques. N°. 2. Quelquesaulrcs sans figures. N°. 3. Deux chandeliers de bronze : un desquels est orne de caracteres et de figures. N°. 4. 141 idoles environ ,etautres bronzes etrus- quesj quelques-uns sont avec desecritures. N°. 5- Deux boiles mystiques {ceste mistlche) tine desquelles est un vase de bronze d'unecertaine hauteur, dessine tout amour et orndde figures. Cette piece particuliere a aussiet£ dessinee. N°. 6. Six petites colonnes et deux inscriptions sepulcrale?, N°. 7. 266asetrusquei, N*\ 8. Une suite de scarab^es : un est avec des caracteres. N°. 9. Quatre belles urnes en terre cuite , orne'es de figures et descriptions. N°. 10. Autres terres cuites avec des inscriptions. ^ N°. ir. Une urne faite avec la piene qu'on ap- Musie de Vet 'let re. 3g<7 pelle ici travertlno j qui e;t atissi or nee de lett res. Beaucoup d'aufeursse sont sefvisde ces monumens pour Icurs recherches dans i'anii.mite. Le celebre Lanzi ( Luigl) rapporte toutes Ics ins- criptions 6trusques , la plus graflde partie des palere , et les bronzes qui ont das caiacteres. Le celebre Ennio Visconti (3) parle encore des coupes etrusques , d'un monument en bois d^Egypte, et de quelques autres pieces du cabinet. Quatrleme Classe. Des Monumens des Grecs. N°. i. Une tessera ospltale fort ancienne (4). Exposkio TabuUe kospltalis + ex cere anti- quissLiTKB inlMuseo Borguuio FelUris adservntoe, auctore Johanne Pkilippo Stebenkees IS o rim- bergetisl _, Acadcimce Folscorum Veiiternce socio. Romce , 1789^ apud Antonium Fulgo- nCunVj in-4 , II ue faut pas eonfondre cette piece d'ani/qu'ti aveo quelques autres de cctte sorte qui sont connues j la forme des caracteres de celle-ci, lea temps re- cules atixquels elle appartienl lui donnent une place (3) Museo Pio-Clementino. (4) Voyez an Analytical essay en the Greek alphabet. By Richard Payne Knight. London printed by J. Nic.'iuls, 1791^ "pag. 4—16—68. II. y a sa figure a la pknche I , npmdrq t B b 2 388 Melanges- distinguee. Elle fut trouvee a Petilia , dans la Ca* lab re, autrefois le paj's des Brutiens. L'auteur peuse qu'e'le est une de ces marques qu'on recevoit pour faire voir qu'on avoit ete loge et qu'on avoit recu l'hospitalite chez quelqu'un , on qu'on avoit droit d'aller IV prendre. On sait qu'anciennement l'usage etoit qu'en quittant son bote, on en recevoit une pe- tite piece do metal (tessera) souscrite par celui qui avoil donne l'hospitalite , et qu'on I'aflichoit a la porte ou sous le veslibule de sa maison. N°. 2. Une grande quantite d'idoles greques en bronze j beaucoup de pieces de marbre scu!pt6es, entre lesqueiles est un fragment tres-ancien , dont M. Jleeren a donne I'eclaircissement. Expositio Jragnienli Tabulce marmorece ope- tibus ccelatls et inscrlpllonubus Grecls orriatce MuscL Rorgiani VelUn-s ., Auctore Amoldo fteere/i B re mens I A. M. Acadcmice Votscorum V elite mai socio ^ etc. 17&J; Ln-<\°. L'auteur remarque que ce fragment de marbre scu!pl6 nYst qu'une portion d'une beaucoup plus grande piece 011 etoient represented, en bas-reliefs , avec les inscriptions convenables, la g£n£alogie des divinites du paganisrne , les exploits des he>os , etc. 5 on y en ajoatoit d'autres amesure que leur nombre augmentoit, ou que les heros fournissoieut de nou^- reaux fails digues de passer a la posterite. Celkdout MusSe de Velletri. 38 9 il est lei question repr&ente I'histoire de Cadmus , la dispute do Neptune avec Minerve, pour la protection que chacun vouloit accorderala Wile d'Alfa&nes, etcl L'auteur pense qu'eUe servoit, chez les Remains, aux jcunes gens, afin qu'ils eussent , sous lesyeux , les faitset I'histoire des herosetdes dieux qu'ils lisoient dan & les poetes grecs , dont l'etude etoit une partie essentielle de leur education. No. 3. Deux fort g&nrfes lampes de bronze : uns desquelles est a douze lumignons* N Q . 4. Environ cent inscriptions grecques. N°. 5. Nonante et plus vases peints e( charges de figures qu'onappeloitvulgairemeut vases etrusques: plusieurs ont des caracteres. N°. 6. Une belle suite de moncoies erecques im- perials et des viiles. Ce m^dailler va au-dela de cincr mille. Eplstolm Menial Sckoiv ad Emlnentlss. et Reverendlss. PrLncLpem Stepkanum Borglam S. ■«. E. Card. Fresblt. in qua nummus Ulpice PautaUce Inedltus ex Muse o Soriano VeUtns UUtstratur. Roma, 1789, m-^. La metafile rare etnonconnuedanf on pnrle dani cette leftre represeute !a tele de Caracalfa , e « , SIM . ] e revers, est une figure demi-nue avec Fexergue m grec : Vl P L a Fauialia, vilie de la Thrace. B b 3 390 Melanges. Clnqulcme Classe. Des Monumens remains. N°. 1. Six cents et plus monumens de bronze re- presents ns des- divinites , des animaux , des cos- tumes , etc. , parmi lesquels il y a des pieces dont la sculpture est ex ellente: quelques-uns sontde plomb, d'autres-sont d'i voire. N°. 2 Quantite d'ustcmsiles de manage , parmi lesquels est une bride qui a dbnne lieu a i'ouvrage suivant. Jr'hiUppi Invertiigi, Rornani de Froznis eorum- que genenbus et parUbus apud Feteres.Romce , 1795. On a beancoup ecrit et beaucoup disserte* s.ur Tart de 1'equilation chez les anc ; ens ; mais per. oune n'avoit encore porte ses mherches jusqu'aux brides et a ses ornemens. Cello quepossede S. E. a donne occasion a l'auteur de donner au public un petit ouvrage plein d'erudition. II parcourt toutes les nations anciermes qui avoient des chevaux pour savoir s'lls faisoient usage de brides, et quelles formes el les avoient j les Juifs, les Pheniciens, les Etrusques, lesGrecs, les Romains, les anciens Volsques } tous sont 1'objet de ses rechefchei. II iinit par cone lute que la bride qui a donne lieu a son ouvrage appartient, selon son opi- nion , a des temps qui ne soul pas anterieurs aux em- peveurs clireiiens. / Musee de VelletrU 391 N°. 3. Beaucoup de pieces de plomb Sorites fort auciennes, et beaucoup de lerres cuites orrises de bas-reliefs. N°. 4. Une suite d'as (ascoules), assijasi , et fort ancieus : quatre de ces as sont rectangles , et Pun a Pinscription Romanom. Ges monumens sont fort rares. Le celebre Joseph Eckel , qui avoit fait des re- clierches sur quantise de m^dailles egyptiennes, a parl6 de ces as rectangulaires et de Tinscription, N°. 5. Beaucoup de sculptures de marbre: une, entr'autres , est un fort ancien bas-relief representant une figure avec un chien , plus grande que le na- turel. N p . 6. Une suite de poids, au nombre de qua- rante-six , en bronze, avec des caracteres : il y en a d'autres qui sont en pierres. JN" . 7. Six cents et plus inscriptions romaines. N°. 8. Beaucoup de billets de theatre et desautres spectacles ( tesseras theatraLes}' P il y en a qui sont en ivoire , d'autres en os. N°. 9. Quantitede lerres cuites ornees de figures, bas-reliefs et inscriptions. N°. 10. Quantite de lampes avec differentes fi- gures, soit symboles , en bronze et en terre cuite ; beaucoup de cachets de bronze, de clefs et d'anncaux en bronze , en or et en argent. B b 4 392 Melanges* Si'xieme Classe. Des Moaumens indiens. N°. 1. Plus decent tableaux peints, representans les divimles *t les costumes des Xudiens. Sy sterna Brahmanlcum Liturglcum Mytholo- gCcuni elude ex nionumentis Indccos Mtisei Bor- gia nl Vclitris dissertationubas historico-criticis Uiustravit Fr, Paulinas a S. BarthoLomceo Car- me/ it a Dlscalceatus 3 Malabartce MissionarluSj Academice. VoLscorum V elite race So ecus. Ronice, ijui, in-^. Cet ouvrage, d'un missionnairequi. a habile qua- torze ans parmi les Indians, qnien connoissoitet en parloit le laiigage, nous donne une connoissauce fort Vendue de leurs rits sacres, civils, et de leur my~ thologie. Ces notions doivent etre d'autanl plussiires, que Tauteur parloit la langue sacr£e, la Samscritta y comrne il le ditlui-meme danssa preface, etdont il a donne uue grammaire en 1790. Ii'ahteur ne pouvoit done rien faire de mieux que de nous faire connoitre unpeupie aussi celenre par sa ssgesse^ chez les an- ciens pbilosophes de la Grece , chez les historiens les ,plus accr6dites, comme Slrabon , Piularque , Arrien, et ensuitePhilostrate,Porphyre, elc. ,qui touslonent infiniment cette nation. On trouvera aussi, daus cet ouvrage, une juste critique de plusieurs voyageurs de diverses nations qui out pretendu connoitre cepeuple , chez qui ilsnefaisoient qu'un court sejour, et duquei h peine i!s savoient la langue. Muste de VellelrL. 3(j3 N°. 2. Deux* pelits temples, soil clnpelles, ui bois peint, monumens fort rares. N°. 3. Ginquante-six idoles indiens en bronze, en pierre et en plomb. N°. 4. Une collection considerate de monnoies de la Chine , du Japon, du royaume de Siam , du Tunquin,du Tibet ,de PIndoslan, du Malabar, de Sumatra , de I'Armenie et des autres regions de l'Asie. ?sK 5. Beaucoup de livres en linsue Chino^se, Tai tare , du Tonquin , du Japon , du Nepal , etc. Muse i Borgia ni Velitrls Codices man uscn ptl jiv eases ^ Peguani 3 Sciamici 9 J&alabanci ? In- dostani } animadversionibus histonco-crUicLS castcgat'i et iUustrati. Acceduat nionumenta, inedita et Cosmo gonia Indico- Tibetina _, auc- tore P. Paulino a S. BarthoLomceo Carmelita, 'Discalceato , Malabaricaz ex Alissiotiario ^ Academic Volscorum Socio. Roma) j I 793 J La riche collection de^manuscrits du royaume d'Ava, du Pegu , de Siam , du Malabar, de l'lndos- tan, que possede le cardinal Bornia, a donne lieu au savant ex -missionnaire d'etaler un i;enre d'erudition que nous ne connoissio;is pas encore en Eu- rope. On y lira, avec plaisir, la refutation di l'opi- nion de M. Bailly sur l'existence d'un peuple anteiieur aux ChaldvSens, aux Hebreux , auxEgyp-' 39-f Melanges* tiens, etc. ; on y verra une foule d'eclaircissemens sur quelques points en contestation parmi les savans sur {'existence de deux Mercures, sur Bacchus, sur l'immortalite de 1'ame prechee par les philosophes indiens, sur la transmigration, etc. Septieme Ciasse des Monumens arabes, N°. i. Un globe celeste. Globus ccelestls Cufico - Arabicus Veliternl Jausec Borgiani a Simone Assemano Lingua- rum OrlentalLum In Semmarlo Patavlno Pro- fessore j etAcademLamni Patavinaz et Volsco- rum socio Ulustratus j pr&mlisa ejusdem de Arabum Astronomla des sertat lone _, et adject is diiabus Eplstolls cl. Josepki Toaldij etc. Pa* tai Uj 1790^ in-4 . Ce ct'lebre monument fut execute par un astro«» iiome qui etoit en meme-temps ouvrier ,. nomme Caissar j par ordre de Muhammed Alkamel , sixieme roi d'Egypte, en 1225 de notre ere, et Tan 622 de Phegire. Les caracteres dont il est ecrit sont arabes. On verra avec plaisir , dans cet ou vrage , des notices intcressantes sur l'astronomie des Arabes, sur leurs inventions en mathematiques , sur leurs instru- mens d'astronomie. On sait qu'ils nous ont devance en cette partie, et que nous tenons d'eux beaucoup de connoissances et meme les noms de certaines Voiles, comme Aldebarara ( oculus Tauri ) An- Mus6e de Vellclri. 3c)3 fares ( ccr Scarpa ) Fomahant , piscis austri- cus , etc. Le savant abbe Toaldi a enricbi cet ou- vrage de quelques observations sur la sphere, sur Pe- toile puk ire , les signes du zodiaque , etc. N°. 2. Trente bronzes avec lettres et figures arabes, entre lesquels sont deux astrolabes cophtes anciens et fort rares. N°. 3. Ua medailler de plus de milie monnoies arabes. Museum- Cuficum Borgianum, Ve litres _, iltus- travel Georgius Christ. Adter Altomanus. Romce apudFu/goncufiij 1782 _, in-4 . Ea 1792 il en sortit une seconds pai tie impiimee. Hafncae. Dans cet ouvrage est insure" un monument des Druses ; e'est un petit veau charge de caracteres qui sont en partie arabes. L'auteur prend occasion de faire de curieuses rechercues 'stir ce peuple , sur sonori- gine, son htstoire , les rits de sa religion. Le seul n onument qui ait pu donner quelqucj luniiere a j'anteur a ete un precieux manuscrit que possede S. Eminence, ou est consigne tout ce qui regarde cette nation. Nous y apprenons que les Druses sont un peuple d ? Asie , qui tire son nom d'un nomme Dru- sus , environ lVniqi7; i' s habitoient la meiileure partie dumont Liban, nominee Kesruam ; le fonde- roent de leur religion est que Hakernus , ancien roi d'Egypte, doit £tre bonor^ comme Dieu er regarde corame le crdateur du monde 5 ils rec,urent des loisen 396 Me'lan.ges. partie des Cbveliensherttiqueset en partie des Turcs; ils split di vises en deux classes, celle des ignorans el celle des initios , etc. N°. 4. Deux lames, Tune de plomb, I'autre de bronze, avec lettres et inscriptions grecques. N°. 5. Cornioles et autres pierres antiques aveG des caraeteres arabes aunombre de n3. !N°. 6. Une petite colonne de marbre avec des lettres gravees, monument tres-rave. N°. 7. Quantite de manusciits arabes en parche* xnin et en papier de coton. - HuLtieme Classe. Des Monutnens des Peuples Septentrionaux. N°. I f Sept calendriers runiques ; un est fait avec Fos du poisson chLsn marun > les autres sont en bois. M. le docteur Chretien Ramus a fait un ouvrag©- sur ces calendriers, qu'il n'a pas publie encore. W°. 2. Deux tambours magiques de la Laponie et du Groeniand. N°. 3. Quantit6 d'armes des anciens peuples du Nord ; ces acmes sont faites de differentes pierres. N°. 4. Beaucoup d'aulres armes de cuivre, de fer et de bronze. N°. 5. Quelques urnes s£pulcrales faites de terre cuite. Musie de VeUctrL 3gj JNeuvieme Classe. Des Monumens mexiquains* N°. i. Beaucoup d'idoles en bois et en terra cuite. N°. 2. Un manuscrit mexiquain de peau de cerf , peint des deux c6tes , de la longueur de quarante-dnq palmi romani. Ce monument precinux de la chronologie de ces peuples fournit la matierea un ouvrage que travailla actuellement M. l'abbe Linus Joseph JFabrega , Mexicain j pour son explication. Vlxieme Classe* Des Monumens des Ckr6tlens. N°. i. Verres antiques et figures appartepaut aux anciens cimetieres de Rome. N°. 2. Plomb appartenant a I'histoire de Saint Genesio. Illustrations dl un antlco plombo del Museo Borglaao di Velletru, appartenente alia memo- ria edalculto di S. Genesio _, Vescovo do B res- cello con appendice di documenti. Opusculo del P. Ireneo AJfb > Minor osservante j R. BlbUote- cario e professore di Storia nella R. University di Parma, 1790,, m-4 . L'auteurnous apprend que le corps de S. Genesio reposoit a Brescello } ou il 6loit eveque j que ce mo- 398 Melanges, tia me at en plomfc , que possede S. E. parrni tant d'autres des anciens Chretiens, en fnt transportc des le quatorzieme siee'e ; que le monastere 011 il e'toit ay a at etedetruit fut unia J'Eglise, etc. N°. 3. Qiiantite de croix , de crucifix, d'anneaux, do calices, delampes, d'ivoires et de pierres sculp- tees j etc. N°* 4. Plus de cent inscriptions chretiennes* N 1 . 5. Plus de deux cents cachets d'eglises, d'e- veques, dediacres, de pretres, etc. N°. 6. Plus de septanle tableaux en bois. . Je vous ai donne une idee , Monsieur, des difftrens ouvrages qui sont sortis pour 1'expl ication des mouu- mens precieux aux sciences et a la religion que con- tient ce musee. Je ne finirois pas si je voulois vous indiquer tons les aulres auteurs qui Pont cite" , et qui s'en sont servis pour leuis recherche. M. l'abbe Marini en a tire" grand nombre descrip- tions, et tous les fragmens del JlrateLU Arvalb (5) qui ont servi a son ouvrage. M. Pavocat Charles Fea a explique divers monu- mens dans son edition de Winkeluian. M. l'abbe Lanzi , M. l'abbe Emiio Quiriuo Vis- conti et beau coup d'autres en lont mention , vt y ont travaille j e'est ce qu'on vo it par leurs ouvrages. (5) Gli atti e monnmenu 8«' Jycitdli Airalli. Rum* 3 tf<)5i Musie de Vclletri. 399 D'autres savans out paye aussi , a ce cabinet , le tribut de reconuoissance qu'ils liri devoLnt pour les lumieres qu'ils y out p'lisees , comme Thomas Ast'.e (6), Th. Ford. Hill , Charles Gaoffroi Woide (7) et beaucoup d'autres. Outre les manuscritscophtes que possede Son Emi- nence , et que vous ventz de voir, il en a encore une nombreuse collection non moins 4^He et fort pr&- cieuse en langues hebrai'que , grecque, chaldeenne, syria que, ethiopienne , armcni nne , illyrique, ecrile dans les deux caracteres GsroUmiano et Cinuano^ dans les langues desSabeens, des Arabes, des Turcs, desPerses, des Iberiens , soit Geordens, ecrite en caracteres MlkhedruL 3 des Latins , et dans la langue d'lslande. Je n'entreprends pas, Monsieur , de vous parler du prix et de la consideration que meritent ces manus- crits, qui sont, pour la plupart, en parchemin ; je me bornerai a vous observer conibien sont rares et precieux ceux qui sont en langue des Sab^ens, puis- qu'on ne croitpasqu'il en existe d'autres en Europe, excepte ceux qui sont a la bibliotheque de Paris. Ceux que possede S. Eminence contiennent le Uber Jo- hannis et le Liber Splrituum _, soit Spirit alls j dans lequel est compris encore une partiedeslivresappeles (6) On the radical letters of the Pelasgians and their deri- vations. London , 1785. (7) Novum Testamentum gr&cum 6 Codiee man use rip to jilexandrino. Londini } 1786, . ; 4 oo ' Melanges. Divan j et Sldra Aden, et une partle du !ivr<* Cholastd/ij, soit complement um. Le savant docteur Mnttb. Nor! erg a dernierement traiterfe ReUgione et lingua Sahaorum , dans un discours fait en presence de la sociele litteraire de G-oltingue, le 18 octobre 1780 (8). I! f'aut que je finite ^enumeration de tant de pre- cKub monumeii^ipar une collection de cartes an- ciennesde navigation que possede S. E. ; fry en a trei/e , unites en parcbemin , les unes fort grandes , et toutes faites a la main avec une grand* exactitude et. beam oup de precision ; quelques-unes sont sans date „i nom d'auleur. Voici cAles qui out et la date et le nom de l'auteur : Jebudabenzara, a Alexandvie , en 1446. Andrea Benincasa , d'Anrone , en i5o8. Hieronymus, de Vorrazano, en 1 528. Diego Ribero , a Seville, en i5^g. Comte de Octomanno Jreducci' , d'Ancone , en i538. Jean Marlines, a Messine , Pan i586. S E. en possede une bien rare et bien precieuse, qui est en bronze , fcite avant la ddcouverte de l'Atne- ;i,ue:onlagraveaciuel!ement; elle a vingt-quatre ponces dediametre. Ajoutez encore quautite de me- dailies appartenantes aux bommes illustres dans les sciences et les arts, et quantite de monnoies phem- C8) Vldicomment. h istphl 7. Rome III. cicnnss Musie de Vet let rL ^ ciennes et samariiafnrs, a l'eclaircisseinent desquelJes travailie le savant P. Fabriey. Apres cette description du cabinet d'antiquil& s U. Borson fait i'elogedes diflK-renies personnes de la famille Borgia; il s'arrete priuc payment a celui de M.Ie chevalier Camitle Borgia, neveu du cardinal, qui, dans mi age t es-p/Bu arance ^pare kh «epu- bliquedesleltreswnouv.agequi ferpij honneur a ua savant qui auroit vieilii sur 'es litres ; ce >out des la- biates chronolog.ques sous un nouvcau point de vue j ily doit inserer ies epoques les piusremarquables des beaux-arts. II donne ensuite une courte description du museum d'histoire naturelle place dans une mai.son de cam- p gne a environ cent pas de VeUetri, Qu lit sur la porte cette inscription: STEPHANTJS BORGIA S. R. E. PRES3. CARD. EX MVLTIS ORBIS PARTIBVS COLLEGIT ANNO MDGCXV. AVGVSTVM CIVEM SVVM Itf ITATVS QVI REBVS VETVSTATE AG RARITATJE NOTABILIBVS SVA PRETORIA ORNAVIT. M. Borson donne la description et la figure d'un Tome VI. C c ■402 Mtlanges. testacee qui, par sa forme , atuoit quelque rappoft avee Yanomia tcrebratula, L. si il etoit trivalve. M. Gioeni, qui en a trouve une semblable pres de Catane, l'a nominee cetala. Les prinqipaux morceaux indiques ensuite par l'abbe Borson sont: Un bois peti ifie des nionts Crapacks : c'est un mor- ceau d'un gros tronc de forme ellyptique , de sept pouces et demi sur le grand diametre , de six sur le petit, poli d'un cote, avee des taches jaunes, d'un blanc laitenx et noires ; ]a substance en laquelle il a £te change est de chalc^doine 5 les fractures qu'on appereoit de Pautre cote" sont conclioides (9). Trois vases de spatli- fiuors du Derbyshire , les plus beaux que j'aie vu pour ]a beaute , la vivacite des couleurs, et pour leurs grandeurs; il y en a un dont Pouverture a plus de six pouces de diametre (10). Un fragment de crystal de rocbe venant de Madagascar , d'une grande transparence , sans felure ; il a la figure d'une portion de colonne demi- circulaire , dont le diametre outrepasse un pied trois pouces, et ce qui forme le rayon est de fruit pouces. Le perimetre outrepasse deux pieds sept pouces (11). Le fragment en tier est du poids de 89 livres. (9) Gabinetto' Mineralogico del Col'eg'o Nazareno. T. 2. 3 p. 38a. (10) Idem , p. 154, T. I. (il) Ibidtm, T. I , p. 287. Musee de VeUetrL ^ . La collection , outre les testacies, qui , commeje vous l'ai dit, sont de> a un certain nombre, ren* fernie de beaux madrepores, de ceux quisontya^ acidaircs, un commencement de zoophiles, beam coup de produits volcaniques, des agathes, et beau- coup de jaspes de Sicile, des mineraux, etc. Et enfin une tcpaze d'une rare grosseur, de forme ellyptique; le grand dlametre porte quatre pouces et demi, le plus petit trois ponces, et le poids est de cinq de nos livres environ. J'oubliois de vous parler d'une grande pierre flexi- ble du Bresil, que M. Thomson, naturaliste anglais a Naples , a prise pour en faire 1'analyse. Je finis, Monsieur, la courte description que je vonsai donnee des curiosites qui sont dans cetle petite maison de campagne pour vous parler , a mesure que je nren rappelerai, de quelques meubles , usten- siles, etc., appartenant aux peuples modernes de la Turquie,du Congo, de la Chine, etc., qui peuvent exciter la curiosite desetrangers. Beaucoup de mousselines, toiles, etodesen soie, la pluparl travaill^es dans le s&ail du grand-sei- gneur a Constantinople, et brodees en or et en ar- gent , d'une grande richesse ; d'autres sont de la Perse et de l'Armenie. Des calendriers turcs sur le velin , d'une demi- auae de long, routes dans un petit etui de poche. Uncadran astronomique turc, beaucoup de pptits tableaux reprcsentant les costumes et its habiiiemens des Turcs faits a Constantiuople. 404 MdLangcs. Quelques bounets fails avec des filamens des v6g£- taux, d'un ouvrage fort beau, et comme releve' en bosse, en usage dans le Congo, pour distinguer les princes et les nobles des a litres classes dupeuple. Toilesde differentes couleurs faitesavec les memes filamens , du Malabar. Toiles faites d'ecorces d'arbres , en usage dans Tile d'Otalnti. Une ceinture en fils de differentes couleurs, avec des e'critures enlangue du P6gu. Toiles duP£gu. Longues feuilles jaunes , que je crois d'une canne particuliere au pays , sur lesquelies sont ecrites , en langue du Malabar , des prieres et des meditations sur la passion de J. C. Une tres-belle et tres-riche cassette remplie de quantity d'encresde Chine, sur lesquelssout represen- ted tous les travaux qu'on fait en ce pays pour la cul- ture du riz 5 les figures ,le dessin sont d'une execution, d'un fini admirables; la cassette a des dessins et un vernis qui ue le sont pas moins. Une autre cassette d'encresde Chine, sur lesquels on voit les ouvrages des vers a soie. Autre morceau d'encrede Chine rouge, fort rare ; il n'y a que I'empereur qui s'en sert. Quantity de petits meubles chinois, comme even- tails, tasses , boites pour le tii£, bassins a barbe , mi- roir de me'tal , papier peint et colore, ustensiles, sou- liers, instrumens dt nutsique , etc., de la Chine. Mus&e de Velletri. 405 Pierres schisteuses a differentes couches colorees et avec des figures , diverses steatites, pierres blanches et aulres ornees de figures, etc., de la Chine. Petits meubles pour garnitures de cheminee en ivoire, d'un travail, d'un dessin surprenans et ache- v£s, etc. Je vousai fait connoitre, Monsieur, les principaux objets de science et de curiosite que le voyage a offerts a mes observations; les bornes d'une letlre et le peu de temps qui merestent ne meperrnettentpasde vous parlerdes autreschoses que j'ai vues. A la veille de quittercette ville je sens la vei ite de ce que me disoient quelques personnes qui Pavoient vue et observed de cette maniere qui fait tourner au profit de Pesprit et des conno ssances tout ce que Pceil appercoit , tout ce que Poreille entend, « que je ne commencerai a con* » noilre Rome qu'apres quatre a cinq mois de s£jour » et de fr^quentation ». Ce n'est pastrop, assur^ment, pour connoitre taut de moyens d'etendre sesconnois- sances que cette fameuse ville peut fournir a celui qui estdesireuxd'apprendre, et tantde chef-6?jeuvres des beaux-arts qu'elle offre a Petude et a Pad miration. Je ne puis done mieux finir qu'avec Properce ; Omnia Romance cedant miracula terrai J'ai Phonneur d'etre avec un profond respect. Rome , ce 3o mars 1796. C e 3 4o6 P O E S I E. CHANSONS (i) SUB UN BOUDOIR. Air : Vaudeville de Figaro. Un boudoir sembleroit dire Un lieu propre pour Fhumeur : Je doute qu'on s'y retire Pour bouder centre son coeur. Entrant dans ce lieu, Themire , On peut n'etre pas d'accord ; On s'entend quand on en sort. ( bis ) L'amant qui cherche un modele Pour bien meubler un boudoir f D'une glace trop fidele Doit red outer le pouv.oir. Jl ne faut pas qu'une bells Puisse , pour ses decider, Voir ce qu'elle va ceder. ( bis ) Qu'un ambitieux s'agite Du matin jusques au soir ; Que dans sa tele il medite Le credit qu'il vsut avoir: Moi,bien loin que je l'imite, Je ne veux d'un grand pouvoir Qu'au fond d'un petit ' bondoir, ( bis ) Par le citqyen StiGVRjeune. (0 Ces Chansons sont extraites des Diners du Vaudeville X°. 6. Zes Diners du Vaudeville. 4°7 COUSSY-COFSSY. Air : Chanson 3 chanson. Celui qui m"a doune ma tacbe , Que, par Lucifer, sans relache II soit roussi ! Apres Panard que puis-je dire ? II fera beau , si je m'en tire Co ussj-co ussy, Pourquoi ces plaintes sans pareilles ? Ce mot peut flatter les oreilles En ce temps-ci : Ou, quand tout va de mal en pire, C'est crier hravo que de dire : Co ussj-co ussj: Si l'on demande a ma maitresse : Comment va-t-il ? Je me confesse Trop lieureux si La belle, au propos qui la toucbe, Bipond , le sourire a la bouche : Coussy-coussjr. | En litterature , en science Es-tu, fais-nous en confidence, Content, Coucy ? Coucy, qui n'est pas satyrique , A sa reponse laconique : Coussy-eoussj. C c 4 ^q8 PoSsie. Je pourrois , aur la politique , Par mon refrai i etre caustique; Mais, dieu-meici , Nos lois rejettent cette envie 5 JSt loi ne doit etre suivie , Coussy-coussy. Pour rriser cette chansonnette , Et la v ).x s< dyJsa-te et neltt Qui chnnte <* Des phrases vagues , enlassees , Qu'on assemble i emblement.... On ne volt que froidi-s pensees Ou l'on cherchoit le sentiment. Aux grands theatres de la ville On met des sentences par-tout j Et meme au petit Vaudeville II en est d'un merveilleux gout. Aussi, de ma bibliotheque Bannissant tout le sel franqais, J'ai fait l'empletle d'un Seneque 9 Afin d'j trouyer des couplets. Veus pourtant qu'un beau rele anime, Rassurez-vous hommes de gout j II existe un livre sublime Qu'on rencontre a present par-tout. L'homme instruit^ l'homme qui prospere , Dans ce siecle pem r li d'honneur , IS T 'a hj ni Rousseau , ni Vohaire , Mais sait son Bareme par coeur. Le marahand , le fermier l'achette, L'avare meme en fait les frais; Chloele lit a sa toilette, Oubliant presque ses attraits. Pres des porcelaines, d°s glaceg, II es! jusque dans son boudoir; Profanant l'asvle de| graces, £lle en a fait un vil comptoir. Adieu , favoris de Cythere; Adieu , Voisenon et Fa tart _, Chaulieuy La Fare , Sa'nt-Aulairi s Toi-fflt»e mon gentil Bernard. '4i o Toisic. En vain V Art d' aimer 3 dans tes rimes, Aux mortels apprend a jouir • Aux plaisirs preferant les crimes , Us n'om apphs qu'a se hair. Chez moi , nos ecrits dphemerea Sont places aupres du Mtnteur ; J'ai fait de tristes commentaires Sur le JPoeme du Bonheur. Un long traite sur 1' Esperance Derriere Young est confine. J'ai cache V Hisloire de France Sous les Ruines de Folney. Far le citqyen PuivOT. NOUVELLES LITTERAIRES. J^E Lycee des Arts a term sa cinquante-deuxieme seance publique le 3o ventose. Voici quel a ete Tordre de ses travaux : Les objets dont le Lycce avoit a rendre compte etoient si mullip]ies,'qu'eie temps h'a permisque d'en analyser une partie.' ■ Apres ^enumeration de plusieurs memoires inte- ressans et de perfectionnemens utiles qui ont ete sou- mis a sou exameii depuis ta-troisieme seance 3 et pour Not ( vet Les litteraires. 4 1 1 lrsqucls des commissaires ont etc nommes dans soil seiii, les mentions , medaillcs et couronnes out cl6 decernees dans l'ordre qui suit : I. Mention a ele" faite, etextrait In par Maikcrbe d'un memoire du citoyen GuUtaud 3 negociant da Saint-Etienne, sur la restauration g« : nerale ds ma- nufactures, et sur la necessity d'&taMir , pour les ar-s et le commerce , tine administration speciale qui puisse en saisir 1'euseinble, et en n*i2rrie-teraps en suivre les details, afiu de fonder, enfin, unc surveil- lance permar.ente qui 6vite de laisser perdre les rei> seignemens utiles que chaque jour l'on presente, et quis'aneantissent fautede pouvoirj' porter l'attentioa qui est necessaire. Le Lyce'e a arrete" que copie de cetextrait et ctvle du Memoire de l'artiste seront adrcsses au gouverne- nement, as r ec invitation instanle de le prendre en grande consideration, II. Le sentiment des arts, et celui qui les dirige vers l'utilite publique , se trouvant dans tous les cceurs iniiniment lies a ceux du vrai courage et de 1'humanitw, dont le Lycee n'a pas cesse de celebrer les traits touchans lors raems que la tyrannie nous faisoitun crime d'etre sensiblcs. LesperUtere apro- fit6 de la presence des braves grenadiers Petit j le Jloij Lefebvre j et d* Arader 3 piine tambour, dont la conduite a ete si courageuse et si bienfaisanto au dernier jeu de, La rue Saint^Moc/i 3 pour rendre un hommage public a ces brayes militaries 3 qui out 4t2 NouveUes UttSralres. et£ converts d'applaudissemens. Ler^cit touchant qu'il en a fail , interrompu plusieursfois par les Iarmes des spactateurs,a etesuivi du don d'une medaille et de l'accolade fraternelle donnee par le president. La sensibility que ces grenadiers ont t£rnoign£e , les plcurs meme qu'ils ont verses ont ajout6 au charme de cet instant precieux d'attendrisseraent et de plaisir. III. Apres la proclamation ordinaire des nouveau* roembresadmis an Lycee , le public ay ant remarqu6 avec plaisir celui du citoyen Banej litterateur es- time, auquel nous devons un si grand nornbred'ou- vi ages charmans en vaudeville, le citoyen Liger a £te invite a chanter sou rapport en vaudevUle surles cand dats , et l'originalite de cetiepiecea 6{6 vive- ment applaudie. IV. Le citoyen Mulot a lu un rapport sur une fa- brication d'emaux d'une qualite egale au moins a ceux de Venise j et sur une nouvelle vaisselle de lerre blanche j dite angltiuuse j d'une qualite* supe- rieure atoutes celles qui ont ele fabriquees jusqu'ici. L'auteur, le citoyen Lambert > a et6 couFonne au n ilieu des t^moiguages unanimesde satisfaction de l'assembl^e. V. Les commissaires ont fait un rapport sur une nouvelle construction verticals d'un piano Jo rte _, dont le public a regrette de ne pas entendre l'epreuve. — L'auteur, le citoyea Houlet _, a regu use me- daille. Nouvcttes Utttraires. 4i3 VI. Les amateurs de la po£sie qui se rappellent que Batzi.ic avoit fonde pour elle un prix anni er- s-aire avoient vu, avec peine, cette propri^te du Parnasseviolee et meconnue. Si un domaine doit etre sacr6, c'est celui du g6nie. — Une poete, passionne pour cet art, auquel il doit les plus doucesjouissances de sa vie , a voulu prouver sa reconnoissance envers les Muses en remettant , au Lycee dcs Arts , une m6- daille de 3oo livres, qu'il destine a une Ode sur le pouvoir de La Poesie. Les ouvrages doivent etre adresse's, avec le n m, cachete dans la forme ordi- naire, au citoyen Desaudray , secretaire-general > fondateur du Lycee des Arts. — Le programme mis en vers par ie donataire sera distribu6 inces- samment, VII. Rapport par Disaudray sur quelques bran- ches iiiiporiantes de l'ortevreiie , ainsi que sur phi- sieurs industries qui se perdeni, et qu'il seroitutib de renouveler. Ily a joint les details d'une fabrication de fleurs a feuilles d'argent imitant parfaitement la nature, clout la principale Industrie consiste dans un nouveau procede de soudure, au moyen duquel on remet presqu'a I'instant , et sans greslllure ni ba- vure ; une quantite innombrable de pelites parties d'argent de la maniere la plus exacte et la plus propre. Un bouquet magnifiqne, travaille au moyen de ce proc6d6 , qui tient voritablement du merveil- leux, tftoit expose aux regar Is du public, et l'auteur, le citoyen L vique ^ a e\6 couronn6 au milieu des applaudissemens uuariiraes de I'asierablee. 4T| Nouvclles til tera ires. VIET. Le bon , le naif Lcmonnier a etc enteffdu avec le meme plaisir qu'il est accou;mr,e a faire corouvcr, dans uno fable qu'il a debitee avec retflsS verity et cet air de Tranche bonhomie qui ajoute inli- IX. Parmi les dirTerens morceaux de musique qui ont partage les travaux, on a siftgulierement remar- que* et applaudi le jeu sur , brillant et plein d"cx- pre&ttfn de la ciloyenne Rose , dont la modestie et les graces out merile ie suffrage unanime de 1'assem- bice. — Les citoyens Bury et Goberl i'ont et6 aussi tmiverseflewenjt dans une symphonie concer'ante pour deux cors de la composition du premier de ces deux artistes. Apr-is la seance, le public s'est porte avec empres- sement au bureau , et a admire de nouveau une rti£~ caniqae pour filature de coton a l'anglaise , qui etoit exposee, et beaucoup perfectionnee par le cito\^ert Kaiser, mccanicien , demeurant rue des Deux- Portes, au Marais,n°. n3. Quelle admiration ne doit-on pas avoir pour les invenleurs de cps belles fictions qui forment ce qu'on appelle l'hi&toire he>o que de la G rece, quand on voit qn'apres tant de siecles , a une epoque ou la religion et les mceurs onl eprouve" de si grands changemen?'. C'est toujours la qu'il faut puiser les trails les plus capables da reussir au theatre, et dans tous les arts IS Olivettes lit tera ires. 415 d'imitation : ['expedition des Argonautes^ la guerre de Thebes, celle de Troye , le retour des Grecs, Ies aventures tragiques de la maison des Atrides et de celle d'CEdipe , voila ou se trouvent les grands effets, les grands tableaux , les passions velitimentes, teniules, touchantes et sublimes; ces sujets, re- produits cent fois sur la scene, le seront encore aiilant, et avec unegal avantage; il est meme a re- marquer que plus on se rapproche de la simplicity avec laquelle les tragiques anciens les ont trails, plus on est sur du succes. C'est ce qu'ont prouve* l'lphigenie en Tauride et l'CErlipe a Colone de Guillard , qui ont produit plus d'effet que les memes ouvrages trails par ses predecesseurs , parce que Paction est moins complexe, parce qu'elle est plus conforme a la simplicite antique. C'est sur- tout a l'Opera que ces grands sujets peuvent etre traitesavec avantage a cause de la fa- cility dV introduire le chceur , et de faire ainsi participer tout un peuple a i'action. La pompe du spectacle et la b?aut6 des decorations ajoutent encore a l'effet. Parmi les sujets dont j'ai parl£ , Medf.e est un do ceux qui a ete le plus souvent traiLi depuis Er.- ripide et S;'neque. Nous avons plusieurs tragedies, plusieurs operas sous ce tilre. La Medee de Longe- pierre est le seul de ces ouvrages qui soit reste sur notre theatre. C'est le sujet d'uh Opera donne - dans le courant du mois dernier au theatre de la rue Fevdeau. ^i 6 Woavettes LittSraires. Jason a fui Mectee, il s'est retire a Corinthe, et il va t pousor Dlrcd , fille de Crdon, roi de la contr6 , An lever de la toile on voit une place de Corin- ihe ; le choeur celebre Phymen de Jason, et vaute ]e boiihenr de Dine. Creon el Jason se melent a cet chants , et veulent dissiper les craintesqu'inspirent a Dirce quelquessinistres presages. Les Argouautes por- tans le simulacre du navire Argo et de la Toison , viennent temoigner leur joie d'une union qui a-sure leur repos dans les etats d'un roi puissant. Aussi- tot on annonce une femme voilee qui se dit pre- tresse d'Apollon; elle paroit elle-rrein 3 ; c'est Me- dee qui reclame son infidele £poux. Tout fuit a son aspect ; ii est odieux a Ja on ; livre a de nou- velles arcqurs, il n'a plus que le souvenir de ses crimes,)'! la repousse. Creon lui ordonne de qritter Corinthe ; il la proserin Medee feint de cider; elle ne dcmande qufun jour de delau Quoique ce jour puisse lui etre fatal , Cn on ne vent point marcher sur les pas des tyrans , rl le lui accorde ; Medee saura en effet en pi other pour le crime; elle apper- coit la pompe nuptials qui s'avance vers le temple de Jupiter; Jason y conduit sa nouvelle epouse ac- compagnee de son pere. On eirtend Phymne des pve- tres. On volt fumer Pencens sur les autels ; les son* de Pepiihalame frapr>ent les oreilles de M<*dee, et elle est lemoin de la joie qui brille dans tous les yeux au retour de Pautel ; elle ne respire plus que jalousie, fureur et vengeance; elle veut effacev tous ses crimes par un crime nouveau qui les surpasse tous. L'ingrat Jason croit Pappaiser en lui offrant des TSloavelles Lltte retires. 417 des pre'sens et des s-cours pour sa fuite. Sa rage s'en augmente ; elle demande a voir ses enfans una seule fois, puisqu'on lui refuse de les lui laisser emmener ; cette grace lui est accorded. Mede>3 les charge de ren.eitre a Dirce la robe ct le dia- deme , presens du Soleil dont elle descend ; ses enfans reviennent ; elle veut punir par eux l'ingrat qu'elle abhorre ; elle va les frapper ; leur timide innocence la de\sarme ; elle recommande a sa fidelle esciave de les cacher, de les deposer au pied des autels dans le temple pour les soustrare a sa fureur. Bi. ntot des cris sortis du palais font connoiire que ! e crime s'y consomme. Dirce et son pere sont consumes par la robe fatale. Leurs cris font la joie de M»"dee ; mais elle s'etonne de n'avoir (ommis que la moitie du crime. II faut, dit-elle, qu'il soit complet; furieuse , elle reprend son poignard et marche dans le temple pour im- moler ses en fans. Jason paroit a la tete des Ar- gonauteset des habitans de Corinthe ; il veut punir par le fer tous les forfaits de M£dee ; le temple s'ouvre ; elle paroit au milieu des Eumenides au- pres de ses fils egorges, et lui refuse meme de leur donner la sepulture. Un nuage de feu la met hors de loute aiteinte. Le palais de Corinthe s'em- brase , et elle descend dans les enfers apres avoir contemple le succes de ses fureurs. On voit que 1'auteur s'est peu ecarte du plan de Seneque, qia'il a principalement imit6 ; seulement Metlee n'est point venue a Corinthe avec Jason ; elle u'arrive qu'au moment oil il va celebrer son nouvel Tome fl. D d 41 3 JNouvcLLes UttgraLres. hymen , et i) fait descendre M£dee dans les en- fers au lieu de la faire enlever , comme Euripide et Seneque, dans un char de feu trains par des dra- gons, pr&ens du Soleil ; ce qui dans Seneque pro- duit cette belle apostrophe de Jason, que le spec- tacle de tant de crimes porte a un exces d'impiete. « Oui , vole, di-il , et dans ce ciel que tu vas par- » courir atteste a l'Univers qu'il n'existe aucun » Dieu. » C'est a tort aussi que le citoyen Hoffmann a change* le nem.de Creiise en celui de Dirce; les noms employes par les classiques sont consacres, et doivent etre scrupuleusement conserves. Du reste , son poeme marche bien ; Taction est simple, d'un grand int^ret ; la scene difficile ou IVted^e veut £gorger ses en fans est tracee avec beaucoup d'art. . La musique de Chirubini est riche et savante ; la fete nuptiale du second acte est du plus bel effet. Les decorations sont magnifiques , et Pincendie qui termine la piece d'une vente surprenante. On connoit d'ailleurs le nitrite du machinisle et des de*- corateurs de la rue Feydeau ? dont le geuie iutte toujours avec succes centre les difficultcs que leur ofFre un local ties-res/eire" ; mais nous devons sur- tout des eloges a. la justesse des costumes , a la sev^rite des accessories. Une critique sur cette partie si essentielle du spectacle a l'occasion d'Ana- ereon , et d'autres ouvrages de ce genre , a prouv6 sombien nous somraes difficiles sur ce point , et NouveUes tittiralres. 419 nous ne pouvons pas trouver ici le plus4£ger reproche a faire. Cr^on et Jason assissur le trone , l'un avec le sceptre d'or, l'autre avec le sceptre orn6 de clous d'or nous retracent ces chtfs au milieu des he>os , qui conquirent la toison d'or; la pompe nuptiale du second acte et ses accessoires sont egalement bien traces ( 1 ). Tout est imposant , magnifique et juste. Madame Scio merite les plus grands eloges, et comme cantatrice et comme tragedienne ; elle dit les vers en artiste exercee au talent de la de- clamation , et captive tous les suffrages. Les aut es roles moins importans sont ties- bien remplis par les citcyens 'Gaveau et de Saule, et la citoyenne Rosine. Le trait qui fait le sujet de la tragtfdie de Lau- rence , donnee au theatre de Louvois, est connu. M. de Villiers, fils de Ninon de Lenclos , ne pouvant surmonter sa passion pour sa mere , qui avoit alors cinquante-deux ans 5 se donna la mort. Le citoven Le- gouv<§ a place ce trait dans un cadre qui lui apparte- noit ; il le suppose arrive a Venise. Laurence alloit £pouser QuLrlni, _, lorsque des divisionspolitiques rendirent leurs families enne.-mes; Quirini embrasse le parti de son pere ; il est proscrit , (r) N<>ms desirerions seulement que l'administration d£- fendit aux actrices des choeurs de paroitre dans les loges pen- dant les entr'actes avec leur costume, ce qui detruit totaiement l'illusion. D d 2 ■ 420 IS o uve lies lltte retires, condamn^a mort ; maisavant de parlir il vout revoir Iiaurence ; il la voit en effet , et se perce a ses yeux. On vient ; elle le laisse baign6 dans son sang, et depuis n'en a point de nouvelles. Cependant Lau- rence porte en son stin un fruit de son amour ; elle avoue sa faute a sa mere , et celle-ci l'aide a la cacher* II y a dix-huit ans que ce malheur , inconnu a tout Venise , est arrive , et depuis ce temps Laurence a pass6 ses jours dans les ennuis, dans la tristesse, sans vouloir prendre un epoux : e'est a cette epoque qu'un jeune liomme vient de signaler sa valeur guer- riere pour Venise; il a detruit la flotte des Genois. Laurence eprouve pour lui un intdret qu'elle n'a point connu depuis la mort de Quirini : il est dans Venise 5 le senat lui demande ce qu'il desire pour recompense de ses exploits ; tout ce qu'il veut , e'est obtenir la main de Laurence. Son pere la presse, etelle accepte avec joie l'honneur d'acquitter l'Etat , et la douceur d'unir sa destinee acelle d'un heros jeune et aimable. L'irnpatient Orsano presse les applets 5 l'hymen va se conclure. Au moment meme une letlre, arrivee dela Palmatie , est remise a Laurence ; elle est de celui a qui elle avoit confie son fils , et , au moment de mou- rir , il lui apprend que ce jeune homme s'estechappe ; qu'il s'est dislingue par les amies, et qu'il vient de vaincreles Genois sous le nora d'Orsano. Laurence fremit du crime involontaire qu'elle allcit commettre 5 plus d'hymen ! plus d'apprets ! Orsano ignore la cause de son refus ; il soupconne un rival 5 il voudroit le con- EOitre : il se determine a quitter Venise. INouvelles Uttiraires* 421 * II y rencontre un horame dans la forCe de Page, vetu du costume illyrien, qui semble se plairo en ses ennuis : cet horame est Quirini , qui a cte sauve par uns^nateur, et apres plusieurs voyages ,plusieurs aventures, revient, au bout dedix-huit ans, proposer a Laurence de le suivre. Le jeune Orsano se nomine 5 Quirini, entendant le nom du rival qui va luienlever. Laurence, tire le glaive ; ils se chargent ; heureuse- ment Laurence accourt , et, en deVoilant la naissance d'Orsano, elle emp£che ce nouveh attentat. Mais la- sentence de proscription de Quirini n'est point levee 5 il est deVouvert ; on l'arrete; le s£nat veut le con- damner. Orsano plaide la cause de son pere , et sa grace est accordee : Quirini , rendu a Laurence , ce s £poux semblent ne plus avoir de voeux a former 5 mais on am&ne le malheureux Orsano , qui , n'ayant pu vaincre sa fatale passion , s'est donne la mort, et vient expirer dans leurs bras. Certes , le fonds de cet ouvrage est d'un grand tra- gique ; et si Ton vouloit pr6tendre que cette, piece est immorale , il faudroit done rejeter ces chef-d'eeuvres consacr^s sur la scene, ou l'inceste et l'adultere sont presentds d'une maniere si terrible , ou les plus grands heros de la Grece sont forces a ce crime par la volonte des Dieux. Cen'est done pas l'invention du sujet que Ton peut condamner dans cette tragedie , mais e'est dans l'invention du plan que Ton a trouve bien des choses a re prendre. Sophocle, dans son QEdipe, fait consommer 1/hy- men, et ce n'est que lentement et par dogres .que ce prince et Jocaste sont instruitg de leur >al de la flotte v^nitienne a dix - huit ans ne peut pas avoir vu beaucoup Laurence, et pris pour elle. un amour aussi violent. Ce sont ces defauts qui , malgre les situations tragiques et lesieautes de style de Pou- vrage , ontnui a ce qu'il obtint un succes complet et tel qu'on pouvoit l'espe>er du talent de son estimable auteur , le citoyen Legouve, a qui on doit la Mort d'Abel , Epicharis et INeron , la belle Epitre sur les Sepultures, et que l'on peut mettre au nombre de nos ecrivains les plus distingues. La citoyenne Raucour a deploye* toute la ricnesse de son talent ; le citoyen SairutptiaL a ete" toucbant dans le role d'Orsano ; le citoyen SaLnlpriap a rempli avec noblesse et dignite le role de Quirini, Ce theatre, ou Ton cherche a ranimer le gout de la trcgwlie , merite, par ses efforts et ses sacrifices, les enco/ifagemens des hommes de gout, Nouvelles Llttiralr&s. 413 La piece intitule Le Troubadour _, dormee au Vaudeville depuis peu, a un fonds fort leger. Un jeune Troubadour , Bertrand de Berenger , aime une grande dame de Provence qu'il n'a vue qu'une fois : celle-ci , sous l'habit d'un page ,'et aide® d'une suivante rusee, met sa fidelite a de difficiles epreuves , et couronne sa Constance ensefaisant con- noitre et lui donnant la main. Des details spirituels et agr£ables , des couplet* erotiques, fins et delicals , et absolument conformes au genre que les deux auteurs , les citoyens Des- champs et Radet > ont voulu traiter , ont fait reussir I'ouvrage. Nous anncncons avec plaisir Pimprimerie et la li- brairie de Charles Pougens _, que l'on a toujours et6 accoutume a regarder comme un jeune homme plein de savoir et d'esprit , parce qu'il a garde danS* son age miir la naivete, la bonte, l'amabilite de la jeunesse. Ileut, presque des sa raissance, un amour pas* sionne" pour \ea arts, — et de? succes dans la mu- sique, le dessin , la peinture, etc. — Parti pour l'ltalie a dix-neuf ans, il fut recu , a vingt , profes- seur a l'academie de peinture de Rome. — II y de- meura trois ans , y eut la petite-ve>ole a vingt-deux , en deViflt aveugle, et n'en fut pas moins un homme etorinamment studieux. Ses parens , qui le deslinoient a la diplomatic, l'avoient confie au cardinal Bernis, dont il etoit Peleve. D d 4 424 Tfouvelles Uttiraires* Revenu en France , apres avoir passe quelques mois dans la soctete des savans de Geneve, il con- Iracta une liaison intime avec d'Aleinbert et tousles honimes illustres dans les lettres. Le gouvernement l'enVoya en Angieterre en 1786, parordre. II y recueillit beaucoup de rens^igneaiens relatifsautraitedecommerce.il passa quatre ansa Londres. Les lettres et les sciences lui doivent plusieurs ou- vrages. Les Recreations p kilos op liiques , quatre vo- lumes in-12. La Beligieuse de ISimes. La Traductian du Voyag9 sur les bords du> Rkin 3 en Hollande et en, Angieterre y de G. Forster , avec des notes critiques sur l' His to ire naturelle et les Arts , trois volumes m-8°. Forster avoit ecrit enallemand. La traduction du Voyage de Botany 'Bay , de John W kitt s avec des notes sur I'Histoire natu- reUe j les Mosurs j etc. un volume in-'8°. fig. Le Vocabulaire des P rivatifs-Francais , imi- tes des six princCpales langucs de P Europe , un volume in-80, Des Essais sur les R6 volutions du Globe j JPrincipes sexuels ., etc, ^ elc.j volume in-8° . D'autres Essais sur I'Stude des Antiquite's $eptentrionales et sur les anciennes Langues du, Nordy brqch ure in-8°. Houvelles titteralrcs. 44S II avoit des parens qui sont tombes de t res-haul. Us lui avoient donne , pour toute fortune , des rente* viageressur le grand livre. Sou plus serieux chagrin a ete d'etre force de dis- conlinuer ses travaux sur le Dictionnaire etymolo- gique et raisonne de la langue fran9aise, auqael'A travailloit depuis vlngt ans , pour ieqaei il avoit de- peiise tout cequ'il aroit de dlsponible , et dontil avoit acheve les cinq huitiemes, ouvrage qu'il avoit tache de concevoir et d'ecrire eu philosophe. Afin de ne pas mourir de faim , il s'est fait com- missionnaire de la librairie ; il a la confiance des principals maisons de l'Europe , et il est a present imprimeur , n°. 246 , rue Samt-Thomas-du-Louvre , dispose a imprimer toutes les sottises qu'on lui pre- senlera, pourvu qu'on lui paye .son papier et son encre, dont il a fait, r dit-il, ample provision, en consic!6rant P£tendue de la matiere. La soci&e" patriotique d'emulation de Neuchatel a tenu sa seance le 6 Janvier 1797. Cette seance qui, d'apres le dernier programme, devoit se tenir quelques jours plus tot , avoit pour objet d'adjuger les prix de l'annee precedente , et de proposer de nouveaux sujets pour ceux de cette annee. Des considerations auxquelles la societe a du avoir egard par un sentiment d'equite, lui ont faitrenvo^er 426 JSouvelles Uttiraires. aii mois d'avril prochain ^adjudication da prixqu'elte avoit propose sur la culture de la vigne. E.Ie n'a point adjuge de prix aux deux memoires qui lui ont £te envoy^s sur sa seconde question ■ quoi- qu'ily eut, a bien des e'gards, des choses excellentes, dont on remercie ies auteurs * mais la question n'a pas paru j etre traitee d'une maniere assez precise. On adroit desire d'y trouver plus d'ordre et de me- thode, et moins de reflexions elrangeres au sujet. La societe proposera done encore la meme question pour sujet de J'un de ses prix ; et nous exbortons ceux qui voudront travailler sur cette matiere a e>iter les defauts que nous venous de reprocher. Nous ne dissimulerons point que ce n'est qu'k re- gret que la societe* a vu que personne ne s'etoit oc- cupe de la description topographique et economique de quelques-unes des jurisdictions de cet Etat. Elle envisage cette question comme l'une des plus utiles qu'elle puisse proposer pour le bien public jet elle se fera en conse'quence un devoir d'en faire , pendant plusieurs anuses, le sujet de l'un de ses prix. Jedois meme annoncer de sa part que si elle recoit deux memoires satisfaisans sur cette question , elle distri- * buera deux prix de meme valeur. La soci&e" propose maintenant , pour sujet d'un premier prix, qui consistera en une m^daille d'or du poids de vingt ducats 3 la question suivante : Quelle est la sals on la plus favorable et la meMeure maniere de provlgner selon la qualtii No uv el. les lilt ir aires, 427 da terrain et du plant? Et dans quel cas con- viendroit-il mueux de renouvelcr nos vignes par La plantation que de les pro signer? La society propose de nouveau , pour sujel de son second prix , qui consistera aussien une medaille d'or du poids de vingt ducats , cette question : Jusqa'a quel point les Arts et le Commerce peiwent-ils etre exerces utilement dans ce pays ? Et quels seroient les moyens les plus propres A porter ses habitant d> se contenir dans les li- mctes qu'on \iuroit indiquees ^ et a tourner pnncipalement leurs vues da cote de la culture ties terres ? Enfin, la soci^t6 d£cernera une troisicme medaille d'or , du poids de douze ducats , a la meilleure Des- cription topographique et e'conomique d'une Ju- risdiction quelconque de cet Etat, de sa popu- lation j de la culture qui y est en usage 3 des defauts de cette culture 9 des corrections qu on pourroil 1/ apporler^ et des perjectionnemens dont ell e seroit susceptible ? Cette description doit embrasser les bois et les foveis , ies indices de mines de houille , de gyps, et;., etc. Noas devons prevenir les personnes qui voudront s'occuper de ce sujet, que la socicte a deja recu et couronae deux men oires sur cetle menie question , 4*8 Nouvelles tittiralres. dont l'un renferme la descriplion dc la mairiede Va- langin, et l'autre celle de la Brevine. Les memoires devront etre adress£s a M. le mi- nistre Meuron, secretaire de la society, avant le pre- mier octobre prochain, et la proclamation des prix aura lieu , s'il est possible , dans le courant du mois de decembre suivant. On avertit les concurrent; de ne point se nommer , sous peine d'exclusion 5 mais d'a- voir ^attention de joindre a leurs memoires un billet cachete qui renferme la meme devise que l'ouvrage, avec le nometl'adresse de l'auteur. Ce billet ne sera ouvert que dans le cas oil le memoire auroit rem- porte le prix. La soci^te demande encore que les memoires qu'on lui presentera n'excedent pas trois quart* d'beure de lecture. Les constructions qui se font aciuellement sur une partie de l'emplacement de l'ancienne douane , rue du Bouloy , viennent de mettre a decouvert un sou- terrain , dont le decore est remarquable par le genre et l'execution de la sculpture. G'est une portion de bains que Catherine de Medicis fit eriger a rez-de- chaussee dans le palais oil elle prenoit ses grands ebats 9 devenu depuis l'hotel Soissons, et demoli en 1766. II en existe encore les batimens du ci-devant hotel des fermes , constructs sous le regne de Louis XIII, et oil naquit en i663 le prince Eugene ? qui humilia I'orgueil et l'ambition de Louis XIV. Nouvelles titteraires, 429 L'exhausseraent de i'ancien sol de la ville de Paris , necessite par la sureleVation des ponts en pierre substituesa ceux en charpente , l'etablissement des quais , la formation de nouvelles rues , et par la pente n£cessaire a l'6coulcment des eaux , avoient transform6 en caves ou celliers a l'usage de Bacchus ces Thermes, 011 jadis presidoit Neptune. L'int£rieur, dont le plan est du celebre Lescot , abbe de Clagny , et qui construisit le Louvre , et une partie des Tuileries sous Henri II, etoit distribu^ en plusieurs galeries vouiees. On v voit encore les niches ou etoient les baignoires destinees aux nymphes pri- vilegiees de Catherine , connues sous le nom dejllles de La reine. L'ordcnnance est rehaussee de bossages a congelations et mascarons fierement prononces. Pour faire l'eloge de la sculpture , il suffit de citer le nom de Jean Goujeon 3 contemporain et grand cooperateur de Lescot clans ses graudes conceptions. Le ciseau de cet inimitable artiste brille encore de tout son £clat dans les facades du Louvre, d'une partie de la grande galerie , dans la salle de l'lns- titut national, les quatre facades de la fontaine des Innocens, et dans d'autres monumens admires ou regrettes depuis les ravages du vandalisme par les artistes modernes. 43o Uouvelles iitteralres. Arttolne d* Auvergne } ne a Clermont Ie 4 00 tobrei7i3, successivement surintendant de la mu- sique du roi, et directeur de l'opera , est mort a Lyon le 12 fevrier de cette annee, age" de quatre-vingt-quatre aos. II a donnc) tant a la cour qu'au theatre de l'opera, vingt pieces, qui, dans le temps, obtinrent un succes merite. On a de lui un livre de trio pour deux violons et une basse , un ceuvre de sonates , de violon , et un livre de symphonies a quatre parties. Beaucoup d'autres compositeurs ont eu le meme avantage ; mais ce qui lui appartient exclusivement, c'est d'avoir fait epoque dans son art. II a donne, en France, le premier opera comique. La piece des Troqueurs s composce par lui en 1753 , a eu un suc- ces prodigieux; et si ce n'est pas a elle uniquement que nous devons les chef-d'ceuvres joues depuis d'Au- vergne, ii est au moins certain qu'en ouvrant la car- riere, d'Auvergne a beaucoup avanc£ nos jouissances. Les lieux de reunions se multiplient dans Paris ; ceux (\ui ont pour objet l'encouragement d'un art quelconque meritent plus particulierement notre atten- tion. On vient de former, dans lesappartemens de la ci-devant duchesse d'Oi leans , maison Egalite , entree par la rue de Valois, n°. 1079, une soci^te appelee Cercle de I'Rarmonie. On y a d< : ja donne" de tres- beaux concerts, dirig^s par le celebre Saint-Georges. Labeaule du local , sa situation heureuse , et la com- position de Passemblee y ont attire" beaucoup de No uv el les llttdralrcs. 4.3 r Aonde. On y donne egalement un tres-beau bal toutes les decades ; on y trouve , tous les jours de so- ciety, tous les papiers publics, un cafe et un restau- rateur. L'abonnement est de 48 liv. pour trois mois. Xe Corps legislatif et Plnstitut national de Franco viennent de perdre un de Ieurs membres , le ci^en Deleyre. II s'^toit fait un nom dans le monde litt6- raire par une analyse tres-bien faite des ouvrages de Bacon , alors peu connu en France. II joignoit I'atnour de la po^sie a celui de la philosophic ; on a da lui quelques romances, pleines de graces et de naturel , que Rousseaa , dont il fut l'arni, avoit mis en musique. II laisse , en outre, une traduction en vers non achevee du poeme de Lucrece , quelques autres poesies et un roman politique, intitule: Les Hd lades. On se souvient que le Dirertoire executif avoit ote* aPInslitut national la bibliotheque de 1 'Arsenal , qui avoit appartenu pr6c£demment a M.dePaulmy-d'Ar- genson, puis au comte d'Artois. Le Directoire, pour la remplacer, vient de mettre a la disposition de l'lnstitut celle dite de la Ville, situ£e aux ci-devant je*suites de la rue Saint-Antoi ir. ,$32 Kourel/es lUttrahres. » Les trois classes de I'lnstitut out renouvele lcurs bureaux , con formem.cn t aux reglcmens decretes par le Corps legislatif. — La classe des sciences phy- siques et mathematiques a nomine Fourcroy presi- dent. *- Celle des sciences morales et politiques a nomine Pastoret. — La classe de literature et beaux-arts a nomme Vdlard. — Les secretaires 6la»t re^ligibles une fois, la premiere classe a tfelltt Front/ ; la seconde , Joachcm Lebreion , et la troisieme , Fontanes* L'adMinistration dn theatre de la rue Feydeau s'est partagee en deux parties distinctes : l'une est feiltrtJ les mains d'une soc'ete d'aclionnaires proprie- taires de l'immeuble. Cesactionnairesse son t arranges pour que lesacteurs comiques de l'ancienne comedie franchise jouassent tons les jours pairs de I'annee. — L'autre administration , celle de Sageret > est celle de 1'opera, et elle offrira des pieces en musique ou des con- certs tons les jours impairs. Un bail long et solide, et 3a bonne intelligence qui regneentre les artistes et les administrateurs assurent pour long-temps au public ia jouissance dece double spectacle. Quoique le" nombre des theatres empeche deja qu'ils ne fassent de bonnes affaires, YOdeon , au- quel on tfavaille avec aetivite , persiste dans son entreprise, et il est sur le point de s'ouvrir. OUVRAGES DU CIT. MILLIN , Antiquites Nationales , ou Becucil de Mo- tin mens 3 pour servlr a l y His! aire generate et particultere de la France , tels que Tombeaux , Inscriptions 9 Statues j Vitraux , Fresques , etc. tir< s des Abbaves, Monastere? , Chateaux et autres lieux devenns Domaines nationaux. II paroit d£ja 4 volumes in-4 . a 42 livres le volume, et 4 volumes un-fol. a 72 liv. le volume, en feuilles. ( On ne tire ce dernier format qu'ci 200 exemplaires. ) Chaque volume est compose de 4 a 5oo pages et d'environ 60 Eslampes. Les Monumens decrits dans cet ouvrage sont presque tous aujourd'hui detruits ou degrades; l'au- teur a encore brauccup de Memoires et de Dessins. Le cinquieme volume est sous presse. Elemens d'Histoire Naturelle. Ouvrage cou- lomb par le Juri des iivres e.ementaires, el adopte par le corps le&islatif pour les ecoles nationales. Se'-onde edition , in-8 J . de 6co pages ; prix , cinq francs. Cette nouvelles Edition est revue corrigee et ues- augment£e. Mineralogie Homerique , ou Description dts 3Une'raux do/it 11 est question dans les Vo'emes d'Homere ; ouviage ou se trouvent des details sur l'histoire des Arts dans la haute Antiquite $ m-8°. I liv. 10 s. Introduction a I'ctude des Monumens An- tiques , 1 1. 4 s. Introduction a C etude des Fierres grauees 3 in-8°. 1 liv. 4 s. Introduction a C etude des ISle" dailies > in-fc, 1 liv. 10 s. On a tire de ces trois Ouvrages douze exemplaires sur papier velm : le prix est us 5 liv* TABLE Des articles conlenus dans ce numdro, Math^matiques. I Melanges., Cousin.! Traite dSJL. Borson. Sur le Musce J.-A.-J Calcul differsntiel et de Cal cul integral , 289 Physique. C. Desplanques. Sur le Ti- legxaphe , 297 BOTANIQ V E William Withering. Sur les planles de. V Angleterre , 399 Medecine Militaire. Extraildes vues generates sur\LauTence, Us Cours d> instruction dans Les Troubado de Velletri , , 376 P O E S I E. Sc'gur jeune. Chansons. Sur un boudoir , 4°6 Barre. Coussy-Coussy , 407 Pr£vot. La Bibliotheque , 408 NoUVELLES LITTERAIRES. Seance du Lycie des Arts .,410 Medee , 4*4 419 4>3 Its Hopitaux militaires etc. 307 HlSTOIRE. jRemarques sur une leltre de Platon*, 3^9 BlOORAPHIE. JVotice sur le Pere Magnan , mort a Florence , 340 Archjeologie. jfjistoire critique des mysteres de Vanliquite , etc. 347 Morale. Suite des caractcres , ou Por- traits des Francais et des Franca ises avanl la Re, tion 3 Outrages du citoyen Pougens, ibid. Seance dela Societe patriotiqu* d' emulation de Neuchdlel^zS Monument deco user t , 428 Mori d'Antoine d'Auvergnc , 43o Cercle de V harmonic > ibid. Mori de Deleyre 3 ^5Z Reunion de la bibliotheque ditc de la Ville a celle de I' Insti- tui national , ibid. Renousellement des bureaux dans les trois classes del' Ins- titut, 43a \lu- Administration du theatre de 35 1 la rue Feydeau t ibid. AVIS. On peut s'adresser au Bureau du Magasin Encyclopedique pour se procurer tous les Livres qui paroissent en France et ehez l'Etranger , et generalement pour bout ce qui concerne 1* Librairie ancienne et moderne. On s'y charge aussi de toute sorte d'impres.sions. Les Livres nouveaux sont annonces dans ce Journal aussi- t6t apres qu'ils ont ete remis au Bureau , e'est-a-dire , dans io Kumero qui se publie apres cette remise Le Magasin paroit regulit-rement le premier et le quin« as ehaquc mois. (N a . 24.) M A G A SIN ENCYCLOPEDIQUE , o u JOURNAL DES SCIENCES, DES LETTRES et DES ARTS, R E D I G £ Par A. L. Mil lin. ■ n » —• AVIS DES EDITEURS, le prjx de ce Journal est fixe : a 9 francs pour trois mois , 18 francs pour six mois , 36 francs pour un an , T"^ tantpour Paris que pour les Departemens, franc de pott, O n peut s'adresser au Bureau du Journal pour se pTO-» cgrer tous les Livres qui paroissent en France et cbez l'Etranger , et pour tout ce qui concerne la Librairie an- cienne et moderne. Cj e Journal , auquel la plupart des hommes qui or.t un nom distingue, une reputation justement acquis©, dansquelque partie des arts ou des sciences, tels que les sitoyens Bitaube, Cabanis ,CAiiXARD,CnEtfii;R 9 Tome VL (a ,ue . An.) DaUBENTON, DELILLE j DeSFONTATNE,S , DoLOMIElf, FoNTANES , FoURCROY , HaLLE , HaUY , HERMAN , Lacepede, Lagrange, Laharpe , Lalande, IiAMARK, LANGLES, LaPLACE , LEBRUN , LeROY, L'HERITIER , MENTELLE , MORELLET , NoEL , Oberlin j Pastoret , Sicard , Suard , etc. etc. contribuent, contient l'extraitdes principaux ouvrages nationaux; on s'altache sur- tout a en donner une analyse exacte , et a la faire paroitre le plus prom- ptement possible apres leur publication. On y donne une notice des meiileurs Merits imprimes chea l'^tr anger. On y insere les m6moires les plus interessans sur toutes les parties des artset des sciences ; on choi- sit sur -tout ceirx qui sont propres a en accelerer les progres. Ony publie les decouvertes ingenieuses , les inven- tions utiles dans tous les genres. On y rend compte des experiences nouvelles , de la formation et de l'ou- verture des Museums. On y donne un precis de ce que les seances des societe\s litteraires ont offert de Slus interessant , une description de ce que les depots 'objets d'arts et des sciences renferment de plus curieux. On y trouve des notices sur la vie et les ouvrages Hes Savans , des Litterateurs et des Artistes uistingue* dont on regrette la perte , enfin , les nouvelles litte- raires de toute espece. Ce Journal est compost de six volumes in -8°. par an, de 600 pages chacun, et de gravures en regard des articles qui en exigent. II paroit tous les quinze jours un numero de 9 feuilles. On s'adresse , pour l'abonnement , au Bureau du MagasinEncyclopedique, chez le C. Fuchs, Libraire, rue des Mathurins , hotel de Gluny. II faut affranchir les leltres. 433 ENTOMOLOGIE. Memoire sur le genre Diopsis ^ de Linnee j (Sijst. nat. sd. de Gmehn), par P. A. La- treillEj associe noti resldaat de la SocUte . d'Histoire natureUe de Bordeaux 3 et des So- elites d'Rustoire natureUe el pliLlomatique de . Paris, X^ntre les objets procieux d'histoire haturelle que le citoyen Perrein , oflicier de sante , aapportesde Malimbe, cote d'Angole, au rcyaume de Congo, j'ai remarque nn insecte des plus singuliers par sa forme. II nVst cependant pas inconnu. Nous avons sur lui ui j dissertation imprirnee a Up-al; Fuesli l'a encore figure , et Gmelin a publie, dans 1'editiori qu^il a donn'e du Sy sterna naturce de Linn£us, ce genre nouveau , qu'on avoit fait connoitre sous le noin de Diopsis. Le citoyen Olivier, clans 1'Ency- clopedie methodique, s'est borne" a traduire Particle \ de ce dernier auteur qui le concernoit. II me paroit nieme qu'aucun naturaliste francais »'a connucet insecte avant I'epojue ou I'amateur que j'ai cite au commencement de ce memoire en a en- riehiquelques-uns de nos musees. ISI'ayant pas eu I'occasion d'examiner ce genre de mes propres yeux 5 j'avois etc (orce de le passer sous Tome VL E e 434 Enloniologle. silence dans mon precis des caracteres g£n6riques des insectes. Le citoyen Bory fils, de cette ville, le pcs- sedaot , et m'ayaut donne toutes les facilites possibles pour l'etudier , j'ai cru qu'U pouvoit etre le sujet d'urt xn£moire avec cTautant plus deraison, que ce qu'on en a dit jusqu'a ce jour est incompie't , qu'on n'en a point developpe les caracteres gv nei iques , et que Fabricius m'a paru i'avoir omi;> dans sanouvelle edi- tion de son entomologie. Je conserverai scrupuleusement le nom qu'on a donne" a cet insecte , c'es-a-dire , celui de DLopsus ichneumone". Ce genre e.-t de la dasse des dipteres, et il appar- tient a la famille huitiems de L'ouvrage que je viens de mettre au jour, page 169. Diopsis, D 1 o p s 1 &, Caracteres gdneriques. ♦ Antennes tres-petites , presque obsoletes , a pa- lette , ins&ees au bord interne des yeux ,; de trois pieces , les deux premieres peu distinctes 5 revues l'une dans l'autre; la derniere, ovalaire, presque arrondie, comprim^e, avec une soie laterale, sim- ple , courte , inser^e en-dessus. Trompe membraneuse , coudee , bilabice , retrac- tile j grosse, un peu velue , renfermant un sucoir d'une ou deux soies , portant a sa base deux antennu'es assez longues , coniques 9 inarli- culees* Diopsis. 435 Les tarses , ainsi que dans tous les dipleres, sontde rinq articles; ils sont cylindriques, diminuent insen- sibleraent de longueur ; le dernier est termine par deux petits crochets et deux pclottes. Especes. 1. Diopsis IchneumotiS. 2. Diopsis ickneumonea. D. a tele bicorne 5 yeux a l'extremite* des comes 5 corcelet quadi i-epineux. D. capite blcoml , oculis terminalibus ^ tho~ race po^lice quadri, spctioso. Encyc. meth. Hist, nat. t. 6, part. 1 ,p. 276. Diopsis ichneumonea, Dalh. diss, inbigas. insect. Ups. 1775, p. 5 , tab. 1 , fig. 1— 5. Fuesl. archiv. ins. 1 , avec la figure* Diopsis ichncumonea , Lin* Syst. nat. ed. i3 , p. 28—29. Cet insecte a environ trois a quatre lignes de lon- gueur, etil a, au premier coup-d'ceil, quelque res* semblance avec d'autres insectes qu'on appelle ichneumons, et dont la forme est alongee comme la sienne^ ^a tete est un pen plus alongee que le cor- celet . p.esque triangufaire , tronquee ou tievobtuse iufeiieurement , verticale , fauve ; la trorape est noi- ratre, et les antennules sont blanches ; l'extremite de E e 2 ^36 Ento mo logic. la cavite" qui les recoit est armee de deux pointes' dures, courtes , une de chaquec6t£; le front est un peu renfle et arqu£; il est marque d'une impression noire en forme d'un V tres-edatte ; les angles sup£- rieurs de la tete se prolongonf de cbaque cote en une come Margie et un peu anguleuse a sa hase , cylin- driqueensuite, menue, fauve, longue d'une ligne et de- " mie,perpendiculaire au corps, s'evasant versPextre- mite , pour einboiter l'ceil qui la termine. Cet ceil est globuleux, noiratre, a facettes; les antennesprennent leur naissance du bord interne; elles sont fauves, un peu pales, etssdistinguehta peine; onappercoit surle vertex un tubercule noiratre, sur lequel sont ses trois petits 3 eux lisses. Le corcelet est ovalaire, assez grand , convexe , lisse,glabre et noir ; sa partie anterieure a une es- pece de cou ; son.ecusson est tres-renfle, tronque pos- terieurement , et arm6 aux deux angles d'une pointe ou epine conique tres-forte , ciliee paralielement , fauve en grande partie, noiratre vers Pextr£mite ; les deux pointes sont tantsoit peu divergentes ; on en re- marque deuv autres, mais plus petites, fauves sous Porigine des a lies. Les aiies sont au nombre de deux , etroites , de- passant un peu Pabdomen, erartees, assurgentes ; elles onf une obscurite vers le milieu , et un point noiratre a I'extremite' ; les nervures sont assez fortes et obscures. Les balanciers sont tres-co'irts, pr^sque sessiles, blancs: je n'ai point appercu de cudlerons* Diopsis. 4 3 7 L'abdomen est elroit , un peu plus long que la mome de la longueur du corps, sessile, deprime, ea spatule, concave en-dessous, glabre, feiruaineux , asser lufsant , de huit a neuf anneaux , dont !e second et le troisieme pl.-.s grands ( le second sur-tout), les dernie.s fort courts, un peu noimtres ; I'extremite est point ue. Lespattes, au nombre de six, sont assez longues ; Jes cuisses sont un peu velues, Fauves, cylindriques ; les ante>ieures sont un peu renflees au m lieu et in- ferieurement; les jambes sunt un pen plus menues, de la meme longueur , cylindriques , d'uu fauve fonc6; les anterieures sont legerement arquees; les tarses sont de la meme couleur et de la meme forme que les jambes , olong^s , un peu cities, terming par deux crochets n oirs. Cet insects est vif, et saut.Ile a cbaque instant. Je tiens cette observation du ciioyen Perrein, qui l'a prissur lebaricot communqu'i! cultivoit a Malimbe, et oii ii en a vu une grande quantite. On l'a encore trouve dans la Guinee et dans 1'Amenque septen- trionale. E e Z 438 nrnnfm HELMINTHOLOGIE. Extrait d'un Me'mocre sur P animal des Lin- gules. Brug. par Le cltouen Cukier _, La & La Socl6t6 d'Histolre nature Le. i^E genre nouveau indique" par Bruguiere, dans les ^planches de l'Encyclooedie , a pour caractere, co- quULesa 2 valve i e gales 3 oblonguesj sans dentj suspend ue a un cordon c'larnu. 1,1 est place a cote des anatifes,des terebratuies, etc. , et reuferine la co- quille nominee d'abord patella unguis par Linneus, qui n'en cpnnoissoit qu'une valve, et ensuite mutllus unguis par G-melin. L'animal de ce bivalve, dec rit par le C. Cuvier, diflere beaucoup de ceux des autres bivalves. Son manteau a deux lobes serablables aux valves de la coquille : sur les bords de la face in- terne de chaque lobe se voit une rang£e de petits feuillets triangulaires qui sont les branchies. La bouche est opposee a la charniere. On remarque de cliaque cote un long bras charnu cilie sur son bord interne, susceptible de se replier en spirale. Le canal intestinal ne presente ni caecum, ni renflement gas- trique. L'aiius est situe sur le cote peu loin de la bouche. Le canal intestinal traverse une subst nee? brune qui paroit etre le foye. II n'y a ni pied ni Coquille. 4^9 feuillet triangulaire aux environs de la bouche. Quoi(|ue le coRur n'ait point et^ vu , son existence est probable d'apres l'analogie. II paroit que ce genre , dans lequel on connoit deja trois especes, r£uni avec ^J les ter^bratules, la fissureile de Bruguiere et la pa- tella anomala de Linneus, peut former une famille assez naturelle dans l'ordre des acephales. ECONOMIE POLITIQUE. Brief aan, etc. , c'est-a-dire , Lett re au citoyen Hahn j Representant du Peuple Batave , con- tenant quelques observations rapides^ relatives & une imposition generate sur les revenus j proposee pour la Republlque Batave parB. B. s par J. D. Pasteur ., Meinbre de la Conven- tion Batave, A Leyde, chez A. et J. Honkoop, 1797., ln^8°. de39 P a ges« _LN ous eumes occasion dans le numero 22 de ce journal d'enumerer les anciens titres litteraires da M. Pasteur > et nous en amioncames un nouveau , 5011 PrecU d'Hlstolre naturelle. Dans ce present examen d'un projet composition generale et unique , propose pour le peuple batave, M. Pasteur se wou- tre plus sp^cialeraent digne de cette conflance qui Pa fait appeler par ses concitoyens aux honorable* E e 4 440 Economie politique. fonotions de legislateur. « La principale question que » nous avons a traiter, dit-il , est si une imposition » gen£rale et unique doit prevaloir sur le systeme » d'im positions indirectes , qui a 6\e jusqu'a ce jour » adopte parmi nous ; » et il se declare paitisan do ce dernier systeme , en faveur duquel il deduit quel- ques bonnes rai-ons. II convient cej)endant que s'il penchoit de I 'autre - ote , alors ['imposition assise sur les revenuslui paroitroit la plus naturelle et la plus juste , suppose tou'efois qu'elle soit excusable. —II rappelle en passant tous les malheurs qtfont attir6 sur )a France les essais de ses financiers a systeme. *— Pesant ensuile plusieurs principes , sur lesquels l'adversaire qu'il combat a fonde sa doctrine, il s'ar- rete partLuilierement a celui-ci; que « l*imposition » est l'equivalant de la protection dont jouit chaque » membre de la societe , et que Petendue de cette » protection doit, en consdquence, etre l'echelle qui » determine la quotite de l'imposition raeme, puis- » qu'en effet cette protection se proporiionne a la » masse de biens qu'on possede , et aux profits qu'on » en retire au mojen des transactions commercialese » »— « Si l'on avoit a fonder une societe toute nouvelle, ditM. Pasteur , et qu'on vouliit etablir ceci comme une condiiion essentielle du parte social , cet arran- gement pourroit subsister peut-etre tant que la societe seroit peu nombreuse ; mais ce n'est pas la de quoi il s'agit; et il arrive trop souvent que l'on applique a des circonstances toutes differentes les clauses primitives de la confederation sociale ; on perd trop souvent de vue que l'on s'occupe de rege- Observations. 441 n£rer une societe aussi eloignee de son £lat pri- mordial que I'homme l'est lui-meme de celui de la nature. » — Mais, ( poursuit-il ) cxaminons le pr'n- cipeen lui-meme. La protection que la societe exerce sur tons ses membres n'a pas seulement pour objet leurs biens ou lour fortune , mais encore leur vie , leur liberty , leur honneur , leurs lelations et leurs transactions avec l'etrangerj et ainsi elle est nuance a l'infini sous tous ces rapports divers, au point que toutes les forces de l'Etat se dep'oieut quclquefois pour la reparation du tort fait a un seul de ses membres. Comment done eValuer cette protec- tion sur les biens et les revenus d'un chacun, et ou ne seroit-on pas conduit par le principe qu'on doit etre impose en rai^on de la protection qu'on recoit? Non, cette protection n't-st ni individuelle , ni gra- duelle 5 chaque citoyen a droit a une protection entLerCj cha^unen a respectivement besoin. — « D'ail- leurs dans une societe biep organisee, il n'en coute pas davantage de proteger un millionnaire que le possesseur d'une fortune extremement modique. » M. Pasteur deduit de cette theorie des coroliaires infiniment sages, et il ecarte les fausses applications que Pon en pourroit faire. — B. B. a avance" que dans le systeme des impositions indirectes ce sont les membres les plus utiles de la societe qui sont les plus maltraitt's 5 elles pesent de tout leur poids sur I'homme qui depense , et elles <5pargnent I'avare. Ceci donne lieu a M. Pasteur de met t re en avant quelques saines notions sur le luxe ; mais il s'attaclie sur-tcut a rechercher si Phonnne qui depense sou %4* JEconomle politique, revenu enentier,ou a peu-prcs, est r^ellement plus utile que celqi qui en reserve une bonne et meme la meiileure partie, et il condut pour la n 'gative. Nous ne pouvans le suivre dans ces details, dont quelques-uns s'adapteni singulierement au caractere hollandais, ou pluiot a ces amiennes mcetws natio- nals qu'on dcit regretter dj voir s'alterer si fort chaque jx>ur: il termine en disant ; « Je suis tene- ment convaincu de. cette verite , que toutes les fois que des eft-angers me temoignent I'eur ite ce malheur. Nous ne nous etendrons pas davantage sur cette brochure recommandable. Elle est une nouvelle preuve que M. Pasteur j qu'une mission impor- tante retient encore a Paris, aime a rendre par-tour, et de plus d'une maniere, son temps et ses connois- sances utiles a sa patrie. Sa lettre est datee de Paris , Zo fevrier 1797* P. H. M. BIOGB-APHIE. Notice sur la vie et les outrages de JeAx-Ber- nard Restout j Peintre, George Vasari, peintre et bistorien, se felicite dans la vie de Lazare Vasari de descendre de ce peintre babile. II dit a ce s-.ijet : « Lorsque nous » avons l'avantage de compter parmi nos ancetres un » homme celebre , soit clans les amies , soit dans les » lettres , soit dans les arts , soit enfin dans quel- v qu'autre profession distinguee que ce soit , et que » ret homme a obtenu Phonneur d'etre cite dans » PHistoire, nous nous enilammons alors du deair » de fournir Une carriere glorieuse. Ce titre, afontei 444 Blographle. » t - il , est aussi un frein pour nous arreter dans *> toute action qui seroit indigne d'un nom fameux. » Les details que vont offrir la vie et les ouvrages de Jean -Bernard Restout prouveront qu'il a soutenu l'honneur de sa famille. II etoit fils de Jean Restout, peintre; sinou du premier rang , au morns d*un grand merife. Par sa mere, il 6loh petit-fils et neveu des Halle" , artistes aussi re- com:nandabIes par la purele de Jeurs mceursquepar leurs ta'ens. Mais ce qui distingue sur - tout cette illustration dans les arts, c'est que Bernard Restout descendoit de Jean Jouvenet , dont son pere £toit 16 uT-a- la-Ibis I'eleve $i le neveu. On trouve meme dans la Collection qu'il a laissee , de bons tableaux de Payeul de Jouvenet. Ainsi l'on juge par combien de degres de parente il tenoit a Part de peindre. Croiroit-on que ret avantage assure les plus grands succes , on pourroit se tromper ? Restout , ne avec un esprit penetrant et actif , joinl a. line imagination feconde, auroit peut-etre et6' susceptible d'en obtenir; mais si , d'un cote , la nature l'avoit place de ma- niere a sucer, avec le lait, le gout des arts et des principes solides, il faut en convenir , les erreurs de ses peres firent aussi partie de leurs lecons. On a remarque qu'un artiste en vogue ne faisoit souvent , par son exemple , que de stupides imi- tateurs de gens qui auroient surpasse leur maitre s'ils eusscnt pris une route conforne a leur incli- nation naturelle. Avec bien plus de raison devroit- on craindre la maniere de l'Ecole pour un homme JSotice sur Jean-Bernard Restout. 445 elevc par un pere qui a de la reputation , du nit- rite et de la tendresse. Le tal< nt de Bernard Restout nous offrira un ample sujet de nous convaincre de celte verite , si nous voulons suivre un morn- nt cetle succession de maniere qui a ete transmise par lecelebre Jouvenet. Cet habile homrae n'avoit pas forme son dessin a la vue des modeles de I'antiquite. II auroit pu cepen- dant les etudier en France , dont il n'etoit pas sorti. II n'a pris pour guides daus son art que les peintres de l'etole de Lombardie. II s'est sur-iout attache a la maniere large et forte de Gennaro , de Barbieri et de Lanfrauco. De-la ces formes vivement res- senties et ce style nerveux avec e ,ces, qui montrent dans son dessin les muscles tellement contraetes qu'ils semblent a peine couverts d'une peau tres-iegere. Cette degeneration du grand gout ct du caractere de formes admi es avec taut de raison dans les ouvrages de Pellegrino Tibaldi , de Louis et d'An- nibal Carache s'est encore deterioree dans le dessin du pere de Bernard Restout. Rompant absolument Punion qui se trouve entre un muscle et un autre dans les formes du corps de l'homme, il ne s'ap- pliquoit qu'a en indiquer les plans avec exageration, de maniere qu'il ne composoit les chairs que d'une infinite" d'angles qui rendent ses contours durs et raboteux. On concevra combien un tel exemple peut devenir dangereux quand on saura que le priucipe en est indiqi>6 par la nature. Ajoutons qu'on y est encore plus facilemcnt entraine par le faux calcul qui admet 446 Bcographos. I'exageration comrae moyen necessaire clans les ouvraante que le savoir degtfnere" de Jouvenet presentuit au jeuue Restout dans Tecole tie son pkrpi A taut d'erreurs dans ce qui regardoit le detail des formes, il s'en joignoit une peut-etre encore plus funesle pour les ensembles cles figures , et pour le cara: tere qu'il convient de donner a chacune dalles. En eff^t, pour ces grandes parties du genre liistorique , dans lequel Tart dii choix et celui de la convenance doit etre si severement etudie, on n'in- diquoit a ce fils, a cet e'leve clieri que la pauvre ressource de copier, dans sa' maniere, le premier modele qui s'oflroit dans l'atelier du maiire. Ainsi le merae homme,.dont ^education et les tra- vau> grossiers avoient corrompu la structure, servoit tour-a-tour pour un soldat, pour un Adonis, pour un Hercule et pour un Apollon. Disons plus , aria de justifier les dcfauts qu'on pourroit reprocher a celui dont nous parlons , c'est que son instituteur paternel se vantoil de prendre le modele hornme de l'academie pour faire les Nymphes, les Ariane^ les Venus et toutes les autres femmes de scs ta- bleaux. Sur le coloris, la nature n'£ioit pas mieux consul tfe* Jouvenet,en e? ag£rant les tons puissans du Valentin et de Caravag o , avoit adoj ti un coloris trop jaune, sur- tout pour les clairs. Jean Restout son eleve, sans [Notice sur Jean-Bernard Restout. 449 chercher un reme'ds a cet exces par 1'etude de la nature, s'.toit content^ dans sa pratique, dc l'amoin- drir. et il faut convenir qu'il l'a fait avec succes dans ses premieres productions. Ensuite voulant eviter en- core plnsle default du coloiis de son maitre , il dtvint blafard jusqu'a iomber , com me dhent lespeintres, dans les tons farineux , heurtant en ceU le precepte de Dufanoy (1): Vivldus esto color j nCnzlo noru palUdus atbo. Je suis enfin parvenu a ces parties de Part do peindre, dans lesquelles les maitresde Bernard lies- tout lui procuierent les moyens de distinction qu'il a su meriter. Je veux parler de la science de pers- pective, de la connoissancc des eflL j ts de la lumiere sur les corps, et enfin, de cette par-tie de la compo- sition qu'on nomme pittoresque , pour la distinguer de celle qui constitue la poe^ie d'un tableau. En vain les artistes qui admirent , avec raisori, les ouvrages antiques et ceux des eco!es romaine et flo- rentine, traiteront avec mepris ces belles parties de Tart : l'&ude ne leur en paroit inutile que parce qu'ils en trouvent peu de traces dans les maitres qu'ils imitent exclusivement. Pour moi, je suis convaincu que si Raphael lui- meme, malgre cette inclination puissante qui l'ele- voit au style snblime, eut etc a portee de voir les brillans effets de la palette de Rubens , le resultat des ide>s fecondes et piltoresques des plafonds de Cor- tonnej enfin, s'il eut connu toutes les ressources CO Dufrenoy , 38a. 448 Biographic. qu'ofTrent a Part les effets de la perspective , ce grand hotnire , dis-je , trop eleve- pour dedaigner aucuu genre de succes , n'eut pas neglig£ d'en faire usage. Lapreuve de ce que j'ose avaucer ici , an milieu des prejujes dont j'entendsdeja les va ns murmures, c'est que ce Raphael n'a pas vu , sans fruit , les tableaux deTiiieu. II a protite, au contraire, des leeons de colon's que lui oflroient les chef d'ceuv res du grand xnaitre de l'ecole de Veni.se, ainsi qu on ne peut le m£connoitre dans la graride Sainte-Famille" et le Saint -Michel du Museum de France, et dans la Transfiguration du Monte-Aureo , qui sont ses der- niers tableaux. O Bernard Restout ! tes manes me pardonneront- elles de citer de te's ouvroges, lorsque j'ai a m'entre- tenir de quelques tableaux echappesa ia foible pas- sion pour ton arl ! Oui , sans doute, tu savois qu'on ne doit s'occuper du talent des morts que dans la vue de s'instruire. Restout , coinme tons les jeunes artistes de son temps, nemit le public a porlee de le juge: que dans les tableaux du concours qui s'exposoient tous les ans dans les salles particulieres de Pacademie, II gagna le premier prixen 1758. Malgre Pinfluenceque son pere auroit pu repaadre sur Pesprit de ses juges , il obtint une couronne, parce qu'il devoit Pubtenir. Avouons en meme- temps que ce triomphe prouve la foiblesse de l'ecole dans cette £poque, tant son ou- vrage £toit maniere et de peude substance. Arrive a Rome , Restout ne s'occupa point de ces modeles sublimes qu'offroient a son etude les fresques savantes Notice Sur Jean-Bernard Re si out. ^49 saVantes de J. Romain , de Raphael et de Michel- Ange. Loin de corriger, par 1111 slyle pur, toute Fincorrection dont il avoit pris i'babilude dans l'eco'e de son pere, il ne s'enflamma dans les cpirihreusei collections de ce sejourdes arls que pour !es tableaux colori£s avec chaleur, et dessines avec plus dj forco que de grace el de precision. Cependant, apres plusieurs amines de sejour en Italie,. il rapporta l'un des meilleurs tableaux sortis de sa main 5 c'est celui ou le prince des poetes lyriqueSj aupres de sa maitresse et la coupe en main, semble ceiebrer dans ses chants et le vin et l'amour. Ce sujet agreable , ou le merite de la composition le dispute a celui de la legerete et de la richesse des tons, vient d'etre grave" par Asselin. II servit a Restout d'entree brillante a i'academie en 1766. Mais il fallpit encore un tableau pour obtenir l'avantage d'assister aux assemblies de l'academie. Ce second ouvrage £toit tres-souvent inferieur au premier , et c'est ce qui eut lieu dans celui de Res- tout. II reprcsente Jupiter et Mercure a la table des heureux epoux Baucis et Philemon. C'est en 1769 que l'auteuren fit hommage a l'academie. La quatrieme epreuve des talens donnoit le degre de professeur. Bernard Restout esperoit l'obtenir par le succes d'une grande machine piltoresque exposee au salon de 1771. Ce tableau, place depuis dans le chceurde I'abbayede Chailly, representor la Presen- tation au Temple. Par le prestige de la science de perspective, ony vojoitun temple irmrenseetdes de- gres nombreux contenus dans un petit espace tres- Tome VL F f ^5o Biographic. mediocre. Les masses de lumieres et d'ombres, bien distributes, repandoient I 'air dans loute la scene, et donnoient de la saillie aux corps qui la composoient. Les plis des draperies, sins avoir beaucoup de fi- nesse, laissoient cependant voir les membres qu'ils recouvro'ent-5 enfin un colon's, sinon brillant , du moins grave et harmonieux , fuient les parties de Tart quidistingueient le tableau de Restout. Malgresonsucc.es, notre artiste ne cbercha plus a lefaire valoir pour son avancement dans Pacademie. C'est a cette epoque qu'il s'en exila , en lui jurant une haine qu'il a gardee jusqu'au tombeau. On ne sera peut-et.re pas fache d'en connoitre le sujet ; il a sa source clans un reglement a la v^rite fort bizarre. Sansdoute itavoit ete raisonnable, pour l'honneur et lesprogresde l'art en France, de composer une so- cic^te d'hommes a talens distingues. Po*ur y parvenir , il etoit de I'interet cornmun de n'admettre pe- onne, dans cette socicte , qu'apres des preuv.es d'un merite reel : mais ces preuves une fois donnees, il etoit ab- surde qu'un peintre ou un sculpteur de Pacademie ne put ex poser leurs ouvrages au salon sans l'aveu d'un tribunal forme de leurs collegues. En effet, qu'auroit-on dit de Pacademie franchise , si elle se frit arroge le droit de ne laisser publier , qu'avec son agreement, les ouvrages de s©s membres? Ce genre d'injustice s'exer^oit cependant dans Pacademie de peinture lors de Pexposition ] ublique, et c'est contre cette censure v que s'eleva courageusement Bernard Rtstout. Loin de se comporter avec la moderation qui ajoute toujours a la valeur d'un bonne cause , ilse Notice sur Jean-Bernard Restout. 45*1 livra aux acces d'une colere violente , et promit 3 avec serment , d'attendre la fin des abus avant que de se rejoiudre a la compagnie de ses confreres. II tint parole , et Ton juge mainlenant pourquoi jamais ilne revint parmi eux , et n'envoya plus d'ouvrages dans leur exposition. Cette scission et la mort de ses parens , arrives quelque temps apres, ecartoient Restout de la car- riere de la peinlure, qui ne veut ni distraction, ni relachemenf , ni rivale : aussi , depuis cette £poque, a peine a-t-il fait une douzaine de tableaux. Parmi ce petit nombre, on doit distinguer les esquisses des sujets tires de I'Enfide, qu'il avoit ete charge d'ex£- cuter en grand pour la manufacture des Gobelins. Cette suite auroit offert des compositions tres-pitto- resques et capabies de produire de beaux effets do lumieres et d'ombres ; mais nous avouons que l'au- teur, par le style de son des*in, n'etoit pas propre a exprimer ni les caracteres, ni les costumes des habi- tans de Carthage et du Latidm, encore moins ceux des heros refugi£s de la tristellion. Restout passa done bien des annces de sa vie a suivre son penchant pour des speculations dUnteret, et a s'encombrer dans les proces et les sollicitudes , qui en sont les suites inevitables. Les mouvemens du monde, auxquels le gout des af- fairesravoitaccoutumc,nelui firent pas envisager avec indifference les6venemeiisqui com nencerent en 1789* Fort par ses idees, plus fort encore par la conviction qu'il avoit de leur justesse , doue de cette elocution exacte et facile que donnent la bonne education et If2 45i K Bio graphic l'usagc du mon le iustruit ; anime par son aversion uaturelle pour tout ce qui luieloit supcrieur, Bernard Beslout s'elancadans les assemblies du Peuple. La, excite par Pambition de primer, que taut d'autres avec lui out donne pour 1 'amour de la patrie, il ob- lint bientot les dignites , les commissions, les electo- rats. Pleind'esprit et d'exactitude , servant arec cha- leur les passions du moment, il fut comb'e d'eloges par ses commcttans. Enfin, il crut etre parvenu au comble des faveurs de la fortune quand Roland 1© chargea de la place eminente qu'avoient occupe au garde-meuVie Fontanieu et Thierry. C'est a. ce degre que la raison l'attendoit pour I'eclairer sur la valeur reelle des grands emplois.Dans les monarchies , l'envie agit sourdement et avec peine, an lieu que dans l'e'tat d'ararchie (nous par- Ions ici du temps qui a suivi immediate'. rent le mi- nistere de Roland) elle leve une tete alliere 3 elle est persecutrice , infatigable, et emploie les mojens les plus atroces dans l'cspoir de rassasier ses serpens. Elle osa dcnoncer , comme coupable d'abus de confiance , un homme honore de ia reputation d'une probite" scrupuleuse, etsoutenuedepuis plus de quaranteans* Cette attaque ne Pent pas atteint dans un monde fait pour le connoitre ; mais alors elle le fit charger de chaines, et l'eut conduit a Pechafaud sans la destruc- tion de ce monstre qui prohtoit du plus leger pr&exte pour s'abveuver de sang humain. Pendant sa detention , Restout usa de toutes les res- sources de son es.irit pour attendre de sang-froid la juort , qui lui sembloit inevitable. Les efforts de ce Notice sur Jean-Bernard JRestout. 4>3 genre cle morale suffisent rarement pour preveuir les effets d s affections de l'ame sur le physique da I'homine. Depuis long-temps il etoit atiaque" d'une douleur fort extraordinaire dans la region epigas- trique ; ii la ressentoit lorsqu'il commencoit a mar- cher. Cctte incommodite devint bicn plus sensible depuis les angoisses du (errorisme. Peu de temps apres il se declara une liernie, pour laquelle Reslout ne- gligea de recourir au'x moveiis si efficacement em- ployes dans l'art de guerir. Sans doute il ignoroit les dangers de son ctat. Le 3o messidor dernier apres de grandes courses, il se trouve presse d'entrer chez un ami. II demande une clef a la domestique, seule alors dans la m-ison ; il monte. Bientot apres on entend du bruit ; il se plaint, ilcrie ; en vain la fille accourt et frappe a la porte , qu'il avoit fermee. Le serrurier est appele, etRestout trouve renverse , mort , et laissant voir des contusions et des plaies a sa tete,et dans plusieursaulres parties de son corps. Telle fut la fin malheureuse et imprcvue de Bernard Restout a Page de 64 an,s. II est mort celibataire. Avant que de rendre compte de quelques details sur ses dispositions dernieres , je dois parler decelleoiiil etoit de se r^unir a la society des sciences , belles- lettres et arts. II avoit et6 membre de la ci-devant societe litteraire des Nenf-Sceurs, et vouloit suivre en celle-la ses anciens collegues. II n'y auroit pas 6\6 inutile, si l'on en juge par quelques Merits sur les arts, dont il avoit fait lecture a ses prec£dens associes, et dans lesquels on a trouve une grande abondanee .§. Biographic d'idees. De son cote, il auroit pu epurer son style; yapprendre a etablir des bases et de l'ordre dans Imposition de la theorie , et sur-tont il eut puise l'avantage de s'apprccier soi-meme et de se comger dans la forme des utiles reglemens de cette so- ciete\ „ . . Malgre son caractere emporte , et la falale preven- tion en sa faveur qui l'ont souvent egare , on doit re- connoitre en Restout un amour sincere de la justice , un constant attachement a ses amis, et une forte pente a la reconnoissance. Entre autres preuves je citerai celle-ci, consignee dans l'acte de ses dermeres vo- lontes. « Je laisse , y dit-il , a telle personne , et pour » les services qu'elle m'a rendus , mon tableau „ d'Anacreon , malgre la difference de nos opi- » nions». . . En me donnant occasion de rappeler ici celui de ses ouvrages qui a oblenu le plus de succes, ce dernier trait peint en meme-temps son cceur. Par ce concours dequalites, on voit qu'il a rempli les engagemens que lui imposoit sa naissance, ceux de se montrer digne des honnetes parens qui l'avoient introduit dans Ja carrier© de Part. J. B. C. Robin , Peintre. 455 Notice surla vie du citoyen lb Monnier. Le citoyen Ie Monnier, Pun des conservateurs de la biblioth&que du Pantheon, vient de terminer sa carriere. II £toit ne en 1721 , a Saint-Sauvtur-le-Vi- comte , petite viile du de^partement de la Mauclie. Son gout pour les belles-lettres et les beaux-arts se manifesta aussilot qu'il fut parvenu a c^t age ou Ton se passionne le plus vivement pour tout ce qui tient a l'imagination.Bien different de ia plupartdes jeunes gens, asj>ez presomptueux pour peuser que le feu qui les anime doit supplier au defaut de conuoissance et d'erudition y il mcftoit saus cesse en pratique ce pre- cepted'Horace: fos ex*mplaria Grceca Tiocturna versatc manu , versatt Diurnd. T! vint a Paris a Page de dix-huit ans. Attache au college d'Harcourt , il y fit une etude approfondie des meilleurs autewrs de la Grece et de Rome , dont il 6toh charge de faire seutir et de deveiopper les beautes a quelques eleves qui lui ctoient c-oi ifies. La musique , cet art di\ in 5 dent les ames sensible* £prouventsi vivement lesdifferentes impressions , lui procuroit quelques dclassemens. Commeil avoitrecu de la nature une voix aussi sonore que meloclieuse , il s'adonna principalement a la par tie vocale. Ses Fi 4 ^56 Biographic progres dans cette brillante carriere furent tres-ra- pides. L'on fait qu'il ne se donnoit pas un concert chcz les amateurs, dans Paris, ou le citoyen le Mon- nier ne fut invite. II fut le rival du celebre le Gros j, jnais il etoit encore plus son anv. En 1747, il fut nomme un des directeu&s de la musique de la Sainte- Chapelle.L'enseignement des enfans-de-chceur etoit attache a celle place. La fonclion a'instituteur , aussi penible qu'importante , ne parul pas une charge a le Monnier ; il la regarda comme un devoir sacre , et il la remplit avec zele. Ce fut princ.ipaleraent pour l'instruction de ses eleves qu'il traduisii Terence ^ ce poete qui a excelle dans la peinture des caracteres, etqui, le premier, presenta aux Romains Tkalie dans toute sa purete\ Cette traduction joint a une grande fidelite I'aisance du dialogue et 1'elegance du style. Le sucees quelle obtint en^ea son auteur a publier, quelques annees apres , celle de Perse 3 ce satyrique vehement , cet ardent panegjriste de la vertu , Qui 3 dans ses vers obscurs , rnais serres et pressans s Affecta d'enfermer moins de mots que de sens. • Ce service important , rendu a la literature, prouva qu'un habile ecrivain pouvoit faire plier notre langue a tous les tons de la langue latine. Si les versions franchises etoient toutes aussi elegantes que celles qui ont ele" donnees par les Delille j la Grange j Bougainville _, Dussaux > Sells > le JVLonnierj etc., le talent de traducteur seroit san§ Notice sur Le Monnier, 457 doute plus estime qu'il ne Pest commun^ment. Mais pour r u sir dins ce genre de literature, il ne suffit pas d'etre p> nelre de l'esprit de son auteur , et de connoltre a fond la langue don t on se sert ; il faut encore pouvoir produire de soi-meme, et c'est un avantage que le Monnier a eu sur la plupart des traducteurs. On counoit de lni un recu il de fables, plusieurs rentes, qutlqnes pieces dramatiques, et d'autres ouvrag-s qui meritent d'etre traduits dans d'autres langues. Le suiel de la plupart de ses fables lui appartjent. On y reconnoit souveni la simplicite , la naivete et ; a faci i;6 du bon La Fontaine : aussi plusieurs auteuis u'onl- Is pas b^site de donner a le Monnier le noni du premier fubuliste franrais. II en preparoit mie nouvelle edition, et il devoit l'enricbir d'uu second volume. Les journalistes les plus estimes s'empressoient de faire eonnoitre au public celles qu'il lisoit avec tant d'agrement soitdans le cercle de ses amis , soit dans les seances du Ljxt'e des Arts. Les applaudissemens nombreux qu'il rece- voit ne prouvoient pas moins la salisfaction de ses auditeurs que le plaisir qu'ils goiitoient en voyant ce respectable vieillard, dont la bonte, dont les mceurs patriarchales etoient peintes d'une maniere si vraie , si naturelle dans le Paysan et son Seigneur _, dans VEn/ant bien corrige , etc. Quelques critiques (car il est des zoiles de tons les tern; s) out reprocbe au citoyen le Monnier d'avoir employe^ que lquefois des expressions communes, Mais les langues vivantes elant une monnoie frapp6e au coin de l'u ;age, pour- cm QJ dedaigner certaines expressions et certains tours 458 Biographic. de phrases qui , ^tant generalement adopter, sem- blent mieux convetijr a ceux dont ss propose plus particulieremcnt ^instruction. L'autenr des observa- tions sur le prouom sol avoit fa't une etude appro- fondie de la lanrue dans laquelle il ecrivoit, et per- sonne n'etoit plus en £lat que lui de leconnoitre ces taches pretendues dout la jalousie seule etoit frappee, Le citoyen le Mounier avoit trop de litres a la gloire pour ne pes partager , avec un grand u ombre de savans, I'honneur d'etre victime du gouvernement revolutionnaire. II fut renferme pendant huit'mois a Sainle-Pelagie, apres 1'avoir ete pendant pres d'une anneeen Normandie ; et si la tyrannie n'eut pas 6i6 ecrasee !e 9 ihermidor, sans doute elle se fut rendu coupable d'un nouveau crime. Pendant cette longue detention, la sante du citoyen le Monnier s'altera ; mais il conserva jtoute la serenite de son ame. Sa gaiete" ordinaire biiiloit dans ses conversations ; il £toit le premier a rassurer ses amis et a calmer leurs inquietudes. A peine rendu a la liberie, il oublia les persecutions qu'il avoit £prouvees , et encore plus ceux qui les luiavoientsuscitees. Son cceur, fait pour aimer, ne s'ouvrit jamais a aucun sentiment de haine. Les agremens de sa sooiete le rendoi. nt infiniment precieux a c. ux qui le connoissoient. Ii aimoit a obli- ger non par ostentation , 01 pour faire parade de la bienveillance que lui ac< ordoient les personnes en place, mais uniquement pour jouir du bonheurqu'ou eprouve en faisant une bonne action. II n'employoit son credit aupres des personnes riches et puissantes que pour procurer des couronnesa la picte filiale , Notice sur Le Mounter. 4 5 9 pour soulager des villages incendies, et pour recom- penser la vertu indigente. Ames vertueuses et phi- lantropes qui n'avez pas ete a portee de coimoitre la Monnier, voulez-vous apprecier ret homme bon , sensible ethumain? lisez l'ouvrage qu'il a pubhe sur la fete des bonnes g^ns. Quelles tendres emotions il excitera dans voire coeur , celui qui etoit convamcu que, pour faire aimer la vertu, il ne f alloit point s'epm- ser en longues declamations, mais qu'il suffisoitd'en offrir des modeles a ses semblables , et sur-tout de Leg choisir dans la classe la plus nombreuse des citoyens , je veux direchez leshabitans des campagnes! Le Monnier fut aime et estime des homraes leg pluscelebres que la France s'honore d'avoir pro- duit dans tousles genres, des Baiembert , Diderot, Rajjnal, qui l'appeloit le meilleur des homines, desPetUs, Darcet, Adanson , leg freres Dtdot, Greuxe, Cochin, ELle de Beaumont, Letour- near de la Manche , Benexech , et de cette celebre artiste du theatre des arts qui s'est acquis taut de litres a la gloire, soit par I'heureuse union des graces et des talens, soit par ses bons mots et la vivacite de ses saillies. Lors de l'etablissement de l'lnstitut national, leg membresquifurenteluspour le former s'empresserent de rendre justice a le Monnier en le non.mant as- socie. Ce fut a peu-pres vers le n erne temps qu'il . fut choisi par le gouvernement pour remplacer Pingrf, Pun des conservateurs de la bibliotheque du Pantheon. C'est pendant ce court intervaile que j'ai eu le buaheur d'apprecier ce litterateur distin- v 4^° Biographic gue. II ne m'avoit pas fait oublier son predecessor , mais il me consoloit de sa perle. P0urqubi suis-je oblige de regretter deux savans dont la societe m'etoit si agrvable, et dont lesvastes connoissances m'6toient si utiles ? Charge de veiller au spin d'un des plus riches depots de la repubiique., consume chaque jour sur les di fferentei productions du genie qu'il pouvoit renfermer, Ie nouveau bibliothecaire sem- t»la oublier son grand age,et sentit sa premiere ar- deur se ranimer. » Combien.de fois dans les tendres » epanchemens de l'amitie ne s'est-il pas eerie - : Je » regrette le temps que j'ai perdu en Normandie ; » j'aurois prefere la place de bibliothecaire avec le » trai lenient modique qui y est attache a la euro » que je desservois , quoiqu'elle me procurat un » revenu considerable. « Ce fut alors qu'il s'occupa eeYieusernent de la traduction de PLaute qu'il avoit entreprise depuis long-temps. Ce poete plein de genie, de verve et de ce qu'on appelle vis comica, se distingue par un style elegant et pur, vif etra- pide. Quand Plaute est bon , il est excellent. Mais cet auteur peu cqnnu est tres difficile a tra'duire : il est rempli de mauvaises pointes, de plats jeuxde mots qui amusoient ses contemporains , qui deplai- soient du temps cV Horace , et qu'il est impossible de faire passer d'une langue dans une autre. Personne n'£toit plus en etat que le Monnier de triompher de toutes les difficult^ que pr6sente la traduction d'un auteur tres-diversement juge - par les savans , etsur lequel on est partage comme sur Rabelais , avec lequel il a beaucoup de ressemblance par la Notice sur le Mounter, 461 genie, l'obscurite" et l'indecence. Les trois premieres comedies sont entitlement terminees 5 'sans doute elles verront le jour , et la postwrite , en appreViant l'erudition et le talent da traducteur , sentira combien est grahde la perte que nous venons de faire. Plaute n'etoit pas le seul des poetes latins que le Monnier se proposoit de faire connoitre. Les tra-^ ductions qui out et6 publiees d'Horace lui parois- soient defectueuses et sans couleur; il s'etoit essave sur quelques odes et sur quelques sa tyres de l'arai de Mecene, II etoit sur le point de les publier pour pressentir le jugeraent des hommes ;lettres. Dedaignant les sentiers dans lesquels se sont souvent egares les commentateurs en se copiant les uns lesautres, ii ne s'etoit pas inoins attache a epurer le texte qu'a le rendre avec elegance 5 il s'etoit <£leve a la hauteur de son modele ; il se laissoit emporter a ses mouvemens, et I'ame d'Horace etoit passee toute entiere dans celle du nouveau traducteur. Le 3o ventose, le citoyen le Monnier £toit a la seance du Lycee des arts 5 il y lut la fable de So- crate instruct par des enfans. Le public eclaire *'£couta avec attention, et manifesta par ses trans- ports combien Fouvrage lui plaisoit et combien Pauteur lui etoit cber. Le lendemain il fut attaque" d'une fluxion de poitrine. II conserva sa connois- sance pendant les premiers jours de sa maladie. Tandis que ses amis s'occupoient du soin de sa sante , et s'empressoient de lui procurer quelques soulagemens, le poete parfaitement tranquille sur son etat se livroit aux douceurs de la poesie. II se rappela que la fable dont nous venons de par- 462 Biographic )er (i) etoit terminee par ce vers qui ne rendoit pas exactemen^ sa pensee. Oil Unit le besoin commence Pesclavage. Etil lui substitua ceux-ci : Ne pas retrancher un besoin Qu'on s'est fait, et ffwi va plus loin Que ne veut la nature sage , C'est se vouer a l'esclayage. Ces dernieres paroles furent !e chant du cygne. La sante* de le Monnier s^affoiblit de jour en jour, et il termina sa carriere le 14 germinal. Ventenat^ Membre de Vlnstitut national ^ et L'un des Conservateurs de La Bcbllo- theque du Pantheon, (1) Nos lecteurs desireroient sans doute trouver icj la fable de Socrate ; mais les scelles ayant et^ apposes sur tous les papiers de le Monnier , nous sommes forces de nous norner a l'exposition du sujet. Socrate dormoit dans un champ. — Des enfans s'approcbent dans l'intentiou de lui faire des niches. — Socrate ne fut pas toujours modoste dans sa coeffure ; ses cheveux boucles tom- boient sur scs epaules. — Les petits malins accrochent chaque boucle a uu petit pieu cju'ils fichent en terre. Sommeil du Sage est un sommeil projond ! A la fin cependant Socrate s'eveille, et, loin de se facher , il tire trancjuillement des ciseaux de sa poche , coupe ses che- veux , remercie les petits espiegles de la lecon (ju'ils lui ont do^n6e , et leur dit : JSe pas retrancher 3 etc. 4& INSCRIPTIONS. Ad J "unus Vict oris Amedel 111 Sardinice regis in tempLo niajori Aug. Taur. IX. Kal. Dec, inscriptiones et eltogia Josephi Pavesii j on regio Athenceo pholosopliioe moralis profes- soris. J_jE style lapidaire a un caractere particular qui est principalement saisi par ceux qui se sont nourris de la lecture des classiques , et formes par Pobserva- tion des monumeus ; aussi av.oit-ou confie en France, a une societe savante, le soin de reJ ger les inscrip- tions des monumens publics de toute esptce. L'opus- culeque nous annonrons est le recueil des inscriptions tumu'aires qui out decore la cathedrale d? Turin a Tepoque du convoi du dernier roi Victor Amed^e III. El les sont de M. Joseph Paves, profess mr de philo- sophie morale ; elles ont le caracteie qui leur convient et les formes qui distingient ce genre de literature. La premiere , placee ^ur ie portail du temple, retracoit les vertus du feu roi, et les ser- vices qn'il avoit rendus a la patrie ; celles placees sur la porte du temple avoient rapport a son zele pour la religion. Je citerai particulierement celle du cer- cueil , qui est relative aux evenemens qui agiteut au- 464 Inscriptions. jourcThui PEurope, et a la paix que la prudence et la sagesse de ce prince ont donnee a ses Etats. Ad Feretrum EXARDESCENTE • EVROPA ' BELLO • OMNIVM • ASPERRIMO ■ MVLTIFORMI FCEDERATVS ITALIC • NIMIVM • SECVRtE • FATVM TRIENNIO • REMORATVR DEMVM • MAGNIS • VIRIBVS • ITINERIBVS GALLORVM ■ EXERCITV ■ Vtf DIQVEIRRVMPENTfi ET • MINITANTE ■ VRBEM INCERTO • ARMORVM • FCEDERVM ■ EVENTV INOPIA • AVXILIORVM EXPERIENTIA ■ RERVM * HOMINVM INSTANTE • PERIGVLO ■ CAVTVS CVM • HOSTE • POTENTISSIMO • VBIQVE • VICTORS INDVCIAS • PANGIT POPVLIS • FATIGATIS • PERTERREFAGTIS PACEM • RESTITVIT TEMPO FJBV5 Inscriptions. 465 TEMPORIBVS • DIFFIGILLIMIS FESSA • jETATE LABANTE ■ VALETVDINE NVSPIAM • A • NEGOTIIS • REMITTIT RATVS • DVM • SVPEREST • VITA NIHIL • NON • POPVLO ■ DEBERE ■ REGEM CVRIS • DIFFICVLTATIBVS • INFORTVNIIS LABORIBVS • PERMAGNIS • FRACTVM FERALIS • MORBVS ■ INTERCIPIT BENE • SVIS • VOLENS VEL • FVGIENTE • SPIRITV OSCVLO • PETITO • AB • SVCCESSORE • FILIO • OBSEQVENTISSIMO DAfO • SINGVLIS • PRINCIPIBVS IN • AMORIS • PIGNVS ■ VLTIMVM CONFIRMATVS • SACRAMENTIS • SALVTIFERIS SPECTANS • DEVM ANIMAM • RESIGNAT ET • IMPER1VM Toms Vh & S 466 BIBLIOGRAPHIE. Catalogue des Llvres de la Bibllotheque de feu, Chret. Guill. Lamojgnon - Males uerbes ^ dosposi par Jean-Luc JSyov , avec une table atphabitique des matberes el des auteurs* Paris , 1797 , chez J. L. Nyon, in-8°. (1). C> E catalogue, qui contient sept rnille qua trecent treize articles , annonce une bibliotheque de quinze a seize mille volumes. II est sans doute aise" de reunir un pareil nombre de volumes ; mais si les difficultes augmentent en raison du choix des ouvrages et du gout cle l'acqusreur , on convlendra que cette biblio- theque est encore plus pr^cieuse par les soins et les recherches que par les sommes qu'elle a du couter. — En effet , la seule inspection du catalogue donne une grande idee de Petendue variee des connoissances du proprietaire , de l'importance de ses recherches, et du but philantropique de ses travaux. Le libraire ob- serve , avec beaueoup de justesse , que cette biblio- theque se ressent de la slmpllclte de son posses- seui\, attache & avoir de bonnes Editions et des (1) Cette vente cojnmeacera le iz flordal ( premier mai I797 , T. 8t- ) iSlbliothlque de Males fie rbes, 467 Llvres solidetnent rellis _, 11 en a ecart6 tout le luxe de la typographic et la magnificence des reUures. Quoique toutes les parties en soient bien compo- sees, on s'est attache a completer I'histoire naturelle et les voyages. Ces deux subdivisions renferment des ouvrages exoellens, volumineux et rneme rares, tels que les grands et peUts Voyages _, publies par de Bry. Cel exemplaire n'estpas, a ia verity ,pius com- plet que la plupart des autres. On trouve rarement les 2.5 parties r^unies comme dans 1'exemplaire qui est maintenant a lagrancle bib'iotheque nalionale. Nous aurions desire" un peu plus de mcthodedans Ia redaction du catalogue. Nous ne reprochons pas au libraire d'avoir suivi les anciennes divisions et subdi- visions bibliogra} hiques, toutes vicieuses quVlles pa- roissent ; nous serious d'autant plus fach6s de les voir sbandonn6es, qu'elles ont servi a la redaction des tneilleurs catalogues publies en France, et que si nos Bibliographesy renoncoient pour suivre chacun leur systeme, chaque catalogue exigeroit une £tude parti- culiere, et I'on verroit naitre, dans la bibliographie, une confusion dout nous sentons les d^sagremens dans d s objets bien plus importans. Au reste , quel que soit le systeme que l'on adopte, les ouvrages n'en doivent pasetre classes avec moins de soin et de pre- cision. Tous les ouvrages theologiques , par exemple, doivent se trouver dans la grande division tneologLe, et 'es religions cliff 'rentes doivent former autant de subdivisions rangees suivant i'ordre chrono'.ogique ou geographique , e'est-a-dire , que Ton accordera la G g a 468 BlbUograpkle. priority aux plus anciennes religions ou a celles qui sont repanducs dans les contrees les plus voisines de la France et de 1 'Europe (2). Nous ferons la meme ob- servation pour les autres iacultes ; ainsi, le Zend Avesta j VEzour Vedam, 3 le Code des Gentoux, le ChoLiAingj etc. , que l'on a reunis dans l'Histohe de I'Asie , doiventetre places, le premier, dans la Th,6o Logic Guebre ou Parsye ; le second , dans la Tkeotogie IndLentie y le troisieine , dans la Legis- lation Indienne ; le quatrieaie, dans la F 'htios o- phbe Chi/ioise. Nous crayons aussi que les voyages imaginaires appartienneut a la classe des romans et non des voyages. D'apres son systelVne ? le citoyen Nyon auroit du placer Clarisse , Pamela, la nouvelle HHo'ise parmi les 'epLstolaures. A. la v£rite la place de ces ouvrages est si bien marquee , qu'on s'y trom- {2) Les observations du citoyen Lasgles sont excellentes ; mais celle-ci ne me paroit pas devoir etre adoptee sans exa- men. Les mots n' ont pas toujours le sens qu'on devroit tirer de leur composition, mais souvent une acception de conven- tion. Ainsi, par theoJogie on n'entend pas l'etude de toutes les ltligions, mais sp^cialement 1'etude de la religion cbre- tienne. Dans l'bypotbese du citoyen Langles , il faudroit done reunir \a mythologie des Grecs et des Romnins a la theologie , et la separer de l'histoire et des antiquites. II nous paroit bien plus simple de placer les ouvrages relatifs a la religion de cbaquepeuple alasu^e de i'bistoire de ces ;>euj ]es, et de faire une classe a part des ouvrages qui traitent specia- leiaent de ce qu'on appelle ia thealogie dans son sens strict- A. L. M. Bibliotkcque de Malesherbes. 467 p?roit difH .-ilement. Nous crovons aussi qu'un EI- bliographe aussi consomme que le citoven Nyon,et capable, comme lui, de faira autorite , peut, sans etre taxe de preemption, faire justice de certaines productions supposes, bicn reconnues pour telles , et qui, par la place qu'elles usurpent depuis long- temps dans les catalogues, donnent une fausse idee de leur contents II est temps de rel^guer parmi les ruraans, la description de file de Fonnose par Psalmanax>ar^ qui eit une des plus gcossieres impostures historiques que I'oa connoisse ; et nous d&irerians que Ton format une subdivision bibliogra- phique sous le titre a" impostures- litteraires, Mais peut-on proposer un nouveau degre de perfection pour une scieince qui marche a grands pas vers sa decadence par 1'inscnciance de ceux qwi la cul- tiventF.Nos reprochcs ne s'adressent point au oi- toyenNyon, dont Inexactitude et les talens sont connus, naisaux compiliteurs de la miserable notice d' une magnlfique collection de li.vres Anglais > Espa* gnuls -, Portug'/ais > It aliens 3 Tares _, Arabes > Fersans (3). Ces livres, au.uombre de plus de 5,ooo, plus precieux les uns que les autres par leur con- tenu , par leur condition et leur rarele, meritoient (3) Cette vente s'est faite dans le mois de pluvi&se. Les livres provenoient, eo grande partie, de la bibiiotlucpie du ci-devant comte de Catuelan , U'ome FL H h 482 Xitterature orientate, kals, et il en fit usage pour payer le pret des troupes. Mais quand Alhadjadj B^n - Yousouf vint prendre le gouvernemenl de l'Irak, ou i 1 ful envoye par l'emir desfideles Abdalmelik Ben-Mervan (33 ), il dit : IL ne convlent pas que nous laissions sub- sister aucun des usages itabils par ce scelerat, Suivant un autre r6cit , au lieu de sciUrat, il se servit du terme d' hypocrite. Alhadjadj changes done cctte monnoi ■. Abdalmelik Ben-Mervan &ant demeure seul maitre de l'empire apres qu'AbdaUah et Mosab, tous deux fils d'Alzobei'r, eurent ete tues, il prit des informations sur Pelat des monnoies, des poids et des mesures. En l'an de l'hegire 76, il fit frapper des dinars et des dirhems ; il donna a chaque dinar le poids de 22 Jurats moins un habba au poids de Syrie , et a chaqne dirhem le poids de i5 kirats juste. Le kirat est de 4 habbas : le danek est de 2 kirats et demt (34 ). II £crivit aussi a Alhadjadj, qui £toit alOrs dans PIrak , did faire frapper de pareilles especes dans cette province , ce qu'il fit. Ces monnoies etant par- venues a Medine, ou il restoit encore quelques-uns des compagnons dnprophete,ils n^en desapprouverent que les empreintes 3 car elles portoient une figure. Said Ben-Mosayyab (35) enfaisoit usage pour vendre et acheter, et il n'y trouvoit rienacritiquer. Abdalmelik r£gla le poids de Tor dont il fit usage pour la fabrication de ses dinars sur le rnithkal de Syrie, que Ton nomme mauaia ( e'est-a-dire tren- chant), et auquel 100 dinars sont egaux a 102 di- nars de l'autre poids (36). Monnoles niusulmanes. 483 Cc qui donna occasion a cette fabrication de dinars el de dirhems que lit faire Abdalmelik, ce fut que Khaled Ben-Yczid Ben-Muavia Ben- Abi-iofyan (87) lui f!it : emir dcs fidelts, les docteurs des p^uples qui out recti les anciens iivres reveles pretendent que Ton trouve dans leurs Iivres que les princes qui ont joni d'une plus longue vie sont ceux qui out sanctirie le nom de Dieu sur leurs monnoies. Abdalmelik concut done le projet d'imiter cet exe pie, et il inslitua le type Musulman. Se!on un autre recit, ce kbalife ecrivant a l'empereur G-rec avoit mis en tete de sa iettre : Dis j LI n?y a que Lui de Dieu _, et il avoit fait mention du prophete dans la date de sa Iettre. L'empereur Grec trouva cela mauvais, et dit : Si vous ne renoncez a cette manure d'agir, uous ferons mention de votre pro- phete sur nos dinars dans des termes qui ne vous seront pas agreabies. Abdalmelik en fut pique, et consulta puur savoir le parti qu'il devoit prendre. Yezid Ben -Khaled Ben-Yezid lui conseilla de faire un type monctaire , et de cesser de faire usage des dinars' grecs, ce qu'il executa. Ce fut un juif de Taenia (38), nomine Somai'r , qui fut charge de la labricatiou de ces dirhems; en consequence on leur donna son nom , et ils furent nomm6s dirhems Soina-ris. Abdalmelik envqya ce type a Alhadjadj , et Albadjad; 1'envoya dans les difiterentes provinces, afin qu'on s'en servit pour fabriquer des dirhems. Il doiinfl ordre en meme-temps daus toutes les gvandes villes qu'on lui adressut chaque mois uh H h 2 484 Liitcrature orientate. bordereau du monlant des perceptions qui y avoient et6 faites, afin qu'il put en charger leurs comptes, et que les sommes recues fussent converges en dir- liems an coin musulman pour lui etre envoj'es a me- sure da la fabrication. II alloua im dirhem sur cent pour les frais du bois et le salaire des ouvriers. Sur un des c6t&s des dirhems il fit mettre cette le- gende: il n'y a qu'un Dieu^ et sur Pantre: it rfy a point (V autre Dieu que Bleu, De chaque cote il fit graver un double cercle ( vers le bord de la piece), et fit mettre dans le champ entre ces deux cercles d'un cote^ : ce dirhem a e'tSJrappe dans une telle ville j et de l'autre: Mahomet est Papbtre de Dieu ^ que Dieu a envoy 6 avce la direction el la vraie religion pour la Jaire triompher de toute autre religion en depit des po/ythe'istes. Suivant un autre recit ce Cut Alhadjadj qui fit mettre sur les dirhems cette legende : disj il rft/ a que lui de Dieu. Ce qui engagea Abdalmeiik a faire cette opera- tion (39), e'est qu'il considera en cela Tintc'ret du peuple; car, clisoit-il, ces dirhems, tant ceux qu'on nomme noirs ^ forts de poids que ceux qu'on nomme tabaris anciens , continueront tou- jours d'exister dans la circulation. Or il est or- donnc par rapport a la dime de payer 5 dirhems -pour ioo dirhems ou 5' oukias. II craignoit done cue si il regloit tous les dirhems sur le pied des dirhems noirs qui £toient les plus forts, ensorte que V:s ice dirhems ( r.£cessaires pour former une pro- Monnoles musulwan.es* 485 pri&e' imposable) fussent tons calculus sur ce pied, il n'en resullat une diminution dans le produit do la dime (40)5 et que si au conlraire il les faisoit tous iabriquer sur le pied des dirhems tabaris, en- sorte que Ton iuterpretat la loi sur la dime en ce sens, que quiconque possederoit 200 dirhems do. cede espeee seroit imposable a la dime pour cells propricte, ce ne fut uue injustice et unej extorsion envers les proprietaires. II adopla done un terme moyen entre ces deux extremitds , ensorte que p3r ce temperament la clime fut percue dans toute son integrite, sans diminution, ni injustice envers les paniculiers, et que les reglemens et la fixation faite a ce sujet par le prophete se trouvassent execute;. Avant Abdalmclik cliacun pavoit la dime da ses deniers comptans , en en faisant deux portions distinctes, Tune des gros dirhems, l'aulre des pelifs dirhems. Quand Abdalmelik delibera sur son pro-- jet av r ec les persennes qu'il avoit assemblies pour ce sujet, il pFxt un dirhem de fort poids, et l'ayant pese, il so trouva de 8 daneks 5 il en prit aussi un du nonet ore des pelits , qui ne se trouva peser que 4 daneks. Alois il les rt'unit, et com- pensant le foible poids de I'un par le fort poids de Pautre, il en forma deux dirhems eg.mx du poids de 6 daneks chacuu. Ce Khalife prit aussi en consideration le mjthkal, et il reconnut nu'il n'avoit jamais cesse depuis les temps les plus recules d'avoir un poids fixeet inva- riable, 10 di;hims du poids de 6 daneks chacuu, H h 3 4^6 Liiterature orientate. etant egaux a 7 miihkals juste C 40- I* confine cet usage, et l'adopta sansjr faire aucun ch&ngte- ment. Cette mesure adoptee par Abdalmelik au sujet des dirhems offroit trots avantages. Le premier est Ie rapport exact qui se trouva entre ro dirhems et 7 miihkals; le second, qu'en compensant les petits dirhems par les gros • il les rc'duisit tous au tneme pied, et fixa le poids du dirhem a 6 daneks; le troisieme^qu'il se couforma a ce que le prophete avoit re^le relativement au precepte de la dime, sans diminution ni extension abusive. Par - la la loi eut son execution , tout le peuple approuva cet arrangement , et ce dirhem legal, dont le poids , comme tout le monde en convient, doit etre , ainsi qu'on l'a deja dit , dans le rapport de 10 dirhems a 7 mithkals , et de 5o | grains d'orge , tels que nous les avons dermis prec^demment , se trouva fixe immuablement. C'est d'apres ce dirhem legal qu'ont £t6 formes le roti _, le kada/i 7 le sua et autres mesures an- dessus de celles-la. J'emprunterai a ce propos quelque choss de ce que j'en ai dit dans ma Description kistorique et topograpkique de L'EgypLe (42) 3 au chapitre de Vkotet de L'etalonnage j et je dirai fri que l'on a forme ro dirhems d'argent dans Ie meme poids, qui fait 7 miihkals d'or,par la raison que I'or est plus lourd , et a une pesanteur specifique plus gran do que Pargent; car ayant pris !e volume d'un grain d'or , etpareil volume d'im grain d'argent, on pesa Monnoics musidmanes? & rtpteifi* F* lourd I" 6 1S Sra '" ' a f, s dans pour cet.e raison que Ton forma I. *»***£ L poids de 7 tftiUi : car si Pen ajou.e M d n hem les trois sep.iemes de M. poids, .1 «*JJ*J i mi.hkal ; e, si fed sous,™. d>un riffi*™" teriemes de son poids, il devient egal a x d.rhem, ,o iahkals sont egaux en poids a 14 1 dn-hems. Lorsqu on forma le rod , on composa le d.rhcm de 6ohabbas; mais comme xo dirhems son , rg«»* au poids de 7 mithkals, le pods d. habba fu.de 7 o grains deVve (4 3) , c'es. de cela que on Lma le dirhem , du dirbem on composa le .0, I, derotl le xnudd, du mudd le saa e. les po£ superieurs. On pen. employer pour prouver cela M fefens precedes dMrUl.me.ique qu. se demo en par des figures gcome.riques; mats ce n est guw le lieu de les rapporter. On compte aussi parmi les especes que St frapp™ Albadjadj les dirhems rommes Manes. II 7 M nxeure celte legende : des , U est le seal V„eu Les Karis (o'esl-4-dire Lec.eurs de fA'.eoran ( 44) , diren. alors : Que Dieu e ,ler mine Abmd,ad, a quoi a- t-U expose les hommesl Matntenan. les hommes en eta. d'impure.e e. les femmes dans e temps de leurs souillures manieronl ces p.uce, , car anparavant la legende des dirhems toft to persam Quelques-uns d'en.re les Ka.is faisoien. d,m,uhe de An servir quand ils eloient en t.at d'lrapurete U- H h 4 488 Litteratupe orientate. gale , ce qui leur fit dormer le nom de Mekroufi , ( c'est-a-dire desapprouv^ ) , sou". lequel on les a conn us depuis ce temps. On lit dans le Modawana (45) que Malek (46) fut consult 1 pour savoir s'il convenoit de changer les legendes des dinars et des dirhems a cause des passages de 1 ? Alcoran qu'elles contenoient , et qu'il repondit : «Cefutsous le khalifat d'Abdalme-lik Ben- is Mervan que Ton trappa , pour ia premiere lois , » de ce-: pieces; les hommes ( pieux) ( 47 ) eloient » aiors en grand nombre , et aucun n'v trouva a »rerjire j je n'ai point vu d' ho in me savant qui de- » sapprouvat cela ; j'ai seu!ement oui-dire qu'Ebn- » Sirin ^48) faisoit difficulte des'en servh* pour vendre » et acjieter. Eiles ne cessereot pas , depuis ce temps, »d'avoir corns parmi les hommes, et je n'ai point » connoissance quepersonns ait fait ici de semblables » difficultes : ii vouloit dire a Medihe. On dit tin jour a ce sujeta 1'emirdes fideles Omar Ben-Abdaiaziz t ces dirhems blancs portent des pas- sages du livre de Dieu , et sont manias par lesJuifs, les chret ens , les hommes en £tat d'impurefa et les fetam'es dans leurssouillures ; voire avis ne seroit- il pas d'ordonnerqu'on les suppvimat ? Voulez-vous, r^pondit-i! ,que les nations nous soupconnent d'avoir chang 1 noire croyance en un seul Dieu , et le nom de notre prop here. Abdalmelik laissa en mourant les monnoies sur le pied ou nous les avons vues, et il n'j fut fait aucun changement sous les khalifats d'Ai valid, do Monnobes musulmanes. 489 Sole'man Ben-Abdalmelik et d'Omar Ben-Abdala- ziz,jusqu'au temps d'Almamoun , Almolasem ? Alvathek et Almote- vakkel. Ce dernier Khaiife avant6l£ tue* , les esclaves Turcs s'emparerenl du gouvernement ; l'ordre de la succession au Khalifat fut detruil ; les dtiliccs et i'indoler.ce ruinerenl la rr.aison des Abbassides j cbaque Gouverneur de province s'empara de la province dontilavuit legouvernyment 3 et lesdepenses 5'accrureni en meme-ternps que les revenus dimi- cuerent par les usurpations des Gouverneurs , qui se rcndoient ind£pendans dans leurs gouvernemens. II s'introduisit , depuis ce moment , un grand nombre de nouveaut^s funestes , parmi lesquelles ii faut compter l'a Iteration des dirheras. On dit qu'ObeidallahBen-Ziad altera le premier les dirhems , et en fit frapper de faux quand ii s'enfuit de Basra , en l'an 64 de l'hegire (64). Mais sous les dynasties persanes des Bouides et des Seldjoukides , les mauvais dirhems se multiplierent et se repandirent dans les provinces. 494 NOTES. (r) Les raofs arabes sont schodhaur alnokoud , cotnme le portent les deux manuscriis de Leyde. Si on lit schodoud dans le manuscrit de l'Escurial , c'est une faille! Hadji Khalfa, dans sa biblietheque dcs ouvrages arabes , persana et turcs , fail mention de cet ecrit en ces termes : AJinakrizi, mort en 854 ». Le mot su/udhow signiiie des particules ox^pailletles d'or , de pelilas pedes ou auires choses aesilnees a etie enfilees. En adoptant ce ti'.re , Fauteur a voulu indiquer qu^il avoit rassemble , dans cet outrage , beaucoup de faits et de renseignemens sur les monnoies , et qu'il en avoit forme un tout. (2) J'ai r£tabli ici le nom d' Ahmed , & la place duquel on lit , dans le texte publie par M. Tychsen , un ruot qu'il a traduit par vulgb } mais qui, dans le fait, ne donne a'actm sens. (3) Le sultan Alrn£lik Almouayyad Abounasr Schei'kh Almahrnoudi, quatrieme sultan de la dynastie des Mamloucs Circassiens. II monta sur le-trone en 8i5 do l'hegire, et raou- rut au commencement de 824. Voyez l'Histoire des linns , TomeV, page 309 et suivautes , et Mavarid AllaUifet , page no. (4) Le litre de cet ouvrage est MosannaJJi alhadith. Cent un recueil de traditions. Hadji khalfa nomme l'auteur de cet ouvrage Aboubecr u4bdallah ben - Mohammed ben - ^4bi~ .rahaiha Alo'i&ani. Je vois } par un passage du Tohakat sij . ; Rotes. 49 S alsalaj } kistoiie des compagnons ou ] tenners disciples dc Mahomet , que cet ecrivain esl anterieur a Moslem , auteur d'une collection de traditions , mort en 261 de l'hegire. C'est tout ce que je pcux. dire sur l'age de cet auteur. (5) C'est sans doute une tradition fondee sur le rapport de Kiab ben-Malek, un des premiers compagnons du prophete. Voyez , sur ce personnage , Abulfeda , Annal. Moslem. T. I , page 173, 271 et 283 , edition d'Adler. II est surnomme' Al- salami } Alansari , Alkhazradji. (6) M. Tycbsen conjecture que ces pieces d'argent por- toient le nom de Talaris , de la ville de Tiberiade , ou peut- £ tre elles etoient frappees. Peut-etre aussi cette ville etoit-el'e eelle que les Arabes frdquentoient le plus pour le commerce avec les Romains, et l'onpeut supposer que, comme e'etoit dc ia que les monnoies desEmpereurs passoient dans leur pays, ils leur donnoient le nom de monnoies de Tiberiade. (7) Hyde, dans son histoire de la religion des anciens Perses, dit que la ville et le pyree d'Urmia , ainsi que la ville de Schiraz , furent construites par un homme riche nomrae Ras madjous } auquel on donnoit aussi le sobriquet de Ras albagl (c'est-a-dire tete demulet), et que c'est de lui qu'a pris son nom une sorte de naonnoie qu'on appelle dirhem bagli (p. 104, ed. de 1700). Je presume que Hyde a tire cela du* Ferhenk Djehanghiri. Je doute neanmoins que celte etymologie soil bien fondle. (8) Dix dirhems de ceux dont parie ici Makrizi ne pesent que sept mithkals d'or, comme on le verra dans la suite de «et ouvrage. (9) L'origitie de ctttt denoroiaation nft'est absolument in- •onnue. 496 JVotcs. (10) Par Grecs , en arabe Roum 3 \\ £mt entendre l'Ein- pire de Constantinople. (11) Le texte ne pcut avoir d'autrc sens. Celapatoit d'abord confraire a ce qui est dit dans la suite, que Mahomet conserva les poids dont on faisoit usage k la Mecque au temps du paga- rnsiie, et que le mithkal a toujours £te du meme poids avant commc apres l'lslamisme. Mais cette. contradiction n'est qu'apparcnte ; car it n'est pas question ici des poids de la Mecque, niais des monnoieS des Arabes , que notre auteur distingue positivement des habitans de la Meccrue , qui n'avoient point de inonnoies, mais seulement des morceauxin- formes d'or et d'argent d'un poids determine. (12) Dans tous les autrcs endroits ou l'auteur parle dc ces deux sortes de dirbems , il dit, sans aucune alternative , que' le dirhem bagli -pesoil huitdaticks , et le dirbem labaii quatre daneks ; et ce sentiment paroit etrc le inieux i'onde, puisque le dirbem bagli se nomme aussi vafi } d'est-4-^ire. complet, fait de poids. (13) II peut paroitre surprenant que Makiizi f'aisant ici l*enumeration des poids qui etoient en usage a la Mecque avant Mahomet , y compreane les dirbems bagli'* tabari et djavai eki , et ne fasse pas mention du dirbem de la Mecque , qui pesoit six daneks ou cinquante habeas et deux ciuquiemes, comme on le verra ailleurs , et qui servoit de diviseur com- mun au roll, a l'oukia , et a tous les autres poids et mesures sup6ricures. Peut-etre est-ce une omission des copistes ; mais il se peut aussi que Makrizi ait pense" que le dirbem de laMec- 1 que n'ctoit point un poids reel , mais seulement un poids ftctif ou de compte, et qu'ill'ait onus, par cette raison t dans Tecbelle des poids dont on se servoit pour peser les raarchan-* tlises. On verra , en effef , dans le premier extrait du traite despaids et mesures Jegales du meme auteur, que ]e dou- nerai Notes. 497 »erai a la suite de celui-ci , que , suivant plusieurs e'crivains, 1« dirhem n'etoit point en usage a la Mecque ayant Mahomet. (14") L'auteur ne dit point de quels dirhems il parle iai, E* comparant ce qui est dit plus loin (page 482) , que tout le jnonde convient que le dirhem Ugal doit peser cinquante grains d'orge et deux cinquiemes, sur le pied de dix\dirhems pour sept mithkals, on ne peut gueres douter qu'au lieu de six il ne faille lire ici sept mithkals. Je pense en effet que- le dirhem dont il est i«i question ne peut £tre que 1c dirhem de la Mec- que , dont quatre cents quatre-vingl font le rotl , quarante J'oukia , vingt le nasch , ct qui est egal a six daneks. Ainsi , •e n'est aucun des dirhems bagli , tabari , ni djevareki , qui , d'ailleurs, ne sont point dans le ra port de dix dirhems a six mithkals. Ce qui pourroit cependant faire douler de la jus- tesse de la correction que je propose , e'est qu'Omar , comme en le verra, fit fabriquer des dirbems dans le rapport de dix dirhems a six mithkals ; mais ou n'en peut rien conclure parce que ce fut un affoibiissement de monnoie. (l5) Pour expliquer ce que dit ici Makrizi,<7«e le mithkal pe~ Soil pingf-ieux kirats moins un hahba } et qu'il pesnit aussi soixante-douze grains d* 01 ge } il faut comparer ce qu'il rap- porte plus bas ( age 478) des dinars frappes par Abdalmelik, qui pesoieut vingt-deux kii ats moins un habba au. po-ids de Sjrrie , et ce qu'on lit dans son traite des ( oids et mesures , tjue le dinar est de vingt-qi,*tr$ kirats , et le kirat de trois grains d'urge. II ne paroitra plus douteux que Makrizi n'ait Voulu dire ici que dix dirhems de ia Mecque £quivaloient a aix (ou plutot a sept) mitbkals de la Mecque, et que le miihkai de ia Mecque pesoit ^ingt-deux kirals moins un habba au poids de Syrie , et se divisoil en suixante-douae habbas au poids de la Mecque. (16) Ou recueils Medjamia. Cast yraisemblablement un re» Ionic Fl. I i 498 Notes, «ueil de fetvas ou decisions juridiques. K y en anlasieiirs qui portent le nom de Medjmou. (17) Ces proportions sont les mimes ; car Poukia valani quarante dirhems, cinq oukias font deux cents dirhems, dont un nevat ou cinq dirhems sont le quarantine : de inhne ufl demi-dinar est le qnarantieme de vingt dinars, ou deux et demi pour cent. C'est encore la regie que suivent les Tures et les Persans pour Pirn, osition de la dime sur l'or et l'argent , soit monnoye, soit en bijoux. Voyez Muradgea , tableau de I'Empire Othom. T. I , pag. 274. Voyages de Chardin , T. VII, p. 334, £dit. dei7li.Onpourroitinferer de re r^gle- jnent sur l'imposition de la dime , que du temps de Mahomet la proportion entre la valeur de Tor et de l'argent 6toit commc dix a un. Suivant M. de Muradgea, et les auteurs turcs qu'il a con- sults, le dirhem legal est de quatorze kirats, et le medical ou mithkal de vingt kirats, chaque kirat etant evalue - cinq grains d'orge. Cela donne , pour le poids du dirhem legal y soixante-dix grains d'orge, et, pour celui du mithkal, cent grains d'orge , ce qui reproduit , entre le dirhem et le mith- kal, le rapport de dix a sept. (18) II y a ici une faute. Omar e"tant monte sur le trone 1'an i3 de l'he'gire , Pan 18 de la meme ere etoit la sixieme et Hon la huitieme annee de son khalifat. - (19) J'ai traduit le mot arabe vofoud par le mot caravanes p -parce qu'il s'agiticides convois de vivres que plusieurs ; ro- •vinces de I'Empire musulman envoyerent a M£dine pour sou~ lager les habitans de cette ville , qui eprouvoient une grande famine. Abulf. Annal. T. I , p. 243. (30) Aboubahr Dhahhak ben-Kaifc 9 surnomine Alahnaf, Voyez Abulf. Annal. T. I , p. 418. Notes. 495 X*i) Voypf , sur <* canal, lc m^moire sur le c«uii du Tigre «t de l'EuphraLe de ,d'AnriWe,p. i34, fit Ja description del'Irak tTAbulfeda dans le Magasia de BuschiBg,JT. IV, page *55. Voyez anssi Geofr. Nujj. Clim. 3. Par. 6. Le proverb* rap- port^ ici sigaifioit saus douie que,quand l«» Schat-alarab etoit debcrde, le canal de Mokai se trouvoit sous les caux. (22) Le texte porte«eulement : II institua le djerib et hj deux dirhems par mois. J'ai explique cftte phrase obscure paf ee qu'on lit Ins en detail dan6 la suite de ce traite , au cha- pitre ou l'auteur parle des rnonnoies egypliennes. (23) Les Arabes donncnt aux rois de Perse de la dynastic des Sassanides colleclivement lc nom de Cosroes ou Kesia. (34) Ben-abihi signifie y?/.r ds son pere* On donne ce sur- notn a Ziad, parce que le nom de son pere est incertain. On peut consulter, sur Ziad et sur son origine, Abulftda. Annal, T. l } p. 33i . 337 , etc. (25) Omar ayoit aflbibli le dirheru en taillant dix dirbems dans le poids de six mithkals, au lieu que precedemment lc dirbem bagli ou persan yesoit un mithkal. Voyez ci-dessiu page 476. (26) Je soupconne jci quelque faute dans le texte, qui ma paroit obscur. (27) Le danek valant, comme on Pa vu ( page 477) , buit habbas et deux ciuquiemes, six daneks font ciuquante habbas Ct deux cinquiemes , poids du dirbem l£gal. Le kirat legal valant trois Iiabbas , comme le dit notre au- tcur dans son traite des poids et mesures, quinze kirats moins un ou deux habbas reviennent a quarantc-qiiatre ou onarante- trois habbas. I i 2 Soo Ttotes. Si Moavia a port* l'affbib issement del dirheras p'ns loim qu'Omar, il faudra en conclure qu'il j a une fame dans ce qu'on a lu ci devant, qu'Omar regla le poids des dirhems qu'il fit fabriquera dix dirhems pour six tni.hkals , et qu'au lieu de six-mithkals il faut lire ire t. Je >uis d'aufanl plus porte a le croire, que cela est confirme par ce que dil M. de Muradjea , que ce fut Omar qui fixa le dirb-^m a qnatotze ki- rats valant soixante-dix grait s d'orge, et le mithkal a virigt kirats valant cent grains d'orge , e ; ' qui etnbiit le rap- port de dix dirhems a sept miibkals. Voye* ci-dessus note 17. (28) Al*let?re f il fwivit sw c$s dirhems. Je soupcenne que la legeade qu'il y mit a ete omise par ies copistes. (20) Si les dirhems fabrxque's j ar Ziad £toient de la faille de dix au poids de sept mitlxkais , il n'etoit pas besoin de re- &>arquer qu'ils eurent c-urs pour des dirhems, puisque c'est- la le p.>ids du dirhern ipgal , a moins que le sens ne soit qu'i s eureut cours poux des dirhems bagHs. Ce qui rend cette expU- earl -n assez vr isernblaMe, c'esl que Makrizi dit que Moavia fit frapper des dirbems noirs : or, les dirhcMns noi>s sont les tnemes que les dirhems iaglis } dont le poids devoit etre de huil daneks ou d'uu mitbkal. (3o) C'est-a-dire , je te punirois de ton insolence , el en meine-temps je te donnerois exterieuremeut un temoignage de teconnoissance pour cet avis Le mot original que j'ai rendu par solde est ata } qui signifie doit. C'est aiusi qu'on nommoil, dans les premiers temps , la solde des trou es. Abulfeda s'en sert en parlant de l'etab isse- ment de la solde par Omar (Annal. T. I , p 228 ) ; Makrizi, dans sa description de l'Egypte, dit que l'usage des khalifes Ommiades et Abbasside*, ..sage qui remontoit a Omar, etoit iefaire faire la pweeption des rerenus provenant dee ioapots, Ifotes, 5or 5t de les faire rnsuite r£partir entre les e'rnirs , les gouver- Xieurs et les soldats en jroportioii de leurs grades , ce qui, dai.s le» premiers temps , ^'appekit eta > le don. (ftoua noinmons aussi la paie des troupes \e pret. ) Ce ne fat que sous la djnastie des Se djoukides que s'inlroduisit l'usage d'assigner aux officiers et aux soldals des terres ou benefices mililaires. (3i) Ce fut en l'an 64 de l'hegire. Voyex Abulf. Annal, T. I, p. 403 et suit. (3a) Voyez, sur M >sab ben-Aliobeir , Abulf. Annal. T. Ij p. 4l3, et notes historiques , p. 96. (33) Alliadjad; fat notnm^ gouverneur de l'lrak en Fan 75, suivant Abulf. Anual. T. I , p +%i. (34) On voit , en plusieurs endroifs de cet ecrit , que les dirhems d'Abdalmelik eloient , a ses dinars, dans le rapport de dix pour sept, c'tst-a-dire, que dix dirhems avok-nt le jneme poids que sept mi: hkals. C;- qui est dit ici, qu'il donna, a chaque dinar e poids de vingt-dejx kirals moins uu habh» au poids de Syrie , et , a ses dirhems, le poids de quinze ki- rals juste , semble donner uue proportion diiferente. Cepcn- daut elle s'eloigne peu de la premiere. II n'est pas question ici des pcids dela Mecque, ou le mitb- kal ou dinar st divise en vingt-quatrc kirats , ct le kirat en trois habbas , et ou le di hem vaut six daneks , et le danek buit habbas et deux einquiVmes. Le milh^a] de Syrie , dont il est ici question, se divisoit , a ce qu'il jaroit , en vie.gt quaive kirats , dont chacun val- it quatre habbas , et en dnneks , )o danek £tant egal a deOx et denii kiiats. Le d.nar d'Ab- dalmelik n© pesoit que viugt-deux kirats m >ins un babba au I i 3 5o2 Notes. poids de Syrie , parce que c'etoit-Ia le poids du mithkal de la Mecque, moins fort que celui dc Syrie. Sur ce pied , sept millikals d'Abdalmelik pesoient cent einquante-deus kirats un habba , ou six cents neuf habbas du poids de Syrie , qui , divises par dix, donnemt pour clkaque dirbem soixanto habba* et neuf dixiemes, ou quin-ze kirats neuf dixiemes de habba. II y a apparence qu'on negligea cette fraction., ce qui n'empecha pas de considdrer dix dirhcms conume egaux en p<»ida a sept mithkals. (35) Said ben-Mosayyab , personnage celebre parmi les Tahiin y ou. disciples du prop-beta de la seconde classe, et parmi les auteurs de hadiths ou traditions, inourut Tan 94 de l'hegire. Abulf. Annal. T. I , p. 43i et 445. £36) Je ne crois pas que l'auleur compare en. cet endroit le mithkal de S vrie au mitbkal de la Mecque ; car il paroit , par ce qu'on a vupr^cedemment, que vingt-unkiratsettrois quarts, poids de Syrie-, efoieut ega-ux a vingt-quafre kira-ts , poids da la Mecque , d'ou il reunite que cent mithkals , poids de Syrie , dvnnoient cent trente mithkals et dix quatre-vingt-septiemcs, poids de la Mecque. Je crois qu'il y avoit 1 en Syrie deu* mithkals dimfrens ; que le plus fort se nommoit trebucftant , et que ce fut sur celui-la qu' Abdalmelik regla ie poids de ses dinars. Si ces deux poid* n^eussent pas eulieu concurremment dans le meme pays, celui dont il est ici parle n'auroit pas et'6 distingue par 1« surnom de ' tiehuohant; la denomination de mithkal de Syrie auroit suffi pour le distinguer des mithkals des autres. provinces. (37) Khaled ben-Yezid mourut en l'an 82 de l'hegire. Voyez Ahulf. Annal, T. I, p. 425. (38} Tafaia, ville d'Arabie, prgche du dewrt da Syrie.. Notes. 5o ^ Voye* la Description de 1' Arable d'Abulfeda dans le. j$9 Geograpbes grccs , p. *6 et 4*« (3 9 ) Je nosais s'il n'y a pas ici quelque transposition dan. le textede Makrizi ; au moins ert-il certain que le s*ns de cat endroitseroit plus clair , si l'alinea suivant eteit place avant eelui-ci. (4*) Le produit de la dime auroit e, route une diminution, farce que ceux dorrt lea deniefi eomptans n'auroient monte qu'a deux cents dirherns , partie for.,, et pattie foibles, n'auroieut plus ete considers comme imposables, au lieu qua precedemment ils payoient une portion en dirhems forts et l V autre en dirbems foibles, au marc la livrc de ce qu lis en possddoient de cbaque sorte. (41) II ne faut entendre cela que du mitbkal legal, qui est celui de la Mecque. (43) Le titre de eel durrageest: KHab almavaeJh ouaUttbat 1 H dhicr alkhitat oualathdr, cVst-a -dire , Instructions et su jet de reflexions , Histoire des quartiers de Misr et de ses antl- <|aiU'S. Quoique j'aie coiisulte plusiairs manuscrits de* cet ouvrage, je u'ai trouve dans aucun, au chapitre de 1' Hotel Je Vita- lonnap, le passage cit* W i pent etre M*kri«U'aWt-ll supprime dans oet ouvrageapres'l'avoiT transport* dams- son traits des monnoies. (4^) On a vu , plus bant , crue le miibkal fut origin alternant aom-osede soixauie habbaeyegaux a cent-graiSs-de seneva «»hacun , ce qui donntf , pour un'mklikal, sbfifcme- gram* dr seneve, et quarante deux mille pour sept mithkals. Id 1 -oar f it qua le dirbem fut compose de scixautebabbas du P «ids da I i 4 504 Notes. soixanta-dix grains de senevc* chaotrn , et qui dannt, pout un dirhem , qua re mille deux em's grains de s£neve" , et qua- r*"te-deux niille j onr dix clirhem*. Ainsi , Ton retrouve le r»op rt de dix dirhenis a sept mitl>ka*s; mais le faabba , di- Tision dn dirbeni t est au habba division du mitbkal, oummi stpt est a dix. (44) On donne ce nom aux premiers docteurs musulraam , et particuli^rement k sept des plus ci ebres , sur lesqueh 04 peut voir Abulfeda, Annal. T. I, p. 443 et suiv. (45) Suivant Hadji Khalfa, le titre de cet ouvrage est j Itodavvana fi Jorou almalekia. II dit que e'est un des trailed de juris rudenc* les plus estimes suivant la doctrine ie 'a secte de Malek. L'auteur est Abou-Abdallah Abdalrahma* fceB-Alkasem Aim a 1 tiki. (46) Malek ben-Anas, chef d'une des quatre sectes ntpnt&f orthodpxes parmi les Musulmans. II mourut enl'andel'hegira 179. Voyez Abulf. Annal. T. II , p. 67. (47) Je supplee le mot pieux pour faire un sens ; peut-ttre y a-t-il une faute ou une omission dans le texte. (48) Mohammed ben-Sirin , un des Tabiin, ou premier* docteurs des Musulmans j il mourut en l'an 110. Abulf. An* sal. T. I, p. 4 5i. (49) Omar ben - HobaYra Alfozari fut gouverneur d« I'lrak et d;i Kh^ra«san sous le khaJifat de Y£zid beo-Abdal- laieik. Voj« Elauw. bin. Saras, p. 78. Abulfar. hist, dyn* y. ac5. Notes* 5o£ (5o) Je suis la leqon du manuscrit de l'Escuria 1 : dans les deux auires on lil six daneks ; mais re doit etre une faute ; «ar il paroit , par ce qui suit, que HobaiVa avoit augmente !• poids des Ci pices. (5i) KhVed beu-Abdallah Alkasari avoit £te" gouverneui dj Medine, et ensuite de I'lrak; ii fut mis a m^rt Tan i^6 de rhegire. Abulf. Ana. T. 1, p 459, et notes historiques , p. 127. (5a) Le texfe porte seulement au poids de sept ; mais cettt expression elliptique estexplicju^e par Makri^i Iui-rneme dana un autre endroit., Par-la les dirbems furent reinis a la tailic fixee par Abdalmelik. (53) Consulter , sur ce gouverneur de I'Irak , Abulf. Anna}. T. I. , p. 4 55. (54) Voyez la note 5a ci-dessus. (55) C'est ainsi qu'il faut lire, et non Alhadi % comme on lit dans le manuscrit de l'Escurial. Ce kbalife fut surnommi l)jadi , parce qu'il etoit neveu , par sa mere , de Djad ben- X)erbam. Elmac. hist. Sar. p. 89. Biblioth. Orient, au mot Giaad. (56) II s'agit ici du kfrat , poida de Sjrie. Voyei •!- aessus , p. 478. (57) Ces dirhems furent nomm^j haxchtmis , de ITasche'- Sai a , ville peu e'oignee de Cufa, qui fut la premiere r£sidenc» des kbalifes AbbaisidM. Ab«l. A*nal. T. I , p. 48?, et D** $o6 Notes. oriptioa de I'lrak dans le Magasin de Biisching , T IV, p. f& (58) Voyer, sur cet homme celebre, la Biblioth. Orient, au mot Giajar ^tlbarmiki. (39) Le savant Adler conjecture que Mohammadia est le* adbm d'ua fauxbuurg ou d*uii palais proche dc Bagdad (Mus. Cuf. Borg. Par. a , p, 19 ). Je trouve un lieu ainsi nomine par le geographe de Nuble au nombre des villes du Djezire f Pa* &. di* 4 C-ira. J, et d'Anvil^e l'a place suf sa carte" du oburs dii Tigre et de ^Euphrates ( voyez son merr.oire, p. 4a ); itoaia il ripest pas vratserhblaMe' qxw? ce soit la vi'lld dont 11 est ici question. Golius (in Alferg. p. us) paroit avoir cd«Buune ville de ce nom dans la Babylonie. I 1 semb ] e, par le texte de Makrizi, que c'est Bapgdrad meuae qui a ete nommee Moham- media. (60) Haroun Alraschid avpit envoye" , avant sa morl , sou £ls Almamoun a Merou , et Almamoun faisoil sa residence dans le Kborassan lorsque son frere Alamin entreprit de le prir^r de la portion de l'Empire a laquelle il avoit droit \ sui- fa-nf U testament de son pete. Voyez Abulf. Annal. T. II 3 p. g£, 9^» e tc - Touf ce'faliriea e'sl'd^piacg. It- Fmerroiript mal-a-propos le recit de I'etat des monnoies sous le khalifat de Haroun et de son fils Alamin : sans doute il aura d'abord ete place com me ane addition" eii ma*g*!jtf*Un' raa*ftiscPityet un Co piste , en le faisant passer dans le texte , n'aura pas fait attention a It place ou il convenoit de l'inserer. (6r) Je ne trouve- ce nom- ni dans Abtolfeda ,- ni dans El -> fflacin ou Abulfaradj. Makrizi le nomnje ,. aillturs, Alsindi ken-Scliabik ^ et il j a lieu de eroire qu'il etoit fils do Notes. $07 Schabik, dont il eat parle dans la Bibliotheque Orientale aa mot Fadhel 3 Jih de Iisbia. M. Tychsen ,. dan* le premier Supplement de sou Introduction a la connoissance d«s Mon- noies avabes , cite une monnoie d'Alamin , sur laquelle on lit le nom d'Alsindi. Ce fut Alfadhl ben-Rt'bia qui succeda, en l'an 187, a Dja- far dans la pla^e de visir, apres que Djafar eut 6te tue par tfrdre de Ifaroun Alrascbid. (62) Suivant Elmacin , Alabbas thoit Hadjib , ou Cham- bcllan d'Alamin (bist. Sarac. p. l3l ). San p£re avoit exercife a la Mecqmr. Abulted. Annal. T- I, p. 405. Obeidallait fut tuie l'an 67 deU'hcgive. Ibid. p.. 4ft., La, suite au Numfro prochain. fc>8 VOYAGES. P no j s t de Voyage dans V intirleur de CAjrique, et mo yens de Pexicuter. X Bipoti de Barbarie ne se s utient que par son commerce avec le Faiz m , do t le territoire n'est scpare' de celui de cette r^gence que par un desert qu'on traverse en peu de jours. Plusieurs fois dans l'annde il part des caravanes pour I « capitale de ce royaume africain , dont Is habitans sont tous Mii- sulmans, et dont ie souverain a une cour montee a 1'instar de celle de Tripo'i. C s caravanes y por- tent diverses marchanrlis.es d'Europe, sur-lout du papier et des quincaiileries , et elles en rapportent de la poudre d'or, du sene" , du natron, des dents d'elepbans, et environ mille a d >u/e cents esclaves negres des deux sexes qni sont ensuite transport's et vendus en Turquie. On pretend que le natron et le s&ie' sont apportes au Fa-zan de PEgypte par des caravanes d'Arabes. La poudre d'or , les dents d'el£phans et les es 'laves hii viennmt de Bornou, et il n'y a pas de doute que lorsque les Europeens cesseront de faire la traite des negres sur la Cote- d'or,et sur les cotes du Senegal, le commerce des esclaves deviendra plus considerable en Barbarie et en Egypte. Voyage en Afrlque. 509 Trois routes conduiscnt de Tripoli an Faizan. La premiere fait cle la ville de Mezurat le point do depart , et s'approche du golfe de la Syrie. L'autre est en droite ligne ; mais elle est la plus penible par le manque d'eau douce. La troisieme se fait par les montignes qui sont a Pcuest de Tripoli, et elle est la plus corn mode, parce que apres les avoir traversers du nord au sud, il ne reste plus que trois ou quatre jours de deserts pour rencontrer le premier village appartenant au Faizan. Les trou- bles auxquels le royaume de Tripoli est en proie , depuis que le Pacha n'y a plus qu'une autorite foible et souvent meprisee , forcent a prendre tan'ot uue route , tautot l'autre , suivant qu*elle est plus eloi- gned des daggers. La plus longue de ces routes fait arriver au Faizan en vingt-deux ;ours de marche. Une fois sur le territoire du royaume negre , les caravanes couchent tous les soirs dans un village ou elles trouvent de Feau potable et des rafraichissemens. Ce voyage n'a rien de dangereux ni de trop fati- gant , et il est vraiment ^tonnant qu'il n'ait jamais €\6 fail par aucun Europ^en. Les caravanes de Boruou viennent au moins deux fois par an au Faizan. La route est sans doute lon- gue ; mais elle ne doit point etre p£uible , puisque les escla^es de Page le plus tendre sont en e^tat d'eu supporter la fatigue. Le roi du Faizan entretient une bonne intelligence avec ceiui de Bornou , et ils s'envoyent r6ciproquementdes ambassad?s. L*au- teur de cette note a connu particulieiemeut un jeune Sto Voyages. homme de la sour du Pacha de Tripoli , don< 1'oiicU avoit 6\6 envoy 6 a Bornou en 1787 par le roi d* Faizan en qualite d'ambassadeur. II est done bien clair que les communications ou directes ou indi- Tectes enlre Tripoli et Bornou existent, et qu'il n'y a aucune impossibiljle de faire ce voyage. La personne qui voudroit I'entrepiendre devroit d'abord aller passer un an et plus a Tripoji, soit pour s'acclimater , soit pour apprendre la langue arabe vu'gaire. II profiteroit ensuite du depart d'une bonne caravane pour se rendre au Faizan , et il se muniroit de lettres de recommandation du Pacha pour le roi maure. La i( feroit encore une longue station pour se mettre au fait du langage africain, afin de pou voir se passer d'interprete ,etcommuni- quer parlui-meme avec les gens du pays. Une fois qu'il seroit au fait de leur jargon , qui ne doit pas etre fort difficile, carles langues des peuples igno- rans sont tou jours pauvres , il profiteroit de la pre- miere caravane qui paitiroit pour Bornou, et il prendroit des lettres de recommandation pour le souverain et quelques personnes distinguees de ce royaume. Ce voyage seroit deja bjen curieux et bien inlexessanl tant pour l'histoire naturelle que pour la geographie , puisque nos notions sur ces deux objets sont si boriue.es, que nous ne connoissons la premiere que par quelques merchandises que 1'in- teret du commerce nous apporte de ces contrees ; et Tautre, par les noms de quelques villes capitales qui existent dans ce vaste pays. Mais il est pro~ bable encore qu'avec ia protection du roi de Bornou^ Voyage en Afrique. S,x qui est un des plus puissans princes de l'Afrique on pourroit parcourir tous ses ctats,et arriver mime au SSETgar. On a vu plus d'une fois sur les coles, ou les Europ^ensontcoulume de [aire Ja traile des negre* , de 5 gens de Tripoli qui n'y Moient sans doute vcnus que par cette meme route. Mais , je le Mpete , re n'est pas en courant qu'on peut faire ua pareil voyage, et i\ faut se donner le temps d'at- iendre les occasions si on veut le faire sm em ent. Le voyageur qui 1'entreprendroit auroit pour xnojen; de »u distance dans le cours de son vovaoe line pacotill^ pien as.sortie qu'il vendroit au Faizan et a Bornon. Mais comme ces fonds pourroient s'epu,ser (car il sej-oit dan.ereux que cette pacotille fut trop r.che), il f au droit qu^sut une profession. CeJle de medecin me paroit Ja pus ais^e et la plus sure dans de pareils pays. On passeroit sans doute pour un homme tres-habile parmi hs Afri- cans si I'on savoit connoiire ja fievre , preparer quelques medicamens , faire une saignee, onvrir une tumeur et panser une piaie. U n'en faudroit pas davaniage pour etre Lien accqeilli par-tout, et eire assure" dt son necessaire. . Si a !a suflede r« voyage pn exe^toit celui dont le citoyen Mesellon a rfonqe le projet au gouver- Dement e. qui es t relatif a Durfo. t et aux pays qui s approchent de la mer de Mozembique , on pourroit alors se flafter de connoitre ks parties le S plus inte- ressantes de I'Afrique, $14 ARCHITECTURE. Pmncifes de I'Ordonnance et de la Construe* tiori des Bdumens t avec des Recherches sur le nouveau pont de Paris construct par Pb~ bonnet , et sur le Temple e"lev£ dans cette CapUale selon les dessons de Soufflot , par Charles - Fnjxcois ft el j Arckttecte de I'Hopital general. A Paris, chez l'auteur, rue du faubourg S-iint-Jacque- , n°. 123 , et chez Per- ron neau , in primeur - libraire , rue des Grands- Augustins, m-4 c ., sur papier grand raisin. Prix, 6 liv. JL/im pulsion donne" au gout pour les beaux-arts eloit si foite en France, que I'amour de ceux qui s'y etoient livres profondement n'a pu s'eteindre ni par les efforts, ni par les persecutions des re* volulionna'res. Bien loin que leur systeme sacrilege ait ete un epouvantail pour les vrais savans, il leur a fourni un sujet de r trate ou ils ont rassemble et augmente les richesses qu'JIs avoient acquises. Ici, nous venons de peindre hauteur tout-a-la-fois clair et profond, meihodique et anitne, M. Viel enfin, qui donne au public l'ouvrage dont nous avons copie le titre modeste; car ce livre offre un traite «omplet d'architectuie. Apr&s 'Construction des B&timens. 5i3 Apres une exposition de ses idee., geti^nles sur ce bel-art , M. Viei employe quatre i h i pit s a par- courir i'hi.stoire de son elevation el de sa lecadeuce ; loht-a-la-fois artiste et homme-de-lettres , on peut pressentir combien il a mis d'interet dans une maiiere aussi riche et aussi instructive. De la,il passe aux genres de Parchitecture produits par la diversite des peuples qui Pout paiiqu >e. Puis, apres avoir trait6 le sujet neuf el b'illant des styles avec aulaut de precision que de clait , il entre dans le detail des parties dont se form nt les plus grands et les moindres Edifices: (els sont les ord res, en general et en particulier , les profils, les moulures, les ornemens, etc. etc. M. Viel pjile ensuite de I'emploi de ces parties; et apres avoir applique" ses principes au punt que Louis XVI a fait batir a Paris par Peromiet , et au temple < leve* par Soufflot , il en tire des consequences qui eta- blissent une sage et utile critique de ces deux roomi mens celebres. Ces observations amenent Pauteur a frire sentir Pimportance d'adcpter les procedes ! es plus eprou- ves dans la construction, et a expiiquer les c uses de !a raret£ des chef-d'ceuvres en arcl'itecture • il montre dans le chapitre qu'il y a consarre, c'est le quarante-deuxieme, qu'elles vienuenl, i°. de Pimpossibilite de faire construire dans ie but unique dVtudier cet art a son g.e; 2\ de Pext.eme dif- ficult;- dy obtenir la perfection. Danssa conclusion, M. Viel gemit sur le trisfe etat des beaux-aits dans la France, en lui appli, i Tome PL & \ St 4 Architecture, quant cette doulourpu.se ex lamation de Lucrece t Que pourroit on f aire de been dans an temps Si niaLheureux pour not re triste patrie? Cepen- daut I'aut ur aspic apres la paix , et en attend la reparation de ni>s rnaux. Qtielques trails de ce bet onvrage fer nt juger de !a maniere d >nt M. Viel ecrit sur son art; nous tirons ce qui suit du chapitre vingt-cinquieme, in- titule : Des prvjils , page iSa. « Tous les membres propres a l'arcbitecture » portent indistinctemeut !a denomination i'ommnne m de profits; il n'est pas possible de former un bel » ensemble , si ces membres n'offrent point des » rapports harmonieux entre les parties qui les » composent. » Nous entendons par profils une masse de mou- » lures dont la propoition est toujours determines » par le membe annuel elles so it adapters; naais »~ces moulurt s i.'ont de grace qu'autant qu'elles sont * relaives en meme-kmps a l'expression de Tor- » do nance. » Pour oflfVir plus de nett^te a celui qui veut » s'appliquer a cette partie de I'ardiitecture, nous » partagerons lesprofils en troi.s classes; nousmettrons » dans la premiere les b-r-es, les coapiteaux. les » architraves, 1 s comic hes, le> frontons Irian- • gulrmes et ciirula res, et les ba'nstres; dans la » seoonde, les tbambianl s, I j s >. ome-. hambranles, » les un pastes et les aicli voiles; dans la fioisie e, » nous plac; runs lea piiiiilie , les consoles, les tri- 9 glvp lies les ciociiettes uu £outie*jles mutules > les Construction des B&tlmcns. 5i5 • modiT'ons el les denticules : ces difFeYentes denomi- » nations renfannent tons les pofils qui peuvent » s'emplojer dans tous les edifices de tous les » genre.'. « Ici M.. Viel donne les noms c'e toutes les mou- lures, puis il ajoute : « L'etude de - pVofih e t si essentiellement lie a » celle de Pare. i:e, ture, que, sa-s cette conno ssance, » el!e n'offiiruit anx yeux que de si pies corps » de maconnerie sans caractere et c an* goutLiri- » ven ion et la composition des profi s sout le fruit » du g nie, et e'est le cboix de liriasses et l'appii- s cation jusiedes profit, e'esl enfiti l'aliance'eureuie » de ces deux parties qui fait d'un edifice nn objet » digne de fixer les regards de 'arti te el de I'ama- » teur; la preuve en est sensibl ■ , car les ma,se 5 et » les profits out loujours marche d'un pHS-egal dans » leurs progres comme dans leur d. cadence ; on » les a vu tons deux consi lerabl m.-nt alteres dans » les temps d'i^nora nee; on I s a \u se r.nouvder, » es perfectiunner dans I s |oi,rs ou 1- genie et le » gout sont ventres dans tous leurs droits , dVi il » faut inflrer qu'tn architecture tout d pend de la • division et des rap; orts i,ue l&s IfgneS out entre 9 elles, et que la science des i-nes est la science » £l£menlaire de cet art. » De ces explications aussi nouvel es in'imtructives, rauteur passe au cbapitve des mutinies; il entre avec ordre et precision dans le detail de leurs dis- tinctions, de. leurs proportions, de I ur einploi, de leur rapport el dts iutervalles qui sont ne\ essaires &k* 5i6 'Architecture. entre eux. L'importance de celt3 utile le^on est demontree par un parallele de fetaquence avec l'architecture , dont nous ne crayons pas devoir pri- ver nos lecteurs. « I/eloquence, dit M. Viel , tient de la nature n ses plus beaux secrets pour convaincreet s'assu- » jetir les cceurs ; rarchitecture puise aussi dans » la meme source les movens les plus propres a » captiver les veux ; et quoique la nature ne lui » offre pas des modeles fixes qu'elle puisse imiter, » elle lui presence cependant, par son hartnonie y » la juste correspondance des parli s qui la com- » posent, les regies sures qui lui indiquent la precision » des rapports et la liaison entre les difTerens membres k dont elle tire tantot sa magnificence, tantot son » Elegance, et toujours sa justesse et sou expression. » L'eloquence trappe l'oreille, et fait parvenir au » cceur des sent mens qui le decident, qui l'en- » flamment, qui le transportent en quelquesoriehors » de lui-n eme , suivant l'effet que Torateur a intea- m tion de prod uire , et ce n'est que l'arrangernent des m mots, la combinaison des expressions et des » phrases qui semblent nous donner ces diff'rens » prodiges. II en est de meme dans "aivhit- cture, qui » admet un arrangement , une dispos tion , une » combinaison des differens membres, d'ou resultent » les graces et la force de cet art ; de sorte que » Tarchitecture, par l'ent remise des jeux, fait » ^prouver a l'ame les sensations les plus agr. ables a ou les plus variees,et cette disposition des moulures % repand sur les edifices auxquels eiles sont adap- Construction des Bdtimcns. i 517 » te*es tan tot un air de majeste et de grandeur , tantot • un ton d'elegance et une beaute qui surprend tou- » jours le spectaleur, pour peu qu'il soit done d'un » jugement sain et d'une ame sensible aux productions » des arts. » Si I'eloquence nous offre des mqyens de compa- • raison dout l'applicat ion est naturelle a I 'architecture, » la musique dans son harmonie nous fera sentir » beaucoup mieux encore combien il importe a l'ar- • chitecte de s'instruire des rapports que doivent » avoir entre eux les differens tnembres qu'il emploie ; 9 pourquoi voyons-nous tous les jours l'homme le • moins instruit des regies de la musique eprouver • une sensation dcsaj>r£able lorsque le musicien fait » entendre des detonations contraires aux regies et » au bon gout. Cet horn me interroge sur ce qui lui » deplait auroit souvent beaucoup de peine a rendre » raison du desagr^ment qu'il eprouve, etcependant » ce desagrement est riei et fonde : il en est ainsi » dans l'architecturei. Quelque recherchie que • soit une masse de moulure? ou de profils, quelque » juste qu'elle soit dans ses proportions avec le » corps qui la recoit, si les moulures qui la com- » posent sont mal disposees , si les differens profils » sont durs et n'ofiVent qu'un aspect rude 5 si le » nombre en est mal sontenu, si la chute en est » precipitce, on sent alors qu'il manque quelque » chosealeur disposition. L'ignorance des principes » de Part arretera peut-etre le spectateur dans le » jugement qu'il doit porter; il ne rendra pas rai- » son du defaut qui le felesse, mais il le sentira Kk3 Si 8 'Architecture. » assez pour refuser a l'6difice qui le lui preterite I« a suffrage que lui auroit m6rite une sage conbinaison » dans le rapport et dans l'arrangement des profils. » Les homnies en gendrat j ceux me/ne qui sont a sans etudes , ju gent par un certain gout na~ » turei Le ton ou Le mauvais dans les produc- m tions des beaux-arts ». Cce>on,etc. Ce n'est que d'apres d s observations i)ien pre'cises qu'un habile archite. te qui <6rrit Mir sun art pent s'expriuter ainsi : « Les fab. iques nombreu es fonnf-es » par la nature et repandues sur la surface do globe » renfermen' tontes dans leur ftruiture les idees » pfwnitives tt le modele de louks les construe* » tions ...» Mais pour ne pns nous lai-ser entraTnernu plaisir de copier les passages piquaus et plein de ju tesse dont est rempli Touvrage de M. Vu-1 , nous nous bornous a y renvo^er nos lecteurs ; nous les assurons qu'ils y trouveront les definitions les plus claires sur les points de l'art tres-profonds qui setn blent a oir ete inconnus jusqu'ici a tous les ecriv ans sur l'arcbiteclure. En tenrinant cet article, nous devons faire rren- t'on de la maniere dont la production de M. Viel .a 6te traiiee du cole de Pari typograpliique; ce iivra fait honneur aux press s d< H. Perronneau , taut par Pexev ution que par la beaui6 des caractereset le eaoix du papier. J. B. C. Romx , Feintre. «I 9 P O E S I E. Ode qui dolt terminer le clnquleme et dernier Livre des Odes de lb Bhun , lue & la idance pubiique de l y Institut national , le iS germir rial j an clnquleme (i). EXEGI MONUMENTUK. Grace k la Muse qui m'inspirc ; II est fini ee monument Quo jamais ne pourrunt cUtruire Le fer ni le Hot ecumant. (i) Cette ode doit terminer le recueil cfe ses poesies 1 piques, eomposee de cinq lines , qui etoit pres de paroitre quand la revolution, changeant routes let circonstances , a suspendu cette publication. Si quelques-uns de nos lecteurs ne connois- joient pas les titres qui auturisent le langage que titnt iai l'auleur y ils pourroienl V accuse r d' 'or gueil y mais cette ode est tile-mime un titre sujpsant , Jiit-elle seule , pour leur premier que cet orgueil est legitime. II est autorise par Vexemple d* tous les grands poetes ; Pindar e , Horace, Ovide , Mai* herbe , etc. , ont dit en be nix vers , a la posterity , qu'ils ele m voient pour elle an monument phis durable que Vairain. lis n§ se sont pas trompes ; c'est-ld Vessentiel. Observons, d'ailleurs, que le citojen le Brunnese borne point a chanter Pimmortahti qu'il espere; il a pri.i en grand son sujet , et V on peul dirt quil celebre mains s >n propre triomphe que celui de la pensit humaine sur le neaitt etiur les age*. Kk 4 Sao Poisic. Le ciel m£me , arme de la foudre , Ne sauroienl le reduire en poudre; Les siecles l'essairoi nt en vain. 11 brave ces tyrans avides, Plus hardi que les nvra^ides, Et plus durable que i'airain. Qu'atleste leur masse insensee? Rien qu'un neant ambilieux; Mais l'ouvrage de la pen see Est immortel conmie les Pieux. Le Tem^s a soulfle mu !a c< j ndre Des murs qu'aux riv<*s du Scainandre Cherchbit l'ami d'E|>h<*stion; Erquand lout meurt, peup'es, moaarque*, Homere triomplie d \s Parques Qui triompberent d'liion. Sot les mines dc Palmare Saturne a promei>£ &a faulx; Mais l'Univers encore admire JLes Pindares et les Saphos. Frappe de cette gloire immense, Le fameux vainqueur de Numance Par tant de palroes ennobli , Voulut qu'en sa tombe bonoree D'Ennius 1' image sarree Le protegeat contre l'oubli. Cet bymne meme que j'achert Ne perira point corame vovis, Vains palais que le faste eleve , Et que detrnit le Temps jaloux. Vous tomb-rez marbres , p'>rtiquej t Vous dont les sculptures antiques Decoreat aes vastes remparts j Ode. $i% Et de c*s tours au front superbe La Seine un jour verra sous l'herb* Ramper tous les debris epara. Mais tant que son onde cuarme** Baignera tios bords affranchis, De ma tardive renommee Sea fastes seront eniicbis. Kile entendia ma lyre encore D'un peuple libre qui l'honore Chanter les augastes bienfaits. Ma lyre cpji . dans sa colere, A d'uue Themis arlultere Consacre les laches forfaits. Elere du second Racine, Ami de l'immortel Buffon, J'osai, sur la double colline > Allier Lucrece a Newton. Des badinages de Catulle Aux pleurs du sensible Tibull* On m'a vu passer tour-a-tour, Zt sur les ailes de Pindare Sans craindre le destin d'Icar* Voler jusqu'a l'astre du jour. Comme l'encens qui s'eVapor* Et des Dieux parfume l'autel t Le ftu sacre" qui me d£vore Brule ce que j'ai de mortel. Mon ame jamais ne somm i'le ^ Elle est cette flamme qui rtiUt* Au Moctuair« die V«*u ; *f»2 Voisie. Etmon genie est comme Alcido Qui se livre au bucher avide Pour renaitre au soruuiei d'CEta. Non , iion , )e ne dois point descendrt Au noir Em,ire de la mort; Amis! £paignez a ma cendre Des pleurs indignes de uion sort. Laissez un deuil pusillauime ; Croyez-en e Dieu qui m'aiime ; Je ne mourrai point tout entier. Eh ! ne v.)yez-vous pas la gloire, Qui, jusqu'au temple de Memoir* Me fraye un lumiweux sentier ? J'echappe a ce globe de fange ; Quel triomphe plus solemnel! C'est la mort meine qui me venge : Je commence un jour eternel. Comme un cedre aux vastes ombragei Mon nom , croissant avec les ages, Regne fur la ; osterit£. Siecles ! vous etes ma conquete ; Et la palme qui ceint ma t«Ste Jlayonne d'Lamortalite. Le BEtJK. 5z3 LE MEUNIER EE SANS-SOUCI , Anecdote lue & la Stance publique de I'lns* titut national , le i$ germinal j an V. L'Homme est , dans ses hearts , un etrange problem©. Qui de nous , en tout temps , est fidele a soi-meme? Le comiQun caractere est de n'en point avoir: Le matin incr£dulp, on est dent le soir. Tel s'e!eve et s'abaisse , au gre de l'almospbere 9 Le liquide meta 1 balance sous le verre. L'homme est bien variable; et c<\s malheureux roi*, Dont on dit tant de mal , onl du b n q-.ielquefois. J'en coovietdrai sans peine, et ferai mieux encore ; J'en ciierai j our preuve un 'ra : t qui l?s bonore. I est de ce lieros , de Frederic gee n I . Qui, tout roi qu'il £toit , fut un pnveur rofond. Redoute de l'Autriche, envie dans Versailles , Cultivant les beaux-ails au soi tir des batailles , D'un royaume nouveau ia g'uire et le soutien , Grand roi , bon. pbilosophe, et fort mauvais, chretien. II vouloit se construire un agr^able asy'e , Ou , loin d'une etiquette arrogante el futile, II put, non vegeter, b ir^ et courir des cerfs f Mais des foibles humains moditei les travers, El melant Ia sagesse a la pla ; santerie , Souper avec Dargens , Voll..ire et la Mettrie. Sur le riant coleau par le prince choisi , S'elevoit le ruouiin du Meuuiei Sans-Suuci. $24 Podsle, Le vendeur de farine avoit pour habitude D'y vivre au jour le jour, exempt d'inquietude, Et de quelque c6te" que vint soufFler le vent , II y tournolt sou ai!e et s'endormoit t-ontent. Fort bien achalande , grace a son earactere , T,e moulin prit le com de son prrprietaire ; Et des hameaux voisins les fllles , les garcons, Alloient a Sans-Souci pour dauser aux chansons. Sans-Souci !.... ce doux nom d'un favorable augure Devoit platre aux amis des d »gmes d'Epicure. Frederic le trouva conforme a ses projets, El du nom d'un moulin honora son palais. Helas ! est-ce une loi sur notre pauvre terre, Que toujours deux voisins entr'eux auront la guerre ; Que la soif d'envahir ct d'etendre ses drois Tourmentera tou jours les meuniers et les rois? En cette occasion le roi fut Iff moins sage; II lorgna du roisin le modeste hermitage. On avoit fait des plans , fort beaux sur lc papier, Ou le cheMif enclos se perdoit tout entier. II falloit, sans cela, renoncer a la vue, Retrdcir les jardins , et masquer Tavenue. Des batimens royaux l'ordinaire intendant Fit venir le meunier , et, d'un ton important : « II nous faut ton moulin j que veux-tu qu'on t'en donne? » •— Rien du tout ; car j'entends ne le vendre a personne. Jl t>ous jaut, est fort bon... Mon moulin est a moi Tout aussi-bien, au moins, qne la Prusse est au roi. — c Allons , ton dernier mot , bon homme , et prends-y garde, i — Faut-il vous parler clair? — Oui< — C'est que je ie garde. Xe Meu n ier de Sans- Sou cL 5^5 VoilA Bfton dernier mot. — Ce refus effronte Avec un grand scandalc au prince est raconti. 11 mande aupres de lui le meunier indocile ; Presse , flatte , promet; ce fut peine inutile. Sans-Souci s'obstinoit. « Entewdez 'a raison , Sire , je ne peux pas vous vendre ma maison: Mon vieux pcre y mourut } moo fils y vient de naitre: C'est mon postdam, a moi. Je suis tranchant, peut-etre : He l'etes-vous jamais? Tenez, mille ducats, Au Lout de vos discours , ne me tenteroient pas. II faut vous en passer; je l'ai dit, j'y persisted. Lesrois mal-aisement souffrent qu'on leur resiste. Frederic, un moment par l'humeur emporte : « PardieuJ de ton moulin c'est bien etre entete; » Je suis bon de vouloir t'engager a le vendre : » Sais-tu que , sans payer , je pourrois bien le prendre ? » Je suis le maitre. » — Vous ! de prendre mon moulin ? Oui, si nous n'arions pas des juges a Berlin. — Le monarque , a ce mot , revint de son caprice. Charme que , sous son regne , on cr«t a Ja justice, II rit , ot se tournant vers quelques courtisans : « Ma foi , Messieurs , je crois qu'il faut cLanger nos plans: » Voisin , garde ton bien; j'aimefort ta replique. » Qu'auroit-on fait de mieux dans«une r^publique? Le plus siir est pourtant de ne pas s*y fier : Ce meme Frederic , ju^te envers un Meunier , Se permit mainte fois telle autre fantaisie , T6moin ce certain jour qu'il prit )a Sil£sie , Qu'a peine sur le trone , avide de lauriers, E ris du vain Tenom qui seduit les guerriers, It mit l'Europe en feu ; ce sont la jeuxde prince : On respecte un moulin , on vole une province. Andriiv*. «26 NOUVELLES LITTERAIE.ES. JL'Institut national a tenu , le i5 germinal, sa stance publique, Le citoyen Fourcroy a lu un m^moire de lui et tlu citoy n Vauquelin, contenant ia eomparaison de Purine humaine et de celle des anitnaux herbi- vores , particulierement du chfval. Ge m£moiie conti nt beaucoup de vues physiologiques et me- dicates tres-prtcieuses. Le citoyen TaLley rand -Vd rigor d a lu un memoir© excellent sartes relations commerciales des Etats* Vnls de L'Anierlque septentnonate. 11 a mo tr6 que la similitude des lois et merae de la constitution , l'usage de la meme langue, la perfection des ma- nufactures anglaises si puissamrnent secourues par des machines ing^nieuses qui corapenseut avantageu- se.nent la cherte de la main-d'ceuvie, et la facility que d'abondans capiiaux don ent aux iiegocians brilanniqnes pour faire de longs credits, touiuerout toujours , ou du moins long-temps, le commerce des Am^ricains du c6t6 de l'Angleterre. Le citoyen Cuvier a lu un m^moire sur les diff£- rentes especes de rhinoceros, les uns ay ant deux Nouvelles llttcraires. s 2 j comes et trente-quatre dents , les autrcs n'a.ant qu'une come et vingt-huit dents settlement. Celui qui a ete trouve tout entier en Syberie, coose.v^ sous la glace depuis d'innombrables siecles, et qui a ete disseque par le ceJebre Villas, etoit de la premiere espece (i). Le citoyen Ledretona lu une notice sur la vie et les ouvr.4ges de Deleyre , eleve aux jesuites , au-'eur de V Analyse de Bacon, et du mot iana- Usme dansl'Jkinct/clopSdie, et que I'Institut vient de perdre. Le citoyen Levesque a donne" un memoire sur les caracieres d'Esthy.e, ch Sophocle et d*£u ipide. Le citoyen Lebruti a lu une ode intitulee exegi, monumeniuni (2). Le citoyen Leblond a fait des observations sur l'histoire de la magie chez ies anciens. Le citoyen Moli a termine" la stance par la lec- ture d'un conte du citoyen Ariddeux , intitule : £« Meuruerde Sans-Souci, (3). Les secretaires ont fait le rapport des travaux des (0 Magasin encyclo^ditjue, premise ann*e , Tom* I. page 326. ' (2) Suora , page 619. (3) Supra , page 5a3. 5*8 Tfoupeltes littf retires. tiois classes pendant cesemestre j nous les donneronf successivement. Voicicelui du cifoyen Lace^e^?,l\m des secretaires de laclasse des sciences physiques et matin raatiques. Deux des merooires lus dans la stance particu'iere de l'lnstitut, a-t-il dit, vont eire en tend us dans cette seance. Dans Tun, !e (itoyen Covirr a traite" des diverses especes de rhinoceros; et dans i'aulre , les citoyens Fourcroy et Vauquelin comparant le resul- tat de.plusieurs expediences chymiques^ se.tonteleves a des vues physiologiques tres-etendues. Mais inde- pendamment de ce dernier travail , les citoyens Four- croy et Vauquelin ont continue decommuniquer a la classe les fruits de leurs recherches sur les pro- prieties de Pacide sulfureux 5 et sur ses combinaisons avec differentes bases. Le citoyen Baume* , associ^ , aentretenu ses confreres de ses id£es sur les deux fameuses exper ences de la d6composition et de la recotn^ option de lYau ; et appliquant dans un second m^moire , les resources de i'analyse chymique a des ohjets bien dignes de l'attention du philosophe, a la rech rche des moyens de remplacera des^poquesde disette, et d'augmen- ter dans des temps d'abondance la nou riture la plus necessaire a l'homme , il a rapporte divers essais faits sur la qualite nutritive du jiland du chene, et ila montre comment on pouvoitobt nir du marron dlnde , non-seulement un anaidon susceptible de devenir jNouvelles Uttiraires. 529 devenir une bonne poudre A poudrer ^ mais encore une farine propre a former un pain agreable et salubre. Pendant quele citoyen Baum6 exposoit Futilite" des veg£taux que nous connoissons , le citoyen Ventenat en accroissoit le nombre. II ^tablissoit les veritables limites d'un genre de champignons remarquable par sa forme, et connu sous le nom de phallus (3). II en decrivoit, en comparoit , en classoit les diflerentes especes; ily enattachoit de nouvelles, soit indigenes, soit £trangeres , et complettoit relativement a ces plantes le travail des botanistes qui l'avoient pre- cede. Un des principaux objets de cette recherche avoit e"t6 une tres-belle plante apportie de la Guyane Hol- landoise. Aupresdecepayset dans le meme continent del'Am£rique meridionalecroissentdepuis quelques ann£es , et sur le sol de la Guyane francaise , des vdg^taux bien plus precieux 5 la , fleurissent ces epi- ceries arrach^es a 1'Archipel oriental des moluques, par la Constance eclairee de Poivre , naturalisees dans l' lie de France par l'industrie assidue de Cere 9 transporters en differens temps et avec des succes divers dans plusieurs Antilles, et sur-tout daus la colonie de Cayenne, ou chaque annee les accoutu- mant an climat, accroissant leur force, et multipliant kur nombre et leurs produits , a assure, par les soins (3) Magasia encyclopddicrue , deuxieme annSe,? Tome V. Tome VI, Ll \ 53o No ure lies Utter aires. du citoyen Martin, de nouvelles richessej au com- merce c!e ia nation Francaise. Lc citoyen Ridi;ird a lu I'll ct.. ire des premieres introductions de ces- epiceries et d'autres vegctaux de P Orient dans nps colonics occidentales, et particulierement danscelle de Cayenne 5 qu*il a habik'e pendant long-temps , et qui, apres lui avoir fonrni d'abondantes moissons de productions naltnelles, en a recii a sou tour des instructions pour la conservation et la propagation des vegelaux utiles qu'on cberoheit a y multiplier. Le meire jour ou le citoyen Hichard a ache\ e" de parler a la classe des rooyens d'ameliorer les rccoltes coloniales, elle s'est occtipee du travail du citoyen Daubenton sur ceux d'augmenter les produits de nos rccoltes europeennes, et eiie a entendu la lec- ture d'un memoire de ce dernier sur deux points qui meritent toute Paituition des agriculleurs, le parcage des moutons et la suppression des jaeiieres. Le citoyen Tenon a fait de nouvelles applications de la metbode qu'il prefere pour Fetudedel'anatotnie de l'bomme et de celle des animaux, el qui consi.ste a examiner les ditferentes parlies des elres vivans aux diverses epoquesde leur accroissernent etdeleur dc- croissance. Pour montrcr comment elle peutconduire a des faits nouveaux, meme dans les objets les plus observes jusqu'a present, et en apparence les mieux connus, il s'est occupe du cheval, et particulierement du nombre, de la forme, du developpwinent suc- cessif de ses dents a difrerens ages, et il a deduit Nouvelles ttttdraires. 53 r plusieurs vcritcs plrysiologiques de I'examen qu'il en a fait (4). L'art de gucrir a et6 aussi l'objet des recherches des membres de la cla e r Le eitojen Desessarls continuant 1'lustoire de la petite veWe et des diverses precautions qnV!!e exige suivant sps dill re; tee complications j a dirige parti- culieremenj son travail I'ers I'ernploi des remedes connus suns le nora de preparations iiieicurielles dans le traitement de cette maladie. Le citoyen Portal a presenfe a la classe iin grand ouvr'age qii'H vient de j ublier snr !e fachitrsnte 7 cette maladie funeste dont les causes >.ouveut voilees frappent lant de vietirnes, et moissonnent un nombre si eiTrayantde jeuoesenfans de I'un et del'autresexe. Reunissant sur son objet et les lumieres qu'il a dues a de longs travaux anatominues, et celles que lui a donnees ^observation attentive d'un tres - grand nombre de malades coufies a ses soins , examiuant successivement toutes les parties de cet objet dou- blement ectairej et employantainsi danssa recherche cette mcthode analyiique qui conduit si surementa la \eri!e, rl decrit d'abord les dirXeVerftes especes de rachitisme ; il en rapporte les sytn ptoses , les elfets , le traitement, et t ermine ces considerations de detail par des vues gene>alessur I'ensemble de son sujet. (4) Magasin encjclopedicjue , seconde ann£e , Tome V. 1/ 1 2 53 a Nouvelles Ubliraires. Le riloyen Vanmons, associe , a aussi adresse* a se$ confreres une dissertation sur la preparation du muriate de baryle , et sur l'usage de ce sel dans diverses maladies. Mais la stance qui nous rassemble est Tannlver- saire du jour memorable pour nous oil nous avons ^tu reunis pour la premiere fois sous les yeux de ceux qui s*interessent an progres des connoissances humaines. Au commencement de la carriere que le* lots consliluiionnelles venoient de nous tracer, nous n'avons pu en quelque sorte' qu'annoncer des projets; aujourd'hui nous pouvons entretenir le pu- blic des efforts faits pour les realiser. Presentons done, sous un seul point de vue, le cercle entier de l'annee litteraire qui vient de s'ecou- lcr } et jetons un coup-d'ceil rapide sur ses principals parties. Dans la demit re stance publique nous avons in- dique les difTerentes contrees du globe deja parcourues pour l'accroissement des lumieres par les membres de l'Institut national ; nommons aujourd'hui les por- tions du domaine des sciences mathematiques et physiques qu'ils viennent de cultiver. Reconnoitre de plus pres l'essence de plusieurs agenschymiques; examiner en particulier les cora- binaisons de l'acide sulfureux; montrer Taction du gaz azote sur le phosphore et la qualite eudiomd- trique de cette derniere substance ; exposer les propri&es des phosphates et celles d© I'hydrogena TVouvelles Uttiraires. 533 sulfure* ; produire par le choc ou par la presslon une vio!ente detonation du muriate suroxy.:en6 de potasse ; remplacer le savon ordinaire par un savcni de laiiie ; as>igner les differences des den* espcces de verdet ; s'assurer de l'existence de deux nouvelles terres simples ; devoiler la structure et l'electricite' •des zeolithes; soumettre a de nouvelles eprcuves le diamant , le sab'.e magnetique et le platine : diviser le regne v£g6tal en deux grandes classes, et trouver les differences de leur organisation ; deV,rire des especes de plantes encore inconnues; Iniiv I'his- toire de la culture des £piceri*-s; rapporter ud effet remarquable du f'roid sur les arbr .>s ; analyser les sues des vc^getaux ; offiir des vues sur leur nbtiilion? ap prendre a faire servir a la fabrication du pain un fruit presque sauvage; donner aux arts un pro- c£d6 facile de dissoudre la gomme elastique ; avertir les habitans des campagnes, et des effets des divers engrais, et des suites malheureuses des defrichemens mal diriges , et des moyens de preserver les prairies des accidens qui les m.nacent; commencer une sorte de mappemonde rurale, et communiquer de nouvelles idees sur 1'enseigneraent de I'agrirulHire: ^clairer les naturaiistes sur la thcorie des methocles qui leur sont necessaires ; offrir les elemens de l'his- toire des animaux ; tracer la route de la circulation dans leurs diverses classes; con^iderer les dimensions de I'liomme a difiV>rentes epo.iues de sa vie ; compter et decrire une pirtie de ses muscles; reconnoitre les mouvemeiiN d e sa moelle epiniere : parvenir h gu£rir par des agens plus doux ou plus stiffs les inaux L 1 3 534 NouvelleS Uttiralres* auxqueTs son enfance est exposee, et determiner ]es caracieres, le Iraitcment ou de nouvelles va~ ridt'fs de maladies plus dangereuses ou regirdces jusqu'a pre stent comme incurables ; embrasser clans d'a ulres grands puvrages la tolalm'- des operation? chirurgicales , et les perf ctiomicr; d.'nombrerles especes d'elephans et de rhin.ocmos ; placer sur l'e- chelle des etres un £norme quadruoede dont la depouille a ete recemment decouverte; faire con- noilre la structure de l'organe de l'ouie dans les celacees ; propager pour ainsi dire , par des prepa- rations en cire , la courte duree des objels peris- sables, et cependant dignes d'etre etudk's; ameliorer Jes races de plusieurs animaux domestiques ; eveiller l'altention sur les maladies epizootiques les plus communes ou les plus funestcs : evaluer la surface et la population du territoire francais; ine.surer un arc etendu de la meridienne; donner an commerce une grande experience sur la navigation d;> la Seine; annoncer des secours as; malheur, en demontrant les produits d'une caisse de prets; exposer les prin- cipes et les applications du calcul differentiel et du calcul integra' ; irnaginer un nouvei instrument pour peser les liquides ; invented des machines utiles; reudre plus parfailes cellesque le feu^ou l'eau mettent en mouvemenl; ajouter aux lerribles effets de l'ar- tillerie: examiner des meteores plus lerribles encore ; observer plusieurs phenomenes aslronomiques ; mar- quer les divevses positions de Venus, do Mars et clel'anneau de Saturne ; determines Forbiie de Mer- cure; promulguer les lois du mouveuisut dgs corps TfoiiveUcs Litter 'aires. 535 celestes autour de leurs centres de gravity et montrer enfin, dans toute son immensile, Pensemble du systeme du mende : tels sont les resultats des travaux que Pl'nstitut national a deja consacros a Pavaucement des sciences physiques et matfofynatiques, C'est ainsi qa'il a continue" le vaste monument commence par la ct'lebre Academie qu'il a en quelque sorte remplacee , dont il a ljerite du 2e!e , et dont il a recu un tres-grand nombre de membres dans son sein. Ah ! pourquoi leurs illustres confreres, pourquoi ces glorieuses victimes d'une affreuse tyran- nic nous ont-ilsete, pour ainsi dire, enievcs d'avance par des forfaits iiorribles? La memoire sacree de ces heros de la science et de la vertu , a dJja recueilli plusieurs fois parmi nous des tdmoignages so'emnels dedouleur, d'aclmiration et de regrets; deux seu- leraent n'ont encore re:;u dans cette enceinte que les hommages secrets de souvenirs reconnoissans et de cceursatlendris.Vertueux Laroc/tefoucauld^wxhgxG Saroiij qu'il soit p,er mis a celui qui s'houoroit de voire amiti4, et qui jouit encore aujourd'hui de Pa- vantage d'etre aupres de ses concitoyens Porgane de ceux dont vous avez partage les travaux , qu'il lui soit permis, dis-je, au milieu de la po.npe lit- toraire qui Penvironne , et au liom de tons ceux qui cherissent la probile sans taclie , la bienfaisapce sans ostentation et le savoir sans orgueil, d'expri- mcrles sentimens-tendres et religieux do til le tribut vous sera decerne* a jamais, et de meler quelques fleurs au chene qui decere vos urnes iuneraires I L 1 4 336 Nouvelles llttiralres. Le citqyen Lebreton a hi ensuite la notice des travaux de la seconde classe. Le citoyen Delllle de Settle S , a-t-il d't, a offert a PInstitut un ouvrage imprint , ayant pourtitre: Phllosophle du oonheur; il est d£ja public. Le citoyen Rougierla Bergerle ,membre associ£, a aussi offert un ouvrage de sa composition, inti- tule : Essal politique et philosophique sur le commerce el la palx , consMr6 sous tears rapports avec I 'agriculture. Le citoyen Talleyrand a lu un memoiresur les relations naturetles de I'Amerique septentrlo- nale y e'est vq morceau qui a ete lu dans la stance. Le citoyen Gosselln a examine* quelles etoient les connois?ances des anciens le long des cotes occi- dentales de PAfiique. II discute fuccessivement le periple d'Hannon , celui de Scylax, celui de Polybe et les tables de Ptolom^e, et prouve que les d^couvertes d?s Car- tel a ginois , des Grecs et des Romains, dans ces parages _, ne se sont jamais Vendues au-dela dei8o lieues au-dela du detroit de Gibraltar. II montre que les lies connues par les anciens, sur les rotes occidentals de 1' At Ian tide, ne peuvent etre que celle de Lancerotte ou r!e Fortaventure, que Pun compte au nombre des Canaries. N ouveUcs IMS r aires. 53? Dans un autre menioire le meme membre exa- mine la confiance que peuvent meriter les traditions qui sembient annoncer que le tour de l'Afrique a £te fait autrefois, ou par les Ph^niciens, ou par les Grecs 5 il conclut qu'il n'existe reellement aucune trace qui atteste que les anciens aient execute* cette grand e navigation. Le citoyen Cabanls ^ persuade* que le plus grand obstacle a la saine instruction et aux progres de l'esp:it hurnain sera quelque jour I'lmmensite" des livres au milieu desquels l'homme non encore instruit se trouve perdu , a propose de rediger une bibliotheque universelle , qui seroit l'itineraire des sciences , des lettres et des ai ts. Le m^me membre a lu un memoire sur I'influence des temp^ramens , faisant suite a ses considerations generates sur l'etude de riiomme, et les rapports de son organisation pbysique avec ses facultes morales et intellectuelles. Jusqu'a present on avoit £leve des doutes assez forts sur la decouverte que fit, en I'igi , un ca- pitaine de Marseille , nomm£ Marckandj d'un nouveau groupe d'iles situees dans le nord-ouest du marquisat de Mendoce , et ces doutes paroissoient fond^s. Le citoyen Buac/ie _, en suivant une indi- cation qu'il a trouvee , a et6 conduit a l'examen de cette decouverte presque oubhee ; il a expose les considerations qui lui sembient la constater. Depuis la lecture de son meraoire les journaux originaux 538 Nouvellgs Ullgraires. et les carles dp capiiaine Marckand ont £te remis au citoyen Bleurleu, et nous aurons bient6t les preuves aulhenliques de ce que le citqyen Buacke avoit deja rendu plus que probable. Les frauds pourront compter un second voyage autour du monde. Le citoyen Pastoret a Iii utt m^moire sur Is gouvernement et les lois des Assyriens et des Ba- byloniens. Ce memoire doit faire partis du grand ouvragr- qu'il a entrepris depuis plusieurs anises sur la legislation de tous les p-uples. Le ciloven Dupont de Nemours a fait des obser- vations sur la moralite , les sciences , et les institutions sociales des fourmis. Eiles ont ete lues dans la seance .publique. . Le citoyen BelLlle de SaUes a Iu un essai philo- sophise sur les gens-de-lettres depuis Marc- Aurele jusqu'a Charlemagne. La classeaentendu deux memoires du citoyen Le* vesqiue. II discute , dans Tun, la retraite des Gauloisapres qu'ils se furent empares de Rome ; il pen?e que la plupart des faits rapportis par Tite-Live et PIu- tarque sont controaves ou arranges ; il leur oppose Polybe, ami de Scipion et de Lelius, dont le teraoi- gnage est d'un tres-grand poids, et qui (§ioit plus pres de I'evenement. Nouvef/es lUUralres. 009 L'autre memoire est sur Hdsiode. L'auteur re- marque que lVxtreme. simplicite et l'eiegauce cle ce pdale,amsi que !e silence qu'il garde sur les recom- penses et lei cliatimens d':m autre vie , paroisseui de- poser en faveur de ceux qui le croient anterieur a ■Homere. Le citoyen Levesnue observe que la fable cle Pan- dore se retrouve dans le livre sacre des Calmouks, dans celui des Indiens, le Shasthah el clans Moyse ) nun's que dans tons ces livres, oil la fable est plus ou "moins riclie, plus ou moias ingenieuse, les hommes ne sont invites a la vertu et detourjies du crime que par dei promesses c'e recompense temporelie ou des menaces cle chatimens bomes egalement a la vie par la justice supreme. Le citoyen Anqaelil a lu un memoire sur la pais des Pyrenees en 1609. -^ a teavaiUil sur la correspon- dance originate du cardinal Ma^r,,'L,i * et a pu con- sequemment bien connoitre les caracleres des nego- •ciateurs. On y voit toutes les aclresses de la diplo- matic. Dom Louis de Harro ne donnoit presque jamais de paroles positives, et M&garlh n'en don- noit qt;e d'equivoques. Un ambassactettT d'Angle- terie,le lord Zac/iardj cjui restaauores du cardinal .pendant les n '<:ocialio:is , eMoit bien digne des deux premiers. Inrerroge sur le goiuternementrepublio*fa ou la monarchic, entre lesqiiels son pays llottoit, il repondit : Je sues le tr£s-HUmMe. servLteur des evenemens. II vaudroit mieux i'etre de la raison et de la morale. 5 4° NouveUes Uttiraires. Leeitoyen Fontanes a rendu comple ensuite del fravaux de la troisieme classe. Tandis que les deux premieres classes del'Institur, a-t-il dit , vous entretienneni souvent desdecouvertes modernes ct de leurs esperances pour les progres des maiheroatiques,de la physique ou de l'econo- mie scciale, la trofcieme classe, particulierewent consacree aux recherches de l'erudition et a l'etude des beaux-arts , ne pent guere vous offrir dans ce genre que des regrets et d'illuslres souvenfrs; c'est vers les siecles passes qu'elle tourne sans cesse les yeux poury chercher des modeles et des instruclions. 1^ plus grand nombre des memoires lus dans sea seances, et dont je vais vous rendre un compte abrege, ne vous rappelera que les prodiges du genie antique, ct la comparaison ne sera pas toujours flatteuse pour notre orgueil. Cet examen fait naitre une admiration toujours nouvelle pour les monu- mens Aleves par lespeuples de la Grece et de Rome, et la majeste" de leurs ruines est souvent plus im- posante que toutes nos creations. Le ciioyen Mongez a compare* les travaux publics des anciens a ceux des modernes; il a parle des roie< romain s, de ces temples, de ces aqueducs, de ces thermos et de ces palais, dont les debris, epars dans l'Europe entieie , attestent , depuis tantde siecles , le j as.age du peuple-roi. II a prouve que ces vastes em reprises ne lui coutoient pas la qua- trieme partie des sommesque nous serions forces d'y JSouveUes ILttdralres. 6*41 •mployer. Nous epuisons nos finances pour coTinen- cer des ouvrages sans grandeur et sans solidit6; les anciens savoient achever a peu de frciis des ouvrages immortels. On sait que les malfaiteurs, les eselaves, *ouvent meme les legions construisoient ces chemins et ces Edifices publics. Les empereurs y consaoroient leur patrimoine et les d^pouilles des provinces con- quises. L'auteur de ce memoire indique quelques snbstances, com me le charbon, les cendres , les matieres huiieuses, les pierres factices ou briques crues et l'argile cuite sous diverses formes, dont nos architectes pourroient renouveler l'usage a 1'exemple des romains. Parmi les grands noms de l'antiquite, il n'en est point de plus celebre que celui d'Aritoste ; il a reuni tous les genres de gloire 5 sa poetique regnera eter- nellenv-mt sur nos theatres; c'est lui qui le premier chez les anciens a fonde* les bases d'un bon gou- vemement sur le princ'pe de la propriety ; dans ca livre de la politique dont nagueres un savant pro- fesseur de la ci-devant universile de Paris (r) vient d'eurichir noire 'literature, on se rappelle enfia tous lis eloges que Buffon a donnas aux animaux cl'Arislote. Le c'kvyen Camus, qui a d£ja public* une traduction de ce dernier ouvrage, s'occupe de tout ce qui peut le perfectiouner; il a lu, en conse juence , le- deux premieres parties d'un memoire sur ie recueil intitule : (1) Le citojen Champagne, 64.2 NouvetLcs Utteraires. De mirabUtbus ausciUtus ., des out dire nier* veULeux^o^owixnnbwe communement au ph !o:ophe grec , et qui est imprime parmi ses anivre_\ Le Citoyen Camus pense que de recueilest en efTet uu auias d'eMraits d'auteius anciens, fails par Arisiote. Un petit nombre d'articles lui paro;t avoir 6(6 cep ntiant ajoute par uue main plus moderne ; au iv.-te, ce memoire tient au plan que le citoyen Cam us a forrao de rendre un compte exact de tousles ouvrages eor'ts par le> anciens avant Piine , - et plus p.nticulierj-ment par !os Grecs sur la parlie de l'histoire naturelle qu'on nomine !e regne animal. II se propose en m^me-t jmps de revoir le texe de Pbistoire dcs animaux qu'il a traduite, la version qu'il en a domiee et les noles qui i'accompagnent; on sent combien un semblable ouvrage peut s'en- richir aujcurd'hui des nouvel'es observations de l'experience sous les mains d'un hom me savant et iaborieux. Le citojen Levesque a venge Aristophaue des re- proches inj.ustes de Plutarque et des jugernens preci- pites de Voltaire. Tl sou lien t, conlre le premier, que la comedie des Nuees ne contribua point au jugement rendu conlre Socrate ; elle fut jouee viugt ans avant la ir:ort de ce philosophe , qui mourut victime de la perversile des magistrals etdes pretres de son temps, et non cies bouffonneries d'un auleur comique. II de- fend , contre Voltaire , le talent d'Aristophane j il fait admirer sa verve comique et hs graces de son JN ouve lies liltirj. ires. 543 *tyle, taut loupes par 1c disciple de Soerate, par le gravoPIalon lu&meme. Aristopl:ane a crce Ja comd- die politique : ce^enre, qui g'est perdu avec lui, et que repoussoit la forme du gouvernemeut mona.'- cliique, pounoit se montrcr peuf-etre avec succes sur les theatres de la France republicaiue. Dans une seconde dissert -ition. sur les Ira £recs, le citoyen Levesque a marque* leurs different caracteres, et vous l'entendrez lui-meme dans cetta seance. L¥tat des arts mecaniques des anciens ne cesse d'occuper le citoyen Ameilhon. II se devoue cons- tamment a ces recherches trop negligees par les rrio- dernes. II a continue de lire a la classe plusieurs me- moires sur ce sujet. L'un est r'elatif a Part du foulon , qui fait partie d'un travail considerable sur la tcin- ture des auciens j l'autre traite des procedes de leur peche et des avantages qu'ils en retirement. LMruditionne peut s'occuper d'un objet plus ins- truclif et tnoins eclaire ju.^qu'a ce jour. On a tour-a- tour trop loue ou trop meconnu les coiinoissances des anciens. Le citoyen Ameilhon , en rendant justice aux premiersinventeurs , ne i'erme point les jcum an me- rite des nouvelles decouvertes et des methodes fectionnees par les modernes. L'liioloire des erreuis anciennes n'est pas quelquefois moins phiioiophique, et moins utile que celle des progres de l'esprit humain. $44 NoLweUes llltiraires. Le citoy >n le Blond a suivi , de siecle en siecle, !es lUks su\ erslitieuses qui ont servi de fonda-ment a la magic Son mdmoire est un de ceux qui ont 6t6 lus. Les d; b:is de quelques monumens antiques, re- trouves a Treves et dans les environs de cette ville , ont 4te dc'crits par le citoyen Peyre , de la sectioa d'architecture* Plusieurs de ces monumens portent tous les traits de la magnificence romaine : Pauteur a joint des des- sins a son memoire. Ainsi , l'on sent deja l'heureux efTet de cette association des artistes et des gens-de- lettres. Les connoissances-pratiques des premiers di- rigeront surement les conjectures des Audits , et l'eru- ditionlitteraiie, a son tour,enriehira le gout, eten- dra les vues, et doublera la gloire des artistes. Le citoyen Domergue a deVeloppe" la th^orie de la proposition grammaticale. Une ode du citoyen le Brun , une piece en vers du citoyen Andrieux, intitulee : Le Metinier de Sans* Souclj ont h\e aussi entendues dans nos stances par- ticulieres , et cboisies pour cette seance publique. Ce trimestre a vu paroitre trois ouvrages de nos collegues. Le citoyen Biraube* a publie les liataves ; Le Kouvellcs littdralres. 5^5 Le citoyen Grc'try , des Essaissurla Muslque, •n trois volumes; Le citoyen Oberlin , membre-associ6, un memoir* sur le Forum Roniatiurn. Ces ouvrnges sont entre les mains du public , et se recommandtut assez par le nora de leUrs auteurs. Divers rgpports utiles ont encore occupe la troi- sieme classe. Sur les renseignemens donnes par PInstitut, le Ministre de 1'Interieur a fait suspendre la demolition con.mencce d'un monument antique a Nimes : c'est-!a le genre de refutation que doit tou- jours employer un corps de savans et de gens-de- lettres contre Pignorance et la mauvaise foi , qui meconnoissent les services qu'ils peuvent rendre. Si ce corps avoit ete plus tot rassemble , son exis- tence et ses representations auroient peut-etre arrets dans ces derniers temps , les ravages de la barbarie, «t les beaux-arts ne gemiroient pas sur tant de ruines. Des artistes ont examine* avec soin les couleurs composes par le citojen Hubert, a limitation de cellesdes Anglais. Quatsedeces couleurs, la go mm* gutte > un bleu > Le lacfue , un vert > ont paru £galer en effet la beaut£ de celles qu'on tire de PAngleterre. Les memes artistes ont fait deux rapports sur le. mode de concours de jugement pour le^ grands prix de Peinture, de Sculpture et d'Architectur*. Tome VI. M m $46 NouveUes tittiraires. On ne s'etonnera point que la voix pafsible des savans, des artistes et des gens-de-lettres se me'e a tousces cris de la victoire et de la renomm^e qui publient en ce moment le nom des vaiuqueurs de l'ltalie. Nous luidevons dejades objet prerieux pour les arls et des tableaux c;ui6ont arrives de Modene: on en a fait Pinventaire dans la troisiemeelasse, dont jje suis 1'organe. Le citoven Pejre a propose* d'ouvrir un concourS pour I'achevement du Louvre. On a fait un rap- port sur son projet 5 ce rapport doit etre eiivove aux Legislateurs qui , dans le travail secret de leurs comites , ont deja concu la meine ideie. Ne semble-t-il pas convenable en effet qu'a cette epoque oil PEmpire Francais recule de toutes parts ses limites et sa gloire , on agrandisse les enceintes de ce Palais antique, oil se rassemblent toutes ics cou- noissances humaines , et qui va recevoir les chef- d'ceuvres enlev£s sur les peuples sounds. Le genie des arts de la paix est impatient d'achever et d'em- bellir , sous les auspices du Gouvernement repu- blicain , ce vaste et majeslueux edifice qui est tou- jours reste imparfait sous nos rois. La France r6u- nira tous les genres de triomphe a ceux des armes ; elle instruira encore les nations qu'elle a vaincues, et e'est dans son sein qu'elles viendront cbercher a-la-fois les vrais rnodeles de riitroisme , du gout et du genie. Nouvelles Llttiiuires. 5tf Le theatre de la Republique a donn6, le 14 ger- minal, une nouvelle tragedie, Junius ou le Pros- crit, Ceite piece a cte jugee avec une rigueur ex- treme , et cependant la jeunesse de l'auteur et le talent qu'il annonce meVitoient plus d'indulgence. Le sujet est original et singulierement concu. Ju- nius , partisan deMarius et complice de ses fureurs, a profie du moment on son parti £toit triorrtphant pour obtenir la main de TuLlie _, en la menacant , suf sonrefus, de faire p£rir TulUus son pere. Tullie a immol6 son amour pour Decius a sa tendresse filiale, et une fille, nommee Octavie , est nee sous de si funestes auspices 5 mais la fortune va changer: Sylla Pemporte sur Marius, et le cruel Junius est proscrit. Tullius profile de ce moment pour faire prononcer la divorce de sa fille ; elle va cpouser Decius. Junius j bravant la mort , arrive a Rome pour persuader a son epouse de le suivre dans sa retraite avec Octavie ; il apprend le nouvel hymen que Tullie va former; il voit passer la pompe nuptiale J il Parrete par ses cris : le peuple semble se decider pour lui; mais a son nom odieux, qui rappelle tous seslorfaits , la pitie est eteinte : on l'arrete, on le jetta en prison ; il deraande a voir , pour la derniere fois , sa fille; Tuilie la lui arm-iie ; Junius , saisissant un poignard cache , menace de la tuer si elle ne lui pro- met de respecter l'hymen qui les unit , et de ne point Cpouser Decius ; Tullie promet encore pour sauver sa fille. Decius, en rival genereux, veut faire 6vader Junius; mais celui-ci rejette ses secours. Cependant les amis de Junius forcent les pories; il s'arme, il M m a 5 4 g R ouveLles tltteralres. marche au palais de Sylla ; mais il est vaineu , blesse" , il vient mouriraupres de Tullie , et la de- gage de ses sermens. Cette piece ofire des situations singulieres et d'un eHet tres-dramatique ; le style est incorrect , mais il a de l'originalit^ et de la chaleur ; et sou j.mne auteur , ie choyen Monvel fils, mc'rite d'etre encourage a suivre unecarrierea iaquelle il paroit appele par un veri- table talent. Le citoyen Tatmaa tres-bien joue" le role de Junius. Zelia, ope>a en trois actes, long-temps applaudi sur le theatre de" Louvois,a ete joue il y a peu de jours, pour la premiere fois, par ies artistes du theatre de'la rue Favart Cette piece, que des situations interessantes et de beaux moneaux de musique doivent faire reussir par-tout , a gagne, a cette adoption , ce que peut ajouter encore une execution soignee et un ensemble da grands talens. Madame Schreuser a developpe" de vastes moyens et une sensibilit" profonde dans le role diffi- cile de Zelia. Le citoyen Mictiu, mademoiselle Ztej- brosseoni aussi recu les applaudissemens les plus myites. Ncus ne doutons pas que cet opera , qui a attire out Paris au thdatre de Louvois, ne soit egalement tres-suivi a celui de larueFavart. Nouvelles littiraires, 545 C'est par erreur que, dans notre dernier munero , nous dvorvs annonce la piece des Troubadours j donnee<*u Vaudeville, comme des citoyens Radet et Descfiam h s ; elle est des citcryens Prevost et PklLlppon. La parodie de Laurence a attire" beaucoup d« monde le 21 germinal au theatre du Vaudeville; la piece a £fe trave>tie p!utot que parodiee; 1 intrigue est absolument suivie ; la scene se pas^e a laRapce; Decence consent a epouser le jenne Basano (Arle- quin) coeffkir de son metier. Pour l'v fixer, il se trouve son fils, etc. A la fin de la piece, touies les Heromes de no« dernieres pieces, dont le snjet est a-peu-pres semblable, arrivent ; Pe; onsp de Pal- mer, Anais, Lisbeth, viennent demanderdu secours a Decence ; Medee leur dit la bt nne a venture, et leur pr£dit leurs difierens succes. On a applandi des couplets piquans et ingenieux $ mais la piece u'en a pas paru assez nounie; il y a des plaisanteries froides ; elle commence par exciter le rire , mais ell« ne se soutient pas par ce ton vif et comique necessaire a ce genre de composition. Le costume du cito^en Carpentler, jouant Decence, etcopiant la citojenne Raucour , a beaucoup amuse. Le citoyen Latreille, naturaliste instruit, princi- palement dans Pentomologie 3 dont nous avous aa- M m 3 SSo • NouveUes Uttiralres. nonce/ ^excellent ouvrage sur les genres des in- series , et dont ce numero contient un m^moire, nous ecrit rie Bordeaux que ses excursions dans ks campagnes lui ont procure la decouverte d'une ecu- laine de nids de termes. Ces insectes rongent les vieilles souches des arbres. I! me paroit, dit-il, que leur ^conomie a ete bien saisie par Sparman, et que JTabricius a pris pour des nymphes des individus qui n'acquierent jamais d'ailes , et qui font les fonctioris d'ouvriers comme chez les fou, mis. II compte en peu- pler les collections de Paris. On nous exrit de Berlin que le savant Wildenow prepare un ouvrage botanique extremement impor- tant ; e'est une nouvelle edition du Species Planta- runi de Linneus , avec les corrections et les augmen- tations que necessitent les d^couvertes des botanistes modernes. On j trouvera sur-tout un grand nombre d'especes nouvelles dues a ces auteurs. Personne ne pouvoitreunir plus de tilres a la confiance publique, pour une pareilleentreprise, queM. Wildenow. Cet ouvrage s'imprime , et le Redacteur du Magasin en a recu la premiere feuille. Eric L a x m a n , savant suedois , membre de racademierojale de Stockholm et de celle de Saini- Rouvclles Uttiraires. 55r PeJersbourg, est mort dans un voyage qu'il avoit entrepris pour le progres des sciences, pres da To- bolsk dans la Syberie, au commencement de l'ann£e derniere. La litterature suedoise apeu fourni de productions originales d °piiis quolque-temps. On distingue dans ]cs sciences exacles l'astronomie du professeur Melander Hoel/n j dans leg beaux-arts , l'ouvrage de feu Kel/gren ; dans les belles-lettres, les poesies d'Alt j et un poems intitule Scordarne 3 c'est-a- dire, La molsson , dont l'auteur est le comte Oxenstlerna^ et qui a paru l'annee derniere. L'un rvKRsi t e de Pavie , qui avoit £prouve quelque disorganisation, a rouvert se> cours d'ins- truction au mois de novembre dernier. Le celebre Carmlnatly a quisa dispute avec le professeur Fren/c avoit cause beaucoup de desagrement, y a 6l6 rap- ped et cree directeur perp6tuel ; il est de plus a la tete des quatre grands bopitaux. La faculty de tb£o- logie a et6 considerablement reduite ; c/Ale de phi- losopbie compte au contraire jusqu'au non.bre de trente professeur?. On regrette le cabinet de Spat- langarbl , transport^ a Paris ; rnais on se feiicite do posseder celui qui, Payant forme, peui en recueillir un autre. La sooiete economique de Berne, qui sembloit comme paralysee depuis laanort dffaHer, a donn6 M m 4 35s FouveUes Uttiraires. Pannee demure un nouveau volume de ses memoire* et elle pub'ie tous les (|uinze jours, pour y fair© suite, un f uilleton sperialement consacre a ^ins- truction des habitans de la cainpagne. Le sujet du premier prix propose" par elle etoit Phisloire natu- relle des teignes, et les moyens de delruire ce* insectes nuisibles. Le botaniste allemand Sleicher voyage depuig deux ans dans les monlagnes de la Suisse, pour recueillirdesvegetauxraiesqu'ilrevendaux amateurs. C'est la partie qui avoisine l'ltalie qu'il a principa- lement parcourue i'etc dernier. O N mande de Breme qu'il y est mort le 6 max dernier un hornme connu dans la litteratureal lemande par un grand nombre d'ecrils, roraans, pieces da theatre, sermons, brochures relatives a la franc- maconnerie, etc. Adolph-Francoi a -Frederi--Louis , Baron de Knigge , ne a Bredenbeek dans le pays, dHmovre, le 16 octobre I7:>2, scholarque de la ville libre- et imperiale de Breme , et chambv-llan du ducde Saxe-Weim ir ; il oublioit peut-etre qu'on va difficilement a l'lixmiortalitc avec un gros bagage. Lk« six dessins originaux de Hogarth, connus TfouveUes Uttdraues. 553 sous le rtom du manage d, la mode , ont £te vendus a Loirlres an mois de fevrier dt-rnier mille guineas, et achetes par le banquier Angesslan ; Hogarth en avoit obtenu en i-5o le prix de 120 gninees , y coinpris les cadres , qui lui en avoient coute 24. "L^Musium de Guettingue vient de recevoir uri© nouvclle preuve de la munificence du baron tfAsch, de Saint -Petersbourg ; elle console dans un ties- grand nombre d'objets de I'histoire naturelle et de curiosites des arts, re'cueillis pendant le premier grand voyage de decouverte faile a la mer glaciale et dans la partie septentrionale de l'Ocean pacifiquej le professeur Voigt promet d'en donner une enu- meration d6taillee dans Son Maga&Ln. "Li professeur Jean Lugac, disciple distingue d'Hems/erhuis et de F'aLckenaer , et parent de ce dernier , auquel il avoit succede dans sa chaire de lanoueet d'autiquites ^recques, vient d'etre rein- tegre par 1'ad ministration provisoire de la province de Hoi ande dans ses functions pro fes.-orales a l'uni- Versjte de Leyde, dont des tra.asseries revo- lulionnaires Favoient fait destituer; tous les amis des leitres applaudissent a cet acte de jus- tice , moins interessant encore pour le savant qu'U £54 TVoupelles litt&raires* honore , que pour la celebre Academic qui le re- grettoit. Nofrt. Apres avoir ecrit ce dernier article, nous apprenons que le professeur Lugac est de rechef suspendu de ses functions; c'etoit l'administration provinciale de Hollande , remplacee le 22 mars dernier, qui avoit signal^ sa stance du 20 par Facte de justice dont nous venons de parler ; la'nou- velle administration a debute* par rapporter cet arrete , et elle a nomme une commission de trois de ses membres pour examiner de nouveau cette affaire. LIVRES DIVE R S. BoTAtflQUE. Annalen der Botanik herausgegeben von Dr. Paulus Ustebt j, em and Zwanxigstes stufc Mlt. elner Ku.pfertajei. Leipzig _, in der Peter Philip. Wolfiscken, BucnkandLing ( 1797 ). — Naiveties Annates de Botanique recueULles par Paul Usteri _, numero 11 j avec une planc/ie. Ce numeYo 21 des annales de M. Usteri, deja an- Livres divers. 555 none^es plusieurs fois , contientdes observations bo- taniques de M. Cajetano Savi ; — la description d'une espfcce nouvelle d'orriLtkogalum ( ornitkogalurih spataceum) par M. Hayne ; — des observations bo- taniques de M. Roth. On rrouve ensuite plusieurs dissertations ^trangeres r£imprimces,parmi lesquelles il y en a une inedite , celle du citoyen Ventenat sur le genre phallus. Le cahier est termini par une re- cension des ouvrages nouveaux, et par des nouvelle* litteraires relatives a la botanique. M E D E C I X E. Recuetl perlodlque de la Soclctd de Medec'uie de Pans ; Tome second. AParis,cbez Croulle- bois, libraire de la sociefe, rue des Mathurins > n°. 398 ; Theophile Barrois jeune, libraire de la soctete, rue du Hurepoix, et cbez les principaux libraire?. De l'imprimerie de Laurens aine, impri- meur de la sociefe, rue d'Argenteuil , n°. 211 , an V de la Ripublique, 1797. Nous avons deja an nonce* plusieurs fois ce recueil interessant pour tous ceux qui se livrent a l'art de gueVir. Le premier memoire de ce tome second offre le plan de tr avail qui lui a t'te presente par ses com- missaires. On trouve ensuite un procide* economique du cifoyen Bouillon-la-Grange pour cbfeniren grand l'alkali cauatique pur et la potasse fondue ( la pierre a cautere ) , avec une figure de Pappareil ; diflerentes cbservalions medicales et chirurgicales sur une frac- &>6 Livres divers. ture du crane avec care, el d^perdition de la subs- tance du cerveau; — sur une hemorrhagic uterine; rr sur un renversement complet de la matrice ; — sur ime blessure du cceur. Le citoyen Pelletier com- munique quelques experiences sur les preparations ba- rytiques. Le volume est termini par un coup-d'ceil sup les maladies qui ont regae pendant le mois pluviose. Chirurgie. Memoirs clinique sur le Telanos ckc&> les blesses A par le citoyen Lauhext j ancien Medecin de P university de Strasbourg, etc. etc. A Strasbourg, chex F. G-. Levrault , libraire, rue des Juifs ; a Paris , chez Fuchs , libraire , rue des Mathurins, maison Cluny. L'auteur de cet ouvrage avoit d'abord le dessein de. donner Plristoire generate du tetan s ; tnais Pobscu- rite et l'aridite du sujet Pont fait renoncera re projet. II se borne a parler du fc'tanos que Sauvage a,appele traumatique; il nie qu'il derive toujours des plaies qiPil accompagne ; il soutient ,d'apres ies symptomes qu'il a remarques lui-mem • et les recberch^s de plusieurs gens de Part qui I 'ont seconds, qu'il peut devoir sa naissance aux vers. Plus & operation cesarienne j ou le vceu de L'fiu- manU6 , par le docteur SacombEj mtdecin- accouckeurj professeur de Cart des accouche- mens j et niembre de la soci6U libr§ des Xwres divers. 55j sciences j lettres et arts de Paris seante au Louvre , avec cette epigraphe : Mcntiri ncsci*. in-8°. de 112 pages, an V. A Paris, chez H. L. Perronneau , rue des G rands- Augustins. L'autcur, dans ce discours prononc6 le 9 pluviose dernier a la sode li' re , pronve l'impossibilite phy- sique dusucces de 1'operation c^sariennesur la femtne enceinte vivante, i°. par La' structure de lama- trice • 2 . par P experience des homines les plus c6lebres ; 3°. par P imposture des charlatans qui Pont accreditee. La conclusion du docteur Sacombe est , i°. Que i'operalion edsarienne doit etre a jamais prose rite ; 2°. Que Tart des accouchemens, fonde jusqu'a ce jour sur un principe faux, dont on n'a pu tirer que de fausses consequences , la force ,soit naturelle, soit artificiellle , doit etre reformee et rappelee a Pexecu- tion du pocede simple de la nature, procede qui consiste, i°. dans le mouvement de rotation spi- rale du corps de Pen f ant sur son axe a- Pins- tant oil il franchit les detroitS et P excavation du petit nassin j proedde qti'ila, dit-il , decouvert et dt'montre le premier ; 2 . dans l'usage des mojens medicaux propres aredonner a la matrice la ?omme de forces expultrices 3 sans lesquelles 1'art ue pourroit &>8 i Llrres divers. seconder efficacement le voeu de la nature dans la plus importante fonctionde 1'economie. Agriculture. SeitAsaiiio de Agricultures Artes u officios. -±* Journal kebdomadalre £ Agriculture. A Ma- drid. Le Prince de la Paix , premier mini'stre d'Es- pogne, est un des hommes qui s'occupent le plus du soin de faire fieurir les sciences et Jes lettres. Nous avons deja rapporte plusieursde ses utiles institutions. I! a adresse unecirculaire aux minisires du culte eta riiveirs savans distingues pour les engager a donner une attention speciale a l'agriculture. A cette lettre, dumoisde novembre 1796, est joint un prospectus d*Uli journal intitule : Se;nanario de Agricultura Artes tj officios j ou il doitetre parl<§ de l'agricul- ture en general, de 1'histoire naturelle, de la chymie, de la botanique , de la m^decine domestique , de l'ar- chitecture rurale, de l'cconomie domestique et des arts utiles, On y rend compte desouyrages nouveaux surcesdifferentes parties des sciences physiques. Tous* les papiers relatifs a cette entreprise doivent etre adresses a los Edltores del Seinaaario deAgricuU tura y Aries j a Madrid. Ge journal a commence avec t'aimee 1797* Livres divers, 55^ ECONOMIE POLITIQUE. Pensees politiques dc Benjamin Maublanc , professeurde Legislation, didieesa Madame le Breton DesghApillieres. A Paris, chez Gueffier jeune , imprimeur-Iibraire, rue Git-le- Coeur, ii°. !C , an V, 1797, ia-iz. Le litre de eel ecrit explique assez son sujet ; ce sont des pensees detaches sur Porigine de nos devoirs j — sur Panarchie ;— sur noire situation actuelle;— sur les institutions morales ; - sur les partis ; _ le patrio- tisme; — les personnalit&>. L'auteur a redige >ous ces litres une suite de lettres qu'ii aadresseesa diflerentes epoques au Censeur des Journaux. On voit qu'elles sont toutes de circonstance ; elles annonce.it un bon esprit et Pamour de Pordre et du bien. L'auteur ter- mine cette petite brochure par le programme d'un ouvr-ge plus considerable qu'il prepare sous le litre de Co aside ratio as sur L : Homme. Des moyeas de rigSnirer La France et d'ac- celerer une paix durable avec ses enaemls , par Le cctouen de la Croix, anciea profes- sear de Droit public au Lucie , auteur des Constitutions des pnncipaux Etats dc l> Eu- rope , et du Spectateur Francais pendant le Gouvcrnement revolutionnacre , etc., un vo- lume in-8°. de32o paged, imprime sur carac^re Didot. So vend ci.ez Euisson, libraire, rue Haute- 56o Livres divers. Feuille, n°. 20. Ptix, 3 liv.,et 4 Iiv., franc de port par la poste , pour !es d6partemens et pays conquis. On affranchit I'argent et Ja lettre d'avis. Art vj£terinaire. Instruction sur les maladies Laflammatoires 6pi$ootiques , et particulierement sur celles qui affect ent Les Betes a- cornes des Departe- mens de CEst , dhtne partie de PAUemagne _, et des Pares d'apj. rovlsionncmens des Armees de Sambre-et-Meuse et de Rliin-et-Moselle y publlie par le ConseU a* Agriculture j et redigie par tes citoyens Huzard et Desplas j Veteri- naires. A Puis , de l'imprimerie de ia Repii- blique , nivose , an V , ln-8 9 . Les deux habiles veterina'res, auteurs de cette ins- truction, decrivent d'abord les maladies dont le ca- ractere est une inflammation g£ne>ale qui se termine par une inflammation di pouraon 011 du foie ; ils en determinent les symptomes, lecaractere de la rumi- nation, la perte de t'appetit , le froid des cornes, 1'air pensif , la chaL ur, lefris on , l'engorgement des gland* s , !a toux , etc. , etc. lis en attribueut la veri- table cause a une nourrit.ure de fourrages couvc rts de vase et a une marche forcce. Cette maladie n'est pas aussi dangereuse qu'on l'avoit pense* ; elle ne paroit pas contagieuse : ainsi , I'assommement ne sauroit £tre regard6 comme necessaire ; il ne peut que favoriser la cupidity des fournisseurs , et on peut employer Livres divers* 56* employer lescuirs, qu'il ne faut pas enterrer , coming on le fait, avec les I £tes morks. Le traitement qu'iis conseillent est la saign£e , les setons, les breuva^es at les lavemeiis de Lorraginees , l'assa foetida , et tine grande p oprete. C'est, du reste , dans lenr instruo tion qu'il laut cliercher de plus amples derails sur cetie Ipizootie, et sur les moyens avec lesquels on peut la combat ire ou la guerir. Voyages. Essli pour dinger et e'tendre les rtcherches des Voyageurs qui ss pro pose at L'utiliU de Lear 'Pcitrie^ avec des observations sur les moyens de preserver La vie > la sante et les effets dans les voyages par terre et par mer pour les per- sonnes qui n'ont pas acquis Cexpinence des voyages , et une sene de questions renfermanl les objets les plus digues des recherckes de tout voyageur sur les matieres quo intdressent la socidtd et fkumanite , pour eti e pro po sees a la solution des homines de tousles rangs et de tous les ttals ckez> les diffe'rentes nations et Us dijf6rens gouvernemens , par le conite Leo* rOLD Bbrcrtole, traduit de C anglais par C. P. de LastbtriEj deux volumes. Prix , 4 liv. , et 5 liv., franc de port. A Paris, chesDupont, rue de la Loi , n°. I23i , an V , 1797. Beaucoup de gens veulent voyager ; pru saveiH voyager, peu se piqnrent aux voyages par des Tome VL N 11 562 Llvres divers. Etudes preliimnaires , et, en general , nous devons avon t que les et rangers po. c sedtnt mieux la science des voyages qua les Francais. On a deji public plusieurs ouvrages sur la m<£- thode de voyager ; Linneais a donnd, sur ce sujet , uneexcellente dissertation intitulee : Instructlo pe- regririatoris ; tnais elle a mi rapport plus special a Plnstoire naturelle. L'ouvrage le plus important en ce genre est le Gucde des Foijageurseu Europe parRelc'iard , imprimea Weimar en 1793. II donue d'abord des notions geographiques et historiques sur cliaque pays; un resume des livres a consulter; line notice des obj >ts digue de euriosile. Le second volume est terming par un;; indication des choses les plus necessaires a savoir pour voyager commodement , le change des monnoies, la descrip- tion des differentes parlies d'une voiiure, d'un bon n^cessaire, etc, etc. L'ouvrage que nous annoncons a un autre but d'uti!ite. Apres avoir traite de ce qu'on peul appeler la partie mecanique des voyages, de ce qui est n&jes- saire pour la surete , ia sante, la commodife, 1'au- teur indique les principaux objets ^'observations auxquels doit se livrer un voy ageur qui veut fa ire tourner se? connoissai.ces a l'avantage de sa palrie. II resume les primipales questions a faire sur la popu- lation, l'agriculture, le commerce, les peches , les manufactures, et tous les ohjets d'adtninistralion et d'industrie. Nous ne doutons pas que cet ouvrage ne soit tres- kienaccueilli , principalis men t par ceux qui voyagent LLvr&s divers. 563 pour s'instruire de tout ce qui a rapport a i'^conomia politique et u l'inleret public. Arch^ographie. Roma Antica dell* Abbate Giuseppe-Axtonio GvATTAyi. — Rome antique _, par L'abbe Jo- seph - Antoine GuattAsi. Bologne , 1795 ^ Ln-tf>. , deux volumes. Depuis la voJumineuse compilation de Bonat et de Nardini , on a encore vu paroitre un gaud nombre de descriptions de Rome. La parfai'e con- noissance de la topographie de cette cite* est tres- necessaire pour Implication des monumens que pioduisent Its nouvelles fouilles , et ie musee Pio- Clementi offre les pivuves de l'usage lieureux et frequent que le savant Visconti en a fait; c'est meme ce qui rend interessant pour les sciences et les arts de ne point stparer les monumens du sol qui les a p.oduiK M. Guatlani, dans cet ouvrage que je viens de rece\oir, abandon ne les details archceologiques sur 1'etat ancien de Rome , et l'usage et les noms des differens lienx ; il renvove pour cet objet aux ouvrag°s que je viens de citer. Son but est de faire connoiire avec plus de tm thode les monumens encore existnns, et de les faire connoitre dans leur elat actuel; il commence sa course par la colonne Trajane, qui est Ie point le plus 61ev£, et d'oii on decouvre toule ia ville de Rome; d-Ah il parcourt 564 Livres divers. les ditfcrens quartiers. Son ouvrage est accompagn4 cl'im certain nombre de planrhes sans luxe, rnais exactes, et il est ecrit avec discernemenl et soli- dity ; il doit eire im das meilleurs guides pour ceux qui veulenl bien connoitre la ville de Rome. Topographic. Docteuk Jacob Reineggs , Allgemeine > etc 9 c'est-adire , Description cjin6raLe ^ histonque ettopograpkique du Caucase , rccueUUe dans les pa piers dufeu docteur Jacques Reinegg , et publide par J. E. Schroder , Tome premier^ in-8°. de 294 pages, avec frois gravures. C'est le fruit de cinq voyages faits par Tinfatipab^e Reinegg a cette montagne , ou plut6t a cette cbahie de montagnes que les anciens appeloient fiorridus inhospitalis Caucasus , et ou i!s avoient place le supplice de Promelh^e. Theol ogis. Docteur J. C. Doederlin , Chris Uiclicr Reli- gions unterricht \ etc. > c'est-a-dire, Instruc- tion dans la Religion chrdtienne 9 adaptee & la corruption de nos temps s par J. C* Doe~ •bERUN j et traduite du latin par J. C. Junge^ Mmisire du Saint Evangite > Tome Vlll # 4/7.-8°. de 804 pages. A .Nuremberg et a A!tdorf t chezMoriatii et Ruszler, 1796. Junge fait plus que traduire dans cette pulli- Zivres divers. 565 cation; \\ ddv^ioppe, il elabore, et bmucoup trop a ce que 119114 p^esmnons dV.pres le nombr^ des vo- lumes, et a en juger par le fujel de ceiuique nous anuoncons, taTpis'it^. Doedertcin ,trop to! mois- sonne dans sa ca.tiere, ('toil un rles plus eslimablcs theologi ns allem iwls de ce .siecle. Philologie sacrhe. HoxottABiLt et admodum reverendo Scaurs Bahnington j L. L. D. Episcopo Dunel/ne/isi, Eptstata j compter a Genes in , ex codece pur~ pur en atgenteo Ccesareo Vondobonensi expres- ses m et lestanientu Ceteris Greedy versionis sepiuagcntaviraUs , cum varus icctionibus de- ntin edendi, specimen. Dedit Robert us Holmes, S. T. P. e coLlcgio novo , et nuperrinie in Academic, Oxoncensi poetices prelector ^ 17^6 j in-foUo de 2\ pages. Holmes a entrepris par fa version d'S scptantes ce qne Kennic.ot a accompli pour le texte hebreu. II annonra son pro et en 1788, et les secotus qu'il a recu pour l*ejceVution se mont nt a plus de 4,000 liv. sterling ; hush est -die lr«s - avancee , et cet echantiilon en fait cjneevoir le plus favorable au- guic. P o t S I F.. Godofrldi Uerjiannt de metris pectaruub I 566 Livrcs divers. Grcecorutti Romanorum, Ubri 111. A Leipsie , chez Fleischer jeune , 1796, in-8°. de^Gi pages. Isaac Vossius futun des premiers qui traitacesujet avec infinimeni d'intelligence et d'interet clans son opuscule de poematum cantti et viribus Rfiylkmi _, imprime a Oxford en 1773. Long-temps avant lui, Jean Ver$osa ou Berxosa de Saragosse avoit public un ouvrage curieux et devenu fort rare, intitule" : De prosodUs Uber absotatissimus^ nunc primum in gratiam Linguce grcecce studio so rum editus. Lovanii, 1544. ( Des poesies erotiques de ce merae litre ont 6t6 r .'imprimees a Amsterdam en 1781, sous le titre de ckarnia sive a mores , par les soins'du consul espagnol Ignace De AJjfo del Rio.) Barthius j dans Je seizieme livre de ses adversaria, cbapitre 3, releve les meprises m6- triques des plus illustres philologues. II restoit encore aujourd'hui beaucoup adebrouiller dans le cahos de la prosodie, et l'auteur de l'ouvrage que nous an- noncons a bien me>ite de tous les amis de la literature ancienne. Roman. Zes Aventures d'ApoLLONius be Ttr , Roman traduit da grec par M. le Brun. A Paris, an Magasin de librairis , rue Mazarine, n°. 1609, pres le college des Quatre-Nations , 1797 , un volume m-18. Prix, pour Paris, i5 sols, et , franc de port , 1 liv. 5. s. Ce'roman fut imprime a Roterdam en 1710, et Zivres divers. £67 a Paris en 1711. II etoit deverm fort rare. On y voit un encbainement conlinuel de bonheur el da disgraces; c'est un tableau mouvant de Pinscons- tan°ce de la fortune. Apollonius de Tyr, heros prin- cipal de ces aventures , epiouve successivcment ses fave.-.rs et les caprices de cette deitc legere. Arts. De Gravevr, etc., c'est-a-dire, le Grcweur , ou manutentlon complete a I'art de graver en bois et en culvre A en pierres fines , etc. ,, par A. Fokke S.L., avec des planches gravees par JV. Vaxder-Meer et J. OortevaXj un volume m-8». , formant le tieizieme de la" collection des Arts et Millers 9 publiee par A. Blusse el fiis, libraires a Dordrecht, 1797. La Hollande n'a plus ses Sut/derhasf , s& Fiss- cher 3 ses BLotcUng , ses Picart x ses Houbra- ken, etc. L'art de la gravme y est picfondement tombe , et l'une des principalis taisoos en est que ceux qui Percent ne travaillent que pour vivre , et son! presquYxclusivemcnl a la chetiye sold ' des libraires. Un bon livre clemenlaire pent., ju.qu'a mi certain point, remedier a cette ci'-. adenre ; mais des mojreus plus effiraces seroieot la frequentation des bonnes ecoles dans IV- 1 Jang r, l'etude des bons macules et une genereuse emulation. Au reste , l'es- tim able editeurdecctte collection, Ul.hi'^ic B!usse 9 merite des eloges pour son zelc a la contmuer au N 11 4 568 Livrts divers. milieu de la Magna tio'n prescirumrercell* qu'ocj casionne en Hollands la crise do la chose publique. Fried von BlAnkesburg , lltttrd.rlsc.he Zu- rat&e , etc., t-Vst-a-dire , Additions Utteralres & la Moroe generate cfes beaux-arts de J.-h Sulzer , par Freddie Von Blankenburg, T. 1, A,-G. AL6ip>ic , cbez Wiedmann , 1796 ^ m-8°. I/important ouvrage de Suiter avoit beawcoup gagne a ces additions s que Ton publie st'patement aujburd'hui. L'auteur n'est plus. Melanges. CQmmentAtwxes Socletatls Regla; Sclentla- rum Goitingensis ad a, 179,3 et 1794. Vol. Xllj cum jig. A Guettingue, chez Dietrich , in-q*. Parmi les memoires mte'ressans que contient ce vo! me, on en distingue uri du professeur Tuschen^ Sur les veniges de la religion de Zoroastre chez d'antres penples hors de la Perse _, ct deux du pro- feisrur Heijne 3 cet inepuifable Aristarque pour la pliilolngie et I'arclicrologie , stir la deperdition des monuinens des arts a Constantinople _, sur ses causes et res pvincipales cpoques. Fin du Tome P"L 569 TABLE DES ARTICLES. Sciences et Arts. BtJLLXTin des Sciences, par la Societe" philomatique ds Paris , P J S e = 5S Co m m entail on g f Sodetatis Regice Sclentiarum Gottin- gensisy 55 a> Math£hatxqvzs. Traite de Calcul integral , par Cousin , 2S$ Fhtsiqtje. Sur le Tele-raphe , psr Desplonques^ 297 Eitrait d'une lettre de Berlin , 6e M. Girti , commtl- biquee an F^edacteur du Magasin encyclopc'dique pat le citoyen Dolomieu, sur la Serpentine magnetique, 7 HlSTOIRX NATUR«LL,». 3. D. Pasteur , Beknoptc nafurlyke historie 3 etc. - I4> Cabinet d'Histoire naturelle , ^ fillers et Capelle , Journal de Sante et d'Histoire na- relle , 3 & Entomologie. Xa TrelUe , Extrait d'un Precis du caractire generique des Insectes , etc. "0 E* trait d'un Memoire de M. de Jurine sur le Monoculut quadrieornis y Linn. IJ 5 Jtfemoire sur le genre Dlopsls,He Linnee,par AAa Tietlle^jj Tlet-MINTHOLOGIE. Exlrait d'un Memoire sur Tanimal des Lingules. fimg. par le citoyen Cuner , 4°° CONCJIILIOLOGIK, itezaise 3 Observations sur ies Conques , Jj5 5 7° Table des articles. BOTAKIQUE. Annalen der Botanik , von Docteur Paulas UsUri , etc. 55 4 Boucher , sur les Maladies des Arbres , l5 * Extrait d'une Dissertation du citojsn Tenter.at sur le Phallus , - G. Vrolik , Dissertatio medico botanica, 2 6l A. J. Cavanilles , ColUclion de Papcles solve contro,er- stas Botanicas , etc. William Withering , An arrangement oj Brittsch Plants, j37 MlNERALOGIE. Macquart, Note sur l'Abestoide , j6 6 C h y M I e. J. A.'Cazaht, Tbiorie de-Ja Nature , 14 « Guyton, Monge , etc. , Annales de Chymie , i 4l A ?} A T O M I E. C L. Dumas , Systeme methadique de nomenclatura des Nerfs , l3 $ Physiologie. Tenon , sur la eroissanca des dents du Chsval, i65 Manuel du Physiologiste, 2 6t MedecinE. Recuei! p^riodique de la Societe de Medeciue de Paris, Tome deuxit-me , . 555 Audm - Routnire , Discours d'introduction au Cours d'Hygiene , j8 Emmanuel Rizo , Extrait de lanouvelle doctrine medi- cale de Brown , r 68 Secours pour les Noye"s, par G. A. Gunther , 2 63 J. M. Cailleau , Journal des Meres de famille , i38 Moreau et Bur din , Esrai sur la gangrene huniide des Hopitaux , ,3 9 Table des articles. 5-jt Chirurgie. T. J F'aii'Macnen 3 Oratio dt Studio Chiiurgico . 26 J "Lifieille s sur le Iron central de la Retine , l63 Plus d'operation cesarienne , par le dbcteuc Sacombe , 556 Cours de M^decine mililaire , 307 Meiaoire cliniqu* sur le Telanos chez les blesses , par le citoyen Laurent _, 556 Mrf.DECIJNE VETE*RINAIRE. Chabtrt, Instruction sur la maniere de conduire et gou- verner les Vaclies , 263 Instruction sur les maladies qui afiectent les Betes a comes , 56» ECONOMIE POLITIQUE, LeUre au citoyen Hahn , representant du People ba- tave, sur une imposition gener*le , etc., par J. J). Pasteur , 289 EcONOMIE R V RALE. GuiUlaui j Extrait d'un M^moire sur les mojens de porter l'Agricuhure au plus haut d^gre de splendeur, 263 Parmentier et Dcyeux } Bibliotheque physico-econo- jnique , 260 Journal hebdornadaire d'agriculture , 558 Voyages. Essai pour dinger et etcr.dre les recherches des Voj-a- geurs, par Leopold Berclilole j traduit par Laste/rie , 556 Voyage en H llande , 206 Geog r a r h i e. Baibii , Notice d'une Geographie en gtcc vulgaire , 7$ Topograph ie. Description generale du Caucase, p^r Jacques Reihtgg, publiee par J. E. Schroder } 564 John Brewster , The Parochial history and antiquities oj Sloe . ton , I -*3 $7* Table des articles. An historical Acount nf the Citr of Hertford , i 4 3 Xoticias Farias y Cuviosas de Madrid , a 68 H I S T O I R E. S.-C. , Observations sur Ies causes de la mort de Soer»te , 3 F. Grig/tf, suite de 1'etat des Villes de la Gaule-Bel- 8fy" , i ? 5 C. P. Abhand hingir fur die Geschichte , 273 C. T. G. Schoeneman Pontificiim Romanvrum d Sancfn Clemen to 1 , 274 Corn, i lie R gg<> Tafree? , ibid. T. Von Dombay, Geschichte der Maurilcmischen Koenig 3 278 H I S T I R E LITTER AIRE. C. Ludeke, Algerneincs Schwedisehes , 27$ Lettre de M. Des genetics a A. L. Alillin sur lcs Profes- seurs d<* Pavie , 218 Society d'emulation de Rouen , 24O Prix propose par l'Academie royale de Madrid , 254 Prix de la Soeiete teylerienne de Harlem , 256 Creation d'une Chaire d'eloquence hollandaise a l'uui- versife" de Leyde , ibid. Soci.'-le dff Savans a'lernandsj 237 Prix d'une Medaille d'or, 3 53 J. B. C. Grain rille , des hommes illuslres de Plialie qui ont ecrit en grec , 67 Seance du t.yeee des Arts, 129 Society teyleri< nne , 134 J. D. , Hartma'nn Versnch Finer KuhurgescJuchtt j 27X Seance de l'lnstitut national, uu i5 germinal, 526 Societe de Neufchatel , 423 Lycee des Arts , ' 410 BlBLIOGRAPKIl. Catalogue drs livres de la Bib iolh£(jue de Lamoigntiti- Mmlesherbes _, par L, Langlcs 9 466 Gable des articles, £73 BlOGRAPHIE. Notice «ur la vie el les outages de L. B.Bestcut, peintre, par J. B. C. liub.n 3 peinlre , 443 Sur le citoyeD Pougens , 4^3 N"tice sur la vie du citoyeti le Monnier 3 par Venlenat , 455 Vita di Antonio Cavallucci 3 27$ Memoirs on the life and IVritings oj Rohc t Robinson , ibiJ. Vie de Salomon Cessner t traduite dc I'allemarid de M. Hottinguer , 2.00 Mort du profcsseur Wilke, soo Mori de Deleyre , 43i Notice sur le Pore Magnau , 34© A ft H H M 6 L o 4 I 1. Mystercs de rAntiquite" , 347 Mimoire sur da Peintures a fresque trou?ees a Rome en 1780, 49 Decouverte d'AntiquilSs , 1 32 Arch^ooraphie. Lettre de Platon , 329 Description du Musec de Velletri , parM. Borson 3 376 Home antique , par l'abbe Josoph-Antoine Guatlani , IbZ NVMtSfilTIQVE. Ennio Quirino Visconti , Letleia su d'un antico Pio/nbe Velitano , tic. 6r Traite des Monnoies musulniaties , traduit de l'arabe de Makri-zi par A. L. Sinestre-Sacy 3 471 Inscriptions. jti funns Vict. Amaedei III. Sab. licgis in ttmyla Majori Aug. Tour, IX. Kal. Dec. inseiiptia et ciiogia, 4C2 THtOLOCIE. Bavio Voorda , thtsium cor.l: over: arum juxta seriem digcstorurn } -6S 5 74 Table des articles. G. Beuthcns , Reddingins observaliones Philolotfco critics de psalmis bis edilis , a (Jg Joseph Beringlon , an examination of totnts termes mi- raculuus, j .j C. G. Heuslcr , etc. Eclaircissemens sur Salomon. 270 llibliothc'.Juv critiiy etc, ibid. Cornmentationes de legis mosaica- momenloetingenio , ibid. J. G. Eichhorn , FAnleitung in die sipocryphischen Schri/'tai , 271 Gaab Bejttage zur~ErHarung , ibid. Barington , Genesin 3 elc. 565 Instruction dans la Religion Chr£ticnnur un Boudoir , Chanson , par Segurjeune , 4*. 6 POESIE SCANDINAVE. C. Hnasjils , Chant de Mort de Lodbrog , 2*5 POESIE A N G L A I S E. M.Bildac, the Sea, 286 POESIE ITAEIENNB. J. B. Grainifille , Hyranes de Sapho 3 286 POESIE LATIN E. Muses JEionenses , 285 J. A. Nodek , Carminnm Sylloge , etc. 283 R O M A H S. Les Aventures d'Apo'lonius de Thyr , trad, du Grec, par M.' Lebrun , 566 Wielan:i } Peregrinus Protee ou les Dangers de l'En- thousiasme , 91 L. T. H. sur le Roman d'Apollonius , 223 D. F. Toscar Cartes de Helqysa , 285 Merrier dt Compiegne , Gerard de Velsen , 2S6 Beaux-Arts. Addition litt. a la Theorie generale des Beaux-Arts , de J. J. Sulzer , par Frederick yon Blakembwg , 568 Monument decouveit a Paris , 4-^ Le Graveur , par Fo^e , -67 Princip* de l'ordonnance et de la construction des Batimens , etc. par Charlcs-Fr. Pie!. 5i2 Ccrcle de l'Harmouie , 4 3 ° Theatres, Zelia , 5 4 5 576 Table des articles, t)ecence , *4§ Junius ou 1e Proscril , trag6diq , 647 Les Troubadours , 4 2 4 Laurence , 4*9 Hade, f4 MiLAKGXS. dialogue des Dieux de IVitland , had. de l'Alleaiand , par L. C. D. V. "9 JLbonnemenr d'uu Papier pt-riodiciue ea la ville de Cicala de Benares, „ ^4 3. G. Mensel, Neue MisceUcncen A< tistichen , 287 Essays by A Society oj gentlemen A Exeter 3 etc. 2E8 . Fin de la Table dy, Tome Kl. E R R A T A. K*ufeo23, page 33o, ligae 9, vingi-troisieme taflfe, ITmj troUien,* auBee ; a la rote 3, mew* J?«g«, kg«* <*»»♦ TiDgt-Uoi»ie»e 5 list* trcisi^xae, OUVRAGES DU CIT. MILLIN , Antiquites Nationales , on Recited efe Mo- ttamens , pour scrvur & (, y His!oire generate et particuliere tie La France , tels que Tonihcaux , Inscriptions .Statues „ Vilraux , Yresques , etc. tires des Abbayes, Monasters , Chateaux etautres lieux devenus Domaines hationaux. II paroit cleja 4 volumes in-4 . h 42 livres la volume, et 4 volumes in-jol. a 72 liv. le volume , en f( nille<. ( On tie tire ce dernier forrnat qu'a 200 exemptaires. ) Chaque volume est compose do 4 a 5oo pages et d'environ 60 Estampes. Les Momimens d cents dans cet ouvrage sont presque to..s aujourd'hui de^ruits ou degrades; Tau- teur a encore beaucoup de Memoires et de Dessins. iLe^cinquieme volume est sous presse. Elemens d'Histoire Naturelle. Ouvrage cou- ronne par le Juri dts livres 6tementaires, et adopts par le corps legislatif pour les ecoles nationales. Seconde edition, in~8\ de 600 pages; prix , cinq francs. Celte nouvelles edition est revue corrigee et tres- augmentee. TABLE Des articles contenus dans ce nuniero. E N TO m lo C I E. |Ventenat. Notice sur la vie du P. -A. Latreille. Menu lie sur\ tiloyen le Monnier , jfi$ le genre Diu F sis de Linnius, \ Inscriptions. TT tt T w t xt ™ tt ~ 4 Adjunus rictoris AmcdciLIl cuvier L.xtiait d tin Me incite ^ ■ ^ jut Vanimal des Lingules , B I B L I O G R A P HIE. 43Q L. Langl^s. Catalogue des li- ECONOMIE POLITIQUE. \ fres de la bibliut/uque de Jeu J.-D. PasUHir. B,iejaan, 439, Chret. - Guil. Lamoignon- B 1 o g n A p H ie. Males he, bes , etc. ^66 •Robin. //(«# etles LlTT^RATU RE ORIEXTALE. outages d* J.-B. Res tout , Silrestre de Sacy. Tr'aiti des ** inirt > 44 s ; monnoi§s Musulmants , tm~ Suite do la Table. duit de Varalt deflfakrizi^jz Voyages. JProjet de Voyage dans Vintc- rieur de VAfrtque.; etc. 5oS Architecture. J.-B.-C. Robin. Principes dv I'ordonnance ct de la cons- truction des bci ti mens 3 6lo.hl2 V O E S I E. J,e Brun. Ode , etc. 5l9 Andrieux. Le Mt&nitr de Sans-Souci 5s3 NoUVELLES LITT^RAIRES. Jnstitut national , 520 Theatre de Louvois. Zelia , Opera , M Theatre du Vaudeville. Pa- rodie de Laurence , ^ 549 Hecouverte dt nids de Termes par le citoyen Lalreillt, ibid Ouvrage dt botanique de FVil- dtnow , .ip.j° Dtlort d'Erio Laxman , ibid. TJnirersile de Pavie , 55l Sociiti economiqut de Berne , ibid. Voyage du Bolaniste Sleicher y Mortdu Baron de Knigge, ib. Vente de six des sins ortginaux de Hogarth , ibid. Museum dt Gruettingue , 553 Reintegration du Projesseur Jean Xusac dans Wnivtr site, de hejde , ibid. LlVRES BITERS. Botanique. Paul Usteri. AnnaUn der Bo- tanik, etc. . 55 4 Medecine. Recueil periodique de la Soc. dt HUtcine de Pans f 555 Chirurgie. Laurent. Memoirs clinique sw U Tetanos chez Us blesses , 556 Sacoxnbe. Plus $ operation cc- santnne , etc. ibid. Agriculture. Stmanarim dt A^UuUwa A/ tesy officios, etc. ' 558 Economie politique. Pensics poliiiques de Benja- jamin Maublanc , . 55g De la Croix. Des mo\ens dt nerer la France , etc\ ib. Art veterinaire. Huzard et Desp as. Instruc- tion snr Us, maladies inflqm- . rnaloires epizootiques : etc. 56© Voyages. Essai pour dinger et tttndri Us recherches des Voyageurs, etc. 3 traduil de I'anglais par C. P. de Lasteyrie , 56 1 ArchaBographie. J.-A. Ouattani. Roma antica etc. . 56i , Torogra- hie. J.-E. Schroder. Docteur Jacob fttineggs y Allgemeine f etc.5o+ Theologie. Doct.J.C. Doederlin, ChrisU licher Religions unterrichtt, etc traduil ' du latin par J. C. Jung', , . . lbld Philologie gacree. Honor abiliet admodum reve- rendo Schute Burr ington, etc. 565 Poesie. Godojredi Hermannidt mttris poetarumGrcccorumRomano- rum , libri III , ibid. Romans. Let arentures a" Apollonius dt Trr, traduites dugrec par M. UBrun , 566 Arts. A. Fokke S L., De Gravtur, etc 56 7 J.-J. Sulzer. Fried von Blen- Jcenburg, etc. »6B Melanges. Commentationes Sucietatis Re» giat Scienliarum Gottingtjv., Tails 56o